‹ Correspondance généraleChapitre 23 sur 122 · A M* CHAIX D'EST-ANGE FILS · texte numérisé non relu

A M* CHAIX D'EST-ANGE FILS

[Fin juillet 1857(2).]

Je vous supplie, cher Monsieur, de ne pas négliger les monstruosités de La Chute d'un Ange. Si vous voulez, je chercherai avec vous les passages ^^K

Décidément citez (avec dégoût et horreur) les bonnes ordures de Béranger : le bon Dieu, Margot, Jeanneton (ou Jeannette) '^'^l

Tout à vous.

Charles Baudelaire ^^î.

(') Sur l'autographe, de la main de M°" Aupick : n Répondu le 2ç juillet iS^yn.

(*) On a vu Baudelaire mander à sa mère le 27 juillet qu'il n'avait pas encore d'avocat.

'^^' Chaix d'Est-Ange, dans sa plaidoirie, mentionnera seulement La Chute d'un Ange, mais il citera de nombreuses strophes du Désespoir, et, de Béranger, il retiendra surtout La Grand'mère et Jeannette.

(^) En publiant ce billet, «Rastignac» le commentait, en substance, comme suit :

301 bis, A MAXIME DU CAMP.

6 août 1857.

Mon cher Du Camp, vous m'avez autorisé par votre excellente cordialité à user et à abuser de vous. Rendez-moi cette petite justice que j'en use peu pour moi-même.

M. Ernest Lebloys''^\ qui vous remettra cette lettre, vaut mieux que moi, et je désirerais qu'il obtînt l'appui de M. Laurent Pichat qui m'a fait comprendre assez durement que je n'étais pas un homme pur ^^\

M. Lebloys a toutes les qualités qui vous rendent si aimable, et je crois qu'il sera votre ami; du moins j'en ai jugé ainsi, moi qui tiens à être toujours le vôtre.

«Baudelaire raisonnait là... comme ces gens qui répliquent à tout ce qu'on leur dit : — Vous en êtes un autre !

«, — Moi, ordurier? Eh bien, et Béranger?»

Evidemment Rastignac aurait été fondé à parler de la sorte si l'on trouvait des ordures dans Les Fleurs DU M AL. Mais s'en trouve-t-il? C'est là toute la question.

— Quant aux instructions données par le poète à M' Chaix d'Est-Ange, voir aussi, dans notre édition des F LEURS , p. 326- 328, les Nom et Documents pour mon avocat.

(1) Républicain ardent, auteur de plusieurs ouvrages dirigés contre le régime impérial , Ernest Lebloys était un vieil ami de Baudelaire qu'il avait, en 184.9, ^^'^^ Marc Trapadoux, assisté, comme témoin, dans son «affaire» avec Armand Barthet. (Sur ce duel manqué, v. Charles Monselet, Mes Souvenirs").

(2) Rédacteur-propriétaire de la Revue de Paris, de 1854 à 1858, qui professait des idées très avancées et que la conversion de Baudelaire à l'autoritarisme de Joseph de Maistre avait certainement autant surpris que choqué. Il allait bientôt le montrer en consacrant à notre auteur, à l'occasion des Fleurs du Mal, rttéreintement» que nous avons dit (page ^9, note 4,).

Nouvelles, articles, entendez-vous avec lui, — je ne puis pas vous en dire davantage, puisque depuis longtemps j'ignore ce qui se passe à la Revue de Paris, et que d'ailleurs je n'y ai jamais connu que vous.

Bien à vous. q^^^ Baudelaire.

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