‹ Correspondance généraleChapitre 72 sur 122 · À ARMAND FRAISSe'^I · texte numérisé non relu

À ARMAND FRAISSe'^I

... Je puis vous marquer quelque chose de plus singulier et de presque incroyable. En 1846 ou

(') Entendez: si Tenré refuse d'escompter à neuf mois, c'est qu'il se méfie de ce qui pourrait se produire dans l'inters-alle. Allusion à un procès pendant. Quelques mois auparavant, Poulet-Malassis avait publié une édition des Mémoires de Lauzun où étaient donnés, pour la première fois, les noms de certaines grandes dames qui avaient accueilli les hommages de leur auteur, et qu'accompagnait une notice, d'ailleurs très intéressante, de Louis Lacour. Presque aussitôt saisi pour outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs, cet ouvrage avait bénéficié le 7 juillet d'une ordonnance de non-lieu. Mais bientôt l'affaire rebondissait sous l'effet 1° d'une assignation du prince Czartoriski, lequel n'acceptait pas que les relations intimes d'une dame de son ascendance avec Lauzun eussent été révélées; 2" d'une querelle entre Louis Lacour et le baron Picfion. De celle-ci, il faut lire les incroyables détails dans la préface de la seconde édition des Mémoires ; le baron n'alla-t-il pas, dans son ire, jusqu'à faire expulser par huissier le publiciste qui se trouvait être, par malheur, son locataire? Ils allaient être condamnés, le 26 janvier 1859, Louis Lacour à trois mois de prison et 100 francs d'amende, Poulet-Malassis et de Broise à un mois et 500 francs, et la cour d'appel confirmera le jugement.

'^) Nous ne savons rien la-dessus. Pour SasonofT, voir la lettre 264, note 3.

(^) Érudit et critique lyonnais (182 9- 1877), grand ami de Joséphin Soulary. Il collabora principalement a la Revue du Lyon-

1847, j'^us connaissance de quelques fragments d'Edgar Poe : j'éprouvai une commotion singulière. Ses œuvres complètes n'ayant été rassemblées qu'après sa mort en une édition unique, j'eus la patience de me lier avec des Américams vivant à Paris, pour leur emprunter des collections de journaux qui avaient été dirigés par Edgar Poe. Et alors, je trouvai, croyez-moi si vous voulez, des poëmes, et des nouvelles dont j'avais eu la pensée, mais vague et confuse, mal ordonnée, et que Poe avait su combiner et mener à la perfection. . .

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