‹ Correspondance généraleChapitre 21 sur 122 · A EDOUARD THIERRY · texte numérisé non relu

A EDOUARD THIERRY

[Bibliothèque de l'Arsenal. J

14 juillet 1857.

Je ne puis vous offrir (aujourd'hui) pour vous témoigner ma gratitude, que ce dernier exemplaire sur papier de choix '^l C'est Asselineau qui l'a déniché dans un tiroir.

(•' La réponse de M""* Aupick s'était sans doute croisée avec ce billet (voir plus haut, page 69, note i. Quant à son contenu, on peut le présumer de notre numéro 300. La pauvre dame, toujours si férue de respectabilité, avait dû y marquer autant d'agitation que d'angoisse.

'*) Voir la note 2 sous la lettre numéro 294.. — L'exemplaire en question, un des vingt sur papier de Hollande, a figuré dans un récent catalogue de la Librairie Ronald Davis. On y voyait la dédicace : A Edouard Thierry, amitié reconnaissante. — Ch. Baudelaire, i^ juillet i8^j. Son premier possesseur, — c'est-à-dire le dédicataire, — y avait fait encarter les deux billets de Baudelaire, relatifs à son article.

Ab ! VOUS m'avez enjin vengé des polissons !

Avant de vous connaître, je n'avais jamais bien compris la puissance de cette méthode souple et onduleuse qui cache et qui montre, et qui n'est éclatante que pour les gens d'esprit!

Votre article est plein à la fois de spiritualité et de politique. Combien je vous remercie d'avoir insisté sur cette immense tristesse, qui est en effet la seule moralité du volume !

Sans vous, personne n'aurait peut-être osé parler de mon mérite littéraire, et tout le monde n'aurait parlé que de l'horreur des sujets.

Vos éloges sont trop grands; mais vous les avez sans doute jugés nécessaires.

Je vous serre la main avec tout le feu d'un homme qui sait ce qu'il vous doit.

Ch. Baudelaire.

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