II
lis, et tout de suite. Vous devinez sans cloute dans quel état je suis. P p.
Bonjour à de Broise, j'espère bien que vous ne lui racontez pas tout cela.
Si vous ne me répondiez pas 22, rue Beautreillis, la lettre ne m'arriverait que fort tard.
9 Décembre 1838, 6 h. 1/2 du soir.
Mon cher ami, j'attendais un mot de vous, ce matin ; - — et puis ce soir, — - or, pour mes affaires littéraires, je suis obligé de voir Calonne demain. — Que vais-je lui dire, sans réponse de vous? La teneur de votre réponse devait évidemment diriger ma conversation avec lui. Ecrivez-moi donc un magnifique non; non, pas de billets de moi, pas de billets de vous, pas de billets Calonne; alors, je serai content. Positivement, je n'irai pas demain chez lui, si je n'ai pas reçu une lettre de vous'^'.
Tout à vous. Q D
22, Rue Beautreillis.
''' Il semble que ceci signifie : «Refusez-moi absolument de venir à mon aide, d'une manière quelconque, soit en acceptant des billets de moi que vous escompteriez, soit en m'en fournissant de vous que je négocierais, soit encore en échangeant une avance que vous me feriez contre des billets de Calonne. Alors je serai content parce que j'aurai toute liberté d'action. Si je n'ai pas de lettre de vous, que voulez-vous que je dise à Calonne? Votre silence ne paraîtrait-il pas indiquer que vous remettez en cause tout ce qui avait été envisagé ? »
10 décembre 1858.
Je VOUS remercie, mon cher ami; car positivement j'étais malade de tristesse et d'inquiétude. Penser qu'un charmant logement m'attend chez moi, et que ce Chanaan m'est interdit à cause de quelques misérables dettes!
J'ai donc bien fait de ne pas aller chez Calonne aujourd'hui. Avec votre lettre, je puis y aller, et j'ai l'espoir de lui faire faire tout ce que je voudrai.
Mon traité est dans mon pupitre à l'Hotel. J'irai le chercher demain. Seulement la journée devant être occupée par un déménagement de papiers il est certain que vous ne recevrez aprèsdemain que le traité, l'exposé de mes comptes, que vous me demandez, ne pouvant être fait que dans l'entrevue avec Calonne.
II est présumable que le prêteur, si prêteur il y a, hélas! désire être nanti du traité pour m'empêcher d'emprunter deux fois sur la même valeur. Cette défiance est naturelle, mais peu honnête.
En attendant, voici mes comptes selon moi : j'ai reçu (argent prêté par Calonne il y a un an)
J'ai livré le Haschisch 400 et quelques francs.
Restent 50 et quelques francs
actuellement en caisse.
Le 12 octobre a lieu le traité.
J'ai reçu ^00 fr. (le billet).
L'Opium (3 feuilles) est livré.
Le traité implique 15 feuilles au 12 Avril, II n'j en a plus que 12 à livrer. — De ces quinze feuilles, les unes (au nombre de 6) à 200 fr.
Les autres à 250 fr.