‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 117 sur 147 · LB MINISTRE DE LA GUERRE BODGHOTTE AU REPRESENTANT SAINT-JUST · texte numérisé non relu

LB MINISTRE DE LA GUERRE BODGHOTTE AU REPRESENTANT SAINT-JUST

9 da 1* moÎB an n.

BBPndSBNTAJIT SA!IfT'J08T i LUBMEE DU BBIB ^'\

Citoyen ,

Je vous envoie un arrêté du Comité du salut public, qui prescrit de mettre le général Carlenc en arrestation et de l'amener à Paris ^*K J'ai pensé que je devais vous l'adresser pour éviter tout quiproquo. Si Carienc était encore à la tête de l'armée, veuillez le faire remettre au général Pichegru, s'Q est près de vous, comme je l'espère ^'\ d'après son patriotisme qui m'est connu, et l'inviter aie faire mettre sur-le-champ k exécution.

I^ Comité vient de nommer Hoche pour commander l'armée de la Moselle ^*K 11 est probable que le Comité fera un plan d'opérations qui vous parviendra très incessamment. Je ne pense pas que cela doive vous empêcher de profiter des

(*) Saint-Just était alors à Savemc avec 9on collègue Le Bas. (Cf. dans Aulard, VII, 594, une lettre de ces représentants au Comité, en date du 93 octobre 1798.)

l*J En effet, le tia octobre, le Comité de salut public avait mis Carlenc en arrestation (arrêté de la main de Robespierre, dans Aulard, VII, t65). Le 8 frimaire an II (98 novembre 1798), les officiera, sous-oflicicrs et cavaliers du 1 i* dragons écrivirent au Comité de saiut public pour témoigner en faveur du général Carlenc, né sans-culotte et dont les talents ont fait

tout l'avancement (Orîg. Arch. adm. de la guerre, dossier Carlenc). En conséquence, Bouchotte approuva, le 6 nivdae (96 décembre 1793), la promotion de CaHenc au grade de général de diviâon, et donna Tordre de lui en expédier le brevet, a la date de sa nomination provisoire. (CJ.

Etienne Charavay, Lt général Carkne,)

(3) Le 96 octobre, Saint-Just et Le Bas annoncèrent de Strasbourg au Comité l'arrivée de Pichegru. (Cf. Aulard, VIII, 3i.)

(*) Cf. , à la page 388 , la lettre de Bouchotte à Hoche.

[93 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAffiE DU COMITÉ. 391

bonnes occasions qui pourraient se présenter. Je regarde comme bien essentiel de garder les passages de Phalsbourg et la Petite-Pierre, qui donneraient aux ennemis la facilite d'entrer dans le département de la Meurthe et la possibilité de Tenir prendre à revers les postes de Tannée de la Moselle. Dans le cas de jonction Ar Tannée de la Moselle à celle du Rhin, le commandement resterait au géùérà en chef de cdle-ci. C'est pour ce cas-là que Hoche n'est pas dénommé général en chef, mais général de division commandant Tannée de la Moselle ^^K Une lettre de Carlenc, du 90, annonce que Tarmée est repliée sous Strasbourg ('^. Tout cela est bien extraordinaire, avec les aveux qu'on fidt du courage

(0 Bouchotte, on le voit, réservait à Piehegru le commandement des deux armées réunies du Rhin et de la Moselle, que les représentants Lacoste et Baudot remirent plus tard à Hoche , mal(p^ Saint-Just et Le Bas, qui voulaient le donner à Picbegni, selon les instructions ministérielles.

(*) Voici le texte de cette lettre du général Carlenc (Orig., Arch. de la guerre, armée du Rhin):

(cAq quartier général ^ Schiltigheim ,

le 90 octobre 1793,

Tan n de U Répobliqae françaiw ,

one et indÎTiflible.

« Le général m cheffntwiêoire de Varmée du Rhin au citoyen ministre de la guerre,

«Depuis ma dernière lettre, citoyen ministre, Tarmée du Rhin a changé trois fois de position; d^ahord à Haguenau, où Tennemi nous a laissés tranquilles, mais, celte position n*étant pas sâre, je suis venu m*étahlir en arrière de la Zom. L'ennemi mja attaqué, le 18 au matin, sur tous les points. L'avant -garde, la gauche et le centre de notre armée ont fait des prodiges; mais, tandis qu^ils faisaient perdre à Tennemi un terrain considérable , l'aile droite s'est repliée jusqu'à Hoenheim , près Strasbourg, ce qui m'a forcé d'aller, dans la nuit du 1 8 au 1 9 , occuper la position en arrière de la SoufTel, où je me maintiendrai, j'erre, en attendant que Tarmée soit en mesure pour pousser en avant.

L'avant-garde a repris ce matin le poste de Wantienau et a chassé Tennemi de Kilstaet. Dans toutes les affaires qui ont eu lieu le 1 3 et les jours suivants, nous avons perdu peu de monde , ce qui se confirme

par le retour d'une infinité de soldats qui avaient fui ou s'étaient égarés. La perte est au plus de six cents hommes, de seize pièces d'artillerie et de beaucoup d'efiets de campement, perdus la plupart par la lâcheté des voituriers qui, au commencement de l'affaire, ont fui, emmenant leurs chevaux et leurs fourgons vides.

(rDans Taffaire du 18, où Tavant^rde s'est parfaitement conduite, te citoyen Donadieu, capitaine au 1 1* régiment de dragons, a pris un guidon, après avoir tué cdui qui le portait. Le citoyen Labarbée , chef d'escadron du même régiment, a fait mordre la poussière i quatre hussards autrichiens. Neuilly, chef de brigade du même régiment, en a tué deux et a eu son cheval tué sous lui. Je pourrais citer beaucoup d'autres traits de bravouve. Je cite ceux dont j'ai été témoin.

«L'armée, citoyen ministre, manque de canonniers et il serait nécessaire que j'en fasse passer dans la place de Strasbourg. Je vous prie, en conséquence, d'en envoyer le plus tôt possible. Les représentants du peuple près cette armée m'ont promis de lui procurer tous les autres moyens de renfort pour réparer cet échec et aller dégager Landau. Le moindre succès rendra à nos républicains ce courage et cette énergie qui les caractérisaient et dont quelques lâches désorganisateurs ont ralenti les effets par les cris de trahiion et de iauve qui peut. Quant à moi, citoyen ministre, je jure de faire mon devoir et de me conduire, dans toutes les occasions, en véritable ami de la liberté et de Tégalité. Mais je vous réitère que, n^ayant ni les talents ni Texpérience qu'exige le commandement en

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de nos soldats. Dans cette situation , je crains qo*on nous ait enlevé les passages de Phalsboorg et de k Petite-Pierre, et que Tarmëe du Rhin ne soit plus liée avec la Sarre. Cependant il est arrivé des forces de la Moselie à Phalsboorg.

Bitche donne aussi de justes inquiétudes. Dans la dernière dépêche de rarmée de la Moselle, sa droite était à Bouquenom, ce qui annoncerait que Bitche n'est plus compris dans la ligne de défense et qu'il peut être entouré. Votre énogie, votre dévouement connu k la cause du peuple sont des garants que vous changerez en mieux cette position. Vous savei ce que nous avons dit Ui-deasos : rallier, réorganiser, augmenter la force, en tirant des places du cantonnement du Haut-Rhin et du département du Doubs, et remplacer par la réquisition; lier la gauche de Tannée du Rhin à la droite de celle de la Moselle, si cette communication était interrompue, faire un plan d opération pour les armées de la Mosdle et du Rhin , qui ait pour but l'expulsion des ennemis du territoire et la dâivrance de Landau et Bitche. 11 me semble que l'armée du Rhin doit avoir un objet principal , c'est d'empêcher l'ennemi de passer dans le département de la Henrthe. iNancy a toujours seule de mauvaises dispositions. Ce premier point obtenu , elle s'occuperait continuellement de resserrer l'ennemi et le ramener à ht fix)ntière. L'armée de la Moselle s'occuperait de la dâivrance de Bitche, de reprendre la position d'Hombach, de se diriger sur Annweiler et Landau, oà celle du Rhin tendrait en même temps. Alors par un effort simultané, dles pourraient opérer la délivrance de Landau et faire telle autre opération qui serait jngée convenable.

Je vous envoie des idées parce que je sais que vous les accueillez. Faites conférer devant vous les généraux sur ces bases ou sur toute autre meilleure. U y a toujours une graude différence de voir le terrain et les hommes, ou des états et des cartes.

Salut et fraternité.

(Minato tat., Arch. de la ga«rr«, innée da Rhin.)

PARIS, â3 OCTOBRE lygS.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU G^NliRAL PIGHR6RU.

Je compte assez sur votre patriotisme pour croire que vous êtes rendu auprès du représentant Saint-Just. Vous pouvez croire à son patriotisme , k sa pureté et h son énergie ; il a aussi des ressources dans la tête qui peuvent être fort utiles. Il vous donnera sûrement communication de ma lettre; c'est dans celte espérance que je ne vous écris pas plus longuement. Indiquez-lui les hommes antichef d'une armée, il est inslant que vous et je dois en bon républicain vous presser nommiez un général pour commander celle de satisfaire à c«tte demande, du Rhin. L'intérêt de la République l'exige irCAiLBRC.»

[aSocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 393

populaires, pour qa^iis soient éloignés des années, et ceux attacha au peuple pour les remplacer.

( Arcb. de la ^erre, armée du Rhin, r^. 47, p. aa.)

SGHILTIGHEIM , 93 OCTOBRE 1798.

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