‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 107 sur 147 · PABIS, 221 OCTOBBE ij^i- GARNOT AU GJ^N^BAL JODRDAN · texte numérisé non relu

PABIS, 221 OCTOBBE ij^i- GARNOT AU GJ^N^BAL JODRDAN

Paris, le 1*' jour du 9* mois de Tan 11 de ia République une et indivisible.

CÀHNOT, REPRÉSENTANT DO PEUPLE, AU CnOTEN JOVRDAN, GÉnÉRAL EN CHEF DE L'ARUiE DV NORD.

Le Comité de salut public, citoyen général, vous adresse par un courrier extraordinaire l'arrêté qu'il vient de prendre sur la manière dont il veut que s'achève la campagne dans le Nord ^^\ Plein de confiance dans vos talents et votre droiture, il a cru pouvoir hasarder sur cette frontière des opérations délicates et dont il n'eût osé confier l'exé-

(*) Cf. ia pièce précédente.

[99 ocT. 1798.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 375

cution à tout autre qu'à celui qui venait de répondre à ses espérances d'une manière si glorieuse pour la République et pour lui-même. Le Comité veut, à quelque prix que ce soit, que les ennemis soient complètement chassés cette année du territoire français , et l'honneur national nous le commande. On ne désire point que vous pénétriez dans l'intérieur de la Belgique : expulser les satellites des despotes par la voie la plus courte et la plus sûre est tout ce qu'il demande , et il est persuadé qu'une opération si importante ne peut être confiée à des mains plus habiles et plus pures.

Salut et fraternité.

Carnot.

Prenez garde que l'ennemi, par de fausses attaques, ne cherche à vous attirer trop du côté de Landrecies. En vous éloignant ainsi de Maubeuge, il remplirait son objet, qui est d'empêcher que vous ne l'enveloppiez vers Mons, et il prendrait ses quartiers d'hiver en France, ce qu'il ne faut point souffrir, absolument. Vous pourriez faire mine de faire marcher, en effet, la plus grande partie de votre armée vers Landrecies, pour y attirer l'ennemi, puis vous porter tout à coup,. par une marche rétrograde et brusque, vers la Basse-Sambre , que vous passeriez lestement, et vous attaqueriez alors avec un grand avantage, par le flanc gauche, le camp de Bettignies. Vous avez besoin pour cela et pour toutes vos opérations du plus grand secret. Donnez-nous très fréquemment de vos nouvelles; il me semble qu'il faudrait vous assurer votre communication avec Givet et Philippeville par Beaumont^^^

Garnot.

(Orig. aat , Arcfa. de ia gaerre, armée da Nord.)

<*) On lit à ce sujet dans les Mémoim inédifta de Jourdan les considérations suirantes :

«Dana ces entrefaites, le général en chef reçut un arrêté en date du 99 octobre, qui déterminait de quelle manière le Comité de salut public voidait que la campagne s'achevât dans le Nord. L*armée, divisée en deux corps, devait passer la Sambre d'un côté et marcher sur Tournai de Tautre, afin de

cerner Tennemi , Tenvelopper et l'enferme dans la partie du territoire qu'il avait envahie/ Il était prescrit au général en chef de s'emparer des magasins de l'ennemi et en même temps de ne s'engager qu'avec prudence en terre étrangère , et de côtoyer les frontières le plus près que faire se pourrait; de couper la retraite â l'ennemi, sans cesser de maintenir ses communications avec les places fortes ; de tenir ses forces en masse ,

376 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [99 oct. 1798.]

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