‹ Correspondance généraleChapitre 94 sur 122 · REVUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

REVUE FRANÇAISE

Directeurs :

J. Morel et E. Oger.

Paris, le 7 avril 1859.

Mon cher ami, Vous ne m'en voudrez pas si, après avoir vu vos hésitations, je me permets de donner Le Voyage à la Revue française ^^\

(•' Cf. la fin de la lettre 419.

(*' La Revue française paraissait les 10, 20 et 30 du mois, et la lettre précédente prouve que Baudelaire s'était attendu à ce qu'elle publiât Le Vovage dès la fin de mars. Les «hésitations» de Calonne dont il excipe ici paraissent donc bien n'avoir été qu'un prétexte hâtivement saisi, d'autant que dès les 23 et 24 février nous l'avions vu exprimer le regret que son traité avec la Revue contemporaine l'obligeât à offrir ses vers d'abord à cet organe.

Soyez certain que votre Opium et vos Peintres '^^ seront faits dans la première quinzaine de mai.

Tout à vous. — Veuillez présenter mes compliments à Madame de Calonne.

Ch. Baudelaire.

43L a THEOPHILE GAUTIER.

21 avril 1859.

[L. a. S., 3/4 p. in-8°.]

Il lui recommande un peintre, M. Garipuy, dont il est aisé de louer les œuvres (^'.

Vendredi 29 avril 1839.

Mon cher ami,

Le Théophile Gautier ? — Voici une nouvelle épigraphe à ajouter ^^l

Vous avez l'article; il est donc inutile que je vous l'envoie.

('> Voir la lettre 405, note i.

(^) Jules Garipuy (18 17- 1893), peintre d'histoire et de genre, de l'atelier de DeIacroix.il n'est pas nommé dans Curiosités esthétiques,

(') Dans Mon Cœur mis à nu Baudelaire a cité ce propos de Gautier : «Je mettrai l'orthographe même sous la main du bourreau». Ne serait-ce pas là le texte qu'il voulait utiliser en seconde épigraphe?

Faites bien mousser le texte afin que ça ait l'air d'une brochure respectable.

Et le portrait ^^'?

Enfin L'Opium est fini; cela va paraître. II est indispensable que nous fassions aussi une brochure : L'Opium et le Haschisch ; en sous-titre : L'Idéal artificiel; brochure composée de cinq feuilles de la Revue contemporaine, presque un livre. Nous sommes sûrs de la vente d'une pareille brochure, et puis nous déchargeons d'autant les malheureuses Curiosités qui se trouveront ainsi composées généralement d'articles ayant trait aux beaux-arts et qui n'attendent plus pour être réimprimés que l'apparition du Salon de iSjç (fini et que je livre ce soir ou demain), des Peintres espagnols et des Peintres idéalistes '^J que je ferai en Mai.

Je serai heureux d'avoir votre opinion sur le Gautier. Rappelez-vous qu'il y a des fautes dans l'Artiste, et qu'il faut que je lise les épreuves une seule fois (à Honfleur); si vous faisiez cela tout de suite, je vous les corrigerais en une heure; je vais avoir un peu de loisir.

J'ai lu à Paris des lettres de vous où il y avait du découragement. Si vous vous découragez, alors vous courrez de vrais dangers. Je ne veux pas que vous perdiez la tête pour si peu, et rappelez-vous que ce n'est pas seulement l'égoïsme qui parle, mais l'amitié. II y a eu quelques instants où votre situation était très belle. Cela peut se retrouver, et facilement.

J'ignore quand j'aurai le plaisir d'aller à Alen-

f' Voir p. 271, note 2.

(^' L'article sur les peintres espagnols ne sera jamais écrit, ni celui sur les peintres idéalistes jamais achevé, nous l'avons dit.

çon. J'ai cependant de grandes nouvelles et de grands projets à vous expliquer; mais c'est long. Présentez mes amitiés à toute votre famille.

Un mot, je vous prie, dans votre réponse, relativement au Lamotte -Valois '''.

Maintenant, chose grave comme un post-scriptum : je suis revenu ici pour travailler avec rapidité et compenser le temps que m'a fait perdre à Paris un gros accident '^l

Vous recevrez cette lettre et ce billet samedi 30. II faut que je verse le 3 Mai 120 francs à la Maison de santé, plus 30 francs à la garde-malade. Je ne puis pas aller à Paris. Profitez du samedi (demain) pour escompter ce papier, payable ici, chez ma mère (où aucun protêt n'aura jamais lieu), et, dès dimanche , envoyez 150 francs (un billet de 100 et un de 50 ou un mandat) à M. le directeur de la Maison municipale de santé, 200, Faubourg Saint- Denis. Vous direz dans votre lettre que vous envoyez cela de la part de M. Baudelaire pour la pension de M"* Jeanne Duval, qu'il y a 120 fr. pour la pension, et que les 30 fr. doivent être remis à la malade elle-même pour sa garde. Le reçu sera remis à M"^ Duval.

Quand même tout cela vous ennuierait beaucoup, je compte sur votre amitié. Je ne veux pas

f) Sur la fin de l'année précédente, Poulet-Malassis avait publié les Mémoires inédits du comte de Lamotte-Valois (relatifs à l'affaire du Collier) avec un historique et des notes de Louis Lacour. Mais nous ignorons les raisons qui poussaient Baudelaire à s'enquérir de ce livre-Ià. Peut-être désirait-il savoir simplement si la vente en avait satisfait l'éditeur.

'') Le «gros accident»? Faut-il penser à l'attaque de paralysie qui, le ^ avril, avait nécessité le transport de Jeanne Duval à la Maison Dubois, et l'y allait clouer jusqu'au 19 mai?

qu'on mette ma paralytique à la porte. Elle, peutêtre, en serait contente; mais moi, je veux qu'on la garde jusqu'à épuisement de tous les moyens de guérison.

11 est bien entendu que vous faites une lettre chargée. La lettre partant dimanche '^^ arrive à Paris le 2, la veille du jour où il [est] nécessaire de faire inscrire la pension de nouveau.

Le billet (que j'avais d'abord fait à un mois, et que j'ai renvoyé à deux après avoir consulté mes recettes) est de i6o fr. Il restera donc lo fr. sur lesquels portera l'escompte. De ce qui restera vous ferez faire un petit mandat que vous m'enverrez à Honjleur.

A propos, ma mère a payé plus de 1035 fr. pour la traite, mais je ne me rappelle plus la différence. Merci pour vos costumes '^'.

Tout à vous.

J'ai encore bien d'autres choses à vous dire; mais j'ai vingt lettres à écrire aujourd'hui.

Répondez-moi demain.

Croyez-vous que cet imbécile de Calonne a jeté les hauts cris en lisant Le Voyage? Depuis qu'il est sûr de marcher t^^, il est redevenu tatillon et ultra-rédacteur en chef. Et il a l'effronterie de me tourmenter pour avoir de nouveaux vers. // n'en aura pas. 11 va avoir son Opium, et je lui ai donné

(') D'AIençon, s'entend.

(-' Voir la note 3, p. 267.

(') La Ra'ue contemporaine avait sans doute trouvé de nouveaux appuis.

ma parole qu'en Juin je lui ferais deux nouvelles assez longues''^\ qu'il paierait comptant (soit en billets, soit en argent) à vous bien entendu.

Nouvelles Fleurs du Mal faites. A tout casser, comme une explosion de gaz chez un vitrier. Mais quoi que me dise la dame de Calonne, elles iront ailleurs que chez elle^-^ !

Réponse tout de suite. — Plaignez-moi et aimez-moi, car je suis furieux, de tout ce qui m'arrive et de tout ce que je lis, — et mécontent de tout ce que je fais.

Puisque je vous cause du tintouin, il faut bien que je vous fasse rire un peu. Sachez que, pour remettre mon cerveau à l'endroit, je viens de relire (pour la première fois depuis vingt-cinq ans peut-être) la Grandeur et décadence des Romains, le Discours sur l'histoire universelle, et Les Natcbez. Je deviens tellement l'ennemi de mon siècle, que tout, sans en excepter une ligne, m'a paru sublime.

Toutes les fois que vous serez trop abattu, faites comme moi.

Il faut ajouter à ce que je vous disais tout à l'heure à propos des Curiosités, que si nous faisions deux volumes, nous risquerions de faire un four et d'être dédaignés et oubliés'^^\ tandis qu'un seul volume de dissertations est facilement digestible.

Avez-vous lu l'éloge insensé de Mireio, par le

'') Elles ne seront jamais écrites.

<*) Voir le billet 420 , in fine.

(') Allusion à l'ouvrage de Monselet : Les Oubliés et les Dédaignés, en deux volumes que Poulet-Malassis avait publiés sans succès en 1857.

vieux mauvais sujet'^^''? A propos de M. Mistral, il a eu soin de ne pas rater l'inévitable calembour : un nom beau comme un suinom! un poète plein de souffe !

1" mai 1859.

Je vous remercie tout d'abord, de tout mon cœur, pour votre ponctualité et votre complaisance '-1

Le Gautier. Je ne veux pas renoncer au portrait. Ou de Broise fera tirer tout de suite les frontispices dont il aura besoin plus tard, ou le frontispice de ma brochure sera semblable à celui d'Emaux et Camées'-^K

Cependant, comment fait-on pour tirer des épreuves d'estampes à plusieurs teintes? Ne peut-on pas couvrir, avec une matière étrangère (qu'on retire plus tard), les parties qu'on ne veut pas reproduire? II est évident qu'il y a un moyen, et que ce moyen n'est pas de ma compétence. Postérieurement, nous ferons tirer le titre en lettres bizarres. En somme, deux tirages, comme pour les ornements rouges et noirs.

Le portrait est une garantie de vente.

f') Mirèio, pouèmo prouvençau de Frederi Mistral, avec la traduction littérale en regard (RoumaniIIe, Avignon, 1859). — Voir la note i, p. 304.

'-' Sitôt reçue la lettre précédente, Poulet-Malassis avait envoyé à la Maison Dubois les 1^0 francs demandés.

(^^ C'est ce second parti qui devait être adopté.

Les deux épigraphes se font antithèse'^', et il est évident pour moi que le vertueux et pédant Laprade avait lu L'Artiste^^K Un caractère très petit pourrait nous tirer d'affaire. L'idée du verso n'est pas absolument détestable'^'. Quand recevrai-je l'épreuve? Il y a des fautes dans L'Artiste.

Opium et Haschisch. — Un joli petit livre. Je compte là-dessus pour rentrer un peu en circulation. Vous serez satisfait de L'Opium; ce sera brillant et dramatique. Au total : quatre-vingts pages de la Revue contemporaine. Je suis sûr de la vente.

Calonne marchera, je le sais, et il ne m'est pas

<•' Voir, la lettre précédente, page 296, note 3. L'épigraphe maintenue en tête de la plaquette (L'Art bomantjque, p. 143) impliquait l'impuissance à faillir, et celle que nous avons présumée dans cette note, la volonté de ne pas Faillir, on peut voir entre elles à la rigueur, une façon d'antithèse.

nonçant son discours de récepti remplaçait Alfred de Musset, il avait dit de la poésie de celuici qu'elle était «l'histoire et le portrait de toute une génération», allant même jusqu'à déclarer : «Otez ce jeune homme et vous brisez l'anneau le plus brillant et le plus solide entre l'œuvre lyrique de notre temps et la poésie facile du siècle dernier».

Or, dans son Théophile Gautier [L'Art ROMANTIQUE, p. 153) paru à L'Artiste le 13 mars 1859, soit quatre jours avant la séance de réception de Laprade, Baudelaire avait écrit au contraire : «Alfred de Musset, féminin et sans doctrine, aurait pu exister dans tous les temps, et n'eût jamais été qu'un paresseux à eflusions gracieuses».

En outre dans ces deux morceaux, où la question des fins de la poésie est évoquée, Baudelaire et Laprade avaient témoigné de points de vue nettement opposés, le premier soutenant que le poëte ne doit viser qu'à la beauté, le second qu'il doit poursuivre aussi un but moral.

Baudelaire avait donc des raisons de croire que Laprade avait lu l'Artiste et pris le contre-pied de ses sentiments.

(') Le verso du faux-titre, pour loger les deux épigraphes.

permis de vous dire pourquoi ^^l Vos 3.000 fr. ne me sortent pas de la tête'*l Voici ma situation : je lui dois toujours ses 500 fr., moms le salaire de la Danse macabre, 45 fr. — Son Opium (que je relis maintenant) étant livré commence une série de sommes pour vous. C'est en pensant à vous que j'ai exigé de lui la promesse que, si je lui livrais deux fortes nouvelles en Juin et Juillet, publiées ou non publiées, il les paierait en argent ou en billets, tout de suite.

Vous me prenez donc pour un ingrat ou un imbécile? De vers, il n'en aura plus.

Vous me dites que vous avez relu mes vers. Vous auriez bien mieux fait de relire la Méthode de composition d'Edgar Poe (Revue française)''^K

Votre lettre m'a fait beaucoup de peine. Je vois que votre esprit versatile subit toutes les températures. Si je pouvais courir à Alençon, j'y courrais tout de suite, non pas seulement pour m'amuser un peu, mais pour vous secouer. Vous voilà tout aux brochures politiques, et vous oubliez qu'il est dans la nature humaine de toujours dépenser cinq francs pour acheter un roman ou une stalle au spectacle. Je ne vous remercie donc pas du tout de l'honneur que vous voulez bien [me] faire exceptionnellement pour mes livres. Mes Fleurs du Mal resteront; mes articles critiques se vendront, moins rapidement peut-être qu'en un meilleur temps, mais ils se vendront.

f'* Allusion peut-être à ces négociations de Calonne avec les pouvoirs publics, auxquelles Baudelaire fut mêlé.

'^) Ceux dont Baudelaire restait redevable envers Poulet- Malassis.

'^) Parue le 20 avril.

3o4 CORRESPONDANCE GENERALE

Quand même la guerre voyagerait de l'Italie sur le Rhin, les hommes voudront lire les disputes littéraires et les romans; et c'est surtout quand tout le monde perd la tête qu'il j a bénéfice, et gros bénéfice, à ne pas la perdre. Bien au contraire de \ous, j'ai peur, pour vous, de cette négligence relativement aux closes littéraires.

Des quatre-vingts pages de la Revue contemporaine, il faudra faire, s'il se peut, deux cent cinquante pages.

Vous me parlez sans cesse de vos dettes. Je suis convaincu qu'avec un peu d'ingéniosité, vous pourriez résoudre la question. Mais je ne connais pas^assez vos affaires pour vous donner un conseil.

Ecrivez-moi moins tristement si vous pouvez, et soyez toujours aimable. Mes compliments à votre famille.

M. Mistral, auteur de Mireio, est un poëte patoisant, cornaqué par Adolphe Dumas. Le mauvais sujet a regretté qu'il ne fût pas tout à fait sauvage. Il a vu avec douleur que M. Mistral, par ses commentaires, avait prouvé qu'il savait le français'^l D'ailleurs ce charabiaïsant est l'étoile du moment.

f'^ \bir la lettre 432, pages 300-301. — Se demandant si la naïveté de Mistral était parfaitement smcère, Barbey d'Aurevilly, dans son article du Pays (27 avril), avait écrit : «... j'aurais aimé à rencontrer dans M. Frédéric Mistral , nouvellement découvert, et dont le nom, beau comme un surnom, convient SI bien à un poëte de son pays, un homme né et resté dans la société qu'il chante, ayant le bonheur d'avoir les mœurs de ses héros et d'être un de ces poètes complets, dont la vie et l'imagination s'accordent, comme le fut Burns, le jaugeur. Mais, hélas ! quelques mots qui sentent leur collège, mêlés à la traduction interlinéaire, bien faite d'ailleurs, et surtout des notes, des notes dans lesquelles nous trouvons des prétentions de lin-

J'attends un mot de vous. Blanchissez vigoureusement le texte '^l

Ch. Baudelaire.

Honfleur, mercredi, 4 mal 1859.

Je vous en prie, mon cher ami, écrivez immédiatement vous-même au directeur de la Maison municipale de santé, 200, Faubourg Saint-Denis, pour lui affirmerque vous lui avez envoyé 150 francs par le chemin de fer d'AIençon, frais d'envoi payés (pour M"^ Duval).

Ecrivez de plus au directeur du chemin de fer pour vous plaindre.

Hier 3 , rien n'était arrivé.

J'espère que votre lettre aura pour résultat de faire patienter le directeur de la Maison pendant quelques heures, et l'argent se retrouvera '^l

Cet accident est d'autant plus déplorable que les médecins viennent de décider que la malade n'était pas en état de sortir.

Si j'avais eu de l'argent, je me serais servi du télégraphe électrique.

J'attribue cela à une étourderie, une fausse adresse, par exemple.

guiste, de la botanique, de l'histoire naturelle et toutes sortes de choses que j'eusse mieux aimé ne pas y voir, ont donné à penser que M. Frédéric Mistral n'est pas si sauvage ni si autochtone que je le voulais.»

(') C'est-à-dire : faites «mousser», interlignez, pour tenir le plus de place possible.

(^' Voir le début de la lettre suivante.

Mais je réfléchis que le directeur du chemin de fer et le directeur de la Maison du Faubourg Saint-Denis n'auront vos lettres que le 6, au matin. C'était le 3 qu'on attendait l'argent.

Pour faire tout pour le mieux, comme vous avez sans doute un reçu du chemin de fer, ne pourriezvous pas l'enfermer dans la lettre que vous adresserez au directeur de la Maison du Faubourg Saint-Denis, 200?

Je vous cause bien de l'ennui, mais jugez de mon inquiétude !^ — Donc, pour le Gautier, attendons. Sans doute, il faut des lettres élégantes et contournées; mais par qui? J'y songerai'^'.

Tout à vous, mon cher ami.

II est évident que, sans télégraphe électrique, l'administration du chemin de fer à Alençon doit pouvoir, dans la journée de demain 5, vous donner toutes les explications désirables. Aviez-vous écrit une lettre explicative au directeur, en expédiant cet argent?

Dimanche, 8 mai 1859.

Mon cher, je vous fais de profondes excuses pour ma stupide réclamation ^^l J'ai été abusé par une lettre de cette terrible femme (pas écrite

('' Voir la lettre précédente, 3' paragraphe. '^' Voir la lettre précédente.

par elle-même, puisqu'elle ne le pourrait pas) qui me disait qu'on n'avait rien reçu. — Dans son malheureux cerveau abêti par la maladie, elle avait trouvé ce moyen ingénieux de se procurer deux fois l'argent, sans penser à la facilité de la vérification. Ma mère à qui j'avais voulu, le 4, emprunter tout de suite 150 fr., en attendant que votre argent se retrouvât, m'a fait une scène abominable, à laquelle j'ai riposté. Ma mère en est malade. Et moi-même, depuis le 4, je suis au lit, avec l'estomac et les intestins barrés, et une névralgie qui voyage selon les changements de vent, et dont les lancinations sont si vives que je ne peux pas dormir.

Tels sont les résultats de la colère et de l'inquiétude. Il faut que cet état finisse, car travail et argent et temps, c'est tout un.

Pardon de nouveau, et saisissez les occasions de m'écrire. Vos lettres me sont évidemment une distraction.

Votre traducfion de ce livre autrichien est une excellente idée; vous me direz si cela se vend bien'^); n'oubliez pas cela; n'oubliez pas non plus vos frontispices d'Emaux et Camées^'-K

Tout à vous. ^

Prenez bien garde à votre vérole. J'ai eu des

(*' II s'agissait des Campagnes d'Italie de 18^8 et de i8^g par le général Schœnhals , traduction de Th. Gautier fils.

(^) A quoi avait trait cette recommandation, , nous échappe. L'édition que Poulet-Malassis avait donnée à'Emaux et Camées (seconde édition augmentée, in-12, 1858) avait comporté un frontispice, des culs -de -lampe et des fleurons dessmés par E. Therond.

3o8 CORRESPONDANCE GENERALE

accidents variés plusieurs années, après une apparente guérison'^^.

Puisque vous ferez votre prison à l'hôpital '2', vous devriez en profiter pour vous soigner.

Faudra-t-il alors adresser mes lettres à l'hôpital ?

Rappelez à Duveau'^' l'orthographe de mon nom.

Si vous trouvez, dans un carton ou dans vos

armoires quelque gravure à légende dont les lettres

soient ornées de Jions , (généralement des lettres

majuscules italiques hollandaises) servez-vous-en

comme d'une indication ou d'un conseil. —

Duveau''^^?

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