Cf. t. II, p. loi, note
^•> C£ Aulard, lU, 67 et 63. — C'est Barère qui lut le projet de décret, au nom du Comité de défense générale.
(>) Cf. Mmutmtr, XVI, 6i. — Bouchotte écrivit de Valenciennes , le 7 avril 1793, au ministre des affaires étrangères Le Brun, chargé de Tintérim de la guerre, pour lui annoncer son acceptation. {Moniteur, XVI, 9&.) Cette lettre fut lue dans la séance de la Convention du 9 avril.
^•> a Aulard, III, 190.
^^^ Ces m adjoints, acceptés par le Conseil exécutif sur la proposition de
Bouchotte, dans sa séance du 16 avril (Aulard, III, a8&), étaient les suivants : 1" division, Bouchotte, commissaire des guerres; a* division, Ronsin , commissaire ordonnateur en chef de Tannée de la Belgique; 3* division, Aubert, commandant temporaire à Cambrai; à* division, Prosper Sijas, chef aux bureaux de la guerre; 5* division. Français, juge au tribunal de Lille; 6* division, Xavier Audouin, commissaire des guerres.
Le 5 mai, Aubert, nommé adjudant général chef de brigade, et Français, appdé k Tadministration de la régie de rhabiilement, furent remplacés par le chef de brigade MuUer et par Deforgues , chef de bureau du Comité de salut public (cf. Aulard, III, 61a).
Le 7 juillet, MuUer, ayant donné sa démission pour se rendre à Tarmée des Pyrénées occidentales, fut remplacé par Dupin , chef de bataillon au corps du génie (cf. Aulard, V, sot).
conire lui et même une disgrâce momentanée, il était resté en fonctions, et cest avec lui que Camot et le Comité furent en relations constantes de correspondance.
Le Comité de salut public transmettait au ministre de la guerre copie des lettres se rapportant à l'administration ou contenant des réclamations (^). Bouchotte, de son côté, donnait des explications ou en demandait, et envoyait copie de certaines dépêches de généraux^^J. Il ne craignait pas de défendre ses bureaux contre les attaques fréquentes dont ils étaient l'objet W.
Camot et Bouchotte étaient tous les deux dans la force de Tâge , et ils avaient une égale et prodigieuse faculté de travail. Tous deux étaient essentiellement des hommes de cabinet, acharnés à une besogne toujours croissante et voulant tout voir et tout faire par eux-mêmes. Bouchotte n'avait pas l'envergure d'esprit de Carnot; il s'attachait plus aux détails qu'à l'ensemble el n'exécutait pas toujours avec assez de promptitude et de vigueur les plans du Comité. Mais, quoi qu'il en soit, c'était un travailleur infatigable, qui rédigeait lui-même
Enfin ie 9 août 1 798 , Gaulbier, chef de la 9* division, remplaça Ronsin, nomme général de brigade, et Didier Jourdeuil, chef de bureau, Deforgues, nonmië ministre des affaires étrangères (cf. Aulard,V,448).
Donc , au moment où Camot entra au Comité de salut public, les adjoints au ministre de la guerre étaient : pour la i'* division, Bouchotte; pour la 3*, Gauthier; pour la 3*, Dupin; pour la &*, Sijas; pour la 5', Jourdeuil; pour la 6% Xavier Audouiu.
^*^ Cf. comme type la lettre du Gomité à Bouchotte en date du 17 août 1 793 , à la page 7. — Il faut observer
que ni le Comité, ni Bouchotte ne se dessaisissaient des originaux des lettres qu'ils recevaient, mais en envoyaient seulement des copies, le plus souvent certifiées conformes.
^'^ Les généraux en chef correspondaient directement avec le Comité et avec le ministre de la guerre. Souvent ils envoyaient à Tun et à Tautre en même temps les mêmes nouvelles, avec plus ou moins de détails. Parfois aussi ils écrivaient seulement au ministre, en le priant de transmettre leur lettre au Comité.
^^^ Cf. la lelti-e de Bouchotte au Comité, du 19 août 1793, k la page 36.
AVERTISSEMENT. v
les minutes de sa correspondance et annotait de son écriture droite, 6ne et serrée, le volumineux courrier qui chaque matin emcombrait sa table (^'. C'est à lui aussi qu'incombait la nomination des généraux, et les nombreuses suspensions prononcées alors par les représentants ou par le ministre rendaient cette tâche aussi ardue que délicate (^).
En somme, Garnot trouva dans Bouchotte un collaborateur un peu lent, mais exact et fidèle, pour la réorganisation de Tannée et la défense nationale.
Les généraux en chef correspondaient directement avec le Comité. Les armées de la République étaient, dans la période d'août à octobre 1798, au nombre de dix, à savoir : 1^ Tarmée des Alpes et d'Italie, commandée successivement par Kellermann et Doppet; s^ l'armée des Ardennes, commandée par Ferrand sous les ordres de Jourdan; 3® l'armée des Côtes de Brest, commandée par Canclaux et Rossignol; 4® l'armée des Côtes de la Rochelle, devenue bientôt armée de l'Ouest, commandée par Rossignol et L'Echelle; 5^ l'armée d'Italie, commandée par Brunet, Carteaux et du Merbion; 6° l'armée de la Moselle, commandée par Balthazar Schauenburg, de Launay et Hoche; 7® l'armée du Nord, commandée par Bouchard et Jourdan; S"* l'armée des Pyrénées occidentales, commandée par de Prez de Crassier et Léonard MuUer; 9^ l'armée des Pyrénées orientales, commandée par Puget-Barbantane, Dagobert, d'Aoust et Turreau; 10° l'armée du Rhin, commandée par Alexandre de Beauharnais, Landremont, Carlenc et Pichegru. Il y avait de plus l'armée révolutionnaire, dont Ronsin, ancien adjoint de Bouchotte, était général en chef.
^^) Camot ëtait presbyte, et Bou- ^'^ Cf. le remarquable tableau que
choUe était myope. Uinspection de M. Arthur Cbuquet a fait de Bouchotte
leur ëcritore révèle les différences de et de son administration dans Uonà-
leur œil et de leur nature. nehoote, chap. i.
Des chefs d'étatr-major, comme Giacomoni (armée des Pyrénées orientales)^ I^aroche (armée des Pyrénées occidentales), Demont (armée du Rhin), des généraux de division et de brigade en activité ou suspendus, des commandants de place, des adjudants généraux envoyaient aussi des lettres particulières au Comité.
Cet ensemble, qui s'accroissait encore d'une partie de la correspondance des représentants près les armées , constituant la correspondance militaire du Comité et le lot particulier de Carnot, on trouve donc dans le présent recueil :
1^ La correspondance du Comité de salut public avec le ministre de la guerre, les généraux et le personnel militaire, et les réponses de ceux-ci (^'.
fi^ La correspondance particulière de Carnot avec les généraux et avec ses collègues.
3° Les lettres du Comité apx représentants près les années, dont les minutes ont été écrites ou corrigées par Carnot.
La correspondance des représentants avec le Comité ayant été publiée par M. Aulard , je me suis borné à signaler les pièces nécessaires à l'annotation. Toutefois j'ai reproduit intégralement quelques dépêches intéressantes pour l'histoire militaire, qui n'avaient été qu'analysées dans le Recueil des actes du Comité de salut public (^).
^*' Je n*ai pu trouver, ni oux archives du Ministère de la guerre, ni aux Archives nationales, de registre contenant le texte ou au moins le n^sumé des lettres adressées par le Comité de salut public au ministre de la guerre rt aux généraux. G est là une lacune fâcheuse , qui se trouve comblée partiellement par les lettres du ministre et des gêné» raux au Comité.
^'^ On trouvera de cette façon jour par jour le travail de Carnot et du Comité pour la partie militait^. J*ai continué h donner des notices sommaires sur les généraux , à mesure qu^ils apparaissaient dans la corresfiondance.
]>es dates des états de service ont été contrôlées sur les documents conservés dans les archives administratives du Ministère de la guerre.
AVERTISSEMENT
J'ai publié in extenso tous les documents importants et j'ai seulement analysé les autres. J ai aussi donné, à titre de pièces justificatives, mais à leur ordre chronologique, quelques lettres adressées au ministre de la guerre et communiquées par lui au Comité. Telles les lettres de Jourdan écrites avant, pendant et après la bataille de Wattignies, et destinées autant au Comité qu'au ministre.
Enfin j'ai jugé opportun de réunir tous les documents se rapportant à la bataille de Wattignies , qui est un des épisodes les plus glorieux de notre histoire militaire et de la vie de Garnot ^^\
Les sources de mon travail ont été surtout, comme pour les deux volumes précédents, les archives historiques et administratives du Ministère de la guerre et les Archives nationales (^). Le recueil de correspondance, où Carnot a fait copier toutes les lettres et tous les arrêtés qu'il considérait comme son œuvre personnelle, m'a été des plus précieux. Grâce à ce répertoire, qui a été mis gracieusement à ma disposition par M™^ veuve Hippolyte Carnot, je suis assuré de ne pas omettre de document capital. J'ai d'ailleurs retrouvé dans les archives publiques la plupart des originaux des lettres dont ledit recueil nous fournit les copies, et j'ai pu ainsi vérifier l'exactitude du texte.
(*) rùfiabhé^ en Pièces jusUJicattves, ie rapport de Carnot sur la manufacture extraordinaire d'armes établie à Paris, bien qu'il fdt du i3 brumaire an II (3 novembre 1793), parce qu'il eipiique et eomplète les lettres de Carnot relatives à la fabrication des armes.
(*) Toute la correspondance militaire adressée au Comité de salut pu-
blic était numérotée, puis inscrite avec une courle analyse sur un registre , actuellement conservé aux archives historiques du Ministère de la guerre. — Les dossiers de la série AF n des Archives nationales , qui concernent les représentants en mission, l'administration de la guerre et le personnel des armées , m'ont fourni un grand nombre de documents.
EnCn j'ai usé des Mémoires autographes et inédits de Jourdan , conservés au Ministère de la guerre ^^K
Etienne Charavay.
(') Je ne saurais trop renouvder ma gratitude à M** Hippolyte Camot et i M. le capitaine Sadi Camot qui m'ont ouvert leurs archives de famille avec tant de libëraiitë; à M. le commandant Mai;gueron, chef du bureau des Archives historiques du Ministère de la guerre, et à MM. Rrun et Martinien; h M. Lëon Hennet, sous-chef du bureau des Archives administratives du Ministère de la guerre; à M. Gustave Servois, directeur des Ardiives nationales.
et i ses collaborateurs MM. Emile Compardon , Rocquain et A. Tnetey ; k mes amis MM. A. Aaiard et Arthur Chuquet; et enfin h M. Albert Sorel, que je suis heureux d'avoir pour commissaire responsable. Je tiens aussi i exprimer mes remerciements à M. le Directeur de rimprimerie nationale , et à M. Héon , chef du service des travaux typographiques, et à ses collaborateurs, qui m'ont facilite ma tAche avec la plus parfaite obligeance.
COMITÉ DE SALUT PUBLIC
GORRESPONDilNCE MILITAIRE k DATER DU 16 AOÛT 179S.
[Le 1 9 aoAt 1793 le représentant Goesain s'exprima en ces termes au début de la séance de la Convention :
trD^à six puissances coalisées ont envahi une partie des départements du nord; d^à Gondé et Valenciennes sont en leur pouvoir; Cambrai est cerné et elles marchent en ce moment sur Péronne. Nos forces sont encore supérieures à celles de Tennemi, mais elles ne sont pas commandées; nous n'avons pas de généraux. Le minisire de la guerre n'est qu'un mannequin, qui ne bit rien par lui-même. B ne prend conseil que des dubs; il s'adresse aux Jacobins, il les trompe et leur dit : Je suis patriote. Pendant ce temps l'ennemi s'avance et le ministre ne fidt rien pour rarréter.
ffJe demande que les membres du Comité de salut public, le ministre de la guerre et tous les ministres se rendent dans l'assemblée; que le Comité déclare s'il croit le ministère capable de sauver la France. S'il en est autrement, il fiiut s'occuper de choisir un ministre capable; les circonstances l'exigent impérieusement; enfin il faut prendre des mesures pour que l'ennemi ne passe pas Péronne. Je demande aussi que les membres absents du Comité de salut public soient remplacés. Prieur et Saint-André sont en commission , Hérault est au fauteuil et les antres sont obligés de se rendre à l'assemblée. Il faut, au reste, que le ministre rende compte, séance tenante, de ce qu'il a fait et de ce qu'il peut faire pour sauver la patrie, ji
Delacroix (d'Eure-et-Loir) appuya la proposition de Gossuin, mais demanda que le Comité de salut public fh un tableau de la situation actuelle de la Répu- Ûique et donnât son opinion sur le ministre de la guerre Bouchotte. «r Quant aux autres ministres, je ne crois pas leur présence nécessaire; il doivent rester à leur poste. 1* Malgré l'insistance de Gossuin sur la nécessité de la présence de tous les ministres, la Convention adopta la proposition de Delacroix.