‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 23 sur 147 · LE G^N^RAL BBRTHELMY A L'ADJUDANT G^N^RAL HOCHE · texte numérisé non relu

LE G^N^RAL BBRTHELMY A L'ADJUDANT G^N^RAL HOCHE

Âa qnAiier génértl de Gavrafle, le 97 août 1793, Tan u de la République.

LM einitLAL m BRWàDE, OEBF DB LfàTÀT-MÀJOn DB LUBMÉB ^^^ ,

1 L*ÀDIUDÀBr GiniBAL BOCHB ^'^,

Ce qae vons me mandez est bien étonnant, citoyen. Le chef de Tëtat-major gënâ^ de Tannée est k proprement parier le donneur d*ordre8. Ceux des généraux Sonham ^^ et O^Meara n'auraient pas dû être méconnus du Conseil de guerre, et la résistance d'O'Meara est bien certainement la conviction des soupçons fondés sur lui. Je lui donne un Aouvel ordre d'évacuer la ville dans le délai d'une heure; il recevra ma lettre en même temps que vous celle-ci; répondez-moi s'il s'y confanae. Le générd Barthel est coupable de n'avoir pas donné à Souham ses ordres et ses instracti<ms par écrit, et c'est au moins de sa part une insouciance coupable. B but que Souham entre sur-le-champ en activité, qu'il voie les troupes, qu'il âève leur courage , qn'U recherche minutieusement tous les officiers qui n'auraient pas le patriotisme et le nerf nécessaires pour bien défendre leur poste. Tous les moyods de défense qu'il prendra seront bons, pourvu qu'il arrive k son but D faut qu'il se concilie, avec la confiance des troupes, cdle des habitants de Dunkerqne; mais il faut en même temps qu'il se prémunisse contre une condescendance trop aveugle ^^K Les Anglais ne se sont pas portés sur Dunkerque sans y

(') Bertlidmy exerçait ces fonctions auprès du générd HoachanL II avait, le a6 juin 1793, refuaé d'être employé à rannée du Bhin comme général de brigade. tJe déârerais, écrivait-il à Bouchotte, rester à Tarmée de la Moselle près le général Honeliard, avec lequel j*ai coortamment servi pendant cette guerre. J*ai lliabîtiide du travail avec lui, et j'ai la conviction intime d*étre plus utile dans le poste et le grade que j'occupe actuellement qœ je ne pourrais l'être avec le grade de général de brigade. Je suis asses jeune pour attendre et, si dans un autre temps je parviens au même rang, je l'aurai mieux mérité et je serai plus en état d'en remplir les devoirs, n ( Orig. , Âreh. adm. de la guerre.) Bertbebny suivit, en effet, Houchard k l'armée du Nord et, dans l'espace de dix jours, fat nommé, gréce à son chef, adjudant général chef de brigade et génénd de brigade (ao et 3o juillet 1793).

(') Hoche, adjudant général chef de bataillon depuis le i5 mai 1793, venait d'être acquitté par le tribunal criminel de Douai le ao août et envoyé à Dunkerque. (Cf. Etienne Gharavay, Lazare Hoche, p. 3.)

(^) Joseph Souham, né à Lubersac (Gorrèie) le 3o avril 1760, enrôlé au régiment des Cuirassiers du roi le 17 mars 1789, congédié i la fin de 1786, élu lieutenantrcolonel en second du a' bataillon des volontaires de la Gorrèse le i5 août 1799, lieutenant-colonel en premier le 19 septembre 1799, général de brigade le 3o juillet 1793 et de division le i3 septembre suivant, comte de l'Empire le k juin x8io, retraité le 11 juin i83a, mort à Paris le a8 avril 1837. — Souham remplaçait à Dunkerque le général O'Meara.

(^ Le 93 août 1793, Berthelmy avait écrit à Souham la lettre suivante, conçue

5& CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [«8 aoAt 1793.]

avoir envoyé préalablement des émiftairea et sans s'être assurés de raristocratie de la ville. Lisez ma lettre à la société populaire, prémunisses tous les ssnsculottes contre les aristocrates de leur ville. J'engage les représentants du peiqde d*en faire sortir toutes les personnes su^tectes.

Le général O'Meara est supendu de ses fonctions ^'^ Le Conseil exécutif lui en transmet Tordre par le général Bouchard; peut-être lui est-H d^ parvenu. 0*Meara est Irlandus d'origine, et c'est lui précisément qui se trouve placé à Dunkerque pour défendre cette place contre ses concitoyens. O'Meara, par-dessus tout, est aristocrate, et il est d^à connu du Conseil exécutif et du Comité de sdnt public. Dites-le au conseil de guerre.

Le déserteur qui vous est arrivé est, je le gagerais, pour ainsi dire gagné par le duc d'York, pour venir exagérer ses forces, augmenter son parti et disposer en cas d'événement à une capitulation. Je vous donne l'ordre d'envoyer ce déserteur sur-le-champ k vingt lieues des frontières et de l'arinée, de le faire escorter par la gendarmerie nationale et de le mettre en lieu de sAreté, en se faisant expédier un reçu par un commandant militaire quelconque. Vous useres de la même mesure envers tout autre déserteur, aussitôt que vous en aurex reçu leur déclaration. Vous les ferez partir sans qu'ik puissent communiquer avec les habitants. Tout pariementaire qui se présenterait de la part de Tennemi sera arrêté aux premiers avants-postes , oA on prendra sa dépêche en lui donnant reçu. Dans aucun cas il ne pourra pénétrer dans la ville et jamais il ne sera admis à rien communiquer de bouche. Le commandant Souham , à qui vous remettrez cette lettre après l'avoir lue , la gardera et die lui servira d'ordre et de règle dans sa conduite pour les cas qui sont prévus. Prémunissez-vous contre les attaques de vive force; vous devez être continuellement en surveillance et, si vous recevez bien l'ennemi la première fois qu'il se présentera , cela le rendra circonspect On est diablemait fort derrière de bons retranchements et quand on le veut bien on n'y est pas forcé. De la vigueur, toute celle dont vous êtes susceptible, et tout ira bien I

Souhaml La devise du i*' bataillon de la Gorrèze sera la vêtre; point de quar-

dans les termes les plus pressants (copie certifiée par le générai Souham, Arch.

nat., W 396, n* s5o) :

Qamitr féniril d« CtTnOa, 1« iS aoAt 1798, l*ui u d« fa R^pnbl^D* tnaiçûm,

tAu général de brigade Souham, «n vous est ordonné, citoyen général, de partir sur-le-champ et en poste pour arriver sans perdre de temps au camp de Gassel, près Dunkerque, où vous prendrei les ordres du générai de division Barthel. «rVous aurei à défendre ie camp retranché de Dunkerque et vous pouves vous y couvrir de gloire. Il est moins question de faire de savantes dispositions militaires que d'y montrer le nerf et le courage dont

vous êtes également susceptible. Prévenei vos troupes, rappeles-leur qu'elles se battent pour la liberté, et vous en obtiendrei tout ce que vous voudrei. Vous anret avec vous Tadjudant général Hoche, dont vous pouves tirer le plus grand parti; il se rencontrera sans doute ches le général Barthel. Vous reeevres les instructions particulières de ce général. Si fennemi se présente devant votre camp retranché et qu'il y soit bien reçu, alors, si vous le voyes plier, il faut devenir audacieui et profiter de votre première réussite. Mais c'est trop vous en dire ; partez et marches nuit et jour.

tBlBTBtLaT.»

^'^ Depuis le s 5 août 1793.

[aSioÔT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 55

tier avec les tyrans, point de capitolation. D ne faut pas survivre k la honte; on meurt alors on million de fois. Du sang et toujours du sang.

Le général de brigade, chef de ^ état-major de V armée,

Bbrthblmv.

(Orig. , Areb. île la guerre, année du Nord.)

11. PABIS, q8 août 1798^*^ LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU G^Iff^BAL HOUOHARD.

Citoyen général,

Paria, le 98 août 1793.

D*après les faits importants que vous nous avez communiqués sur les mouvements de l'ennemi, nous ne pouvons douter qu'ils n'attachent la plus haute importance à la conquête des villes de Bergues et de Dunkerque. Il est aisé de sentir, en effet, que Pitt n'a pas d'autre moyen de sputenir son crédit chancelant et de consoler sa nation des frais énormes de la guerre et de la perte totale de son commerce. Si nous sauvons ces deux villes , la révolution la plus complète est inévitable en Angleterre. Si nous les perdons, le plus affreux découragement parmi nous en sera la suite infaillible. Ce n'est donc pas précisément sous le point de vue militaire qu'il faut envisager l'attaque dirigée sur ce point si important de notre frontière, c'est principalement sous le point de vue politique. Il faut sauver avant tout Bergues et Dunkerque, parce qu'il faut sauver avant tout l'honneur de la nation qui est là. Portez-y des forces immenses; que l'ennemi soit chassé de la Flandre maritime; qu'il en soit chassé, à quelque prix que ce puisse

(1) Gamot eat présent i la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, lAo.) On trouve quatre urétéa écrite par lui : 1* traitement des commitfaires envoyés dans les départemente pour ia conversion des cloches en canons; a* versement de 5o milliers de pondre dans les places de Scheiestadt, Belfini et Hnningue; d'établissement d*atelîers a forge pour la fabrication des armes sur Tespianade des Invalides; &* versement

de 60,000 livres & la municipalité de Gravelines. — Le même jour, 98 août. Carnot proposa A la Convention nationale, au nom du Comité de salut public, et fit adopter un projet de décret en vertu duquel toutes les terres et matières salpétrées dans retendue de ia République sont mises à la disposition du Conseil exécutif provisoire, et le prix du salpêtre est ^%.é A a& sous la livre.

56 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [98 août 1793.]

être. C'est le moment, citoyen général, de justifier le choix glorieux que la nation a fait en vous confiant le commandement de sa principale armée, et nous espérons que vous ne démentires pas la haute réputation que vous ont méritée vos talents et vos vertus républicaines ^').

(Minais ant d» Carnot, Areh. d« la gaerre, armie do Nord. — Bi^gii^ da Caiaol, areh. dalabmilleCamot.)

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