‹ Correspondance généraleChapitre 78 sur 122 · A ALPHONSE DE GALONNE · texte numérisé non relu

A ALPHONSE DE GALONNE

[57, rue Pigale (sic).]

Honfleur, i" février 1859.

Pour le coup, cher Monsieur, me voilà bien et dûment installé, et tout à vous.

Vous aurez tout votre Opium, refait, revu, remanié, et recopié avant le 15.

Et ma Danse Macabre'^^^?

J'ai reçu ici un mot de l'Instruction Publique qui prouve que ma petite affaire a été résolue. J'ai raison de l'appeler petite , car elle s'est faite bien petite''^\

Je n'ai pas besoin de vous dire qu'avant que je quittasse Paris, dans les deux ou trois visites que j'ai du faire au Ministère, il m'a été parlé de vous. Vous croiriez que je me vante de faire mon devoir

^'^ Ces lignes sont tracées sur une carte de visite où se trouve reproduite la signature du poëte. Au-dessous on lit, de la main d'Auguste de Chatillon : A valoir sur le cachet de bronze. • — A. de C. — «Le petit café», selon Pierre Dufay (Mercure de France, 15-IV-1923), c'était le Café de Bruxelles, place de rOdéon.

'^) Cette pièce paraîtra à la Revue contemporaine le 13 mars suivant.

W Voir la lettre 408, note i.

si je VOUS disais ce que j'ai répondu ^^^ — Envoyezmoi les épreuves de la Danse ici, car je n'irai pas à Paris avant la fin de février.

Charles Baudelaire, Horifleur, Calvados.

Cela suffit.

Vous me rendriez très heureux si vous pouviez trouver ^ minutes pour me parler de vous et de vos affaires, et de vos espérances^^l Je vous supplie de croire qu'il y a dans cette curiosité bien autre chose que de l'intérêt personnel.

Maintenant, vous aurez votre minimum de deux feuilles par mois'^'.

Dites bonjour de ma part à Monsieur Hervé f*l

Veuillez me rappeler au souvenir de Madame de Calonne, et lui dire combien j'ai été touché des aimables paroles qu'elle m'a dites la dernière fois que j'ai eu le plaisir de la voir.

Charles Baudelaire.

S'il y a encore une place pour la bibliographie, faites passer la note sur Emaux et Camées'^^K

('' La Revue contemporaine se voyait alors menacée de perdre l'appui et les subsides gouvernementaux. Baudelaire semble avoir joué un petit rôle dans les négociations de Calonne avec les ministères intéressés, et puis, sur l'invitation de ceux-ci, s'être éloigné de celui-là (voir sa lettre au maréchal Vaillant, 3 août 1863).

(*) Les espérances qu'avait Calonne de se voir confirmer dans ses avantages semi-officiels.

('' Conformément au traité.

(*' Voir page 219, note i.

(') Voir page 251, note 2.

Honfleur, ï" février 1859.

Ouf! me voici absolument installé, et prêt à remplir tous mes devoirs; je veux dire : privé de prétextes pour y manquer.

J'ignore l'issue de votre affaire '^l Ecrivez-moi cela; je désire vivement le savoir; je m'intéresse à votre bourse pour beaucoup de raisons et, malgré vos théoriciens de l'égoïsme, il y a au moins une raison qui n'est pas de l'égoïsme.

Je viens de rappeler au souvenir de de Calonne la petite note sur Emaux et Camées^^K

Tout à vous. Amitiés à de Broise et mes respects à votre mère et à votre sœur.

Ch. Baudelaire.

Honfleur, Calvados.

(') Voir la note i sous la lettre n' 401. — Dans une lettre à Baudelaire, par nous publiée dans le Bulletin du Bibliophile (20 décembre 1939), on voit Asselineau écrire, après avoir rappelé l'issue de l'affaire : «Mais Malassis en appelle!!! Il faut être le plus fort ! Croyez-vous que pendant que le tribunal délibérait, il s'était convaincu lui-même qu'il serait acquitté, et savez-vous alors à quoi il pensait? à faire une 3° édition avec les portraits de la princesse Czartoryska et du Baron Pichon ! En somme il est parti assez piteux et sans me voir. Je lui ai écrit une lettre de condoléance et sa réponse n'est pas fière. La leçon profitera-t-elle ? S'il savait que j'écris cela!» Baudelaire s'égayera à ce propos dans sa réponse à Charles Asselineau (20 février).

(^) Voir le post-saiptum de la lettre précédente.

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