AOÛT
LBS G^lf^RAUX FAVART, LA BABOLLIÈRB BT 0*IIORAN AU GOMITé DB SALUT PUBLIC.
Analffeet. «— 1* Le général Favart^*' expose la pénurie de subsistances oit se trouve la ville de Lille. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. C du Comité de salut public, fol. &1&.) — a* Le général La BaroUière ^'^ écrit de Paris pour être
<^) Le même jour Houchard écrivit deux <*> Jacques-Marguerite Pîlotte de La Ba-
lettres au ministre de la guerre. (Orig., roUIère, né à Lunéville (Meurthe--et-Mo-
Arch. de ia guerre, armée du Nord.) selle) le 18 novembre 17^6, fils du capi-
W Cf. t II, p. \oh. laine général des cbasBes du roi Stanislas,
[i8 koti 1793,] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 21
entendu du Comité et fournir des renseignements curieux sur Tannée de la Vendée. (Analyse, id., Corr. gén.) — 3* Le général O'Moran^*' écrit d* Amiens pour rédamer contre son arrestation et se justifier par Texposé de ses services et de sa conduite : irQuelques heures avant mon arrestation, dit-il, j'ai remis au citoyen Camot, repr^ntant du peuple, Tétat de situation «des troupes composant ma division. Je lui ai conununiqné en même temps un avis qui m'annonçait que Tennemi était renforcé de 6,000 hommes à Ypres et autant k Poperinghe. Je lui ai exposé qu'il était indispensable de faire parvenir à Cassel 6,000 hommes, vu que le camp n'était composé que de a,5oo, et qu'avec si peu de monde il n'était possible d'en détacher qu'un très fiiible secours pour renforcer le point qui pourrait élre attaqué.* (Impr. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)
STBASB0DR6, l8 AO^T lygS^^^ LS ciN^RAL ALEXANDRE BEAUHARNAIS AU GOMITi DE SALUT PUBLIC.
Strasbourg, le 18 août 1793, i*an i de la Répobliqae françaiaa.
Je vous préviens, citoyens représentants, que je suis tombé malade k Stra»bourg, où je m'étais rendu avec un de vos collègues pour me concerter avec le reste de la députation et les corps administratifs sur les besoins de l'armée et Tap-
exempl dans les gardes du corps de ce dernier le 10 avril 1757, volontaire au régiment de Navarre en 1761, sous-lieutenant au riment de la Vieille-Marine le 5 juin 1763, élève du corps de Tétat-major général de Tannée en 1768, rang de capitaine le 17 juin 1770, passé à la légion rojak le 5 mai 1779 , capitaine en second «u régiment llestre de camp général-dragons le 16 juillet 1776, capitaine au t* chasseurs k cheval le 19 mai 1779, capitaine commandant le 7 septembre 1 780, dievalier de Saint-Louis le 19 août 1781, major du 3* chasseurs à cheval le i5 avril 1786, lieutenant^tolonel au 9* chasseurs le i^mai 1788, colonel le s5 juillet 1791, maréchal de camp le 6 décembre 1799, général de division le 6 mai 1793, démissionnaire le 3o juillet 1793, cesse ses Iboctioos le 1" septembre suivant, remis en actÎTité le 6 thermidor an m {%h juillet 1795), employé à Tannée des Côtes de
TOcéan en ventôse an iv (février 1796), réformé le 1 3 vendémiaire an ti ( A octobre 1797)1 remis en activité le 96 frimaire an viii (17 décembre 1799) et pourvu du commandement de la i3* division militaire, puis de la i&* (Caen)'en 1800, retraité le 10 prairial an xi (3o mai i8o3), baron de TEmpire le 95 mars 1810, confirmé dans ce titre le 95 janvier i8i5, mort à Nîmes ( Gard) le i*' décembre 1 89 7. Il avait fait, sous Tancien régime, les campagnes d'Allemagne de 1761 et 1769 et de Corse de 1768 et 1769. H signait La BarolUàrê et La BaroUàrê. La première forme est celle de Tacte de baptême.
î») Cf. l. II, p. 81.
^^ Camot assiste à la séance du Comité de ce jour. (Cf. Aulard, YI, 19.) H rédige un arrêté allouant 3,ooo livres au citoyen Cayol pour les frais de sa mission. C^est le premier arrêté autographe de Carnot pubUé par M. Aulard.
ii CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 août 1793.J
provisionnement des places. C'est le général Landremont '^^ qui commande provisoirement Tarmée k ma place. 11 devient plus important que jamais, citoyens représentants , ou que vous confirmiez cette mesure ou que vous fassiez un autre choix, mais enfin que j'aie un successeur nommé par la Convention, car, ainsi que je Tai déjà écrit si souvent, il m'est impossible de continuer à commander Tannée ^'\ Déjà la division du Haut-Rhin s'est désorganisée par la méfiance dont on a entouré les che& qui étaient de la classe des ci-devant; j'ai dA prévenir la désorganisation de l'armée active en sollicitant moi-même mon exclusion ^.
L'état des choses sur les frontières du Bas-Rhin et de la Moselle mérite tonte votre attention. Les troupes de Ketterich et d'Ëbellbronn , qui font partie de l'armée de la Moselle, ont été repoussées par les Prussiens jusqu'à Bitche (^); ils se trouvent maîtres du revers des Vosges dans cette partie et menacent de prendre l'Alsace à revers. Je m'empresserai, citoyens repréientants, de vous transmettre
(*> Ghariœ-Hyaciiithe Le Clerc de Landremont, né à Fénestrange (Meurthe) le 91 août 1739, fils d*un capitaine, dragon au régiment de Schonberg le 18 avril 1759, cornette le aS août 1760, blewé au combat de Bidiiigen et fait prisonnier le 9 mars 1761, lieutenant en second le 3 octobre 1 761, lieutenant en premier le 1" décembre 1763, capitaine le 5 mai 1779^ commandant le dépôt des recrues le 1 7 juin 1776, capitaine commandant le 5 avril 1780, chevalier de Saint-Louis le 16 janrier 1 785 , chef d^escadrou le 1*' mai 1 788 , lieutenant-colonel le 9 3 novembre 1791, colonel le 19 juillet 1799, maréchal de camp à l'armée de la Moselle le 5 octobre 1799, général de division à Tannée du Rhin le i5 mai 1793, commandant en chef par intérim de Tarmce du Rhin le 18 août 1793, confirmé provisoirement par les représentants le 93 du même mois, suspendu le 99 septembre 1793, arrêté le h octobre et enfermé à TAbbayc le 18, mis en liberté le 99 août 1796 (Arch. nat., AP II 307), relevé de sa suspension et autorisé à prendre sa retraite le 1 3 octobre 1 796 , inspecteur général des troupes à chcvdl et des remontes dans la 1 7* division militaire (Paris) le 9& mai 1796, commandant des départements du Nord et du Pas-de-Calais le 5 juin 1795, destitué le lA décembre suivant, retraité le 97 juin 1796, mort à Nancy le 96 septembre 1818. (Cf. A. Chuguct, Wiuembaurg , p. 11&.) t'î Cf. A. Chuquct , Wiitembourg, p. 1 1 1 .
(^) Aleiandre de Beauhamab avait cependant fait des professions de foi nettement républicaines, témoin la déclaration suivante dont je possède Toriginal et qui , quoique dépourvue de date, a dû être écrite en juin 1793 :
«Zélé partisan de la République, constamment attaché k la cause du peuple, je n^ai jamau cerné de défendre ses droits dans les sociétés populaires où des milliers de mes concitoyens attesteront qu*avec courage j'ai attaqué le lr6ne, les prêtres, les nobles, les Feuillants, les modérés et en* fin tout ce qui mettait obstacle k la révolution la plus complète ou pouvait seulement faire transiger sur le bonheur public. Tel je serai toujours, citoyens administrateurs. Soldat de ma patrie, je combattrai pour elle jusqu'à la mort, et quand la philosophie vous commande de ne plus voir dans les hommes que leurs vertus ou leurs vices personnels, accordez votre confiance k celui qui vous la demande pour récouipense de son dévouement , k celui dont le dernier soupir sera pour le bonheur de rhumanité, la liberté des peuples et la gloire du nom français.
ftije génépi commandant «n rhrf l'arma du Bnin,
(T Alexandre BEAi;HABNAis.ff
t'J Le 17 août 1793. (Cf. sur ces revers de Tarmée du Rhin A. Chuquet, ffiuimffourg, 99.)
[i8 Aoti 1793.] œRRBSPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 23
les nouvelles cpe je recevrai du générai Landremont et les mesures qu'il aura prises pour arrêter les progrès des ennemis.
Agréez, je vous prie, citoyens représentants, Thommage de mon respect et de mon attachement firatemeU^\
Albxandbe Beadharnais.
(Orig., Arcb. de U gaerre, armée da Rhio.)
(*) Le 18 août 1793 Alexandre Beauharnais écrivit dans le même sens au ministre de la guerre et à la Convention nationale, et demanda la confirmation de la nomination du général Landremont au commandement de Tannée du Rhin. En marge de la lettre à la Convention, Bouehotte a mis cette note : «La démission est acceptée; il est remplacé par Giiot, si la Convention Tagrée.» (Orig., Arch. de U gnerre, armée du Rhin.) — Alexandre Beauhamais avait d^aîlleurs offert deux fois sa démission aux représentants du peuple par ses lettres des 3 et i3 août. On lisait dans cette dernière : «Je vous ai ëerit, citoyens représentants, une autre lettre par laquelle je vous conjurais de noouner un antre officier au conunandement de rarmée du Rhin ; mais cette lettre oe vous sera sans doute pas parvenue, car je n^ai vu aucune feuille publique qui en fit mention. Le temps n'a point changé ma résolution; elle est inébranlable. Tai le malheur de faire partie d*une classe ci-detant privilégiée, et, quand Topinion publique a élevé sur toute la caste une méfiance légitimée par un ai grand nombre de ceux qui en faisaient partie, je dob provoquer moi-même Fostracisme et vous mllidter de me permettre de prendre rang comme simple soldat parmi les braves républicains de cette armée. Je suis si résolu dans ce parti que je ne cesserai de vous adresser journellement mes sollicitations . . . Faites donc droit k ma demande, je vous en conjure, et comptei que rien ne pourra affaiblir ma détermination de servir la République par mon sang, par mes écrits et par mon attachement à la Constitution.» (a Mamuur, XVII, /îso.) ^ L^ 93 août les représentants Milhaud et Ruamps
acceptèrent en ces termes la démission de Beauhamais (copie certifiée conforme par Borie , Arch. de la guerre , armée du Rhin ) :
«Au nom du salut du peuple ,
ffLes représentants du peuple près fermée du Rhin, considérant que le général en chef de Tannée Beauhamais réitère è chaque instant Toffre de sa démission de vive voix et par écrit;
ff Considérant que, d'après ses aveux multipliés, il n*a ni la force ni Ténergie morale nécessaire à un général en chef d*une armée républicaine;
«Considérant que son état de faiblesse et de langueur, qui Ta éloigné de Tarmée pendant trois jours de combat, ne peut que jeter la méfiance et le découragement dans Tétat-major et dans Tannée,
«Arrêtent que sa démission est enfin acceptée et qu^iî sera tenu de sVloigner dans Tespace de six heures à vingt lieues deA frontières, dans un séjour dont il nous donnera connaissance, ainsi qu*è la Convention nationale;
«Arrêtent en outre que le général Lan-, dremont remplira provisoirement les fonctions de général en chef de Tarmée du Rhin et que le présent arrêté sera envoyé par un courrier extraordinaire au Comité de salut public et au ministre de le guerre.
«Fait à Wissembouig le s 3 août 1793, Tan II de la République une et indivisible et Tan i de la Constitution populaire.
«J.-B. MiLHADD, Ruamps.
«J'étais à Haguenau pour requérir le district de faire sonner le tocsin, au moment où Tarrété a été pris. Je l'approuve et j'aurais été de l'avis de l'arrestation.
«BoRii.»
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 àoér 1793.]
PARIS, 18 Aofir 1793.
LR G^N^RAL CHARLES HBSSB ^^^ AU GOMITïE DE SALUT PUBUC.
Analyse. — It demande k entretenir le Gomitë tant sar Oriéans ^'^ qne sor la guerre de la Vendée.
(AnalyM, hxth, de la guerre, reg. do Comité de lalot poblic, C.)
PARIS, 19 AoAt 1793.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Paru, 19 août 179S, Tan n de la Répabliqne une et indivisible.
lE MtNI8TBB DB U 0UMMHM AUX RBPBisBBTAtrTB DU PBVPLB MBMBhBS DO COMiri DB SA LOT PUBUC.
J*ai reçu, citoyens représentants, avec votre lettre du 17, copie de celle du général Falck ('\ qui prend le titre de général en chef de Tarmée du Haut-Rhia et qui se plaint que je n*ai pas pourvu aux besoins de son armée.
La division que commande cet officier général faisant partie de Tannée du Rhin aux ordres du général Beauhamais, c^est k ce dernier qu*il devait s'adresser pour ses besoins. Il n'a pas dû prendre le titre de commandant en chef de Tarm^ du Haut-Rhin , puisqu'il n'est pas en chef et qu'il n'y a pas d'armée du Haut-Rhin ^*\
Je vous prie de croire que les demandes en tout genre qui me sont faites sont examinées autant que les besoins l'exigent et q\ie les circonstances le permettent, enfin que les bureaux y mettent la plus grande exactitude. S'il se trouvait encore •parmi les individus qui sont employés quelques hommes qui ne fussent pas atta-«
(^} Ghariee-Gonstaniin de Rotbeiibourg, prince de Hesse-Rhinfeis, né à Rothenbourg le 10 janvier 1763, capitaine commandant au régiment Royal-Allemand le 98 avril 1768, capitaine titulaire le 5 mai 1779, rang de mestre de camp le 19 octobre 1773, lieutenant-colonel le 18 avril 1776, mestre de camp le 8 avril 1779^ commandant du régiment Esterhaiy le 96 février 1783, brigadier le 1" janvier 1784, cbevalier de Saint-Louis le 9 novembre 1785, marécbal de camp le 9 mars 1788, lieutenant général le 99 mai 1799, commandant d^Oriéans le aS juillet 1793, Ruspendu le 19 novembre 1793, réintégré le 99 nivôse an ni (11 janvier 1796),
réformé par Torganisation du 95 prairial an ni (1 3 juin 1 798), déporté à Pile d*01é>ron le 3 janvier 1801, après le complot de la machine infernale, expulsé de France en 1 8o3 , mort à Francfort le 1 9 mai 1891.
W n avait été chargé, le 16 mai 1793, d^organiser à Orléans les troupes tirées des armées du Nord et des Ardennes pour les envoyer au secours des départements de rOuest.
t») Cf. l. I,p. 76.
(*) Le 90 août 1793 Bouchotte écrivit & Alexandre Beauharnais de pourvoir aux besoins de la division du général /Falck. (Minute, Arrh. de la guerre, année du Rhin.)
diës à la canse de la Rëvolution , je me hâterais de les éliminer dès qa*on me les aurait fait connaître. Ma surveillance à cet égard est très sévère.
Le Ministre de la Guebrb.
(Minute, Arch. de la gnerrOf armée da RhÎD.)