LES REPRESENTANTS TRULURO, BERLIRR ET HRNTZ AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Dankerqae, i3 septembre, Tan 11 de la Répabliqae ane et iDdivifible.
nVLUnD, BEÏÏUEB ET HENTZ, nEPEÉSENTâNTS DO PEUPLE PEÈS LUHMEE DV liORD , i LEVES COLLiQV ES COMPOSim LE COUni DE SALUT POBUC^*\
Noos VOUS invitons, citoyens nos collègues, de porter sérieusement votre attention sor rëvënement dont nous allons vous entretenir.
Le lendemain de la déroute de Tennemi nous allions dans le camp qu'il venait d'abandonner, nous occupant du soin de faire transporter dans la ville les canons, les caissons, etc., avec le citoyen Descfaamps, envoyé comme commissaire du Comité de salut public ^'\ ainsi que le général Landrin et ses aides de camp et Teseorie militaire, sans laquelle quelques généraux affectent de ne jamais sortir. Noos fAmes étonnés, au milieu du chemin , de voir une troupe tumultueuse venir k nous; c'était le général Landrin qui faisait traîner devant lui comme un criminel |p citoyen Deschamps, qu'il avait fait désarmer et démonter, quoique ce dernier
Guadeloope le 17 ventdse an xi (8 mars i8o3), membre de k Légion d^honneur le i5 pluviéee an zii(5 février 180&) et grand-officier le aS prairial (16 juin 1 80^ ) , rend la Guadeloupe aux Anglais le 6 février 1810, débarque à Morlaix le 97 avrO 1811, mis en arrestation le 18 juillet suivant, relâché en juin 1 Si 3 et exilé à cinquante lieues de Paris, réhabilité le 95 juillet i8t&, chevalier de SaintrLoub le 90 août suivant, in^iecteur général dWanterie le 3 janvier 181 5, destitué par Napoléon le 96 avril 181 5, rétabli dans ses droits et ses pn^étés le 1" août 181 5, député de rOrne le 99 du même mois, baron et commandeur de Saint -Louis le 3 mai 1816, député de la Moselle le h octobre 1816, commandant de la 3* dirion mililaîre(Heti)]e 11 novembre t8i6, retraité le 99 juillet 1818, mort A Paris le 19 septembre 1897.
(*) Au bas se trouve la réponse autographe de Bouchotte : «Le Conseil a entendu avec satisfaction la bonne conduite que vous avez tenue dans les attaques multipliées qui ont eu lieu depuis le 5 du mois; il savait en vous nommant général en chef de Tarmée des Ardennes, qu'il avait fait un [bon] choix. Soyez bientôt rétabli de votre blessure; la chose publique ne peut qu*y gagner. Emouf recevra une lettre de senrice pour Tarmée des Ardenne8.11
(*) Cette lettre toute militaire n'a été qu'analysée dans le recueil Aulard (VI, A65).
(') Cf. sur ces commissaires du Comité de salut public la lettre du 93 août 1798, p. 35. — Deschamps était reparti pour Tannée du Nord le 1 9 septembre en compagnie de Joseph Quincy. (Cf. Aulard, YI, 46o.)
138 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sb». 1793.]
lai eât dit qu'à était un envoyé da Comité de salut public ei que sa missioii avait pour objet des renseignements à donner sur les armées. Vous veirei, par la pétition qiie nous a adressée le citoyen Descbamps^^^ les détails de la querdle. Mais, quoi qu*en soit le principe, en supposant même que ce jeune bomme ait rempli sa mission avec morgue ou inconsidérément, ce qui est posôble, nous ne pensons pas moins qu*il est dangereux de laisser une division entre les mains de Landrin.
Nous voyons dans sa conduite et dans o^ de ses aides de camp une inquiétude, une aversion iaen manifeste à Toccasion de la surveillance de leurs actions. L*bomme qui bit bien aime à avoir des témoins, Tintrigant se soustrait aux regards. Nous y voyons un despotisme bien caractérisé, car, au lieu de se plaindre ii nous, puisque nous étions à une centaine de pas, il a commencé par se Cure justice en faisant arrêter lui-même Tbomme dont il se prétendait insulté, Tbomme revêtu d*un caractère qui ne le mettait pas dans sa dépendance.
Nous avons reconnu dans son langage Tanimosité, la passion; il nous a dit que si nous ne punissions pas le jeune bomme, qu*il voulait faire traîner en prison, il donnerait sa démission. Nous n'avons pas cru devoir statuer, au milieu du cbemin, pour ne pas retarder Topération plus importante qui nous oeeiqiait; nous avons iait rendre les armes et le cbeval au jeune bomme, qui est retourné à la ville, et voici notre détermination.
Nous n'bésiterions pas d*êter le commandement de la division ii ce général, mais nous ne savons qu^en faire , et puis nous ne connaissons pas assez 1m généraux de cette armée pour être sûrs du cboix d*un successeur; enfin les nominations provisoires des représentants du peuple font un très mauvais eflht, quand elles ne sont pas confirmées; nous aimons mieux que vous fassiez nommer par le ministre. Dans des temps ordinaires nous ne verrions pas de motifs suffisants pom* la destitution de ce général, mais on nous a dit que cet bomme était une âme damnée de Moreton et de Beumonville; Tun de nous Ta vu dans Tétat-major de Custine dans larmée du Rbin; il s'est conduit avec beaucoup de morgue; tout cela doit nous faire craindre de rencontrer encore un de ces bommes audacieux qui ont tant abusé de I*autorité. D vaut mieux sacrifier un bomme à des soupçons, que d'exposer la cbose publique ^^ C'est à vous à &ire vérifier la conduite politique de cet bomme jusqu'à présent^''.
(*) Le 10 septembre Deschamps avaitécrit de Donkerque aux représentants Trullard, Berlier et Henti, pour leur exposer les détails de sa querelle avec le général Landrin. (Orig., Arch. nat, A F 11 938.)
(') Le même jour, en effet , les représentants destituèrent le général Landrin et enjoignirent à celui-ci de remettre le commandement de sa division au général Carrion. (Arch. nat., AF 11 938.) Ils en avertirent aussitêt le Comité de aalut public. «Des inquiétudes que Ton a données au-
jourd*hai sur Télat du camp commandé par ce général nous ont porté k le suspendre.» (Orig., Arcfa. nat.. AF u 938.) Ils prévinrent également leurs collègues au quartier général de Tarmée du Nord et leur exprimèrent leurs soupçons sur le civisme de Tadjudant général Gay de Vernon. (Cf. Foucart et Finot, 11, 197.)
(^) Le général Landrin écririt , le 1 3 septembre, au Comité de salut public (orig. , Arch. nat. , AF n 938):
irJe riens de recevoir à Tinstant votre lettre qui m'annonce ma suspouion provi-
[i3 81PT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 139
Noas vous indiquons les généraux de cette armée qui nous paraissent distingués. Le général Garrion, commandant k Bergues, est un général vraiment sansculotte; il a supérieurement monté Tesprit public dans la garnison de cette ville, qui s'est signalée dans Tattaque d'Hondschoote et devant les murs de la place; il est général de brigade. Le citoyen Lemaire^^\ commandant d*un bataillon de volontaires qui est à Bergues, s'est montré dans les attaques avec une bravoure et on sang-froid que tout le monde admire et qui n'a pas peu contiibué à nos succès. Le général Sonbam , qui est ici , ne mérite que des éloges pour son civisme et sa bravoure : quand votre première lettre Tavait destitué de ses fonctions de commandant à Dunkerque^*), il ne s'est pas moins dévoué à la défense de la place en sous-ordre et a bien laissé voir qu'il n'avait devant les yeux que la cbose publique.
Salut et fraternité, Tbullard, T. Beblibr, Hkntz.
(Orig., Ârch. nat., ÂF u a38.)
toire. Gomme les motifs m'en sont inconnos, je ne crois pouvoir mieux faire que de m^adreeser à vous pour les connaître, âevé au grade de général, j'ai fait mon possible pour en remplir les fonctions et pour donner des preuves de mon attachement aux intérêts de la République. Aujourdliui je me vob forcé de m^en séparer, en attendant que l*on me rende justice. Allant en ce moment prendre ma route sur Douai pour m*y fixer, je vous demande de pouvoir sevdement aller vingt-quatre heures k Paris.
irDnnkerque, ce i3 septembre, 9' de la République une et indivisible.
ir Salut et fraternité,
crLe républicain,
«LiHDUJf.JI
En tête de cette lettre , Camot a écrit ces roots : «rA placer.»
(*) Hippolyte Lemaire, né k Joinville (Haute-Marne) le i3 août 1763, fils d*un tanneur, soldat au régiment de Normandie le 3 janrier 1788, retiré en 1790, chef du 1" bataillon des volontaires de la Haute-Marne le 17 septembre 1791, destitué par Duquesnoy le i*' fructidor an 11 (18 août 179&) pour avoir frappé un vobntaire pendant le siège du Quesnoy, ac-
quitté k lille par le conseil de guerre le 3 ventôse an ui (ai février 1795), réintégré le 18 thermidor an iv (5 août
^*) En effet, Souham, que Bouchotte
soupçonnait de mollesse (cf. lettre k Houchard, du 3 septembre 1793, Arch. de la guerre, armée du Nord), avait été remplacé dans le commandement de Dunkerque par le général Ferrand. Houchard exprima ses regrets au ministre par une lettre du 5 septembre et constata avec mélancolie la situation délicate faite aux généraux. crJe voudrais, citoyen ministre, vous voir ici pour que vous puisriei vousmême juger nos généraux et vous convaincre de Tespèce d'inanition dans laquelle ils se trouvent par la crainte de leur responsabilité. Alors vous sentiriez véritablement notre misère et notre embarras sur ce point. Rarement ii se donne un ordre qu'il ne soit suiri de refus d'accepter un commandement trop étendu ou d'observations minutieuses sur les détails des opérations.» (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.) — - Le 6 septembre le Comité de salut public , sur les explications fournies par Duquesnoy, arrêta que Souham reprendrait prorisoirement le commandement de Dunkerque. (Cf. Aulard, VI, 996 et 996.)
140 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i 3 sept. 1793.]
ABBAS, l3 SEPTEMBRE lygS.
LES REPRlSsENTANTS ÛUE LAGOSTB^^^ ET PBYSSARD^^^ AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Âmi, le iS teptanlire i793 , 9* de li Répnbliqae.
LBS BBPBésBNTàNTS DU PBOPLB PBÛS LUBUiB M NOBD AU COMITÉ DB 8ÀLVT PVBUC^^K
Nous ne venions que d*amver du camp de Gavrelie lorsque des députes du conseil de Tadministration du district de Cambrai vinrent nous annoncer hier au soir la nouvelle que la g^amison de cette ville, sortie presqu*en entier pour aller se réunir avec une partie de celle de Maubeuge, et qudques détacbementa de la garnison de Douai avaient été presque taillés en pièces entre Haipres et Avesnesle-Sec. Ce[)endant les mêmes députés nous disaient qu*un instant avant leur départ de Cambrai un caporal du A* bataillon des fédérés, qui arrivait couvert de blessures, avait assuré que nos troupes, qui avaient été dans le plus grand désordre, s*étaient enfin ralliées sous le canon de la place de Bouchain^^^
(^) Élie Lacoste, né à Montignac (Dordogne) le 18 Bqitembre 1766, médecin, député de la Dordogne & TAMemblée législative et à la Convention, membre du comité de sûreté générale , mort à Montignac le a 6 novembre 1806 (renseignements dûs à M. A. Kusctnsld). Jl avait été envoyé en mission à i*armée du Nord le 96 juillet 1793. (Cf. Auiard, V, 37A.)
(*) Jean -Pascal Charles de Peyasard (Charles est le nom patronymique), né à Peyssard ( Dordogne) le 9 septembre 1755, garde du corps, maire de Përigueux en 1790, député de la Dordogne à ia Convention, mort A Peyssard le 9 5 octobre 1808 (renseignements fournis par M. A.
Kuscinski). 11 avait été envoyé à Tarmée du Nord le 97 jullet 1798, en remplacement de Roux-Faiillac. (Cf. Auiard, Y,
(') Cette lettre n*a été qu'analysée dans le recueil Auiard, YI, &63.
(^} Yoici te récit de cette malheureuse sortie du 19 septembre 1793, fait par le généra] Declaye lui-même (orig., Arch. de la guerre, armée du Nord) :
ir Bappari de l'affaire du ta commandée par U général Declatfe, ^aprèe le» ardre» du général en chef Houehard et du général de dirieion Gudin,
«D'après les ordres du général, je suis sorti de Cambrai le 1 9 à minuit pour pouvoir aUaquer à la pointe du jour, conformément aux ordres du général Gudin.
J'avais avec moi environ deux mille cinq cents hommes d'infanterie et environ deux cent cinquante hommes de cavalerie ; mes pièces de position consistaient en six pièces de h longues et deux obusiers de 8 pouces; mon infanterie était divisée en deux brigades, commandées : la première, parle , chef de brigade Bocquet, du 83*, et ia seconde , par le chef de brigade Dusaussay, commandant le bataillon de l'Aube. Comme aucun de mes bataillons n'avait de pièces de bataille, j'avais donné à chaque brigade une pièce de k longue et une de h de bataille, et comme je n'avais qu'un détachement de cavalerie et que je devais agir dons un pays très découvert , j'avais donné deux pièces de h au citoyen Raindre,capi-
[iSsiPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. lui
Noos ajoutions d'autant plus de foi à cette seconde nouvelle, que nous ne pouvions pas nous imaginer que la maladresse et Tignorance eussent fait sortir en entier une garnison composée de à ou 5,ooo hommes et qu'on Tedt faite marcher sans la faire précéder de quelques détachements pour éclairer les mouvements de Tennemi et la faire replier devant des forces supérieures. Cependant il nous restait quelque soupçon que le général Declaye , commandant la place de Cambrai, ne fut coupable de perfidie ou d'une ignorance véritablement criminelle. Son projet avait d'autant plus de publicité qu'une ordonnance qu'il nous avait envoyée avant-hier au soir annonçait cette sortie pour la nuit, et que l'ennemi, qui ne manque pas d'espions, pouvait être facilement instruit de la marche de nos troupes. Ces sorties combinées des différentes garnisons avaient pour but de faire
laine d^arlillerie légère, pour ies faire servir eo artillerie légère; j'avais monté ses canonniers et tout disposé pour cet effet. Jtt rencontré Tennemi entre Rieux et Avesoes-le-Sec; il ne me montrait que de la cavalerie.
«Je Tai canonné vivement et l'ai forcé de quitter la position dont je me suis emparé de suite. Je l'ai chassé de poste en poste jusqu'à Villers-en-Cauchies , où il était plus nombreux, et sur la hauteur duquel il a fait son rassemblement. La canonnade les a forcés sur plusieurs points. Toujours mon petit corps de troupes marchait très en ordre et chassait Tennemi avec beaucoup de vigueur. J'ai fait attaquer Villerscn-Cauchies ; l'ennemi s'y défendait. Je me sois déterminé à. l'enlever de vive force et je l'ai fait prendre la baïonnnette au bout du fusil et à la chaige. L'ennemi a été forcé et a fui de toute part et je me suis trouvé h la vue de leur camp; et, si j'eusse eu de la cavalerie nécessaire pour soutenir mon infanterie en plaine, j'étais sàr de les forcer dans leur camp; mais je n'avais en cavalerie que ce qu'il me fallait pour me faire éclairer et flanquer, et d'ailleurs, d'après le général , les ordres étaient de me borner à de iausses attaques vers le camp de Solesmes; et comme j'étais prévenu qu'il marchait à moi en force, surtout en cavalerie , et que ma position pouvait être tournée et ma retraite coupée, je me suis déterminé, d'après l'avis de phiÂeurs officiers supérieurs, à prendre la position d'Avesnes-le-Sec. Ma retraite
n'était que de deux cents toises : jt l'ai ordonnée. Mes ordres étaient très précis de la faire très en ordre et d'une manière militaire. J'ai donné ordre aux pièces de position de mettre en batterie sur les points de ladite position; et, pour protéger mon infanterie qui devait passer dans un basfond, j'ai fait porter mon peu de cavalerie en avant avec les deux pièces d'artillerie légère. L'ennemi nous tournait par la droite et par la gauche; j'ai été attaqué par la cavalerie de toute part. L'infanterie s'est bien conduite, la cavalerie s'est de même bien comportée ainsi que l'artillerie, sauf quelques officiers et des canonniers de ce corps qui doivent essuyer de grands reproches, mais la plupart des charretiers sont des lâches; ils ont coupé les traits des chevaux, se cachaient sous les pièces en ne s'occupant que de leur fuite personndle, et ont, par cette conduite lâche et criminelle , abandonné le peu de bouches à feu à l'ennemi, ce qui a jeté le désordre dans l'armée, qui n'a cessé de se montrer le mieux qu'il lui a été possible ; mais, s'étant trouvée beaucoup inférieure en nombre, elle a été obligée de se retirer. (fLe conseil de guerre s'occupera de ceux qui, dans cette occarion, n'ont pas montré tout le courage et le lèle des républicains, pour les livrer sur-le-champ au glaive de la loi.
tLe gtneral de Itrigade
commandant en chef
Cambrai et arrondieeement.
ffOlGLATS.»
1&3 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [iS sm. lygS.]
faire ane diversion du t6\é de Lille. Son utilité paraissait évidente , mais la perfidie a tourné k notre perte les mouvements qui devaient avoir le plus grand succès.
Vous trouverez ci-mcluses les lettres que nous avons écrites an conseil général du district de Cambrai et au général d'Avaine, et la réponse que cet officier vient de nous faire sur le rapport de Ransonnet, Tun des chefs de brigade de la division de Gavrelle. L*on ne peut plus douter que la journée dliier n^ait été très malheureuse. Vous verres, dans la lettre de ce dernier officier, que le général Declaye est rentré à Cambrai et qu'une ordonnance a ajouté qu'on tenait un conseil de guerre à son ^rd^'^
Nous ferons tomber le voile qni couvre cette perfdie, ev on ne peat pat m refuser de croire que la trahison n*ait occasionné ce désastre. C^est dans on mrin que/108 troupes ont été presque toutes taillées en pièces, sans pouvoir se défendre. Il était facile de se replier sur la gauche éi de faire nne jonction avec les détachements de Maubeuge et de Douai.
Nous avons fait partir dans la nuit un courrier extraordinaire pour le gâiéral Houchard, qui est inslniit des événements et qui ne manquera pas sans doute d'envoyer du renfort au restant de cette garnison , qui n'est que de trois à quatre cents hommes.
Nous avions demandé au général d'Avaine quinze cents hommes, dont la réanion avec le 7* bataillon de l'Yonne, la garde nationale et le reste de la garnison, pourrait défendre la place jusqu'à l'arrivée des nonvdles troupes que le gàiérai Houchard ne manquera pas d'envoyer. Le général d'Avaine nous observe aYec
(*) Le génénd Declaye était, en effet, rentré le 1 9 septembre au soir k Cambrai. Le lendemain il dut venir rendre compte de sa conduite devant le comité cambrésien de salut public. Accusé d'impéritie par ses soldats échappés au massacre, par Cornu, commandant temporaire de Boucbain, par Marccaux, administrateur du district, qui l'avait accompagné, il essaya en vain de se disculper et de rejeter sur l'indiscipline des canonniers et la lâcheté des charretiers la responsabilité du désastre. Il n'en fut pas moins traduit devant un conseil de guerre, qui le 6t arrêter et envoyer à Arras devant les commissaires de la Convention. Pendant ce temps, le ministre Bouchotte écrivit au général Declaye, le 16 septembre 1793, la lettre suivante (minute autographe, Arch. de la guerre, armée du Nord) :
«La défaite de la garnison de Cambrai, citoyen, a donné des inquiétudes aux patriotes, que vous devez désirer de voir dis-
siper. Du moins j*en juge ainsi, puisqu'on vous a représenté jusqu'à présent comme un citoyen attaché à la liberté. La Convention nationale envoie le ritoyen Laurent, représentant du peuple, prendre connaissance des faits. Il convient que vous restiei en arrestation et que vous n^exercîet aucune fonction jusqu'à ce que les faits soient édaircts. Ce sont les intentions du Conseil, auxquelles vous devei vous conformer. Le citoyen Chapuy, génénd de brigade , se rend à Cambrai pour prendre le commandement de la place. Vous voudrex bien lui remettre les papiers et renseignements qui en dépendent, v
Declaye fut conduit à Paris, mais, au lieu de le traduire devant le Tribunal révolutionnaire, le gouvernement lui confia, le 9 brumaire an n (3o octobre 1793), le commandement de la ville de Lyon. (Cf.
H. Wallon , Le génenU Deeknfê, eonmtmdmmi la placé à Cambrai al à lAfon m tjgSt et A. Chnquet, HondêdutoU, chap. zi.)
[i3 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. Iâ3
raison qa*ii a des postes très importants à garder et qu'il ne peut pas détacher de ses forces , et nous allons en demander de la garnison de Douai , qui pourra fournir qadques détachements.
Au milieu des peines que nous causent ces malheureux événements, la nouvelle que vient de nous donner le colonel Antoine en adoucit un peu Tamertume. Cet officia nous rapporte qu'il y a eu une attaque d'observation du cAté de Pontnà-Marcq. Le camp de Menin a été attaqué et forcé par les troupes du camp de la Madeleine. L'ennemi a battu en retraite ^*^ Le g* régiment de nos hussards a duigé les hussards noirs hollandais, dont un de nos braves soldats a enlevé l'étendard, qu'il a porté dans Lille ^\ L'ennemi est en déroute sur Pont4h-Marcq, Menin et Courtrai, et il a perdu beancoup. Ces nouvdles nous sont données comme certaines par le colonel Antoine, qui est arrivé de l'affaire qui a eu lieu de ce cAté.
Nous aurions désiré , citoyens nos collègues , être dans le cas de ne vous transmettre que l'histoire de nos triomphes; mais vous savez que la victoire ne se fixe pas toujours au gré des amis ardents de la liberté. Les dispositions des habitants de ces départements nous assurent pourtant que ces triomphes de l'ennemi ne soont pas de longue durée et que nous l'écraserons bientôt sous la masse de nos défenseurs ^'^.
Élie Lacoste, Peyssaro.
(Orig. , Areb. de U guerre , année du Nord. )
^') Le 1 3 septembre 1 793 , les généraux d'HédouYllle et Dumesny s'étaient emparés de Wervicq , et , solidement installés dans ce poste, avaient repoussé toutes les attaques des Impériaux, conduits par le prince Frédéric d'Orange , qui était tombé grièvement blessé. En même temps, le générai Bém avait eidevé Hallnin, et, culbutant tout sur son passage, il était entré dans Menin, chassant devant lui les Hollandais épouvantés par la furie française. Malheureusement nos troupes souillèrent leur rictoire par le pillage et renouvelèrent les déplorables excès que nous avons déjà enregistrés Ion de l'expédition de Fumes (cf.
U U, p. 197 à 199)1 et contre lesqueb protestaient vainement les généraux et les représentants du peuple. (Cf. A. Ghuquet, Btmda^ooU, 966 et soiv.)
^ Ce drapeau fut pris par un chasseur du 6*, Léon Brunel, de Troyes.
^^ On lit en tête : «Reçu le 19 sep-
tembre. j> — Le Comité de salut public répondit aux représentants en ces termes (minute, Arch. nat. , AF u 938) : «Le vrai patriote, citoyens collègues, ne se laisse, jamab abattre et les revers, loin de le décourager, ne feront qu'enflammer de plus en plus son courage et l'élever au-dessus des obstacles, surtout quand il saura que Ton purge nos armées des traîtres qui les infestaient et qu*on les punit. Vous pouvez aisément juger de la désagréable sensation qu'a éprouvée le Comité à la lecture de votre lettre du i3 septembre et des pièces que vous y avex jointes. D ne négligera aucune des mesures de sûreté qu'exigeront les circonstances; il compte sur votre constante application à pourvoir à tous les besoins de la République , suivant l'étendue des pouvoirs qui vous sont délégués, n — On trouvera dans Aulard, VI, 663, une autre rédaction de cette réponse du Comité aux représentants Élie Lacoste et Peyssard.
Uk CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sbpt. 1793.]
SARRBBRUGK, l3 SEPTEMBRE fJ^S.
LE GÉftinkl BALTHAZAR 8CHAUBNBURG AU GOUIT^ DE SALUT PUBLIC.
AntUyse, — U a visité tous les postes de Sarrebnick à Sarrelibre, et il a bit sortir de celte dernière place pour camper sur un rang en arrière de Reiing le a* bataillon du io3* régiment et mis la garde citoyenne en réquisition. La nouvelle levée du district de Sarrelibre est bonne; celle du district de Boulay est très faible. 11 peut rendre un compte des plus satisfaisants des districts de Sarr^uemines et de Morhange, qu*il a organisés le 10 et qui sont nombreux, nerveux, bien disposés et presque un tiers armé de fusils. U s^est rendu près des généraux du corps des Vosges et a fait avec eux les dispositions pour attaquer Ketterich, le 1 a , è quatre beures du matin. II vient de recevoir un courrier du général Moreaux ^*) annonçant que , le 1 a , il a rencontré Tennemi à la jonction des routes de Pimiasens à Deux-Ponts, par Fening et Kettericb, qu'il Ta repoussé et a ensuite battu en retraite, sans être inquiété ^*K Un de ses émissaires lui a dît avoir vu à Kaiserriautem un camp de 19,000 Prussiens et Autrichiens. «rCet espion m'a encore dit qu il venait d'être défendu aux paysans de laisser boire leurs bestiaux aux puits établis dans les campagnes, attendu qu'on allait les empoisonna' pour l'arrivée des Français.» Le général Villionne ^'^ a attaqué l'ennemi à quatre heures du matin et l'a débusqué de tous ses postes. (Orig., Âreh. de la guerre, armée -de ia Moselle.)
(') Jean -René Moreaux, né è Rocroi (Ardennea) le t6 mars 1768, engagé au régiment d*Auxerrois>Infanterie le i"mars 1776, grenadier le 1*' janvier 1777, blessé d^un coup de feu A la jambe droite A Taffaire de Sainte-Lucie le 1 8 décembre 1778, congédié le 16 novembre 17791 entrepreneur de bAtiments et de travaux du génie militaire A Rocroi , commandant de la garde nationale de cette ville le ai septembre 1789 et en second du 1*' bataiUon des volontaires des Ardennes le 90 septembre 1791 , général de brigade le i5 mai 1798 et de division le 3o juillet suivant, commandant du corps des Vosges le 6 septembre 1793, général en chef provisoire de l'armée de la Moselle le s5 juin 179A, mort A Thionville le sa pluviAse an m (10 février 1795). — Cf. Léon Moreaux, Le gMral René Mùreanx et Varmh de la Mœdlê; Paris, 1886, in-18.
(*) Cf. sur cette affaire du 1 a septembre 1793, Léon Moreaux, p. &â, et A. Ghuquet, Wieeembovrg, p. 160.
(*) Pierre-Justin Marchand de Villionne , né & Fontainebleau le 3o mai 1 76 o, fils d*un entrepreneur des ponts et chaussées, deuxième lieutenant des grenadiers postiches dans le régiment de Brulart le 16 janrier 1769, lieutenant au régiment des recrues de Sens le 1*' octobre 1763, capitaine le 3o octobre 1769, chaigé, le a novembre 1769, d^une mission secrète pour nie Bourbon, part le a8 décembre suivant et rentre k Brest le 1*3 mai 1773, attaché aux troupes légères le 98 juillet 1773 et au i*' régiment de chasseurs le l avril 1779, major du h* chasseurs le 9 1 août 178& et du 9* chasseurs le i*' mai 1 788 , colonel du 55* d^infanterie le 5 février 179a, général de brigade le 8 mars 1793, suspendu de ses fonctions le h octobre 1793 parles représentants k Tannée de la Moselle, autorisé à prendre sa retraite le 9 frimaire an m (99 novembre 179&), retraité le 90 pluviôse an m (8 février 1795), mort à la Chapelle (Seine-et- Marne) le 99 juin 181 3.
SlGKAll, l3 SEPTEMBRE t']^*i. LE G^N^RAL PUGET-BARBANTANË,
GOmiANDANT DE L'ARMEE DES PYR^N^ES ORIENTALES ^^\ AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Aiuifyse. — Il mande qu'ëpulsë de fatigue, il a donne sa démission et va se rendre auprès du Comité ^*\ Quelques habitants de Perpignan lui font le reproche
^') Le 11 septembre 1798, le général Pogei-Berbantane avait fait la proclamation suivante & ses soldats (copie, Arch. de It {pierre « armée des Pyrénées orientales):
«Au quartier géoénl d« Sigfin , le 11 septembre 1793, l*aii n de la Répabiiqoc flhmçaiee.
tLc gmiral tn cKêfde Vamméê du PfprMn antnuUm à wêêfrèrH ^armet compoiant
«Soldats,
«Des prisonniers espagnols ont été maltraités; quelques-uns même sont tombés au milieu de vous, victimes de la fureur du premier mouvement. Combattre des ennemis, les exterminer, n'en pas laisser un debout sur le champ de bataille, est Taclion d'un brave républicain; mais quiconque massacre un prisonnier attente à rhu< manité, qui ordonne de ne voir qu'un bomme dans un ennemi désarmé. Réprimes donc désormais de pareils excès et dénonces-les h la sévérité militaire.
«D est parmi vous, soldats français, un autre genre d'ennemis, qui doivent vous être encore plus en horreur; ce sont ceux qui, par de iaux rapports et plus encore par leurs actions, cherchent à imprimer la irayeur dans l'écrit du soldat et répandre de tous côtés le désordre, par l'exemple de la pfais honteuse Ucheié. Si le succès des armes de la République, votre salut, celui de ce que vous avez de plus cher vous tient à cceur, restez fermes à votre poste le jour du combat; entendes avec mépris et immobilité les cris tumultuaires des fuyards; c'est le courage tranquille, le bon ordre qui fixe la %ictoirc, et d'ordinaire la «irtoire est peu sanglante; au contraire la mort marche avec la déroute; tout de-
lU.
vient des obstacles k des vaincus, et la peur, cette faiblesse trompeuse, conduit au mal qu'elle semblait faire éviter. Vous vous convaincrez aisément de cette grande vérité en jetant un coup d'oeil sur nos revers et principalement sur la journée du 8, dont le malheureux succès est dû à quelques lâches qui, loin de fondre sur l'ennemi, ne se senrirent de leurs chevaux que pour accélérer leur fuite. Je puis vous donner la satisfection d'apprendre qu'une pareille conduite ne restera pas désormais impunie. Un tribunal militaire est organisé par les soins des représentants du peuple. Arrêtés, conduits à Narbonne avec humiliation, plusieurs d'entre eux vont bientôt subir les peines qu'ils ont méritées. «rQue vous êtes différents de ceux-là, braves républicains, à qui la privation ne coûte rien pour la liberté 1 Peut-on voir sans émotion le calme, la gaieté même avec laquelle vous supportes les rigueurs d'un bivouac prolongé? Votre dévouement sera connu de toute la République et ajoutera a la jouissance que vous en ressentes d^à. Pour moi, votre chef par la loi, votre camarade, votre firère d'annes par mes opinions et mes sentiments, je ne cesse de m'occuper avec les représentants du peuple de l'intérêt générai de l'armée; je n'ai qu'un regret, c'est que l'obligation de m'y livrer entièrement m'empêche d'être nuit et jour à côté de vous. Comptes sur mon activité à mériter ausû bien de la patrie que vous le faites par votre sèle infatigable à la servir.
(f PcGBT-BiBBilRTiHB. V
^*) Le là Mptcmbre, Pugel-Barbantane avait écrit aux représentants du peuple près l'année des Pyrénées orientales, pour
i«fiii«iiaiic iiiin««<.*.
1&6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 svrr. 1793.]
d'avoir transféré de celte ville le quartier général. 11 aorail cru trahir la R^blique aHl n'avait pris ce {larti.
(Orig., Arcb. de la gftMm, itnié© d«i PjrénéM orieoUlM.)
l3 SBPTBMBRB iVgS.
LB8 G<NilàUX BiaU, FAVABT BT 6IL0T iU COUni DB SALUT PDILIC
Atudfie. — 1* Le général Rém <'' annonce la prise de lienin et de Wenrîcq par nos troupes, et insiste sur la fermeté qu'a a &ilu déployer pour emptcfaer le pillage de Menin ^\ (Analyse, Aith. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C, p. 609). — «• Le général Favart envoie de Lille un mémoire contenant trois dispositifs faits pour les cas d'mcendie ou alarmes simples et de bombardement w. (Orig., Arcb. de la guerre, armée du Nord). — 3* Le génàri Gilot ^*> écrit de Strasbourg qu'après avoir été suspendu de ses fonctions <*^ il est venu dans cette ville, d'où A gagnera LanévOle, dès qu'il sera rétabli. (Andyse, ArcL de la guerre, reg. du Comité de saint public, C, p. 5o8).
donner sa démianon et recommander le général Dagobert pour son successeur. (Copie certifiée par faii, Arcb. de la gaerre, armée des Pyrénées orientées.) Le 1 3, il annonça & Bouchotte son départ pour Paris. Le 1 4, le Comité de sdut pubBc arrêta que le ministre de la guerre destituerait sur-le-cbamp le générai Barbantane. (Cf.
Aulard, VI, A 79.) On le remplaça par le général Turreau.
(» Gt t n,p. io5.
(*> Cf. Foucart et Finot, II, 187, et A. Ghuquet, HotUê^ooi», 967. On trouve dans ce dernier volume le rédi du pillage de la ville de Menin par les Français.
^ Le mémoire du général Favart est joint à la lettre.
(^> Joseph Qllot, né à Chatenay (Isère) le 16 avril 1734, engagé au régiment d*artiilerie de Bouigfelden le sa janrier 1760, congédié par grâce le tg septembre 1761, soldat au régiment Royal-Infanterie le 11 novembre 1781, grenadier le 6 mai 1753, sergent le 5 septembre 1759, fourrier le 1** septembre 176&, porte-drapeau le i& avril 1767, sous-iieutenant le 7 juin
1 776 , lieutenant en second le aS mai 1 780 et en premier le 16 juin 1781, dievdier de SaintrLouis le la août 1787, capitaine le i*' juin 1789, ciq[>itaine en demième le 9 mai 1790 et en pied le 1" janvier 1791* capitaine de grenadierB le i5 septembre 1791 , lieutenant-eokmel do a a* dinfanlerie le 5 février 1799 , commandant temporaire de Landau le i** juin 1799, maréchal de camp le 6 décembre 1799, général de division le 97 mai 1793, saspendu de ses fonctions le ti septembre 1793, rântégré le 9 pluriôse an ni (98 janrier 1795), commandant la &* division militaire (Nancy) en Tan v, membre de la Légion dlionneur le 19 frimaire an xu (11 décembre i8o3) et commandant le 95 prairial ( 1 & juin 180&), niort à Naocy le 97 mars 1811. Le génénd Gilot avait (ait les campagnes de 1756 à 1769 et avait été blessé en 1756, au siège de Mahon, d'un édat de bombe à la jambe gauche.
(•) Le général Gilot avait en eflet été su^»endu, le 1 1 septembre, par un arrêté des représentants Mallarmé, Ruamps, Borie et Niou.
[là SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ.
PARIS, là SEPTEMBRE l^gS^^^
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCBOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Paris, lA septembre 1793, Tan i" de ia Ripobtiqae française ane et indivisibie.
LB UtNtSTMM DE LÀ aUBBBB âUI BBPBiaBNTÀNTS DD PBUPLE MBMBBBS ÏÏU COUni DE SALVT PUBLIC DB LÀ C0B7ENTI0N NATIONALE,
Citoyens représentants, ^
Pai reça avec votre lettre du 9 de ce mois le plan de campagne propose par le citoyen Bhlasaei» capitaine au 9&* r^fiment et aide de camp du général Jhler. J'ai examiné ce plan que je vous envoie ci-joint et qui n'est autre chose qu'une vaste campagne d'hiver. Les difficultés que nous avons éprouvées Tannée dernière pour les approvisionnements indiquent ce qui arriverait, si Ton voulait suivre la même marche.
L'eaaentiel est de repousser Tennemi du territoire, de faire de simples entreprises pour détruire les magasins, car c'est par la faim qu'il faut le tuer et non pas en commençant une opération dont personne ne pourrait prévoir l'issue.
Un des grands moyens de prendre l'ennemi fear derrière et qui est trop négligé, c'est de faire nidtre des insurrections.
L'armée française n'a paru perdre de son audace que parce que les généraux s'appliquaient à la comprima et à lui donner sans cesse des inquiétudes sur ses moyens et sur ses positions, et vous voyez, citoyens, que les généraux sanscnloUes savent retrouver l'audace française dans le coeur des soldats républicains ^*\
J. BOUCHOTTB.
(Orîf., Arek d« la gnam, année du Nord.)
(*) Camol est présent à la séance du Gomilé. (CL Auhurd, VT, h^^.) B écrit un mrrêlé fiiant le prix marimiun de 1,000 ii« Très pour chaque cfaeral de charroL II rédige aiiHt le méoM jour le décret de la CcMiYODlÛMi diyensant les officiert des troapcs à cheval , qoi se lèvent en vertu de la loi dn s3 aodt, d'acheter des chevaux et de (bnner des équipages de guerre.
(Ofig. ant, Areh. nat, G «69.)
^ Les mesures de prudence édictées dans cette lettre par Boucbotte montrent quH ne s*agîmdt plus, comme Tannée préeédeote, d*une guerre de conquêtes, mais
d'une guerre de défense nationale. Il fallait sauver les villes menacées par Tennemi et reprendre celles qui étaient tombées en son pouvoir. Le décret du i3 août avait sonné le daîron d'alarme et appelé sous les drapeaux la nation tout entière. Gamot, déployant une patriotique actirité, dressait des plans de campagne, stimulait les généraux, organisait à Paris et dans les départements la fabrication des armes avec son compatriote Prieur, et déjà ia victoire de Hondschoote et la délivrance de Dunkerque avaient été la récompense de efforts.
1A8 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [xi sept. 1793.]
SAUMUR, l/lSKPTBMBRB lygS.