B0CII6 ^^\ COMMANDANT TEMPORAIRE, AU COMITE DE SALUT PUBLIC
A Dankerqae, ea aS aoât 1798 , l'an 11 de la République.
LB CITOYEN BOVM, COMMANDANT TBMPOBAIRB , AVT CnrOTEMS BEPRÉSENTANTS DU PBOPLE COMPOSANT LB COMITÉ DU SALUT PUBLIC.
Au reça de votre lettre , j*ëtai8 au conseii de guerre ^K Je vous prëvieng que le 9 1 , an matin, tous nos postes dans les environs de Bergues, à deux lieues d*ici, ont é\é vivement attaqués et repoussés, et que sur les huit à neuf heures le camp de Ghyvdde , à deux lieues de Dunkerque, près de Fumes, a été aussi attaqué; mais Dous n*avoii8 pas perdu un pouce de terrain ^^K La nuit du 9 1 au 99 , les ennemis ont fait des approches jusqu^auprès de Bergues, nous ont coupé la communication de Cassel à Beiges et ont investi et sommé ladite ville de se rendre; mais le citoyen Carrion ^*\ général de brigade, qui commande la place, leur a répondu
(') Cette lettre, lue dans la séance de la Convention du «5 août 1798, a été inséra au MomUur du 97 août, sous le nom erroné de Burke, arec la date fautive du 9« août et plusieurs erreurs assez graves. Le Jountil dn DébaU (n* 3&i, p. 339) ne donne qu'une courte analyse de cette lettre, mais avec le nom véritable de son auteur.
^ Barthélémy Bourg, né le 1" février 1 789 , soldat dans Colonel-Général le 1 0 novembre 1758, capord le i5 septembre 1766, sergent le aS août 1770, sergents major le 16 juin 1776, porte-drapeau le a& octobre 1 78^, sous-iîeutenant le 1*' avril 1791, adjudantHOoajor le i5 septembre 1791 , lieutenant-colonel du 3' d'infanterie le i& janvier 1798 et du 16' le 8 mars niivant, commandant temporaire de Dunkerque, où il fut remplacé par Hudry, et de la place de Baiileul par arrêté du représentant Florent Guiot, le 9 5 pluvite «n n(i3 février t^^h).
^^ On lit dans le procès-verbal du conseil général de la commune de Dunkerque, à la date du 99 août : «A dix heures se sont présentés le commandant temporaire, commandant d'artillerie, ingénieur en chef et autres officiers militaires. Le commandant temporaire a conununiqué une réquisition du commandant de Bergues de làtber les eaux de mer pour former une
inondation; a été observé que le Conseil n avait rien à y opposer, que c'était au commandant i prendre ses mesures.)» — Vers les quatre heures et demie arrivèrent les dépêches du Comité de salut public mettant À la disposition de la municipalité une somme de 100,000 livres pour Téquipement et le campement des troupes. (Cf. Foucart et Finot, II, 55 et 59.)
(*) Le camp de Ghyveldc était commandé par le général Souham. Le corps an^ohanovrien du maréchal Freytag occupa, le 91 août, Oost-Cappel et Hondschoote, et poussa des reconnaissances sur Houtkerque, Herzeele, Bambecque et Rexpoéde, occupés par des détachements français, qui se replièrent sur Beigues et sur Cassel. Le 99 , le duc dTork entama une canonnade avec le général Souham.
(*) Martin-Jean-François de Carrion, né à Gand (Belgique) le 9 mars 1769, d'une famille d'origine espagnole, dragon dans le r^pment Meslre- de -camp -général le lâ mars 1779, congédié le 8 mai 178^, entré au régiment de Champagne le 1 8 janvier 1785, caporal le 9 avril et seigent le 19 août de la même année, congédié comme gentilhomme le 98 septembre 1 788 , procureur de la commune de Carvin- Épiuoy et commandant de la garde nationale, élu capitaine au 1*' bataillon du Pas-de-Calais le 96 septembre 1791 , lieu-
38 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [^3 aoAt 1798.]
qu*il ëtait rëpablicain ainsi que toute sa garnison, et qu'il préférait mourir plutôt que de se rendre ^^K
Je ne sais encore quelle esl la force de Fennenii : je crois qu'il nous coupe à deux lieues d*ici la communication de Bourgboui*^, qui aboutit à Saint-Omer. Le conseil de guen*e a arrêté que la ville est en état de siège , qu'elle n'est qu'un camp retranché. I^a garnison n'est composée que de li i i,5oo hommes: le camp de Ghyvelde, à peu près de i,ooo hommes. Voilà ce que nous avons à opposer k l'ennemi. A onxe heures du matin, heiu<e de la marée montante. Ton a levé les écluses pour inonder les environs de Beiffues et l'on continue ce soir jusqu'à grande inondation. La nuit du tt au 93, le camp de Ghyvelde s'est replié sur la ville, craignant d'être coupé par l'ennemi et pour mieux garder la conununieation de Dunkerque à Bergues.
Nous avons reçu, la nuit, une lettre du général Houchard, qui nous prévient qu'il envoie un renfort à Cassel. Nous espérons que l'on fera lever le siège de Bergues. La gaitle citoyenne de Dunkerque est composée de neuf bataillons ; chaque bataillon est à peu près de 9 i 3oo hommes bien disposés à défendre la \ille.
Je suis avec fraternité votre concitoyen.
Le COMÏÏUUÊlUUU t€WUpOVO!ift , BODRC ^»>.
(Orig., Areh. nat, G 970, daaié au 16 laptonbre 179S.)
tenant-colonci en iecond le 6 février 1794 et en premier le 16 septembre suivant , passé au 3' bataillon des grenadiers de la réserve le 8 novembre 179s, rentré au 1*' bataillon du Pas-de-Calais le 1*' avril 1793, général de brigade à Tannée des Côtes de Cherbourg le i5 mai 1798, eiuployé à Tarmée du Nord le s août, commandant la place de Bergues, puis le camp sous Dunkerque, démissionnaire le 98 octobre 1793, emprisonné à Béthune et mis en liberté après le 9 thermidor, commissaire du Directoire près radininist ration municipale du canton de Carviu en Tan vu, maire d*Oignies eu Tan x, adjudant major de la i* légion du Pas-de-Calais en 1 806, mort à Oignies le 98 septembre 1896.
Garrion avait fait les campagnes d^ Amérique de 1779 à 1789. Il était parent de Carrion-Nisas. Il signait , en 1 809 , Carrion de Lotamdêi. (Cf. Rétumé expotitij de la conduite révolutionnaire de Martin -Jean- Françm Carrion, eaygénéral de brigade; Douai, 179^1 39 p. in-/i*f aux Archives adm. de la guerre, dossier Carrion.)
(') Le 99 août j 793, le général Carrion écrivit à Bouchotte que la ville de Beigues venait d'être sommée de se rendre par le comte de Walmoden , mais qu'il avait répondu : ffLe générai français, qui sert sa patrie à Beqpies , est un franc et fier républicain ; ses camarades qu'il commande lui resscmbieul; ils ont fait le serment de vaincre et de mourir, et ils ont en horreur le paijure. En conséquence, tant en leur nom qu'au sien, il déclare au général ennemi , qui le somme de rendre la ville, que ses co-républlcains et lui sont tous disposés i montrer l'exemple du véritable héroïsme, n ( Orig. , Arrli. de la guerre , armée du Nord.) — Voir la lettre du Comité à la date du 7 septembre 1793.
(^ Cet officier cessa bientôt ses fonctions de commandant temporaire par suite de la nomination du général Souham au commandement de la place de Dunkerque. Le 99 août 1793, le conseil général de la commune lui délivra un certificat de bonne conduite. (Cf. Foucart et Finot, II, 81.)
[q4 aoôt 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 39
LA PAPK, ai AOÛT i7y3^'^.
LE GéniwKL EN CHEF KELLERMANN AD COMITÉ DR SALUT PUBLIC.
An quartier général de la Pape, le a 4 août 1793, Tan 11 de la Répiibliqoe.
LK êivEliAL D'ARMÉK DES ALPBS BT D'ITàUB AUX RBPRKSBXTANTS DU PEUPLE COMPOSANT LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC,
Citoyens reprësentants ,
Vous m'avez nomme gënëral des armées des Alpes et dltaiie parce que vous aviez confiance en moi sans doute ^*K Cette confiance était Fondée sur Topinion que vous aviez conçue de mon civisme et des qualités militaires qui pouvaient me rendre utile à la République. J*ai lieu de croire que les preuves que j'en ai données depuis le commencement de la Révolution et pailiculièrement Tannée derni^ doivent justifier cette opinion.
Cependant on ose élever des nuages sur ma conduite , on cherche à la rendre suspecte; du moment que j'ai cessé de plaire à mes concitoyens, je ne puis plus servir. Je vous prie donc, citoyens repr^ntants, d'accepter ma démission. Je n*en continuerai pas moins d'obéir aux réquisitions de vos collègues et d'exercer mes fonctions jusqu'à ce que vous m^ayez nommé nn successeur ou que j'aie forcé Lyon à fobéissance. J'en ai fait le serment à la République; je le tiendrai. Ma santé d'ailleurs est altérée par les fatigues, les peines et les chagrins que des malveillants veulent me faire éprouver. Au reste, je sacrifierai avec joie ce qui m'en reste à la République , s'il se présentait une occasion de lui être utile.
Kbllermann.
Kellermann a pensé qu'il était de la vertu, du devoir même d'un général républicain qui , lorsque des perfides ennemis du bien public cherchent à lui ravir la confiance de ses concitoyens par les écrits les plus odieux et qu'ils ont surpris la religion du Comité de salut public au point de l'engager à mander aux représentants de son armée de le surveiller, et même le suspendre lorsqu'ils le jugeraient k propos, de donner sa démission. D le fait dans la bonne foi d'une âme purc et
(*) Gamot est présent au Comité. (Cf. administrateurs des subsistances militaires
Aolard, VI, 8&.) On trouve trois arrêtés de donner des renseignements au Comité, écrits par lui : 1* Rassemblement des grains W Kellermann avait été nommé gênerai
nécessaires & la subsistance de Paris; en chef des armées réunies des Alpes et
a* Pemûasion au général des Brudys de d*ltalie le 90 mai 1798. (Cf. Aulard, iV,
communiquer avec son frère ; 3" Ordre aux aAo, 9^, 96Û, s65.)
AO CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aS aoAt 1793.]
d*iine conduite sans reproche. Au reste, de la manière dont sa démission est nM>tivée, on peut juger de ses regrets de s*y croire force ^^K
(Orig., coll. de M. élienne Charavay.)
KlLLEftMAIIH.
5. PABIS, 95 AOLT î'Jiji^^K LE COMITÉ DB SALUT PUBLIC À DBLBBEL, LE T0CB5BUB ET CHALES.
àVX MKPHKSKNTANT3 DU PBOPLK i àMÊAS,
Citoyens collègues.
Nous avons partage votre douleur et votre indignation en apprenant de vous l'échec reçu par nos troupes près de Bergues , et nous ne pouvons qu'applaudir à la résolution que vous manifestez de faire punir avec la plus extrême rigueur les traîtres et les lAches ^^\
(') Ce poat-acriptum est de la main de Keliermann. — Le général (ut destitué le 10 septembre 1793 et remplacé par Doppet. (Cf. Aulard, VI, âoi.)
'*) Camot est présent k la séance du Comité de ce jour. (Cf. Aulard, VI, 96.)
(^) Voici le texte de la lettre des représentants du peuple au Comité de salut public. (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord) :
•Au quartier géaénl k Gavrellt, aS aodt 179S, l*an u d« la B^publique fraofaiie, une et indivisible.
^Liê rêpréêehtatUi du peupU à l'armée du Nord à leur» eollègueê fuembra du Comité de êalut public,
«Citoyens nos collègues,
«Nous vous envoyons copie de trois lettres qui vous instruiront du midheureux événement arrivé à Bei^gucs. Nous ne saurions trop vous recommander de nous faire passer avec rapidité les troupes de la Moselle, sans lesquelles nous ne pouvons agir. Le général Bouchard vient d'être prévenu par le ministre que les carabiniers nVrriveront À Péronne que le 6 du mois pro-
chain. D*où vient cette lenteur? Voua voypx partout que nos postes se laissent surprendre. Le général nous observe que cette inexactitude vient de la part des officiera qui, au lieu de veiller, sont souvent dans les villes, et que ceux que le ministre a nommés sont souvent deux mois et plus sans se rendre â leur poste. La plupart sont des intrigants qui, lorsqu'ils ont obtenu leurs brevets, s'inquiètent fort peu si la machine ira ou non. Les officiers nommés par ancienneté de grade peuvent être de fort honnêtes gens, mais souvent hors d*état de commander et souvent timidea ou ineptes. Il y a longtemps qu'on vous envoie des observations de ce genre. Peset-les dans votre sagesse. Que la Convention soit sévère envers ses officiers et les commandants lâches, les plus dangereux de tous; ([u'elle ordonne que tous officiers qui n'auront pas surveillé les postes soient fusillés a l'instant, surtout lorsqu'ils abandonnent les caissons et les canons, couune ils ont fait lAcbement dans cette malheureuse affaire. Enfin nous ne saurions trop vous répéter qu'il faut des mesures sévères et surtout punir ceux qui ont contrarié la marche de
[90 âoÔT 1793.1 CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. Al
L*année du Nord étant au moins de 100,000 hommes, indépendamment des garnisons, ou de 1 A 0,0 00 hommes au moins, tout compris, nous ne vous dissimulons pas que nous sommes étonnés que vous ayez un besoin de renfort si pressant pour vous défendre. Il parait que le vice est plutôt dans la mauvaise disposition de vos forces , trop disséminées, que dans la faiblesse du nombre. Cependant nous [ne] négligeons rien pour hâter les secours que vous désirez; des chevaux d'artillerie en assez grand nombre et cinq à six mille hommes de cavalerie ont dû vous parvenir ou vous parviendront au premier moment. Enfin, le peuple entier se lève. Que faut-il donc de plus? Du courage et la punition des traîtres.
Les 3 0,000 honunes qui vous ont été envoyés ont dû être tirés tous de Tannée de la Moselle , et celle du Rhin a rempli le vide laissé par cette marche dans celle de la Moselle. Si ces 3 0,0 00 honunes étaient partis en masse, le vide eût été trop grand tout d'un coup, et cette masse énorme eût manqué de subsistances en route.
Nous pensons , citoyens collègues , que le plus sûr moyen d'obtenir du succès serait de couper l'armée ennemie en deux , en attaquant avec de grandes forces le. cours de la Lys, par Lille; après quoi il serait facile de la prendre à revers , soit du côté de la Flandre maritime , soit du côté du Hainaut. Il faut surtout sauver Bergues et Maubeuge et jeter une grande quantité de subsistances dans ces places.
(Minute aot. de Carnet, Areh. de la guerre, armée du Nord.)
DM troupes, parties de la Moselle d*après Tordre de Prieur et Jeanbon Saint-André, DM coHégues. Si nous sonunes attaqués ici avant que nous puissions rallier nos forces, nous TOUS assurons que nous saurons mourir, mais qu*auflsi nous saurons punir surle-cbarop avec la plus grande sévérité tous les lèches, dussions- nous les exterminer nous-mêmes.
«Nous ne saurions trop vous répéter eomlnen nous sont funestes les retards que i*on pourrait avoir mis à Tarrivée des renforts qui nous viennent de la Moselle. Pourquoi en a-l-on pris une partie dans rarméé du RbinT Pourquoi ce renfort nous
vientr-il morcelé et non en masse? Pourquoi nous vient-ii par des détours d^uno longueur infinie, au lieu de nous arriver directement? Ils auront beaucoup à se reprocher, c^'ux qui causent tant de lenteur. Hâtez-vous de prendre tous les moyens d^activer la marche des troupes qui nous sont annoncées. L*ennemi, qui en sent rapproche, fait tous ses efforts pour nous battre avant que le secours nous arrive, et nous serons toujours battus tant que la masse de nos forces ne sera pas asseï considérable pour que nous puissions prendre Toffensive sur tous les points.
«rDiLBBIL, Li TouaifiuB, CbIlb.s.7)
42 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aS ao«t 1793.]