‹ Correspondance généraleChapitre 77 sur 122 · À AUGUSTE DE CHATILLON · texte numérisé non relu

À AUGUSTE DE CHATILLON

Honfleur, 27 janvier 1859.

Mon cher ami, j'ai reçu hier soir une lettre du ministère de l'Instruction publique. Je vais écrire un mot au ministre et à M. Gustave Rouland^^'. Quant à vous, il ne me suffit pas de vous remercier pour votre part dans cette étonnante rapidité, je veux vous remercier aujourd'hui pour toute l'amitié que vous m'avez si souvent témoignée, et aussi pour tout ce que vous m'avez dit de charmant la veille de mon départ, et dont j'ai gardé un souvenir très exact, — Tout à vous, de cœur.

Ch. Baudelaire.

Je crois que je viens de faire une faute d'orthographe sur mon enveloppe — pardonnez-moi. — Quand on estropie mon nom, je pardonne diffici- Iement'2).

Puisque l'obhgeance et la bonté sont votre état habituel, si vos fonctions nouvelles '^^ vous laissent encore du temps pour la sculpture, daignez donc penser à ce fameux manche de cachet orné d'arabesques gothiques.

'^' Baudelaire venait d'être avisé qu'une «indemnité à titre éventuel» de 300 francs lui avait été allouée pour sa traduction des Nouvelles Histoires extraordinaires. — Gustave Rouland, homonyme et chef de cabinet de son père, alors ministre de l'Instruction publique. — Nous ne possédons pas les lettres que notre auteur se disait ici dans l'intention de leur adresser.

'^' Voir à preuve la lettre à Monsieur Aubourg.

^'' La Levrette en pal'tot venait de valoir à son chantre d'être pourvu d'un petit emploi par M. Rouland.

2<5o CORRESPONDANCE GENERALE

20 fr. — Pardon de vous remettre si peu aujourd'hui. — Souvenez-vous que pour les gens du petit café je suis absent de Paris '^'.

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