‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 126 sur 147 · PARIS, 7 RRUMAIRB AN II (98 OCTORRS · texte numérisé non relu

PARIS, 7 RRUMAIRB AN II (98 OCTORRS

LS COMVri DE SALUT PUBLIC AUX GITOTBNS BOURBOTTB, FRAIIGASTBL, TDRRRAU,

CARRIER ET PINBT, REPRiSBNTAHTS DU PEUPLE PRÈS L'ARM^B DE L*OUEST.

Analyse. — Envoi d'un arrêté donnant aux citoyens Vauquelin (^ et

(') Le 97 octobre, veille du jour où le Comité écrivait cette lettre au générai D*A vaine, celui-ci avait été auapendu de ses fonctions et mis en arrestation par l'arrêté suivant du représentant Duquesnoy, daté de Beaumont (Arch. de la gnerre, reg. XI hii, pièce n* 76) :

«Le représentant du peuple Duquesnoy, informé que le général de division D'A vaine, au lien de faire exécuter les ordres du générai en chef dans Texécution qui devait avoir lieu dans la Flandre maritime, y a mis, soit par mauvaise foi ou ineptie, des entraves très préjudiciables aux succès des armées de la République, arrête que le général D*Avaine est suspendu de ses fonctions, qu'il sera rois en état d*arrestation et conduit dans la ville d'Arras, que le génénd de division Souham prendra provisoirement le commandement des troupes depuis Dunkerque jusqu'A Douai.»

Duquesnoy transmit son arrêté au Comité le a 8. (Arch. de la guerre, corr. gén. , analyse.) Jourdan s'était plaint de la con-

duite du général D'A vaine, qui entravait toutes ses opérations, et il avait écrit de Maubeuge, ie a6 octobre, à celuî-ô pour lui reprocher de ne pas avoir commandé en personne l'expédition sur Ypres. (Arch. de la gueire, reg. XlhU, pièce n* 63.) Le général Souham, i qui D'A vaine avait demandé des secours, attribuait aux lenteurs de son collée l'insuccès de son expédition en Belgique (lettres des aS, 96 et a6 octobre à D'Avaine, et des a3, 9& et 98 octobre à Jourdan, Arch. de la guerre, reg. XY Ma ) et l'évacuation de M enin (ordre au général Macdonald du 97 octobre, Arch. de la gnerre, id,) On pourra voir la défense du général D'Avaine dans sa lettre adressée au Comité le 3o octobre et publiée à la page 637.

^*' Nicolas-Louis Vauquelin, né à Saint- André- d'Hébertot (Calvados) ie 16 mai 1763, chimiste, membre de la i** dasse de l'Institut ie i3 décembre 1796, moKè Saint- André -d'Héberlot le %h novembre

[98 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. A35

Jacotot ^^) une commission pour l'exploitation des salpêtres dans le département d'Indre-et-Loire ^^\ « Ce département est une riche mine de salpêtre, qu'il est important d'exploiter avec la plus grande vigueur. Préparons aux braves défenseurs de la République toute la poudre exterminatrice qui peut être nécessaire à leur valeur. Il faut, collègues, que vous brisiez tous les obstacles que la malveillance ou le modérantisme pourraient apporter aux travaux du salpêtre , que tout ce qui se trouve salpêtre passe par la chaudière, que toutes les administrations concourent à cette œuvre , que tout fléchisse devant le besoin le plus impérieux de la République. »

(Orig. BÎg. par Garnot et G.-A. Prieur, Arch. nat., AFn 971. — Pabiiépar Anlard, VIH, 78.)

]£tRBUX, 7 BRUMAIRE Ail II (sS OCTOBRE 1793).

AU GOHrri de salut public.

LE eil^RAL BEUIR

Analyse. — Envoi de la copie de sa lettre à Joordiin sur les avantages remportés par ses troupes ^'^ : irNos braves frères d^armes ont terni leurs triomphes par des pillages indignes de républicains. J'ai cependant toujours recommandé, soit à Tordre, soit de vive voix, de respecter les propriétés, mais, quoi qu'on bsse, il est difficile d'arrêter la fougue de braves patriotes qui se permettent d'autant plus

(') Joseph Jacotot, né à Dijon le h mars 1770, avocat et professeur, capitaine d*artiUerie du bataillon de la Côte-d*Or en 1799 , attaché au bureau central des poudres et salpêtres en 1 793 , créateur de la méthode d'enseignement philosophique qui porte son nom, mort à Paris le 3o juillet i8ào.

(*) L'arrêté était du 9& octobre 1793 et conférait k Vauqudin et à Jacotot îe titre de t commissaires du Comité de salut public pour l'exploitation des sidpêtres.9) (Cf. Aulard, VII, 601.)

^) Le ^néral Belair avait en effet écrit de Catillon-sur-Sambre , le 6 brumaire an II (97 octobre 1793), à Jourdan pour favertir que ses braves républicains avaient été faire une pointe jusqu'au delà du Ga-

teau-Cambrésis. «Les habitants du Cateau ont tiré comme les Autrichiens sur les soldats de la République; il a fallu repousser la force par la force, de manière que quelques boulets ont porté sur le Cateau. Les ennemis en ont été chassés, le feu y a été mis, et les Autrichiens, pour favoriser leur retraite, ainsi que la fuite des infâmes qui ont tiré sur leurs concitoyens, ont commis ce nouveau crime. Je vous instruis à l'instant d'un événement qui présente l'idée d'un malheur, mais il tombe sur des coupables. Ainsi il ne diminue pas la satbfaction que donne un notable avantage obtenu par la rare valeur des troupes de la République. . . v (Copie certifiée conforme par Bdair, Arch. de la guerre, armée du Nord.)

4S6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [98 oct. 1793.]

qu'ils regardent, et ce n'est pas sans Cnidement, le Gatean comme nn foyer de contre-rëvolntion et le refbge impur d'une horde de prêtres réfeactaires. «

(Orig. auL , Areh. de U gium, aniiée dn Hord.)

PARIS, 7 BBUMAIBB AN II (a8 OGTORRB 1793). LE MINISTRE DS LA GUSRRB BOUCHOTTB 1 SAINT-JUST.

SitAt votre lettre reçue, j*ai été au Comité, qui en avait paiement une des vAtres; il a étë résolu de vous envoyer promptement les douse bataillons demandés , et j'ai &it partir des courriers pour Besançon et l'année de la Moselle, comme les points les plus rapprochés du Rhin. Des sabres, mousquetons, pistolets et sdles seront versés dans les dépAts des troupes à cheval du Rhin et de la MoseQe pour vous donner les moyens de ramasser les deux mille hommes de cavalerie que vous désires. Les chevaux de Bourdon et Vesoul sont aussi à votre disposition; envoyés l'ordre de les verser dans les dépAts du Rhin ou même dans les r^pments, si cette mesure était encore plus expéditive. Gardes sur toutes choses les passages de Saveme et de Phalsbourg; vous saves que je vous en ai prévenu à votre départ, pour empêcher Tenvahissement du département de la Meurthe et qu'on ne vienne prendre à revers les postes de la Moselle. Saveme recevra six bataillons de la Moselle; huit viendront du cAté de Besançon. H me semble que cette nouvelle mesure peut retarder l'exécution de l'arrêté du Comité de salut public pour eflSectoer un rassemblement à Bouquenom et Saarwerden. Le but ne peut changer: c'est de délivrer Bitche, Landau et le Bas-Rhin. D y a déjà six bataillons de la Moselle à Saveme; ainsi, avec les six que je viens de demander, cda remplira votre objet d'en avoir douie. Pich^ru vous communiquera ma lettre. Les a&ires vont asses bien dans le Nord, les Alpes, les Pyrénées. D y a Toulon et la trouée des rebelles au ddà de la Loire, mais Ton viendra à bout db tout.

(Areh. de la goerr*, armée da Rhio , reg. A7, p, %b.)

PARIS, 7 BBUMAIBB AN II (98 OCTOBBB 1793). LB MINISTRB DB LA GUBBBB BOUCHOTTB AU G^N^BAL PICHBGBU.

Je vous préviens, général, que le Comité de salut public vient de me prescrire de fiûre passer douze bataillons de renfort à Tarmée du Rhin ; s'il est possible vous en aurez quatorze. J'envoie des ordres à Besançon pour &ire partir huit bataillons pris dans la garnison, les départements du Doubs et de la Haute-Sa^ne. Le général en chef de l'armée de la Moselle doit en envoyer six à renforcer le poste de Saveme; vous pouvez tirer des garnisons et cantonnements du Haut-

[98 OGT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTÂIRE DU COMITÉ. &27

Rhin; je prérame que Tennemi ne pent pas être maître partout, que le passage da Rhin est toujours une chose difficile et qu*on connaît à Tavance, quand on est sur ses gardes, et qu'en donnant de Tactivitë à la partie secrète, vous serez toujours averti à temps de ce qui devra se passer. Des ordres sont donnés pour verser dans les dépôts de troupes à chevd, des sabres, pistolets, mousquetons et sdles. Envoyez ordre à Vesoul de verser les chevaux en état dans les dépôts de l'armée du Rhin; vous avez un passage bien important à gjxràer, celui de Saveme. Cette disposition semble retarder un peu l'exécution de la mesure prescrite par le Comité pour effectuer un rassemblement à Rouquenom, mais le but n'est pas changé; il s'agit toujours de dâivrer Bitche et Landau, et de fidre évacuer le Bas-Rhin. Concertez-vous avec le citoyen Saint-Just, qui a de l'énergie, des expédients dans la tête et les meilleures intentions. Les affidres vont bien jusqu'à pr^nt au Nord, ainsi que dans plusieurs autres parties de la République. Si le Rhin est un peu sonffirant, les patriotes assurent que nous aurons bientôt le dessus par la valeur de nos soldats et les services des bons représentants et généraux.

(Areh. de U gaerre, année du Bhio , reg. A7, p. s4.

8GHILTI6HBIM , 7 BRUMAIRE AN II (98 OCTOBRE 1793). L*AI>JUDANT G^N^RAL DBHOHT AU COMITlf DE SALUT PUBLIC.

Analyn. — Dans l'attaque de la forêt qui se trouve en avant de Reichstett, les ennemis ont d'abord fiiit plier nos troupes, mais nous avons bientôt repris ce poste. L'avantrgarde, placée au viHage de Wantzenau, a été surprise le 96 octobre et s'est retirée précipitanmient, abandonnant six pièces de canon. Le lendemain 97, il y a eu une forte canonnade proche le village d'Eckwersheim. ir n parait que nos ennemis , après avoir échoué dans leurs tentatives sur les gorges de Saveme, cherchent à se glisser entre le Rhin et notre droite, afin d'ôter à notre armée cet excdlent point d'appui et de communiquer &cilement par là avec un pont de bateaux qu'ils feraient indubitablement construire sur ce fleuve.»

(Orig., Areh. de la guerre, armée dn Rhin. )

PARIS, 7 BBUMAIRE AN II (sS OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU G^N^RAL HOCHE.

AU oiviRAl BOCBE.

J'ai reçu la lettre par laquelle vous m'annoncez que vous partez pour vous rendre au poste où h confiance du Comité de salut public et du Conseil exécutif vous a appelé. Vous avez l'envie de bien fidre. Vous ne pensez qu'à la chose pu-

A28 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [98 ogt. 1793.]

blique, sans considérer votre personne; avec ces sentiments vous ferez bien, car, après la malveillance de diverses aristocraties, c'est l'^ïsme et Tintrigue qni nous font le pins de mal. Le Comité de salut public vient de me prescrire de &ire passer des renforts à Tannée du Rhin. Les tentatives, que Tennemi a laites sur les gorges de Saveme, annoncent que c'est de ce cAté qu'il feut letf diriger. Prenez les mesures nécessaires, après avoir conféré avec les rqir^ntants, pour envoyer six bataillons avec un générd de brigade bon sananmlotte, à Saveme. Il est possible de tirer ce secours des garnisons comprises dans l'armée de h Moselle, ainsi que des bataillons de réquisition des départements des Vosges, de la Moselle, de la Meurtbe et de la Meuse. Enfin vous choisirez les endroits où l'esprit est le meilleur, et où ils sont le mieux armés. D convient d'envoyer à l'avance quelqu'un pour faire préparer l'étape et annoncer leur arrivée.

Donnez aussi des ordres aux dépAts de troupes à cheval de l'armée de la Mosdle d'envoyer le plus qu'ils pourront d'hommes à cheval grossir les corps de l'armée du Rhin, qui a grand besoin de cavalerie. Les dépAts vont recevoir des sabres et des pistolets incessamment. Voilà les mesures les plus instantes dans le moment. Elles ne contrarient pas les premières arrêtées par le Comité de salut public, pour un rassemblement à Bouquenom et Saarwerden, qui peut-être sera long; au contraire, elles assurenC l'opération en maintenant la communication entre les départements du Rhin et ceux de la Meurtbe et de la Mosdle, et empêchent l'ennemi de s'en emparer et d'aller prendre à revers les postes de la Moselle. Si vous aviez besoin de qudques bataillons des Ardennes en remplacement, écrivez-en au représentant Hentz , qui fera certainement de son mieux pour nous seconder. Si vous pouviez envoyer l'un des régiments de carabiniers à l'armée du Rhin, ce serait une mesure bien utile.

(Areh. de la guerre, année da Bhin, reg. 67, p. li v*.)

119. PARIS, S.BRUMAIBB AN II (99 OCTOBRE 1793)^^^ LB COMITE DB SALUT PUBLIC AU MINISTBB DES AFFAIBBS ^TRANGÈBBS DBPOBGUBS.

Paris, 8 9* mois, 9* année de la République.

LB COMiri DB SALUT PUBLIC AU MINISTBB DBS AFFAIBBS BTBAKBiBBS,

Le Comité, citoyen ministre, a reçu vos observations sur le navire hambourgeois la Christine, retenu à Dunkerque par ordre d'un reprë-

(*) Camot assiste à la séance du Comité des Côtes de Cherbourg d'envoyer le pl-js

(cf. Aulard, VIII, 90). Il écrit quatre ar- de troupes possible au général Rossignol,

rétés : i** Pouvoir exclusif confié à un des — 3* Ordre de mise en liberté du général

deux comités de surveillance qui existaient & Declaye. — k* Destitution de De Lannay,

Pont-à-Mousson et se faisaient concurrence. général en chef provisoire de Tannée de ta

— 9*" Ordre au général en chef de Tannée Moselle.

[99 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. A39

sentant du peuple ^^^ Ce représentant se fût rendu blâmable si, con-

i*) Michel-Alexb La Flotte, accrédite en France comme résident par les villes hanséatiques de LQbeck, Brème et Hambourg, depuis février 1 786 , démissionnaire depuis le 6 mars 1793, avait écrit au ministre des affaires étrangères, le h octobre 1793, pour lui exposer les faits suivants remontant au mois de juillet précédent :

Le navire hamboui*geois la Ckriêiine, capitaine Tude-Lolling, naviguant sous pavillon et lettres de mer de la ville de Hambourg, arriva à Dunkerque le i3 juillet. Après une vente publique de son chargement et après avoir acheté des denrées, il allait repartir le 3o juillet, quand le citoyen Camot s*y opposa, en se fondant sur le décret du 98 juillet dernier, qui comprenait les sucres dans les objets de première nécessité, ir Or le capitaine hambourgeois n*a pu croire que la Convention ait entendu donner à son décret un effet rétroactif; il prouvera que ses achats ont été faits et même embarqués avant Tépoque du décret prohibitif, qui d'ailleurs n'était point encore connu à Dunkerque et ne pouvait avoir force de loi qu'après sa promulgation.» La Flotte demandait donc, en terminant, au nom du droit des gens, la tevée de Tembargo. (Copie certifiée par te ministre Defbrgues, Arch. des affaires étrangères, Hambourg, t. 108, p. i5o.)

Le 91 octobre 1793, le ministre des affaires étrangères Deforgues transmit la lettre de La Flotte au Comité et l'accompagna des observations suivantes (Orig., Arch. des affaires étrangères, Hambourg, t. 108, p. 168):

«Puis , le So* jour da 1*' moU d* Tm u d* h Répabliqoe noe «i indiriiiblc.

Le mtfitflrt da affairée élrangèreê aux

repréiêntanti du peuple membree du Comité

de iahU publie,

«Le citoyen La Flotte, ci-devant résident des villes hanséatîques, m'a ramis, citoyens reprÀentants, une réclamation en faveur du navire hambourgeoii la Chriitmêf qui a«apporté k Dunkerque et vendu dans

ce port un chargement de savon et de charbon. Je joins ici une copie de sa lettre. Vous y verrez que ce navire, ayant chargé en retour du rhum, thé, sucre, café, tabac fabriqué, côtes de tabac, etc., lut retenu à Dunkerque par l'ordre du citoyen Gamot, représentant du peuple, envoyé au département du Nord. Comme l'embargo a été ordonné par un raprésentant du peuple, je ne puis que m'en rapporter k ce que vous déciderai à ce sujet

crLe décret du 16 août dernier déclare vaisseaux ennemis tous ceux qui appartiennent aux puissances allemandes qui ont voix délibérative à la diète de Ratisbonne. Hambourg a, comme ville impériale, voix et séance sur le banc du Rhin. Ainsi, d'après la rigueur des principes, cette ville se trouve dans le cas de ce décret. Cependant je dois observer que tel est le rice de la Constitution germanique que le collège des villes imp*ériales k la diète n'est point admis à la conférence des collèges électoral et des princes et, quel que puisse étra son avis sur une proposition mise en délibération, il n'est compté pour rien et l'affaire passe en résultat de l'Empire conformément à Taris des deux collèges supérieurs. Ainri dans le principe la ville de Hambourg et les autres rilles libres et impériales n'ont rien contribué à la déclaration de guerre de TEmpire, et on ne peut les regarder que comme des êtres absolument passilis.

ffïtl cru devoir, citoyens représentants, vous faire part de cette observation afin que, dans l'examen de la réclamation que je soumets k votre décision, vous puissiez y avoir l'égard que vous jugerez convenable k l'intérêt de la République.

fxLe miniêtre de» affaire» étrangèru, «rDBroaoiiis.3»

Comme il s'agissait d'un acte accompli par Camot pendant sa mi«ion dans le département du Nord, ses collègues le chargèrent de rédiger la réponse.

naissant la loi sur les accaparements , il eût souffert qu elle fût éludée sous prétexte qu'elle n'était pas encore officiellement connue dans le lieu où il était, pouvant lui-même la promulguer. Les arrêtés des représentants du peuple ont force de loi provisoire, à plus forte raison peuvent-ils faire exécuter ses décrets dès l'instant qu'ils en connaissent la teneur. Personne n'ignore que l'avidité et Timpatriotisme avaient porté beaucoup de négociants des ports à saisir l'intervalle enire la connaissance qu'ils ont eue de la loi sur les accaparements par les journaux et sa publication pour en violer les dispositions salutaires, et l'on ne peut qu'applaudir au zèle des représentants du peuple qui ont prévenu par leur fermeté cet effet de la malveillance. Des subterfuges diplomatiques ne peuvent vous autoriser à hésiter sur l'exécution pleine et entière de la loi qui défend l'exportation des denrées de première nécessité.

A expédier : Garnot.

(Minute autographe de Garnot, Areh. des affaires étrangères, Hambourg, t CVIU, p. i5a.)

PARIS, 8 BRUMAIRE Alf II (99 OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE AU COUITÉ DE SALUT PUBUG.

Anafyêe. — Envoi de la copie de la lettre du génëral Soubam , du à brumaire (35 octobre), annonçant qne le camp de Gysoing est levë, que l'ennemi s^est replié sur Toomai et que le gënénd Macdondd a forcé Wevdghem.

(Orig. , Areli. de la gnerre , armée du Nord.)

BEAUMONT, 8 BRUMAIRE AN II (99 OCTOBRE 1793). LE G^NIÎRAL JOURDAN À GARNOT.

Beaunont, le ag octobre 1793 , Tan n de la RépaUiqœ.

AU RBPRisSlfTÀNT DU PKVPLE CARNOT^^K

Ma position, citoyen représentant, est délicate; je vais vous fiûre part de mes opérations, de ma situation et de celle de l'ennemi.

0) Jourdan s'adressait en cette drcoostance à Garnot personneUemeat, an liea d'écrire, comme d'ordinaire , an Comité de saint public. •

[99 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. &31

Vous savez qu^aprës les afihires des i5 et 16 courant, vieux style, rennemi s'est rëuni en masse depuis Sassegnies jusqu'à Merbes-le-CbAtean sur la rive gauche de la Sambre; que nous manquions de munitions ^'^ et que les ennemis avaient fiiit des ouvrages immenses entre Maubeuge et Avesnes, qu'il était essentiel de détruire. J'ai donc demandé des munitions de toute part, qui nous sont arrivées peu à peu. J'ai fiiit des réquisitions pour la destruction des ouvrages et j'ai vu avec peine que les citoyens n'y ont pas porté toute l'ardeur qu'ils auraient dà. Enfin j'attendais le résultat de l'expédition de la Flandre maritime, qui aurait dû avoir Ûeu en même temps que la nAtre et qui a été singulièrement retardée par la lenteur qu'y a mis le général D'Avaine, et qui cependant devait opérer une diversion dans les troupes ennemies ^*K D'après toutes ces considérations, je ne pouvais pas agir dans le moment. D a fidlu être en mesure. Aussitôt que j'ai eu des munitions , j'ai donné des ordres k la division du général Duquesnoy et à cdles des Ardennes de partir pour Beaumont. Cet ordre a été exécuté le 90. J'ai reçu le même jour une lettre du général D'Avaine, qui avait fidt de beaux projets, mais il m'annonçait n'avoir rien exécuté. Je lui tânoignais mon mécontentement

(1) L'armée ne manquait pas seulement de munitions de guerre, mais aussi de boache. L^adjudant générai Rivaud( futur génénd Rivaud de la Raffinière), chef d'état-major de Jourdan, écrivait à celuici de Beaumont, le 3o octobre 1793 , que, mdgré tous ses soins, il ne pouvait donner aux soldats qu^un jour de vivres au lieu de deux. «Je présume, dit-il, que le soldat va crier : ce ne sera pas sans raison.» (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)

<*) Le 39 octobre 1793, le général Jourdan écrivait k ce sujet au reprâentant Isoré (Arch. de la guerre, reg. de Jourdan, 1 a-à&, p. 101) :

«rPai enragé tout comme vous, citoyen rq>ré8entant, de foir le général D*Avaine délibérer sur les ordres que je lui avais donnÀ et de voir ce général tranquillement k Gassel, tandis que ses camarades se battaient. Je ne le connais point, mais sa coirei^ondance et sa conduite m*ont fait croire qu*il n'était point en état de conduire une opération aussi importante que celle dont il était chargé. Tai, suivant mon usage, tout communiqué aux représentants du peuple, et le dtoyen Duquesnoy a cru devoir le su^endre et nommer le général Souham pour prendre le commandement

des troupes qui sont placées depuis la mer jusqu'à DouaL Pai écrit à ce dernier, afin qu'il mette le plus grand ensemUe dans ces opérations. Pespère qu'il répondra entièrement à la confiance que nous avons en lui. Je n'ai point fait de grands progrès depuis la levée du siège de Maubeuge.

Uennemi tient une position respectable; cependant je m'approche peu à peu et j'espère sous peu de jours être maître de CharieroL

crSdttt, fraternité.

ffJoraBAH.)»

Le représentant Isoré prit, en conséquence, un arrêté contre le général D'Avaine, mais, le 9 brumaire an 11 (3o octobre 1793), les généraux Bertin, Filon, Romanet , Gougelot , Vandamme et Moreau, l'adjudant général Gr^^rre, les offiders du génie Ruel Beliile et Henry Beaulieu, réunis au quartier générai de Gassel, déclarèrent les inculpations d'Isoré absolument dénuées de fondement, ajoutant que le général D'Avaine ne pouvait mettre plus de promptitude et d'exactitude dans les opérations qui avaient été décidées en conseil de guerre à Bergues le i3 octobre. (Copie certifiée par le général D'Avaine, Arch. de la guerre, armée dn Nord.)

et loi ordonnais d'agir, ionqae je me sais aperça qae l*ennenii faisait 61^ des troupes du cAtë de Lille. J*ai bit passer à Beaumont la division du général Balland; j*ai bit renforcer la division des Ardennes de six bataillons et d'un régiment de dragons de la division de Maubeuge. J'ai aussi bit renforcer de &,ooo hommes le camp de Jeumont, occupé par la division de Maubeuge, et j'ai bit porter à celui de Hachant par la division du général Cordellier. Je me suis rendu pour lors à Beaumont dans l'intention d'attaquer Thnin, mais les chemins, qui ne sont que des voies à l'usage des campagnards, ayant été abîmés par les pluies continuelles, et m'étant assuré par une reconnaissance qu'il serait trop dangereux d'attaquer l'ennemi de front, tant à cause des retranchements et batteries qu'à cause des plaines immenses k traverser, j'ai été convaincu qu'il bUait abandonner ce projet. Je me suis donc décidé à d^amir la Sambre, du eàié de Landrecies, de trois bataillons. J'ai chargé le général qui commande à Avesnes de garder avec ces trois bataillons et des détachements des garnisons d'Avesnes et de Landrecies, les postes de Maroilles, de Noyelles et Taisnières, et j'ai donné ordre à la division du général Fromentin de venir à Beaumont, de manière que mon projet est de laisser la division du général Cordellier à Bâchant, ce qui remplacera les six bataillons que j'ai pris pour renforcer la division des Ardennes et le camp de Jeumont, qui formera une division de l'armée active. J'y trouverai le double avantage de renforcer l'armée et de changer un peu la garnison de Maubeuge, qui en avait grand besoin.

Nos avant-postes sont déjà à Ham-sur-Heure et, aussitôt que la division du général Fromentin sera rendue ici , je dirigerai une colonne sur Charleroi , aGn de tâcher de s'en emparer. Ce poste ^ essentid; nous ne pouvons rien bire sans l'occuper. L'ennemi est bien retranché de l'autre côté de la Sambre, depuis Merbes-le-ChAteau jusqu'à Thuin. Il y a toujours son camp de Bettignies et on camp à Beriaimont. Q y a un autre camp à Saint-Gérard, entre Sambre et Meuse, qui nous gène beaucoup , parce que ces troupes peuvent nous prendre en flanc. J'ai donné cependant des ordres au générd tlie pour qu'il inquiète ce camp. J'ai pareillement à craindre, en passant la Sambre, que l'ennemi ne s'empare de Beaiunont et ne coupe ma communication avec Maubeuge. Cependant il but agir et j'agirai, mais avec précaution, car je perdrais avec bien du regret les avantages que j'ai remportés sur l'ennemi.

Je vous avoue avec franchise que ma position est dâicate. Je peux dire hardiment que j'ai beaucoup de bonne volonté et de courage, mais j'aurais besoin de conseil dans une opération. Je pense que personne ne peut m'en donner de meilleurs que vous. Venez donc à l'armée; vous y serez plus utile à la République que partout ailleurs. Je vous attends avec impatience et vous rendrez un grand service à la République et à moi. J'ai prié le ministère de la guerre de communiquer au Comité de salut public la lettre que je lui ai écrite ce matin ; vous y verrez que le représentant du peuple Duquesnoy a suspendu le général D'Avaine, et que le général Souham est chargé du commandement de toutes les troupes, depuis la mer jusqu'à Douai. J'espère que le général Souham mettra plus d'ensemble dans ses opérations que D'Avaine, et que l'activité du premier réparera le tort que les

[âgoGT. 1793.] correspondance; militaire du comité. &33

lenteurs da second nous ont &it ^^K La partie secrète est infiniment mal montée et je ne vois pas de moyens de l*amâiorer; cependant vous savez combien il serait nécessaire. Plusieurs déserteurs m*ont dit que Cobourg avait donné l'ordre , diaprés la mort d'Antoinette, de ne point faire de prisonniers. Je lui ai écrit aujourd'hui pour m'assurer de ses intentions et j'attends sa réponse pour fixer ma conduite.

JODEDAN.

( Arcli. de la guerre , reg. de Jourdan , 1 H'hU , p. io«. )

BBAUHONT, 8 BRUMAIRB AN II (âQ OCTOBRE I793). LE GÉNÉRAL JOURDAN AD HlflISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE.

Aa quartier général i Beaamont en Bdgique, le 8' jonr da a* mois de Tan n de la République ane et indivisible.

LB CtTOTEN JODBDÀN , GËBinAL E» CHEF DE L'àMêÉE DU NOBD ,

àV UtNISTBB DE LÀ Bé PUBLIQUE.

Le général Belair et le citoyen Oliivier, <{ui commande son avant^garde, m'ont prévenu qu'il s'est engagé une affaire entre les troupes de la République qui sont

^') Le générai Souham refusa le commandement qui lui était donné et il écrivit a ce sojet, le 9 brumaire an 11 (3o octobre 1 793 ), la lettre suivante au général Jourdan (copie, Arch. de la guerre, armée du Nord):

«Mareq , le 9 brovMirt an 11.

nié général Souham, commandant la t" division de V armée du Nord, au général on diêf Jourdan,

erJe viens de recevoir à l'instant votre ordre et cdui des représentants du peuple. Vous êtes trop mon ami et vous connaisses trop bien mes moyens pour persister i vouloir me confier un commandement aussi important. Envoyex-moi tous les ordres que vous croires nécessaires; ma bonne volonté, mon zèle et mon patriotisme ne resteront point en arrière, maïs je ferais bien peu de cas des intérêts de la République, si je me chargeais d'une responsabilité aussi pesante. Je vous assure

lU.

que s'il n'y eût pas eu de commandant en chef pour diriger notre dernière expédition nos affaires eussent marché d'un pas bien plus rapide. Donnes promptement un commandant de votre main i Gassel; il correspondrait avec Dunkerque et avec moi, et les opérations se feraient de concert. En attendant, je vais faire mettre à exécution les ordres relatifs à D'A vaine. Je laisse ici, pour commander en mon absence, le général Macdonald; il sera secondé par l'adjudant général Duverger; et moi je pars, accompagné de i'adjudant générid Reynier, pour Gassel, auquel je donnerai le générai Vandamme pour commandant provisoire, en attendant celui que vous aures désigné dans votre sagesse.

ffJe persiste, mon cher génénd, dans mon refus et je dois, par cette conduite, acquérir dans votre esprit un nouveau degré d'estime.

tii»»i«iui lATieiALa.

à3i CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [99 oct. 1793.]

8bu8 lean ordres et cdles de nos ennemis; qne ces derniers ont été vivement repoussa jusqu'au ddà du GAteau. Ces troupes occupent dans le moment présent Pommereuil, Ors, CatiUon; nos troupes se sont retranchées dans ces portes. La forêt de Nouvion, qu'on a eu soin de fiûre retrancher, leur servira de retraite en cas qu'ils fussent attaqués par des forces supérieures. Le géoénl Beiair fait les plus grands âoges des soldats et officiers, et notamment du citoyen (Mlîvier qui commande son avant-garde.

Le citoyen (Hlivier a fiiit arrêter un officier du ao* régiment de dragons, à qui il avait donné ordre de fouiller le Câteau, et qui, loin d'exécuter cet ordre, est revenu une heure après en criant : tr Sauvons-nous, voilà l'ennemi N

J'ai reçu des nouvdles du général D'A vaine et du général Souham; le premier m'écrit de Cassd où il a resté, dit-il, pour diriger sa correspondance; il me prévient que le général Vandamme travaille à brûler Nieuport; il se plaint de ce que le g^éral Souham ne lui a envoyé que s,ooo honmies au lieu de i,ooo qu'il lui avait demanda pour l'expédition d'Ypres; le second se plaint des lenteurs du général D*Avaine et trouve extraordinaire qu'il reste à Cassel au lieu de diriger ses opérations en personne; il se plaint pareillement de ce qu'il lui a retiré a, 000 hommes, ce qui l'a mis dans l'impossib^ité de s'emparer de CourtraL

Enfin, citoyen ministre, je vois avec douleur qu'il n'y a pas d'intdligence entre les généraux. Comme j'ai l'usage de tout communiquer aux repr^ntants du peuple, le citoyen Duquesnoy a cm devoir suspendre le général D'Avaine et donner le commandement de toutes les troupes, depuis la mer jusqu'à Douai, au général Souham. Je lui écris de mettre le plus grand ensemble dans ses opérations.

Je vous avais écrit de Maubeuge que je me rendrais à Beaumont pour attaquer l'ennemi; les pluies qui ont beaucoup gâté les chemins et la position de l'ennemi ne me l'ont pas encore permis. J'ai bit hier une découverte. J'ai vu que l'ennemi occupe la rive gauche de la Sambre depuis Merbes-le-ChAteau jusqu'à Thuin, qu'il y a des ^daines immenses à traverser pour aller l'attaquer. 11 garde les plaines par des corps de troupe extrêmement forts, surtout en cavalerie. Nous avons cependant poussé nos avant-postes jusqu'à Ham-sur-Heure. Ma position est aussi d^cate qu'embarrassante, car, si j'attaque de front, je cours grand risque d'échouer; si au contraire je me prolonge sur la droite, je cours risque de voir l'ennemi s'emparer de Beaumont et me couper la communication avec Maubeuge. J'ai été forcé de laisser la division du général Fromentin du c6té de Landrecies pour s'opposer à l'ennemi; cependant, comme il doit être maintenant affiôMi dans cette partie, je vais fidre marcher cette division du cêté de Charieroi, afin de tâcher de m'emparer de ce poste , et pour lors je pourrai passer la Sambre en laissant un corps d'observation pour assurer ma communication avec Philippeville et Givei Si je ne fais pas des progrès plus rapides, soyez sûr, citoyen ministre, qui! n'y a pas de mauvaise volonté de ma part; personne plus que moi ne d^ire de combattre, mais je désire le faire avec avantage. Il m'en coûterait beaucoup de perdre par imprudence les avantages que nous avons remporta sur nos ennemis.

D nous vient continuellement des déserteurs de la légion de Cameviile; ee

[3o o€T. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. &35

sont tons Français qa'on force à s'engager à force de coups de bAton. Je les fais passer sur les derrières jusqu'à ce que la Convention ait statué sur leur sort. Je vous prie de communiquer ma lettre au Comité de salut public.

Salut et fraternité.

JOURDAN

(Orig., Arch. de ia gaerre, armée du Nord.)

SCHILTIGHEIM , 8 BRUMAIRE AN II (39 OCTOBRE lyQS). LE G^N^RAL PIGHBGRU AU GOMIlé DE SALUT PUBLIC.

Analyse, — 11 mande que, d'après les ordres réitérés du ministre, il a accepté le commandement de l'armée du Rhin ^^K 11 proteste de son dévouement à la liberté.

(Aoalyiie, Arch. de U goerre, reg. do Comité de salut public, DG , p. 656.)

120. PARIS, 9 BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRE 1793)^^^. LE GOMrrE DE SALUT PUBLIC À SAINT-JUST ET LE BAS.

Paris, nonidi i'* décade brumaire 9* année de la République une et indivisible.

IS COMiTB DE SÀUIT PUBLIC À SÀtNT-JUST ET LE BAS, Phis L'ARMEE DU BEIN

Vos dépêches, chers collègues, nous font espérer de grands succès à l'armée du Rhin. Nous soounes persuadés qu'ils seront dûs principalement à votre vigilance. On travaille à vous procurer les secours que vous sollicitez.

D'après le rapport du ministre de la guerre, la force effective de

(*) En effet, Pichegru avait quitté la divinon du Haut-Rhin et en avait laissé le commandement provisoire au général Scherer. Son acceptation fut bien accueillie. Rivais écrivit de Bâle, le 10 brumaire (3i octobre 1793), au ministre des affaires étrangères Deforgues : «Le général Pichegru m*a marqué qpi*'û avait accepté le commandement de Tarmée du Rhin. Ten ai été bien . aîae, parce quHl annonce du lèle et de la

capacité.» (Cf. J. Kaulek, Papwn de Bar» théiemy,lll, 180.)

(') Carnot assiste à la séance du Comité (cf. Aulard, VIII, 116). Il écrit un arrêté ordonnant au ministre de la guerre de faire passer sans délai â Ville-Affranchie un détachement de Tannée révolutionnaire.

(*) Réponse â une lettre de Saint-Just et Le Bas, datée de Strasbourg, 96 octobre 1793. (Cf. Aulard, VIII, 3i.)

iS6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [3o ocr. 1793.]

Tannée du Rhin est au moins de 100,000 hommes. D est inconcevable qu'avec cette force prodigieuse, dans un pays que Tart et la nature se sont réunis pour rendre inexpugnable, on ait à craindre de succomber sous les coups de Tennemi. Si les soldats sont bons, comme nous avons lieu de le croire diaprés ce que vous nous en dites , il faut qu'il y ait peu de capacité dans les chefs. La vraie manière de se défaire des ennemis n'est pas de les attaquer de front, mais sur les flancs et sur les derrières. Landau est bloqué : c'est là qu'il faut porter les secours, parce que, si vous vous rendez mattre de cette partie de l'extrême frontière, l'ennemi ne pourrait rester auprès de Strasbourg sans se trouver bloqué lui-même et sans communication avec son propre pays. C'est ce qui nous a fait penser qu'il serait à propos de rassembler 3o h &o,ooo hommes dans les environs de Bouquenom et Saarwerden, lesquels se porteraient d'abord rapidement sur Bitche, dont ils feraient lever le blocus, puis sur Landau qu'ils dégageraient de même. Alors on verrait probablement l'ennemi qui est devant Strasbourg se hâter de battre en retraite; mais, s'il était poursuivi avec vigueur, cette retraite deviendrait pour lui très difficile. Ces 3o h & 0,0 00 hommes seraient tirés principalement de l'armée de la Moselle, qui doit, comme vous l'observez, agir de concert avec celle du Rhin. En attendant, contenez l'ennemi, gardez les gorges de Saverne et tâchez de tromper l'ennemi sur vos projets. Nous vous envoyons copie d'un mémoire dont la lecture pourra vous être utile ; nous vous conseillons le plus grand secret et la plus grande rapidité.

Salut et fraternité.

(Min aie auL de Garnot, Arcli. de la gaem, armée du Rhin. — Rag. ds la fiuniUe Caroot)

l:!l. PARIS, 9 BRUMAIRE AN 11 (3o OCTOBRE 1793).

LS comri de saldt pdblig au gïEn^ral brnoiif.

Paris, le 9' bnimaire an s* de la République une et indîvisîlrfe.

LKS HBPHiSBNTAWTS COMPOSANT LB COMITE DB SÀLVT PUBLIC AV ùhinAl BRKOUF, CBKF DB L'ÉTAT-MAJOR DB L'ARMiB DO NOBD,

Citoyen , le Comité de salut public a pris en considéntion ce que vous lui mandez relativement au général Cordellier. Comme il est très

l3o ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. &37

éloigné de vouloir décourager ou punir les généraux républicains, nous verrons avec plaisir que nos collègues lèvent la destitution et Tarrestation qu'ils ont eux-mêmes prononcées contre lui ^^\

Les membres du Comité de salut public, Billaud-Varbnne, Carnot, G.-A. Prusur, Rorbspibrrr.

(Oriff., Âreb. de la (pierra, armée da Nord.)

122. PARIS, 9 BROMAIRB AN II (3o OCTOBRB i79*})* LB COMITE DB SALUT PUBLIC AU MINISTRB DB LA GUBRRB BOUCHOTTR.

Analyse. — Envoi d'une pièce adressée par les représentants Musset et Delacroix relativement à la demande qu'ils font de 8,000 vieux fusils t*^).

(Minute, Areb. nat, A F 11 4 10.)

CASSBL, () BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRB 179^). LB G^N^RAL D*AVAINB AU COMITE DB SALUT PUBLIC.

Aa quartier général de Cafsel, le 3o octobre 1793, a' de la République Grançaise uiio et indiviMble.

LB GKXSRAL DS DIVISION DUT AINE AUX CITOYENS UEMBSES COMPOSANT LE COMITE DB SALUT PUBLIC.

Citoyens ,

En verta des ordres du général en chef Jourdan , j'ai conçu , conjointement avec le conseil de guerre assemblé à Bergues, le dessein d'entrer dans la Belgique. Pour y réussir, j^ai divisé mon armée, composée au plus de 17,000 hommes, en deux parties : Tune qui devait attaquer Ypres, et Tautre sur Fumes, Nieuport et Ostende, et tenir en édiec le camp de Dixmude. Je vous dois un rapport exact ci précis de mes opérations.

(*' Le même jour, Bouchotte écrivit au i*armée. (Arch. de la guerre, t. XIV, cor-

gëoérd Cordellier pour lui reprocher d'avoir reapondanc^. )

nommé son frère adjudant généndetd^avoir (') La lettre des représenlanls Musset et

refusé de prendre Tadjudant générai que Delacroix est datée de Versailles, le 6 oc-

lui avait envoyé le chef de Tétat-major de tobre 1798.

438 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3ooct. 1798.]

Pour parvenir josque sodb les murs dTpres, nous avons eu beaucoup d*obstades à surmonter sur notre droite et notre gauche. La colonne de gauche devait d'abord s'emparer de Poperinghe et autres retranchements circonvoisins pour parvenir jusqu'au village de Vlamertinghe , au bout duqud nous pouvions établir nos batteries pour attaquer la ville d*Ypres du cAté de la chaussée de Poperinghe à Ypres , ce qui n'a pas été l'ouvrage d'un jour, puisqu'il dédiait débusquer l'ennemi qui était retranché en force, ce qu'a £ut avec le plus grand succès le citoyen commandant Moreau^'\ le 99 octobre; mais, sachant que l'ennemi était en force à Vlamertinghe, il vit qu'il était impossible de s'y attaquer avec la colonne de 3,000 hommes qu'il commandait, et, crainte d'exposer les troupes de la République, il attendait la jonction de la colonne de droite commandée par le générai Rertin<'\ qui venait de s'emparer de Messines, pour attaquer de deux cdtés différents le village de Vlamertinghe. Mais cette jonction des deux colonnes n'était pas aisée à fidre, puisque l'ennemi occupait les postes intermédiaires dont il fallait le débusquer. C'est le parti que prit le général Rertin , car, voyant qu'il était impossible d'attaquer Ypres sur la route de Diekebusch à Ypres, vu que cette ville de ce cAté est très bien défendue par des fossés remplis d'eau , m jayant fait part de cette

(*) Jean -Victor- Marie Moreau, né à Morlaix (Finistère) le i& février 1763, prévàt de TÉcole de droit de Rennes en 1788, lieutenant-coionei eo premier du 1" bataillon des volontaires d'IUe-et-Viiaine le 1 1 septembre i79i« générai de brigade provisoire i l'armée du Nord par arrêté des représentants Florent Guiot et Hentz le 3o frimaire an n (90 décembre 1793), confirmé le 11 piariôse an 11 (3o janrier 179a), générai de division le 9 5 germinal an n (1 & avril 1 79^ ) , commandant en chef de l'armée du Nord le i3 ventôse an 111 (3 mars 1796), de l'armée de Rhin et Moselle le a à ventôse an iv (1 & mars 1 796 ), des armées de Rhin et Moselle et de Sambreet-Meuse le k nivôse an v (aA décembre 1796), réformé le 9 vendémiaire an vi ( 93 septembre 1797)1 générai en chef des armées d'Italie et de Naples le 9 floréal an vu ( 9 1 avril 1 799 ), de l'armée du Rhin le 17 messidor an VII (5 juillet 1799), des armées d'Helvétie et du Rhin le 9 frimaire an VIII (93 novembre 1799)* mis en nonactirité le i*' vendémiaire an x (93 septembre 1801), arrêté à Paris le ah piariôse an zii (ih février 180&), condamné à deux ans de prison le 91 prairial an xii (10 juin 180&), rayé du tableau général de Tannée le 1 7 messidor an xii ( 6 juillet

180&), réfugié aux États-Unis, â Moriaviile, dans le New-Jersey, quitte ce pays le 91 juin i8i3 et débarque i Gotbemliouiy (Suède) le 96 juillet suivant, blessé i la bataille de Dresde le 97 août 18 13, mort â Lahn (Bohême) le 9 septembre i8i3.

(') Nicolas Bertin, né à Âmbrief (Akne) le 9 G juillet 1769, cavalier dans Royal- Champagne le 8 mars 1770, brigadier le i** mars 1776, fourrier le 11 juin 1779, maréchal des logis le 6 septembre 1785, congédié le ai août 1790, marédiai des logis au 17* chasseurs à cheval le 1*' mai 1799, souB-iieutenant le 1 5 octobre 1 799 , lieutenant le & janrier 1793, capitaine dans la légion Belgique le 1 9 mars 1 793 , chef d'escadron le 1*' juillet 1793, commandant temporaire de la place de Saint- Omer le 8 août 1793, générai de brigade provisoire le 9 octobre 1793, suspendu le 9 ventôse an 11 (90 février 179Â), réintégré et confirmé dans son grade le 97 ni- YÔMBe an in (16 janrier 1796), réformé le 98 ventôse an v (18 mars 1797)1 retraité le 1" prairial an ix (91 mai 1801), mort â la Ferté-Milon (Aisne) le 1*' mai 1816. Le général Bertin avait été blessé d*un coup de feu au bras gauche devant Mantoue le 99 fructidor an iv (iS septembre

[3o ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. &39

impoflsibîlitë, je lui donnai Tordre de rejoindre sa colonne avec cdie du citoyen Moreau. Pour fiire cette jonction, il s'empara d'abord des postes de Wittecaste, où Tennemi était très bien retranché et qu'il n'abandonna qu'après une grande perte de monde. De Wittecaste il £dlait avancer sur Woormeseele et Saint-âoy, deux postes très importants fortifia par la nature et par l'art Le courage de nos braves républicains ne s'abattit pas à la vue de tant de difficultés, et trois fois ils revinrent à la charge; enfin ils demeurèrent maîtres de ces postes, qui coûtèrent beaucoup de monde à l'ennemi.

Le chemin de la victoire était tracé, et il Mait y marcher à grands pas en attaquant le moulin de Diekebusch , oii l'ennemi s'était retranché avec quatre pièces de canon de 1 3 et deux de 7, deux obusiers et à peu près i,aoo honunes. Qu'avionsnous à opposer à toutes ces forces? Une colonne de i,83a hommes, composée de tous soldats fiaitigués et quatre pièces de &. Loin de s'intimider à la vue de tant de dangers, nos troupes attaquèrent avec la plus grande vigueur, mais elles inrent obligées de battre en retraite sur Woormrâede , après avoir perdu une cinquantaine d'hommes et eu trois pièces de canon de démontées, ce qu'elles exécutèrent dans le meilleur ordre. Pendant cette action, une partie de cette colonne qui s'en était détachée pour battre l'ennemi par le flanc fut vivement saluée d'une forte décharge à mitnd&e qui la força à en venir k une action décisive. La fusillade (ht très vive de part et d'autre, et l'ennemi fut forcé de replier jusque dans Vlamertmghe, où il s'était très bien retranché. Nous l'attaquâmes avec vigueur, et 0 fut obligé de nous céder ce poste après une vigoureuse r&istance qui lui coûta cher, car il y perdit beaucoup de monde. Une heure après notre entrée dans ce village, la colonne du conunandant Moreau fut se joindre à celle du général Bertin, et là ils disposèrent leur plan d'attaque pour attaquer Ypres, du cAté de la chaussée de Poperinghe.

Arrivés à Vlamertinghe le ai au soir, nous y plaçâmes nos postes presque sous le canon de la ville , et le lendemain nous nous emparâmes d'Elverdinghe et Brielen pour assurer notre flanc gauche, menacé par l'ennemi occupant le poste de Boennghe. L'ennemi ne nous laissa pas en repos dans ces postes, car, le aS au soir, il fit une sortie de la ville et nous attaqua très vigoureusement k Vlamertinghe; mais il fut repoussé avec vigueur et rentra dans ses foyers après avoir essuyé une perte considérable. Le lendemain il revint à la charge du cûté de Brielen et nous y attaqua avec une force vraiment imposante, qui ne lui réussit pas plus que les autres jours. Toutes ces opérations terminées avec succès , nous attendions pour agir que la colonne de a, 000 honmies, envoyée par le général Souham et commandée par le citoyen Daendds^*) sur la route de Menin à Ypres, commençât

<*) Hermann -Willem Daendek, né k Vidteiii (Pays-Bas) le ai octobre 1769, avocat, major dans la brigade guddroise en 1787, Ûeatenant-colonel de la légion franche étrangère le 19 octobre 17991 général de brigade provisoire le 9 frimaire an m (99 noTembre fj^k), général de

division le 10 nivôse an m (3o décembre 179a), non compris dans l'organisation du 95 prairial an m (i3 juin 1796), démissionnaire après la paix d'Amiens , Ueutenant général maréchd de Hollande en 1806, gouverneur générid de l'Ile de Java en 1 807, inscrit sur l'état des généraux de division

4i0 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [Soocr. 1793.]

ton attaque; mais quel fiit notre étonnemeot lorsque nous reçAmes une lettre da citoyen Daendds, par laqndle 3 nons prévenait qa*il avait ordre dn géoérai Sonham de se rq>iier sor Menin, et nous disant qu'ils étaient tons d*aeemd que le si^ dTpres était nne folie. Dans le même moment, le gàiéral Sooham, fiiute d*avoir bien retranehé ses postes, se trouva obligé d*évaeoer Menin, ce qni nous força de battre en retraite sur Poperingfae. Nous flmes sur cette v3ie one retraite glorieuse, où nous sommes très bien retranchés et où nous attendons Tennemi de pied ferme. Ainsi vous voyez, citoyens, que, loin d*avoir mis de la lenteur dans mes opérations, mon armée n'a pas perdu un seul instant, puisque dès le premier instant qu*dle s'est mise en marche die s'est battue continuellement, tous les jours et avec beaucoup d'opiniâtreté, pour s'emparer des jpoates de Poperingfae, Neuve-Église, Messines, Wiltecaste, Woormesede, Saint-âoy et Vlamertingfae. Mettez maintenant en pardlèle la prétendue activité qu'a mise dans ses opérations le g^éral Souham, et examinez quels obstacles il a ^fntmvés dans sa marche sur- Menin. H n'a eu aucun poste k emporter avant de se pr^enler devant cette ville.

Voilà ce qui regarde notre partie droite. Vous verres les mêmes opâ«tions sur notre partie gauche. Le as , même jour du départ des deux colonnes de la partie droite, est partie d'Hondschoote une colonne commandée par le général Gougelot, pour se réunir avec les généraux Vandamme et Hoche qui commandaient les troupes du camp de L^ynckhoncke , devant la ville de Fumes , qu'ils ont attaquée vigoureusement et qu'ils ont emportée de suite. De là ils se portèrent sur Nieuport, dont ils firent le blocus en règle. Le général Gougelot s'est porté avec sa colonne sur Peruysen et Ghap^e-Sainte-Catherine et Schoorbakke , pour contenir le camp de Dixmude et garantir la colonne du général Vandamme; mais l'échec qu'éprouva le général Souham le força d'abandonner le si^ de cette v31e, dont la conquête lui était assurée sans cette malheureuse circonstance, et de se replier sur Fumes pendant que le général Gougdot s'est porté à Schoorbakke et devant le camp de Dixmude pour empêcher les troupes de ce camp d'inquiéter sa droite.

Je condns à ce que, loin d'avoir mis de la lenteur et de l'inactivité, j'ai mis toute la câérité qu'il était possible de mettre en pareille circonstance , ainsi que je le démontre par le détaS ci-dessus. Et, quant au versement des troupes qu'on me demandait pour la division du générd Souham , loin de lui en envoyer, j'avais tout lieu d'espérer que lui-même m'en ferait passer, d'après la demande que je lui en avais fiïite, la nécessité absolue d'en avoir, et d'après ce qui avait été convenu au conseil de guerre à Beiges et demandé par lui dans son opinion mentionnée sur le procès-verbal dudit conseil de guerre.

Je suis firatemdlement

D'Avinci.

(Orig., Areh. de la gueire, année da Nord.)

français le 1 & février 1819, fait la cain- pour prendre poaseanon des c6tes d'Afrique pagne de Russie» démissionnaire en août restituées i la Hollande, mort sur la eÂte 181&, envoyé par le roi des Pays-Bas de Guinée le a mai 1818.

[SoocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. A&1

TILLB-APFRANCHIB (lYOn), 9 BBUMAIBB AN II (3o OGTOBBB 1793). LB GiN^BAL BN GHBF D0UB8 ^^^ AU GOHITJÎ DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — (rS*iI était permis de songer k son repos, j'aurais refuse le grade auquel vous venez de m'âever, mais , totdement dévoue à la défense de la République, j'accepte le commandement en chef de Tarmée des Alpes. Fort de mon amour ardent de la liberté et de la confiance dont vous daignez m'honorer, je ne crains point Ténorme responsabilité dont je me charge. Dans aucune occasion je ne serai conduit par le d^ir de la domination et l'intérêt personnel , et je vous répéterai, citoyens, ce que j'ai écrit à la société populaire de mon canton: ftSi après avoir passé par les emplois de la République, on me trouve plus riche que je ne Tétais avant, je consens que ma tête tombe sur Técha&ud.D Q envoie l'état des munitions de guerre qu'il a &it passer au camp sous Toulon. vLa brave garnison de Valenciennes, égarée par qudqnes instigateurs qui ne cessent d'infecter le territoire de la liberté, avait un moment manifesté le d^ir de tenir le serment qu'elle avait prêté aux tyrans du Nord de ne plus porter les armes contre eux; mais nous lui avons fait sentir que le premier de tous les serments était de défendre la liberté, qu'ainsi le contrat qui les engageait à épargner les tyrans était nul; qu'au surplus elle eût hâte de se décider, parce que la République avait plus de défenseurs qu'il ne lui en fallait et que l'honneur lui serait peutêtre enlevé de marcher sur les rebdles. La garnison a obéi et part pour le camp du Midi.» La ville commençant à manquer de subsistances, les représentants ont pris des mesures à cet effet. Il prie le Comité de se hâter de lui envoyer le décret pour l'encadrement des nouveaux bataillons dans les anciens. «On fusille ici chaque jour les principaux moteurs des troubles de Lyon et l'on &it justice des scââats qui voulaient résister à la volonté nationale. Ainsi périront, j'espère, tous les ennemis de la liberté et de l'^ialité.»

( Orig. , Areh. de U guerre , année da siège de Lyon. )

(*> Joseph-Prançoiâ Dour8, né à Boilène ( Yandiue) en 1 7 ^9 , gendarme de la garde du roi le 8 septembre 1779, réformé le 1*' octobre 1787, chef de la garde nationale de Boliène après la réunion du Gomtat Yenaiflsin à la France, commi»taire du département de la Dr^me, aide de camp du général Garteaux le 6 juillet 1793, chef de brigade le 3 septembre 1793, général de brigade provisoire par les représentants à Tannée devant Toulon, confirmé le 96 septembre 1793, employé à Tarmée d'Italie , général de division le 1*' octobre 1793, comman-

dant des troupes employées à Tannée des Alpes et à Yiile-Affiranchie par arrêté du Comité de salut public le 9 3 octobre 1793, retiré eu ventdse an m (février 1795), assassiné à Boliène par des déserteurs le 93 décembre 1796. Le général Dours avait, déclare-tr-ii lui-même dans une lettre du 95 nivôse an m (i5 janvier 1796), fait les campagnes de Mahon, de Hanovre et de Corse, et il avait été en Turquie comme adjoint du baron de Tott M. Paul de Faucher a fait une conférence sur ce général â TAcadémie de Vauduse et il doit publier prochainement sa correspondance.

ftAS CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i ocr. 1793.]

SCHILTI6REIM , 9 BRUMAIRE AN II (3o OCTOBRE 1793). L'ADJUDANT G^N^RAL DEHONT AU GOMITi DE SALUT PUBLIC.

Analy»e. — L'ennemi est dans nn ëtat de tranqoiOitë absolne, au moins apparent. (T L'énergie, suite de la discipline que les citoyens représentants près cette armée et le général en chef s'occupent de donner à l'année, nous garantira de toute espèce de surprise, qui est en partie cause de tous nos désastres.*

( Orif. , Areh. de la gverre , anpés dn Rliin.)

PARIS, 9 BRUHAIRE AN II (3o OCTOBRE 1793). LE G^N^RAL LA ROQUE AU COMrrt DE SALUT PUBLIC.

Analyse, — Il envoie nn mémoire justi6catif et proteste de son innocence.

(AnalyM, Areh. de la guerre, eorr. géo. )

123. PARIS, 10 BRUMAIRE AN II (3 f OCTOBRE 1793). CARNOT AU G^N^RAL JOURDAN.

Paris, 10 brumaire, %* année rcpubticaine.

CàBNOT, BEPBisBNTÀNT DU PBVPLB ,

AV oininAL en chef de luemêe do noed, jooedam.

Le Comité de salut public, citoyen général, a vu avec satisfaction les mesures de sagesse que vous avez prises pour ne pas compromettre le salut de l'armée qui est à vos ordres , et pour conserver vos communications. Le passage de la Sambre peut être, en effet, difficile, si l'ennemi emploie de grandes forces à le garder; mais, comme le cours de cette rivière est fort étendu , il se trouvera obligé de disséminer ses moyens , et vous en pourrez profiter pour tomber en masse sur quelques-uns de ses postes, le forcer à se replier et vous ouvrir soit la route de Mons, soit celle de Bruxelles. De plus, pendant que vous tiendrez Tennemi en échec , le général Souham pourra faire une trouée de son côté , et il est bien difficile que Tennemi puisse parer à cette combinaison d'attaques.

Il me semble aussi que vous pourriez faire marcher par Givet une

f3i ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 443

colonne de i année des Ardennes , par le pays de Liège y laquelle s'emparerait des magasins de l'ennemi sur la Meuse. Les Liégeois, qui paraissent toujours disposés à se déclarer en notre faveur, pourraient alors se joindre à cette colonne pour marcher sur Bruxelles et , si elle avait du succès, vous pourriez la renforcer pour rendre ses succès décisifs. C'est à vous, citoyen général, à peser les mesures qui vous sont proposées; la confiance du Comité vous donne une grande latitude; la seule base qu'il ait prescrite d'une manière absolue, c'est de tout tenter pour expulser complètement les ennemis du territoire de la République, sans faire de sièges, soit en l'enveloppant, soit par une puissante diversion.

Il paraît que vous n'avez pas été secondé par la division de la Flandre maritime. Pour vouloir trop entreprendre à la fois, le général D'Avaine a morcelé ses forces et n*a rien fait du tout. Nous regardons l'expédition d'Ostende comme absolument manquée, et nous eussions désiré que cette division promit un peu moins et fît un peu davantage t».

Salut et fraternité.

Carnot.

Quoique la faute du général Cordellier ait paru fort grave au Comité, il a pensé qu'on pouvait, à cause de son patriotisme bien prononcé, ne pas donner suite à son affaire.

(Orig. aat., Arch. de la gaerrc, armée da Nord.)

124. PARIS, 10 BRUMAIRE AN II (3l OGTOBRB 1793). LB COHIT^ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTB.

Analyse. — Envoi d'une lettre de la société républicaine de Metz, qui se plaint de ce que les chefs civils et militaires de cette ville ne

^' } Le représentant Duqueanoy rédamait remplaçant : « Notre collègue Gamot m*avait

avec ioatance la préaeoce de Gamot k Vn- promis de me faire adjoindre un collègue

mée du Nord. «Si notre collègue Gamot, travailleur. S*il ne m*en arrive pas un,

écrivait-il au Gomité de salut public le je vous préviens que je ne pub rester ici

3o octobre, peut s^absenter quelques jours plus longtemp8, ce fardeau étant au-dessus

du Gomité, qu'il vienne de suite. 9> Le de mes forces.» (Orig., Arcb. nat., AF ii

3i octobre, il sollicite un adjoint ou un 934.)

AftA CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3t ocr. 1793.]

sont pas prévenus de Tarrivée des troupes qui y entrent journellement.

(Orig. lig. par Ctmot et Ciiland-VareiuM, eoU. de M. Étianne Chant ay.)

BBAUHOIfTy 10 BRUHAIRBAN II (3 1 OCTOBRE J 793). LE cill^RAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE.

An qnarlier cén4nl à Baaiunoot eo BelgM|m , la 10' jonr do 9* nob da Tan n da k Répiibtiqiia une et

LB ciNiBàL iN CHBr ÀV MtKiSTMi DE LA GOBËME.

Ma leltre da 8 du courant vous aura appris, citoyen ministre, les raisons qui m'ont empêché d'attaquer aussi promptement que je ie désirais. La division du général Fromentin campera demain à Florennes, à la droite de celle des Ardennes , commandée par le général Desbureaux , qui est campée à Bossus. Ces deux divisions, qui seront commandées par le général Desbureaux, marcheront sur Charie-sur-Sambre. La division du général Duquesnoy et cdle du général Balland, que je commanderai, marcheront sur Thuin. Sept mille hommes de la division de Maubeuge, campés à Jeumont, contiendront le camp ennemi qui est au-dessus de Merbes-le-ChAteau, et un corps de la garnison de Givet contiendra le camp ennemi placé à Saint-Gérard.

Voilà, citoyen ministre, les dispositions de Tattaque générale qui aiva lieu le 19 ou le 1 3 pour 'le plus tard. J'espère que le génie de la liberté et le courage des troupes, à qui je vais communiquer les brillants avantages remportes en Piémont, vaincront les diflScultés qui s'opposent au passage de la Sambre. D nous arrive beaucoup de déserteurs. Tous les rapports m'annoncent que l'ennemi a encore des intelligences dans notre armée et qu'il est bien prévenu de tous nos mouvements. Je n'ai pas, à beaucoup près, le même avantage; car il ne m'a pas été possible de trouver des gens assez intelligents pour servir la République, dans la partie secrète. Je surveille avec soin ce qui m'entoure et, si je parviens à découvrir les traîtres, je saurai venger la République ^'^

Salut et fraternité.

JOURDAR.

(0ri|p., Areh. de la gaarre, année da Nord. )

(') On lit en tête de celte note auto- muniqaé sa lettre au Comité de salut pugraphe de Bouchotte : v Écrire au général blic, qui attend avec impatience dei nou- Jourdan. Envoyer un courrier. Tai com- velles du paaaagede la Sambre.»

[3i ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. iftS

10 BnUHAIRE AN II (3l OCTOBRE lyQB).

LBS ciNiRAUX RAIfSONNET ET CHAPUY AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Awiiyse. — 1* Le généra Ransonnet écrit d'Arleux pour rejeter sur le colonel FontenUle ^'^ et sur le 7 1* riment la responsobilitë de la prise de Marchiennes et réchec de nos troupes ^'^ (Analyse, Arch. de la guerre, corr. gén.) — a' Le général Chapuy écrit de Cambrai que , sur Tinstante demande du général Ransonnet, il vient de fiiire partir pour le camp d'Arieux 600 hommes de sa garnison ^^K (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)

PARIS, 10 BRUMAIRE AN II (3 t OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE À SA1NT-JUST.

J*ai appris avec plaisir, par votre lettre du 5 , Tarrivée de Pichegru et je ne suis pas élonné que vous en soyez content Je vous envoie copie de ma lettre au général sur le désir qu'a le Comité de voir mettre son arrêté sur un rassemblement de troupes à (aire à Bouquenom , à exécution. Le Comité considère principalement la délivrance de Landau et de Bîtche. Pichegru conférera avec vous sur cet important objet et il enverra à Hod>e le résultat de ce qu*il sera convenu, en supposant qu'il ne soit pas venu se concerter avec Pichegru. Portez surtout attention sur les personnes: évincez tout ce qui est mauvais, mettez provisoirement en place de bons sans-culottes. Votre bon travail ne sera pas contredit ici; il ne tiendra pas h moi que les secours que vous m'avez demandé ne vous arrivent bientôt.

(Areb. de la guerre, ormfie du Rhin, rpg. &7, p. sA.)

PARIS, 10 BRUMAIRE AN II (3 1 OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU G^N^RAL PICHEGRU.

Vous avez vu, général, que le Comité de salut public s'était empressé de prendre une détermination sur la demande de secours que le citoyen SainlJust

0) Cf. t.I, p. Sog.

(') Le même jour, Ransonnet écrivit i Jourdan pour lut annoncer que Marchiemieft était tombé au pouvoir de l'en* nemi. Le 71* régiment, dit-il, est re^nsable de cette perte, car c^esl par la porte d'Orchies, qu'il gardait, «que ces cannibales sont entrés. 9) (Arch. de la guerre.

armëe du Nord.) Il envoya aussi un rapport sur cette afiaire au représentant du peuple Laurent, k Kms,{ld.)

(') La prise de Marchiennes par l'ennemi faisait, au dire du générai Ransonnet et de ses officiers, du camp d^Arleux la clef du département du Pas-de-Calais.

(Arch. de la guerre, armée du Nord.)

&A6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i oct. 1793.]

lai avait fiut pour l'armée du Rhin. Ce secours ne peut qu aider à la réalisation du premier arrêté du Comité de salut publie sur un rassemblement à (aire à Bouquenom. Le citoyen Camot, membre du Comité, a écrit dans ce sens à Saint- Just; il pense que Tobjet essentiel, qu*il ne fiiut pas perdre un instant de vue, est la dâivranee deLnidaQ et Ktche, sur laquelle il n'y a pas de temps à perdre. Je pensa que rennemi noua anmse ei nous masque avec son armée devant Strasbourg, et que pendant ce temps il s*oeeiipe easentieilemcnt de conquérir les deux places et de nous &ire prendre le change sur aea inlmtînim D s'ensuit de ces calculs que le Comité tient toqours à son arrêté, qui prescrit de FBaamUar dos forces à Bouquenom, comme un moyen de d^ager les deux places et de détourner Tennemi.

Ce qui a été &it jusqu'à présent n*est pas contraire à rarrélé. Les forces placées à Saveme ont maintenu un passage important, non seulement au d^Miionent de la Meurthe et à Tarmée de la Moselle , qui aurait pu être inquiétée sur le derrière, mais aussi à la réalisation du projet, en ce qu'il laisse la liberté d'envoyer à Bouquenom tout ce qui sera disponible à Tannée du Rhin. La position des gorges de Saveme est telle qu'on doit la défendre avec peu de monde, et les troupes qui fileront de cecAté feront toqours croire à Tennemi qu'il yen a bien davantage.

L'armée de la MoseUe doit aussi réunir au même Bouquenom tout ce qu'elle aura de disponible. Les places décernées une fois empêchent l'ennemi d'hiverner sur notre territoire. C'est ce qu'il ne font pas perdre de vue. Vous aures des ordres à donner au commissaire ordonnateur des guerres pour les objets qui ie concernent. Gonférei là-dessus avec le citoyen Saint-Just et laites savoir à Hoche, à la Mosdle, ce que vous aurez arrêté. La grande afiaire, c'est la délivrance de Bitdie et de Landau.

(Ârch. de la guerre, année da Rhin, rag. 67, p. 97.)

PABIS, 10 BRUHAIREâR II (3 1 OOTOBBB 1793). LB HINISTBB DB U GUBRRB BOUGHOTTB AU GlÎN^RAL HOCHB.

Je VOUS envoie, général, copie de mes lettres au général Pidiegru sur les circonstances des armées du Rhin et de la Mosdle. Vous y verrez que le Comité de salut public a les yeux tourna sur la délivrance de Landau et de Bitche. Vous voudrez bien vous entendre avec le général Pichegru et les représentants sur l'exécution de l'arrêté du Comité de salut public. Le plus que vous pourrez envoyer de troupes disponibles à Bouquenom et mieux l'opération sera assurée.

Salut et fraternité.

(Areh. de U gneire, armée du Rhin, reg. 48, foi. ai v*.)

[3i ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. àil

SARREBRÛGK, 10 BRUHAIRB AN II (3 i OCTOBRE 1793). LB GiN^RAL HOGHB AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB.

Aa quartier général de Sarrebrûck, ie 10" jour da a* mou de Tan 11 de la République française une et indivitibie.

Lg GKNiBÀL D8 DIVISION COMMANDANT UABMiE DK LA MOSELLE ÀD CITOTEN BOVCBOnE, MiNiSTEE DE LA 6DEÏÏEB.

Citoyen ministre ,

Quoique j*aie fiaiit la plus grande diligence, je n*ai pu arriver qu'hier soir à Sarrebrûck , où j'ai trouve votre lettre et les arrêtés du Conseil executif et du Comité de salut pid>lic. Croyez que je m'empresserai toujours d'exécuter les ordres que vous me feres passer, et, à cet effet, je vais fidre les dispositions nécessaires. La copie de la lettre adressée à mon prédécesseur par le général de l'armée du Rhin, vous fera connaître que l'exécution de l'arrêté du Conseil exécutif est assez difficile ^^K Pour mon particulier, voici les mesures que je vais prendre.

1* J'ai devant moi un corps de Prussiens, de Saxons et autres bandes semblables, de vingiJiuit à trente mille hommes, qui ne me permet guère de fiaire de mouvements, si je ne suis secondé par l'armée du Rhin. Placé dans une position assez singidière, cependant si, comme on me l'assure, l'entre Sarre-et-Moselle devient impraticable , je puis fidre filer des troupes de la gauche vers la droite , diminuer, en fortifiant Sanrebriick, le nombre de troupes qui l'occupent et, en me faisant joindre par les six bataillons de l'armée de la Moselle qui ont été envoyés à Saveme, rassembler à la belle position de Sarre-Albe, k une lieue de Rouquenom, un cmps de dix miRe hommes, qui pourra se porter de là on on jugera à propos

a* J'estime qu'il est de la plus grande importance de repousser les ennemis dans le plus court délai possible , mais il fiiut que l'armée du Rhin agisse et qu'on n attende pas que les chemins soient devenus impraticables; il fiiut, dis-je, que cette armée se mette en mouvement et firappe tout entière. Je l'aiderai par ma droite de tout mon pouvoir, mais, si elle reste derrière Strasbourg, seul, que puisse entreprendre?

(^) En regard de ce passage on Ut cette note autographe de Bouchotte : «Le Comité pense toujoun qu'une diversion ferait un bon effet?)

m En regard de ce passage, le ministre Bouchotte a écrit cette réponse, où il insiste sur le rassemblement de troupes k Bouquenom : «Vous deves avoir au moins

5o,ooo hommes di^nibles dans les places et sur la frontière. LA-dessus il ne serait pas impossible de porter k 1 5,ooo ceux que TOUS enverres du cèté de Bouquenom et, pour peu que le Rhin en voulût fournir autant , vous aunes une force suffisante pour faire la diversion i laquelle ie Comité de sidut public tient toujours.»

khS CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [3i oct. 1798.]

Je para ce soir pour visiter Sturdibre et toale ma ganche. Je me porlerai demain à ma droite et aurai après-demain nne eonfiSrence à Phalsboui^ avec le général de Tarmée da Rhin. Je vous en ferai connaître le résultat et vous prie de me faire passer vos ordres ^'^

Je d^irerais bire de Sarrebrûek, au moyen de qndqnes onvrages, une place qui puisse tenir et arrêter renaemi qudqne temps, sans le secoon d'an cmps de troupes considérable. Paite»-moi passer votre autorisation ^^.

II serait bien à désirer que Ton pAt employer aux travaux de la R^ublique les bataillons de première levée qui ne sont point arm^. On ëconomiaeraît des frais immenses. Il ne s'agit que d'un arrêté du Comité de salut public ou du Conseil exécutifw.

L'habillement n'est point ici en fort bon état et on m'accuse cinq cents paires de souliera en magasin. Je vous prie de m'en bire passer, ainsi que des calottes, guêtres, etc.

Les munitions de guerre et de bouche ne peuvent noos inquiéter encore. J'ai donné l'ordre que l'on complète Sarrdibre. Ce n'est que par des précautions qu'on attend avec sécurité les événements.

J'ai un seul ingénieur dans l'armée et, d'après ce que m'ont dit les représentants du peuple, je dois m'attendre à être peu secondé. J'ai le plus grand besoin d'ingénieun. Veuillez me faire passer les citoyens Lauwereyns, ingéniear à Dankerque, Diotte, adjoint au génie, et'Ménageur, capitaine d'artillerie an 1*' bataillon de la Marne, aussi à l'armée de Dunkerque.

Je vous demande le grade d'adjudant général chef de brigade pour le citoyen Simon ^*\ chef du A* bataillon des volontaires nationaux.

^') En regard de ce pasiuige Bouchotle a écrit ces mots : cr Je pense que le dtoyen Gamot, membre du Comité de salut public, va se rendre, de la part du Comité, sur la frontière. Il vous expliquera les vues du Comité.)!

^*^ En regard de ce passage on lit cette réponse de Bouchotte : frL*adjoint de la 3* diviûon donnera les ordres pour les fortifications que vous trouverei à propos de faire à Sarr«bnick.n

(*) En regard de ce passage Bouchotte a écrit ces roots : «Vous pouves requérir des travailleurs parmi ceux de la nouvelle levée et les représentants peuvent vous aider en cela.»

^*^ Henri Simon, né 6 Melun (Seine-et- Marne) le 7 avril 176/î, soldat au ré(*imenl de la Martinique de 178& à 17B9, capitaine au h* bataillon des volontaires de Seine-et-Marne, lieutenant-colonel en a* du h* bataillon des volontaires nationaux

(futur 60* d*înfanterie) le 6 septembre 1791, commandant de ce batidllon le 6 mars 1793, commandant de Dunkenpie le i& septembre 1793, adjudant génM chef de brigade le i5 brumaire an u (5 novembre 1793), général de brigade le 8 frimaire an u (s8 novembre 1793), réformé le iS pluviôse an v (i3 février 1797), maintenu i son poste le s 5 brumaire an Ti (i5 novembre 1797)^ blessé en défendant le Mans contre les Chouans dans la nuit du ai au 13 vendémiaire an vui (lA au i5 octobre 1799) et amputé du bras droit, commandant des Invalides à Versailles le • 1 thermidor an vin (9 août 1800) et en second des Invalides à Paris le 5 brumaire an n ( 17 octobre i8oi), membre de la Légion d'honneur le 1 9 frimaire an xu ( 1 1 décembre 1 8o3 ) et commandant le •& prairial an xti (1 & juin 1806), remu en actirité le 10 octobre 181 a, commandant de s* dasse i Rome

[3i OGT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. M9

Pour rhonneoT des armes de la Rëpubliqae et ses intérêts , je vous invite k faire surveiller Vandamme, qui parle beaucoup plus qu^il n*agit.

Comptes sur moi , citoyen ministre. Je ne pense pas que les ennemis aillent cette semaine ni Vautre à Nancy, ainsi qu'on s'est plu à le répandre. Vous m'avez confié les intérêts de la patrie ^ je les défendrai au péril de ma vie.

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