‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 19 sur 147 · AU MINISTRE DE LA QUEREE · texte numérisé non relu

AU MINISTRE DE LA QUEREE

Nous VOUS adressons, citoyen ministre, une lettre de la citoyenne Sainte-Marie, en date de Troyes, ie 5 août du courant, relative à des propos incendiaires tenus par la deuxième colonne de l'armée de Atayence ^^K Nous vous invitons à prendre des renseignements sur leur conduite et à la surveiller avec le plus grand soin et la plus grande activité. Pénétrez-vous de toute l'importance de cet objet. Si l'armée de Mayence est animée du vrai républicanisme, le flambeau de la guerre civile est éteint dans la Vendée; si des malveillants ont réussi à l'égarer, la guerre de la Vendée est mille fois plus dangereuse ^^l Ainsi, nous vous le répétons, surveillez cette seconde colonne; que les traîtres

(') La ieitre de la citoyenne Sainte-Marie au Comité du salut public est datée de Troyes, le 16 août 1798 (et non le 5, comme le dit la lettre du Comité), et elle porte en léte la mention : cr Reçu le 1 7 août, n En void un fragment :

«Je me hâte bien vite d'avertir le Comité de salut public des propos incendiaires qu*a tenus la dernière colonne de Tarmée de Mayence en passant dans la ville de Troyes , qui peuvent avoir des suites cruelles si Ton n*y remédie sur-le-cbamp. Peu satisfaits du petit dédommagement qu'on leur a donné diaprés tout ce qu'ils ont souffert , ils n'ont pas caché leur incivisme en disant hautement à qui voulait les entendre : tr Au V diable la nation I nous sommes dégoûtés r de servir une patrie ingrate. L'on veut nous «envoyer â la Vendée; que ceux qui nous *en imposent la loi y aUlent eux-mêmes , canon nous sommes plus de six mille dis- «'posés de passer de l'autre côté par petite

T partie. Des f arbres de la liberté ,

t multipliés par où nous passons, mais sans tracines, ne tiendront jamais pour assurer «la République. Les généraux nous ont satcrifiés â leur ambition, i leur cupidité ; ce

t n'est pas eux qui ont souffert, c'est nous. (tNous sommes si las du service que nous le «dirons partout. L'on veut nous faire endosff ser l'habit bleu des gardes nationaux , habit «déshonoré, que nous ne pouvons supporter «de vue qu'avec horreur. Nous résisterons «pour ne vouloir jamais le porter.» Je puis attester la vérité de tous ces infâmes propos, qu'il est fort urgent d'empêcher qu'ils ne

soient mis à exécution 9

(') En marge, on lit cette note autographe de Bouchotte : «Envoyez copie des •deux lettres k Merlin, a la Vendée, en le priant de scruter les esprits de la seconde division de la garnison de Mayence et de faire poursuivre devant le tribunal les auteurs des propos, s'ils ont été tenus. H sentira qu'une telle précaution est doublement nécessaire dans uue guerre comme celle de la Vendée, qui n'est que le produit de la corruption des opinions. Lui obsor\'er que Westermann, envoyé par un décret h un tribunal militaire, se promène dans toutes les villes; qu'il conviendrait de faire terminer sou affaire et de ne pas le laisser vaguer ainsi , attendu qu'il ne prêche pas patriotisme, n

46 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [36 iolt 1793.]

soient arrêtés, que les soldats égarés soient ramenés h leurs devoirs et que l'amour de la patrie devienne la divinité de tous.

Le9 membrcê du Cornai de êalui public chargés de la cfmreipondance ,

Laz. Garnot» H^bakjlt, Robbspibbbe.

(Orig., coll.de M. Richard Jaques, de liOndrcs.)

Page 1