L. HOGHB
(Orig. , Areh. de la gnerre, armée de la Moadle.)
uivNBS, 10 BRUMAini AN II (3i ocTOBni lygS). -
AU courra DB SALUT PUBLIC.
LB GiSlliBAL VBRG1IB8
Analffu. — Il se plaint de ce qu'on suspecte ses intentions et cite à ce propos une lettre qu'il a reçue du représentant Gamier. tr Je m'honore d'être encore l'aini de Pache, et je ne chercherai pas d'autre justification, ti Sa santé le force à demander au général Rossignol de le remplacer dans ses fonctions de chef d'étatmajor de l'armée des Cêtes de Brest et de lui donner un commandement borné où il puisse être encore utile à sa patrie.
(Or'g. aat., Areh. de la guerre, année des Côlei de Brest)
125. PARIS, BRUMAIBB Al! II (fIN OCTOBRE 1793). LB COUITi DE SALUT PUBLIC AU COlflT^ DB SURVEILLANCE DE LA VILLE D*AIRE.
Paris, brumaire an 11 de la République française.
LES BKPBiSENTANTS DV PEUPLE, MEMBRES DU COMITÂ DE SALUT PUBLIC, AU COMiré DE SURYEILLABCE DE LÀ VILLE D'AIBE.
Nous avons reçu, citoyens, la lettre de nos collègues Levasseur et Bentabole^'V Ils nous informent que le sieur Achille du Chau-
le 1 6 mai 1 8 1 3 , commandant du département de la Côte-d'Or le 16 aoât i8i4, chevalier de Saint-Louis le i& avril 18 1 5, retraité le i5 août suivant, lieutenant général honoraire le 6 février 1818, mort A Dijon le s 7 noveoibre 1897. Outre la blessure reçue en Vendée, le générai Situ.
mon avait en la jambe gauche fracassée par un faiscaien à Tannée de Sambre-et- Meuse le 18 prairial an 11 (16 juin 179A) 0) Par une lettre, datée, de Lille, le sa septembre 1798, les représentants Levasseur et Bentabole informaient le Comité de salut public que le général Achille du
IHVMHBUl lATlOIAU.
450 OORIIESPONDANCB GÉNÉRALE DB CARNOT. [3i oct. 1793.J
tellet^^, mis en état d'arrestatîoii, demande à conserver ses chevaux^. La loi, qui met en réquisition tous les chevaux de luxe, n'admet d'exception en faveur de personne.
Lis Hbmbiis dd Gomni db Suait pobuc
CHABOfs DB U 00RBB8PO1IDÂHGB.
( lOiiiite, Areh. nat , AP n tSS.)
126. PABIS, BRUMAIBB Ail U (nil OGTOBBB i793). LB GOMITiS DB SALUT PUBLIC AU MIIUSTEB DB U GUBRBB BOUCHOTTB.
Anabfêe. — Trois lettres : 1^ Envoi d'un eitrait d'une lettre des représentants Trullard et Berlier ^^ demandant des fusils pour sept ou huit bataillons qui sont à Bergues, Gravelines etDunkerque. (Minute, Arch. nat., AF u aSS.) ^- s*^ Envoi d'une copie d'une lettre du représentant Faure contenant un état du dépAt du 9* chasseurs à cheval. (Minute, Arch. nat., AF u 36, dossier n* agS.) — S"" Envoi d'un extrait d'une lettre des représentants dans la Seine-Liférieure rdative
GhaiteUei arait été mis en amalatioii par le Comité de aalat public de la v^e d^Aire et qa*ii arait demandé A oonaerver aea chevaux. (Orig., Arch« nat, AFii aA8.)
(^) Achille-François, man{ui8 du Qiastellet, né au chAteao de la Bastie (Loire) en 1760, a* sous^ieutôiant surnuméraire au régiment du Roi-Infonterije le 9 février 1777, capitaine le 6 novembre 1779, *^^ de camp de Bouille pendant la guerre d*Améri<jne, mesfcre.de camp en second , du régiment des chasseurs des Vosges le ai août 178&, colond du 10* chasseurs A cheval le 95 juillet 1791, maréchal de camp le 19 mars 179a, employé A Tannée du Nord le ai mai 1791, bledsé devant Gourtrai d*un boulet de canon qui lui ev> leva le mollet gauche le aA juin 179^, lieutenant généHd le'^ septembre 1799, caùdidat au ministère de la giïerre le k féviier 1793, employé A Tannée des Ardennes le dimai 1793, dénussiimQaire
le 3 septembre 1793, arrêté A Aire le i& du même mois, mort par suicide A la prison de la Force en avril i79&.
^ Dès le 3 s^iembre 1793, le général du Ghasteilet avait donné sa dénûssion en ces termes : «Je me démets entre les mains du ministre de la guerre de la place de général de division des armées de la République française. Agiillk Ûqcrisriir.
A Aire, le 3 septembre 1793, Tan u de la République une et indivisible, s (Orig., Arch. a<bn. de la guene, dossier Ghastdlet) Bouchotie avait écrit en marge :
«Écrire au citoyen Ducbastdlet que le Conseil exécutif accepte sa dénûssion, que j^ai soilmié sa demande de conserver ses chevaux' A la Convention nationale, qui Ta envoyée au Comité de lalut public»
(» La lettre des repi^sentants Trallaid et Beilier au Coasité de salut public est datée de Dunkerque, W 99 s^tembrè
[Si OGT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. &S1
à l'absence du générai Lebley ^^\ destiné à remplacer le général Beauiieu ^\ (Minute , Arch. nat. , tJ. )
^^) Gaade-MarleLebley,néàStraBboarg le 6 avril 1756, fils d'an caporal instnictear, entré au 6* régiment d*artillerie à pied le a3 janvier 177 if flei]gfentie ai mai i777« wrgeni^najor le t" novembre i78â« lieutenant en premier le a 8 mai 179a, adjadant»major le i5 juiflet 179a, chevalier de Saini-Louis le a a jdlllet 179 a , capitaine le 1" novembre 179a, lieutenantr colonel et commandant amovible du fort de la Hoogue le a5 avril 1793, générd de brigade i Tarmée des Côtes de Cherbomg le 6 octobre 1793, commandant la aubdivinon de la Manche le 10 juillet 1 796 , employé au blocus de Mantone le 17 septembre 1796 et commandant la càr^ taddle de cette rilie le 3 mars 1797, réformé le 18 mars 1797, commandant d^armes à Dunkerque le 39 novembre 1798, passé à Perpignan le a8 janvier i8o3, chevdier de la Légion d'honneur le 1 1 décembre i8o3 et officier le i& juin 180&, retraité le & novembre i8i3, mort
k Cerqueux (Loir-etrGher) le 9 décembre i833. Le général Lebley avait fait la campagne d'Amérique de 1780 i 1783 et avait été blessé d'un coup de feu à la fesse droite à la bataille de Rivoli le 1 & janrier
*797- (*) Cf. Victor Advielle, Biographie de
Merle BéouUeu, gMral iê hrigade, Paris, 1895, in-8*. Je rectifie et complète d'après ce travail la notice biographique consacrée à ce général dans le t. II, p. &aA. Pierre- Nicolas Merie était né à la Rochdle le a5 mai 1738, de Pierre Merie, seigneur de Beaidieu, capitaine d'infimterie. Il devint chevalier de Saint -Louis le 5 août 1781. Il fut nommé, le i*' vendémiaire an XIII (a3 septembre 180A), chef du a* bataillon de la &* brigade des vétérans et commandant provisoire de la garde du Sénat. On le retraita en 1806. Merie de Beaulieu mourut à Paris le 5 avril i8a6. M. Advidle a publié ses actes de baptémo et de décès.
Paris, i3 brumairban ii (3 notbubrb 1793).
Rapport sur la manufacture extraordinaire d'armes établie à Paris , fait à la Convention nationale, au nom du Comité de salut
PUBLIC, PAR L'CaRNOT, l'uN DE SES MEMBRES (').
Parmi les prodiges qu'a fait ëciore notre RëvolutioD, l'érection presque subite d'une manufacture qui doit produire mille fusils par jour, et à laquelle, dans peu, rien ne sera comparable en Europe, n'est pas un des moindres. Le Comité de salut public doit vous rendre compte des mesures qu'il 1 a prises pour l'exécution de la loi du 93 aoAt^^\ par laquelle il est immédiatement chargé de cette vaste entreprise. Je vais le faire en son nom d'une manière succincte, en reje-r tant dans des notes les détails techniques qui ne pourraient être saisis que difficilement à la simple lecture. De nouveaux rapports successifs vous instruiront des progrès de cet établissement dft au génie de la liberté, et dans lequel à son tour la liberté doit trouver un de ses plus fermes appuis.
Lorsque la loi du 93 août fut rendue, tout était à créer: ouvriers, matériaux, outils. En vous la proposant, le Comité avait moins con« suite ses moyens que son propre désir, que le vœu national, que cet instinct supérieur aux calculs qui apprend aux hommes que rien n'est impossible à qui veut être libre.
(*> Gamot se préoccupaii toot spédaie- documents conteDUS à ce sujet dans le pré-
lement de la question si ui^^te de la fa* sent volume.
brication des armes. Il rédigeait lui-même (*) Dans la séance du t3 août 1793, Ba-
la conrespondance relative aox manufactures rare avait fait adopter rétablissement à Paris
d*anne8 établies dans les déparlements, et d*une manufacture oitraordînaire d*annes
la reproduction de son rapport complète les de tout genre.
ft5& CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT.
Mais cette nullité de ressources et les obstacles physiques qui se sont présentés, tels qu'une sécheresse dont il y a eu peu d'exemples depuis plus d'un siède, qui a presque totalement suspendu le cours de la navigation et le travail des usines, et dont les effets se sont fait sentir d'une manière plus fftcheuse encore, comme vous le savez, par la difficulté de la mouture et l'arrivage des grains; ces obstacles, dis-je , étaient bien moindres que les difficultés morales que nous avons eues à surmonter.
A peine, en effet, les membres de votre Comité eurent-ils cherché h s'entourer de ce qu'il y a de plus célèbre parmi les savants et les artistes, que la malveillance dirigea contre les uns et les autres les ressorts ordinaires du mensonge et les plus lAches manœuvres. On sentait rimporjtance, dç l'entreprise; on craignait l'influence qu'elle devait avoir sur le sort de la République^, et l'on voulait qu'elle échouât dès son principe. Heureusement, les hommes dont nous avions recherché les lumières se trouvaient aussi inattaquables du côté de la probité iBt du civisme que du cAté des talents et du zèle ; ils «servirent la chose publique malgré les dégoûts qu'on voulut leur donner; ils lui consacrèrent leurs veilles, et leur regret a été de ne pouvoir éviter Ttéclat inséparable d'un mérite supérieur qu'ils auraient voulu pouvoir .dérober, comme leur désintéressement, aux yeux de l'envie et de la persécution ^!^ .
Cependant l'esprit contre-révolutionnaire, déjoué sur ce point, ne fit que donner à ses perfides efforts une nouvelle direction; il essaya d'accaparer chez les négociants et dans, les forges mêmes les matières premières dont la manufacture ne pouvait se passer; on chercha â nous enlever le petit nombre d'ouvriers instruits que nous ^avions xassemblés des divers points de la République, pour en former d'autres et diriger le travail dans les ateliers : on tordit le sens de la loi , pour \çs faite comprendre dans la réquisition militaire, pour les indisposer par des arrestations sans fondement et des vexations particulières; on tenta de les soulever en exaltant leurs prétentions, en éveillant en eux un sentiment d'avarice subversif de l'esprit républicain. Les décrets
t^i) Un de ces Bavante était le chimiste senta nne platine fabri^ée dana les atdien
Haiienfrati, qui annonça, le iU octo];»re des Ghailreux. — Cf., à la pa^ 90, une
.1793 1 a^.dûb des Jacobins,, la mise en lettre du Comité désignant dooieardiitectes
activité de la manufacture d^armes, et pré- pour construire les for|^ et atdiers.
réitérés dont voqs avez frappé ces menées et Taetivité des mesures prises par le Comité de saint publie lui ont enfin assuré la facidté d'opérer le bien et de remplir vos intentions ^^^.
En outre, les entrepreneurs de manufactures particulières ont passé des marchés avec le ministre de la guerre, pour livrer à celles de Paris des lames et des canons tout forgés. Les fabriques nationales ont été recpiises de donner une nouvelle activité à leurs travaux et d'envoyer ici les pièces d'armes désassorties, pour qu'elles y soient appareillées.
Indépendamment de ces mesures, votre Comité a chargé, par une circulaire, les conmussaîres aux accaparements des sections de Paris de retenir pour le compte de la République, dans les magasins de leur arrondissement, tous les fers proj^s à la fabrication des armes. Les propriétaires se rendent à l'administration chargée de ce travail où quatre arbitres , nommés par le département et la municipalité , règlent le prix de chaque objet.
Enfin on a donné les ordres nécessaires pour que les fers inutiles qui se trouvent dans les bâtiments nationaux fussent transportés dans les magasins où l'on fait le triage de ceux qui sont propres à la fabrication ; le reste doit être vendu au profit de la République.
Des moyens analogues à ceux qu'on vient d'exposer ont été pris pour les autres subsistances qui doivent alimenter la manufacture. Le besoin en a, pour ainsi dire, tiré du néant plusieurs qui n'existaient pas, en faisant sortir de nouveaux genres d'industrie. La fabrication des aciers, par exemple, dont l'énorme consommation nous tenait dans une dépendance honteuse et ridicule de i'An^eterre et de l'Allemagne, ne laisse plus rien à désirer. Les savants et les artistes, appelés par votre Comité pour le seconder dans l'établissement de la manufacture extraordinaire de fusils, viennent enfin de nous affranchir de cette espèce de tribut Le Comité les a engagés à publier un petit ouvrage pratique qui mtt tous les maîtres de forges à portée de fabriquer des aciers de toutes qualités. Cet ouvrage est terminé; il se répand
(1) Le à teplembre 1793, Danton avait Le 18 da même mois, Jeanbon Saint-
fait décréter que la GonTentioii mettait à la André avait dut adc^ter que lea eitojeoe
dn miniatre de la guerre cent empioyéa depuis troia moia i la fabrication mifiiona pour dea fabricationa d^armea et des armea ne pourraient, aona aucun pré-
■otamment pour dea fusila. (Cf. Mmùmar, teste, être détooméa de leura travaux. {Id,, ISIU 583.) XVU, 69a.)
partout 9 et les manufactures d'Amboise, de Rives « de Souppes et de Chantilly suffiront bientôt à tous les besoins de la République.
Les ateliers où se façonnent les matières dont nous venons de parier sont les forges à canons, les foreries, les émouleries, les ateliers d'équipages , ceux d'équipeurs monteurs , les platineries , les champs d'épreuve , à quoi l'on doit ajouter les magasins et les maisons d'administration.
Pour l'établissement de ces ateliers, maisons et magasins, on s'est fait donner par le directoire du département de Paris l'état des bâtiments nationaux disponibles; on a choisi les plus convenables, et on y a pu faire les changements ou réparations nécessaires.
Deux choses sont à considérer dans une manufacture d'armes : le matériel et le personnel. Le matériel comprend les substances qu'on doit mettre en oeuvre et les ateliers où ces substances doivent recevoir leurs formes. Le personnel comprend les ouvriers et l'administration. Nous allons faire passer rapidement sous vos yeux ce qui a été fait relativement a chacune de ces deux classes d'objets, en renvoyant, comme je l'ai déjà dit, les détails d'artistes à des notes qui vous seront soumises par la voie de L'impression.
Les matières sont les lames à canon et fers d'échantillon, les aders, les bois de fusils les outils et les charbons de terre.
La fabrication devant fournir 3 60,000 fusils par an, et chaque lame de canon pesant 9 livres, la consommation du fer pour cet objet sera de 3,9 00,000 livres. La consommation du fer pour les autres parties du fîisil est à peu près des deux tiers de la précédente; ainsi la consommation totale annuelle sera d'environ six millions de livres.
Pour assurer un aussi grand approvisionnement, votre Comité a fait faire le. dépouillement de toutes les forges et fourneaux compris dans les domaines nationaux et provenant tant des biens du ci-devant clergé que de celui des émigrés.
Parmi.ces établissements, on a choisi ceux qui sont placés dans les départements du Cher, de l'Allier ^^\ de la Nièvre ^^^ de la Haute-Saône et quelques-uns de la CAte-d'Or et de la Haute-Marne, parce que les fers qu'ils produisent sont les meilleurs, et parce que leur situation donne plus de facilité pour leur transport à Paris.
Des ordres ont été donnés aux administrations de ces départements
^^\ Cr* leUre du CSomîté sur la manufao- (*) Cf. leUre du Comité sur les Ibq^
tore de Hloufins à la page 1 o3. du département de la Nièvre à la page ai 9;
PIÈCES JUSTinCATIVES. 457
et des commissaires y ont été eavoyés pour hâter les envois et recueillit les .enseignemeni.
La fabricatioA des lames à canon exige des martinets qu*on ne pouvait établir ici en nombre suffisant , sans sacrifier des moulins à farine : le Comité a pensé qu'il était plus à propos de tirer ces laines toutes fabriquées des forges qui se trouvent dans les autres départements.
Quant à la façon à donner à ces lames pour en faire des canons, votre Comité a pris le parti de faire élever à Paris s 58 forges, dont i&o sont sur Tesplanade des Invalides, 5& au jardin du Luxembourg et 6 & sur la place de l'Indivisibilité.
Lorsque les ouvriers auront acquis un certain exercice, chaque forgé produira quatre canons par jour, ou toutes ensemble 1,0 3 a canons.
Le canon étant forgé, on le met de calibre. Pour cette opération, on fait établir sqr la Seine cinq grands bateaux (dont les dessins sont ici sous vos yeux), montés chacun de seize foreries, par le moyen desquels on peut aléser mille canons par jour.
En même temps, on a formé les ateliers nécessaii*es pour blanchir les canons, les réduire à leur épaisseur, forger les culasses, forer les lumières, souder les tenons, former les bancs d'épreuve, fabriquer, limer, tremper, ajuster et monter les platines. Tout cela .doit être exé^ cuté par un nond)re considérable d'excellents ouvriers accoutumés à des travaux délicats, tels que les horlogers et les ouvriers en instru-? ments^ de mathématique. . '
Une grande partie des platineurs, tirée de la manufacture de Maubeuge, est déjà installée dans le couvent des ci-devant Chartreux : les boutiques garnissent tous les cloîtres; les cellules sont habitées par les ouvriers, et ce local, consacré jadis au silence, à l'inaction, à l'ennui, aux regrets, en retentissant du bruit des marteaux, offrira le spectacle de l'activité la plus utile et le tableau d'une population heureuse.
Les pièces de garniture, les baguettes et les baïonnettes n'exigeant pas la même précision , sont fabriquées , comme les culasses , dans de; ateliers particuliers , et les ouvriers passent avec l'administration des marchés pour les pièces qu'ils veulent entreprendre.
Enfin, toutes les pièces qui doivent composer un fusil étant fabriquées et éprouvées, on les livre, avec un bois brut, à des ouvriers particuliers qui les montent et mettent le fusil en état de servir.
ft58 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT.
Toutes ces matières sont dassées dans ées maganns : celui des fers et aciers est dans la maison de Tëmigré Manpeon.
Celui des outils, dans la maison d'Esdignac; celui du ekarbon de terre , dans les caves de Fabbaye Saint-Germain.
Quant à ce qui regarde le personnel des ouvriers, on peut le regarder sous le point de vue de rinstruction, du rassemblement, de la distribution des travaux, de la Cxation des prix, du perfectionnement des ouvrages.
Dès le 9 A aoAt, le Comité de salut public fit cboix de buit citoyens parmi les ouvriers de Paris les plus babiles dans le travail du fer; il les envoya à la manufacture de Gharleville, pour y prendre connaissance, jusque dans les plus petits détails, de tous les procédés de la fabrication des fusils; il les chaîna de faire exécuter ces pièces devant eux et de rapporter des modèles de tous les états par lesquels ces pièces passent pour arriver à leur entière confection. Cette mesure a eu le succès désiré : les buit ouvriers se sont mis au fait de tous les travaux qui doivent s'exécuter et sont aujourd'hui en état de diriger les ateliers de la nouvelle manufacture.
Le Comité a, de plus, appelé à Paris tous les ouvriers qui n*y étaient pas indispensables ; il a aussi convoqué les horiogers de Paris connus par leur patriotisme, et ces artistes estimables ont pris un arrêté dont nous vous avons déjà fait part , par lequel ils s'engagent à suspendre leurs travaux et à se consacrer \ la fabrication des parties de l'arme auxquelles ils seront jugés le plus propres. Enfin vobre Comité a fait une circulaire aux sections de Paris, pour les requérir de faire le recensement des ouvriers en fer et de leurs outils ^^^ L'administration de la manufacture invite ses ouvriers à se rendre dans ses bureaux; elle passe des marchés avec ceux qui préfèrent travailler chez eux, et fournit, dans des ateliers communs, du travail k ceux qui n'ont pas d'emplacement à eux ou qui n'ont pas d'outils. En général, les diverses parties de la fabrication se font à la pièce; cette méthode a paru la plus avantageuse aux intérêts de la République et la moins sujette aux abus. Pour fiier les prix de ces pièces, le Comité a invité les sections de Paris à nommer chacune dans son sein quatre commissaires, qui ont choisi entre eux vingt-quatre arbitres, lesquels joints à
(') Cf. le texte de cette circulaire à la page 5oa.
six antres nommés paries oavrlerB de Maubenge, six nommés par le directoire du département de Paris, six par la municipalité (^\ six par l'administration des fusils et douze par le ministre de la guerre, ont déterminé le prix de chaque pièce.
Votre Comité a voulu que d'abord, dans toutes les parties de la fabrication , l'on suivit exactement les procédés reçus dans les manufactures établies; mais il a pris des mesures pour profiter, dans la suite, des lumières des artistes, échauffer leur génie et favoriser les nouveaux procédés qui tendraient, soit à une simplification dans les méthodes, soit à un plus grand degré de perfection. Ainsi, non seulement la nouvelle manufacture fournira mille fusils par jour, mais les armes qui sortiront de ses ateliers seront dans peu les meilleures de l'Europe; l'art sera simplifié, et Tarme qui doit être dans les mains de tous sera d'un service plus sftr et d'un prix plus modéré.
Il nous reste à parler de l'administration ; elle est composée de trois sections; l'une est celle des canons; la seconde est celle des petites pièces; et la troisième, sous le nom d'administration centrale, est chargée du rassemblement des matières, de la surveillance générale et de la correspondance. L'administration des canons, composée de cinq membres, reçoit les lames et les canons dans les états successifs par lesquds ils doivent passer; elle paye les matières et les ouvrages dont elle fait recette.
. L'administration des petites pièces , composée aussi de cinq membres , reçoit les pièces séparées des platines, les platines montées, les garnitures, les bois, baguettes et baïonnettes, et distribue tous ces objets aux platineurs-monteurs; elle paye les matières et les ouvrages dont elle fait recette.
L'administration fait les approvisionnements en tout genre, s'occupe du rassemblement, du choix et de la préparation des matières, passe les marchés, reçoit les soumissions, mais ne paye rien et n'a point de caisse ; elle est composée de huit membres exercés dans l'art de la fabrication et la comptabilité, nommés par le ministre de la guerre.
Telle est, en abrégé, la série des opérations faite par votre Comité de
^^ Sar la demande du Comité de salai Paria atait, le t" aeptembre, déâf^né public, en date du 99 août (cf. p* 69), six commienires. (Cf. McnùêWf XVII« le oonaeîl géoéral de la commune de 553.)
salut public, pour satisfaire à la loi du 9 3 aoAt. Il est impossible que dans Porganisation d'une aussi grande masse de travaux absolument neufs pour la plupart des agents qui devraient y être employés, ces agents aient pu tout prévoir, éviter tous les tâtonnements » mettre du premier coup chaque chose à sa place , qu'il n'y ait enfin ni temps ni efforts perdus; cependant quelques oublis peu importants, quelques erreurs inévitables ont été présentés comme des effets de malveillance; on a attaqué dans de minutieux détails une entreprise colossale et qui ne devait être considérée que dans son ensemble et dans ses résultats ; c'est ainsi qu'on s'est efforcé si souvent de faire haïr la Révolution, par la description hypocrite de quelques malheurs partiels, inséparables d'un mouvement qui renverse les trônes, et qui deviendront imperceptibles dans le majestueux tableau qu'en présentera l'histoire.
La manufacture extraordinaire, décrétée par la loi du 9 3 aoAt, a son établissement central à Paris, mais elle étend ses ramifications dans toutes les parties de la République; les matières premières et des pièces ébauchées lui arrivent de tous les départements. Votre Comité n'a donc pu se dispenser d'embrasser un ensemble plus vaste que celui qu'il avait d'abord en vue , celui de toutes les manufactures du même genre existantes dans la République ; il a fallu qu'il cherchât à les encourager toutes , à en créer de nouvelles. Le Comité a cru devoir aller plus loin : il a voulu faire pour les bouches h feu, puis pour les armes blanches, la même chose que pour les fusils; la récolte des salpêtres et la fabrication des poudres ont également fixé sa sollicitude; enfin, il a embrassé le système général des machines de guerre et de ce qui en fait la dépendance dans toute l'étendue de la République.
On sent bien que de si grands travaux ne peuvent être encore qu'ébauchés, qu'un ensemble si vaste n'est pour ainsi dire qu'en aperçu; mais l'activité avec laquelle on procède à l'exécution , les talents et le zèle de nos coopérateurs nous promettent les plus heureux ré* sultats (1).
(') Le t3 bramaire an 11 (3 nofembre la barre de la Convention des fonb fabri- 1793), jour où Gamot lisait son rapport, qués de tontes pièces dans les atefiers panne dëpntation des ounîers des manufae- risiens. L*orateur vantait ce prodige, aeeomtnres extraordinaires d'armes présentait à pli par les mannfiictares, de foomir mille
Ainsi la France, jadis tributaire de ses propres ennemis pour les objets* de première nécessité relatifs à sa défense , non seulement trouvera dans son sein même des fusils pour armer tous les citoyens républicains qui rhabitent, mais elle sera bientôt en état d'en vendre aux étrangers; elle sera le grand magasin où les peuples qui voudront recouvrer leurs droits viendront se pourvoir des moyens d'exterminer leurs tyrans; et Paris, jadis séjour de la mollesse et de la frivolité, pourra se Confier du titre immortel d'arsenal des peuples libres ^^K
Développements sur hk fabrication extraordinaire de fusils i£tablie \ Paris, impriii^s par ordre de la Convention nationale, pour paire suite au rapport du Comité de salut public.
Ce travail est divisé en deux parties, Tune relative au matériel, Tautre qui a pour objet le penonneL