‹ Correspondance généraleChapitre 75 sur 122 · A POLYDORE MILLAUD '^l · texte numérisé non relu

A POLYDORE MILLAUD '^l

Lundi, 10 décembre [janvier] ^9 [?] ^*'.

Monsieur, Je viens demander un service bien simple à votre obligeance bien connue et dont je n'ai jamais

fi^ Faut-il répéter une fois de plus que Baudelaire, autant qu'on sache, ne réussit jamais à terminer que deux nouvelles, Le jeune Enchanteur et la Fanfarlo ?

'^' On reconnaît ici les idées de Poe (cf. La Genèse d'un Poème, à la suite à'EUREKA).

(') iMoïse, dit Polydore Millaud (1813-1871), journaliste et

usé. Deux banquiers déjà m'ont refusé d'escompter un excellent billet de librairie, sous le prétexte (très mauvais) qu'il est payable à 9 mois'^l Ce qui est bon pour 3 mois est évidemment bon pour g'-''\ J'ai besoin de cet argent pour passer l'hiver dans une solitude où je suis attendu, et je perds mon temps à Paris.

J'espère que vous voudrez bien vous rappeler mon nom et mon ancienne collaboration au Pays.

Puisque je suis en train d'audace, je pourrais aussi bien vous demander de me faire une place parmi les romanciers de la Presse. Si je puis partir, je serai, dans deux mois, libre de mon temps, et je pourrai vous fabriquer des nouvelles d'un genre nouveau.

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.

Charles Baudelaire

(auteur des Fleurs du Mal, des Histoires extraordinaires , etc.).

financier, associé de Mirés dans de nombreuses affaires, administrateur du Pays à l'époque où Baudelaire y avait donné ses traductions, principal propriétaire de La Presse en 1859, etc. — Voir la lettre à Dutacq, 10 mai 1854.

(*' La date est erronée : le 10 décembre 1859 tombait un samedi; vu la teneur des n°' 400 et 407, il ne nous paraît pas douteux qu'il ne faille la rectifier comme ci-dessus.

(5) Cf la lettre à Poulet-Malassis, 30 décembre 1858.

(*) Cet «évidemment» ne laisse pas d'étonner.

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