LB GBNJÎRAL EN CHEF JOURDAN AU MINISTRE DE LA GOBRRE BOUCUOTTE
An quartier géoéral à Avetioes, le 91 octobre, Tan n de la République une et indiviBÎble.
LB CiTOYEN JOVRDÂN , GÛnÈHAL BN CHBP DB LURUiB DV NORD, ÀV ClTOJBIf BOOCHOTTB, MINISTRE DB Là GUERRE.
Je vous ai déjà mandé, citoyen ministre, la surprise que j*avais eue en apprenant la morosiveté de Tannée de Maubeuge , qui non seulement n'a fait aucune sortie pendant la durée de notre attaque , mais n'a point inquiété Tennemi dans sa retraite, qui s'est opérée à la vue de la ville et du camp retranché de Maubeuge. J'en témoignai mon étonnement au général Ferrand lors de mon arrivée en cette ville. Il me répondit que le général Ghancel s'était toujours opposé aux sorties , que lorsqu'on lui avait représenté que le feu qu'on entendait était certainement celui d'une bataille qu'on livrait pour secourir Maubeuge , il avait répondu que c'était une manœuvre de l'ennemi pour les attirer dans la plaine afin de les tailler en pièces. Les représentants du peuple , qui ont été instruits de la conduite douteuse du général Cbancel , l'ont fait arrêter et conduire aux prisons d'Ârras. Vous aurez sûrement de plus amples éclaircissements par la représentation qui vous sera laite du journal des arrêtés du conseil de guerre.
Il m'a été rapporté que le citoyen Deverchin^*\ général de brigade, avait été
(0 Ed tête on lit cette note autographe de Bottchotte : «rinformet-vous si ce rassembiement n'a pas un mouvement militaire en vue et une destination ultérieure. S'ib ne sont là que pour s^instruire et tenir garniscm, il est certain qu'il y en a trop pour LonéTille.»
^^ François-Joseph Deverchin, né à
ui.
Dugics [?] (Belgique) le a 5 avril 17^6^ fils d'un fermier, géomètre et directeur des houillières à Wasmes avant la Révolution, entré au service de la France le 3 mai 1799, fieutenant dans la 9* compagnie franche le i5 août 17999 capitaine de la 10* compagnie franche le a 6 août 1799, chef de bataillon le 8 novembre 1799, geai^
uir*iHtaia lAiioRAir.
370 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ai oct. 1793.]
proposer au citoyen Drouet , représentant du peuple » le projet de sortir de Maubeuge; que le citoyen Drouet s'était détermine à TeSectuer d'après les bcilit^ que le citoyen Deverchin avait présentées , mais que le jour de Texécution il avait mené le citoyen Drouet jusqu'au camp ennemi , l'avait ensuite abandonné et était rentré dans Maubeuge; que le citoyen Deverchin était en outre accusé d'une correspondance secrète avec le maire de Goulsore, homme très suspect D*après ces rapports j'ai cru prudent de faire mettre le citoyen Deverchin en état d'arrestation jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné par les représentants da peuple lors de leur retour ^^\ Quant au colonel Pinteville , je ne le connais pas da tout ^*\
Je vous envoie ci-joint copie de la lettre du général Élie , dont j'ai fort k me plaindre. Ce général s'est fait battre et a abandonné toute son artillerie , quoique je lui eusse donné l'ordre le plus positif de ne rien entreprendre , d'inquiéter seulement l'ennemi et de se tenir sur la défensive , ce qui lui était d'autant plus facile d'exécution que le pays est couvert de bois dont il pouvait couvrir son opération ^^K
nérai de brigade le 35 septembre 1793, suspendu par arrêté du représentant Perrin et arrêté à Avesnes le âi octobre 1793, détenu à Arras le 19 fHmaire an 11 (9 décembre 1793), mis en liberté le 10 fructidor an II (37 août 1794), replacé adjudant général i Tannée de Sambre-et-Meuse le 13 thermidor an m (3o juillet 1795), commandant la place de Bruxelles le 9 frimaire an ?ii (39 novembre 1798), suspendu par le général Carteaux le 3 1 mesrâdor an tiii (10 juillet 1800), admis au traitement de réforme le 17 fructidor suivant (U septembre 1800).
(^) Les soupçons de Jourdan sur le général Deverchin ne semblent pas avoir été confirmés. En effet, le 37 fructidor an m (i3 septembre 1795), le représentant du Bois du Bais recommandait Deverchin dans les termes suivants ( Orig. , Arch. adm. de la guerre, dossier Deverchin) : «Je lui dois la justice de vous dire que je le regarde comme un des plus braves hommes de la République et aussi actif qu'intelligent. Pendant une mission à Maubeuge on lui avait confié la garde d'un de nos plus importants avant-postes. Nous étions faibles en troupes, mais son courage et sa vigilance suppléaient à tout , car non seulement il garda bien son poste, en veillant, lui, jour et nuit, pour n'être pas surpris, mais
il surprit plusieurs fois des postes ennemis qu'il défit , en nous amenant des prisonniers et leurs chevaux. En un mot il harcelait continuellement Tennemî qui le redoutait. Jourdan en faisait beaucoup de cas ... n
Jourdan , qui avait fait arrêter le général et dont du Bob du Bais invoque le témoignage, écrivit, le 16 frimaire an iv (7 décembre 1795), au ministre de la guerre:
er L'adjudant général Deverchin est un branre militaire qui me parait attaché au gouvernement républicain, mais je ne lui crois pas les connaissances nécessaires i la place qu'il occupe.» Enfin les représentants Drouet , qu'on l'accusait d'avoir abandonné , et Gossuin firent, dans une lettre adressée au ministre de la guerre le 18 pluvidse aniT (7 février 1796), le plus grand éloge de Deverchin : <r II n'a jamais, disaient-ils, craint de voir l'ennemi en face et de se mesurer avec lui. 9 (Orig., Arcb. adm. de la guerre, dossier Deverchin.)
^') Le 13 brumaire an 11 (s novembie 1793) le Comité de salut public ordonna qu'un administrateur de police irait mettre en arrestation k Ghâlons le citoyen Pinteville et le ferait conduire i la Conciergerie de Paris. (Cf. Aulard, VIII, 176.)
(') Cf. les lettres écrites par le général Élie au Comité et à Bouchotte le 19 octobre
[31 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 371
Je vous ai mande dans ma dernière l'impossibilité où j'étais de rien entreprendre faute de munitions. L'ennemi conserve toujours sa position; il y a réuni toutes ses forces et Ton ne peut l'attaquer sans s'exposer à être complètement battu. Il faut donc tâcher de le contraindre] à se dégarnir. *Le projet de passer la Sambre à sa gauche offre une &c3ité , mais après ce passage il faudrait avancer dans le pays; et comment le &ire devant des forces aussi considérables sans s'engager à se &ire couper sur les derrières, ce qui arriverait infailliblement?
Le seul moyen est de faire une puissante diversion. J'avais donné des ordres positife au général D'Avaine; s'il les eût exécutés, je n'aurais sûrement pas toutes les forces de l'ennemi de ce côté. Je lui ai envoyé hier un courrier pour les lui réitérer. Je vous assure que si je n'avais pas craint qu'on eût mal interprété mes intentions , je me serais transporté de ma personne pour commander cette expédition , dont le succès est certain.
Je vous préviens que le citoyen Perrin , représentant du peuple près l'armée des Ardennes, mécontent de la conduite du général Beauregard, commandant une division de cette armée , lui a conseillé de donner sa déndssion , ce qu'il a Èdt. Je l'ai acceptée; j'ai £adt remplacer ce général par le citoyen Desbureaux ^*\
Je vons rends compte que le général Baget^'^ est rendu à son poste depuis quelques jours.
Je vous prie de me dire si je puis compter sur l'arrivée des carabiniers.
(Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)
JOURDAN
(*^ Charles -François Desbureaux, né à Reims (Marne) le i3 octobre 1755, soldat au régiment de la Reine le 90 décembre 1773, caporal le a 5 mars 177^1 sergent le 96 septembre 1780, fourrier écrivain le «3 avril 1781, congédié le âi avril 1786, chef de division de la garde nationale de Reims, adjudant général chef de bataillon le 1" octobre 1799, général de brigade le 16 août 1793 et de division te 90 septembre suivant, non compris dans Torganisation du 95 prairial an m (t3 juin 1795), réformé \e ah germinal an V (i3 avril 1797)1 remis en activité le 3 thermidor an vu (93 juillet 1799), passé à Tannée de TOuest le 3o nivôse an VIII (90 janvier 1800), réformé le i*'ventdse an iz(90 février 1801), mis à la disposition du ministre de la marine le 3o brumaire an X (91 novembre 1801), envoyé à Brest pour prendre le commandement de
la deuxième expédition de Saint-Domingue le 18 nivôse an x(8 janvier 1809), rentré en France le 90 germinal an xi (10 avril i8o3), membre de la Légion d'honneur le U germinal an xii (96 mars 180&) commandant la 7* division militaire le 3o fructidor an xiii (17 septembre i8o5), et la 5* le 10 novembre 1806, officier de la Légion d'honneur le 97 juillet 1810, baron de TEmpire le 16 décembre 1810, chevalier de Saint-Louis le 1" novembre 181 À, commandeur de la Légion d'honneur le 97 décembre 181/i, admis à la retraite le h septembre i8i5, mort à Paris le 95 février ]835.
W Jean Baget, né à Lavît (Tam-et-Garonne) le 18 octobre 17Û3, cavalier au régiment de Vogué le 9 1 mai 1 759 , maréchal des logis le 1" avril 1763, souslieutenant au régiment Royal-Cavalerie le 1 1 août 1 768 , sous'^e-major le 1*' juillet
372 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. (ai oct. 1793.]
SCHILTIGHEIM, 91 OCTOBBB 1798.
L'ADJUDANT G^ff^BAL DBMONT AU COUiri DE SALUT PUBLIC.
Analyte. — L^armëe française n a pas fiiit de mouvement L'armée aatrichienne occupe les hauteurs de Weyersheim, Biedenheim, Gendertheim et Bmmath; elle a devant elle la rivière Zom , sur laquelle elle doit avoir établi ses avant-postes. <rOa doit même y construire des redoutes et des retranchements; les ponts qui sont sur cette rivière, même ceux de pierre, doivent être reconstruits de manière k pouvoir être détruits sur-le-champ, en cas que l'ennemi soit obligé de se «replier, v Un corps d'armée, composé d'émigrés et de Prussiens, doit être posté de manière k avoir sa gauche à Monunenheim et sa droite à Pfaffenhoffen. «Les Prussiens font des mouvements vers leur droite pour inquiéter Phalsbourg, Sarrebourg et même Saverne par les goi^s. Les Autrichiens en font vers leur gauche pour tâcher de surprendre et forcer notre avant-garde et notre droite. Ces mouvements combinés de la part de nos ennemis, fondés sur les principes de la guerre, s'exécutent sans doute pour nous engager à quelque fiiusse démarche dont ils puissent profiter. En les observant scrupuleusement et en devinant leurs mouvements on parviendra à déjouer les projets des ennemis implacables de la République ^^K n
(Orig., Areh. de ia gaerre, armée do Rhin. )
BORDEAUX, ai OCTOBBB 1793.