‹ Correspondance généraleChapitre 60 sur 122 · À MADAME AUPICK · texte numérisé non relu

À MADAME AUPICK

[Rue de Neubourg Honfleur. ]

Dimanche 22 août 1858.

Chère mère, je te prie de ne pas prendre ma lettre pour une chose ridicule ou exagérée; prendsla simplement pour une faiblesse d'esprit si tu veux et en tout cas, elle est la preuve que je pense souvent à toi. — • Depuis quelques jours je rêve de toi, et pour tout dire, ces rêves sont d'une nature désagréable. Mais la dernière fois, je t'ai vue malade, et je me suis vu moi-même te soignant. II en est finalement résulté pour moi une véritable inquiétude. Ecris-moi donc demain lundi (pour que j'aie la lettre mardi) si tu te portes bien.

Maintenant si tu as à me gronder, renvoie tes gronderies à plus tard. Elles tomberaient maintenant bien mal.

^'' Nous avons donné l'analyse de cette note dans notre édition des AVENTURES d' ARTHUR GoRDON PVM , p. 260. — - Edouard Hervé était alors, nous ''avons dit, le secrétaire de la rédaction de la Revue contemporaine.

Je t'écrirai une autre fois pour te dire ce que j'ai fait et ce que je fais.

Voilà donc le 15 août passé sans que la décoration soit venue. Je ne sais pas si je t'ai jamais dit qu'il en avait été question déjà l'an passé, mais que le procès des Fleurs du Ma/ avait fait renvoyer la question à plus tard. Du reste, pour parler avec une absolue franchise, les nominations récentes sont pour moi d'une nature si déplaisante que je suis enchanté de n'avoir pas été jeté dans une fournée et surtout dans celle-là*^'.

Adieu, je t'aime bien.

Charles.

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