LB COMITÉ DR SALUT PUBLIC AU GÉNÉBAL MONTA LBMBBBT
Paris, le 17 septembre 1798, Tan 11 de la RépuMîque françaiae <**•
LZS HBPndsBKTAKTS DO PBOnK MBMMHB8 DU COMITÉ DB SALVT PVBUC
AO CiTOTBJH eiNÉBAL MOMTALBMBMUT.
Le Comité, citoyen, voulant mettre h profit pour le salut de la République les inventions qui peuvent y concourir, vous invite à lui
i'> Ces pièces avaient été truismifies au Comité, le 8 septembre, par le reprësen* tant Couturier.
(*) Marc-René, marquis de Montalembert, né A Angouléme (Charente) le 16 juillet 1716, cornette au régiment de Conti-Cavalerie le 1*' juin 1733, capitaine le 95 mars 173a , capitaine des gardes du prince de Conti le 38 février l'jhh^ rang de mestre de camp de cavalerie le 8 octobre 174a, cJievalier de Saint-Louis le 1" février 17&6, associé libre de T Académie des sciences en 17&7, lieutenant gé-
néral au gouvememant de Saînt4Mige et Angoumois le ao mars 1759, brigadier de cavalerie le t*' mai 1768, maréchal de camp le sa février 1761, retiré le 9 avril 1788, remis en actirité pour continuer ses travaux sur Tartillerie et les Ibi^ tiûcations le 97 septembre 1793, général de division et autorisé à prendre sa retraite le 93 février 1796, acknis au traitement de réforme le 19 octobre 1796, admis à jouir du traitement d'actirité le 3o octobre 1797, mort A Paris le 98 mars 1800.
('^ Le même jour, 17 septembre. Mon-
[I7SIPT. 1793] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 157
commimiquer, s*il vous est possible, le modèle en relief ou à son défaut le dessin côté de 1 affût de canon que vous avez imaginé pour lusage des vaisseaux ^^K
Les membres du Comité de salut public
GHARCis DE LA CORRESPONDANCE.
(MiDute mL de Camol Areh. diL, AP ii 36, domer n* 993.)
PARIS, 17 SEPTBURRE lygS.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Paris, 17 septembre 1793, 9* de la République française one et indivisible.
£C MlNiSTEB DK LA GVEHBK AUX BKPâiSKNTANTS DU PBVPLK MBMBHKS DU COUni DB 8ALVT PUBLIC,
J'ai reçu, citoyens représentants, votre lettre du i&, les deux lettres des 5 et 6, qui vous ont été adressées par le général Landremont concernant les forces et ia situation de ramiée du Rhin. Je joins ici copie d*une lettre que je viens d'écrire à ce général et qui servira de réponse aox assertions erronées de ces deux lettres sor la force effective ^'^.
talembert avait envoyé au ministre de ia guerre un mémoire intitulé : Mémoire 9ur k» Moyans dn fumiDd étai défemt^ pour rmin foules le$ plaça infiniment plu$ firtêêf par k citoyen général Mcnialembcrt, (Orig., Arch. de la guerre, corr. gén.)
(') Camot rédigea le lendemain 18 un arrêté ordonnant au ministre de la marine de (aire construire sans délai un affût diaprés les principes de Montaiembert.
(Cf. Aulaid, VI, 559). 11 avait, dès 1787, exprimé son admiration pour le système de fortification du général (cf. Mémoim mr Camoi, par mm fils, nouv. édit., i, 166), qu'il prot^^ pendant la Révolution. Au iiKMS de novembre Montaiembert fut arrêté et aussit^ Camot fit prendre par le Comité de salut public, le 9 frimaire an 11 (99 novemI>re 1798), la délibération suivante :
«Le Comité de salut public, instruit par le citoyen Montaiembert, chaîné de faire construire un affût de son invention
pour la marine, qu*il a été mis en état d*arrestation sans pouvoir sortir de son cabinet, ni suivre le travail qui s'exécute dans ia cour de sa maison, arrête que le citoyen Montaiembert a provisoirement la faculté de se transporter sous la surveillance de ses gardes dans sa cour ou dans les autres parties de sa maison.» (Minute aut. sig. de Camot, Arch. nat., AF n
Al9.)
Dans la séance du 97 septembre Tburiot avait présenté à la Convention l'ouvrage de Montaiembert, intitulé : Uart défonêif êupérintr à l'art offentif, et Lakanal avait fait Téloge du général, «notre meilleur officier du génie n. (Mouttotir, XVIII, 758.)
(') La lettre adressée, le 17 septembre, par le ministre de ta guerre Bouchotte au général Landremoqt exprime son étonnement de la désertion qui s*est manifestée dans son armée. (Arcb. de la ^^uerre, armée du Rhin.)
158 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DB CARNOT. [18 sett. 1793.]
Savait donne àm ordres, 0 y a iongtempa, pour fyre aortir dea liApilaia ies faux mafadaa.
Les intâresiës, pn^ëtaires des maisons dànoUes antonr de Stnsbomg, en eiëcntion de h loi da 10 jnillet, ne devraient pas trooYer un ëdio dans k général de Tannée poor iaire parvenir des ninnnores qni ne partent pas de bons citoyens.
Ce général vons prie de bire rectifier une errenr dans le fadktin dn 3o août; je pense qne vons trooveres sa demande josle.
Quant à sa proposition de tftter le roi de Pmsse pour le déladier de la ligne et loi faire reconnaître la R^nUlqne, j*y vois mie pdîliqne pen édairée et pea nervense. Les despotes ne traiteront jamais avec noos qne dans Te^ir de nons tromper.
J. BovcaoTTS.
(Orig., Afdi. de la goerra, armép dn Rhin.)
PAAIS, 17 8KPTBMBU 1793.
LB MIHISTaB BB LA 6UBBBB ■tmC«»lfB AO OOIflli M 8ALUT PDBUC.
ilmlyse.— Envoi de la copie d*nne lettre da commissaire des bdle, datée de Lnçon, le 6 septembre, et de la réponse faite par piosienn mandants de corps à one lettre de Tuncq. «Vons verres par la première le détail de la défaite de cette division et par la seconde les reproches qne Ton fait à œ générd de son absence de Tarmée à Tépoqae où elle a été attaquée.»
(Orig., Arch. delà guerre, amée des Cdtet delà RocbeDe.)
WI8SBMB0UB6, l8 SBPTBMBRB iT^Z^^K LB GKPiiRAL LANMBMONT AU MINISTBB DB LA CUBBBB BOUGEOTTB.
WiyBrmboarg , le 1 8 teptanbre 1793 , Tan t de la R^blM|iie francité vas et indmgibk.
LANDnEMMT, BtllinAL BN CEBF DM VàUmiB 90 BÊtH , àV MINISTBB DB LA GVBBBB,
Voici à peu près ce qui s*est passé à l'armée dn Rhin leii,lei9,leiSet le 1 i dn présent mois. Mes occupations ne m'ont pas permis de vous en faire |das tôt le rapport détaillé.
<') Caniot est présent à la séance dn au ministre de la marine (d*Albarade) de
Comité. (Cf. Aukrd, VI, S5i.) Ce joor faire construire un aflttt de canon poorles
même il écrit de sa main deux arrêtés : vaisseau d'i^irès les prineqpea dm génénl
1* arrestation de Rouget de Lisie; 1* ordre Monldembert.
[tSsBPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 159
DqnÛB le pea de temps que je eommande provisoirement en chef, je n^avais ptt encore visiter tons les points que nous sommes obliges de couvrir et de défendre. Les gorges m'avaient inquiété par la diq)arition du général de brigade, nommé d*Ariandes(*\ qui avait commandé pendant près de six mois les troupes de la République dans cette partie ('). J^avais pris, eonjointement avec ks reprétenlanis da peujde, des mesures qui devaient me rassurer en confiant la défense de ce poste important, qu'occupe Taile gauche entière de Tannée, au générd Ferey^'\ très ancien militaire, bon républicain, brave soldat, et à Tadjudant général Miribd. •
Pai tenu, le 8, un conseil de guerre, où ont assisté les six représentants du peuple, Hilhaud, Ruamps, Borie, Mallarmé, Lacoste et Michaud. Il a été décidé dans ce conseil que Tannée ferait une attaque générale dans le haut, moyen et bas Rhin à jour fixe. En conséquence, le la, j'ai ordonné le passage du Rhin et Tattaque sur tous les points à la même heure, quatre heures du matin. Le 1 1 , qui était la veille de notre attaque projetée, j'apprends qu'à une heure du matin notre camp retranché de Nothweiler a été attaqué, surpris, que nos troupes ont été forcées, que cinq de nos canons ont été pris et que l'ennemi est déjà au Dahnbruck, près de Lembach. J'envoie des forces et je donne ordre d'attaquer, de reprendre le camp retranché, à quelque prix que ce soit. J'avertis le général Schauenbnig, qui commande l'armée de la MoseQe, de se tenir sur ses gardes et prêt k défendre le passage des gorges oii Tennemi avait pénétré. Je me rends le soir à Lembach , j'ai une conférence avec l'adjudant général Miribd et avec le général Ferey. J'étais alors pleinement assuré par différents rapports d'émissaires, de déserteurs ennemis et de nos soldats eux-mêmes, que le scélérat d'Arlandqp,
(0 Louis-FrançoifrlHerre d'Ariandes, ne à Toomon (Ardèehe) le 10 mars 1769, vokiitaîre au régiment de Bouriionnais- Infrnterie le i** mai 1 769 , sous^ieatenant le 16 avril 1771, lieatenant le i3 janvier 1 777, lieutenant en premier le 3 juin 1 779 , capitaine en aecend le 8 octcère 1781, capitaine commandant le 3 juiUet 1787, dëralier de Saint->Loms le 5 mai 1791, lîeutenant-cokNiel le 17 juin 1799 , gén^ de brigade le 90 mai 1793 « confirme le 3o juillet raivant
^ D*Ariandea commandait le camp de Nothweiler; il avait abandonné sea troupes le aA août 1793 et était pa»é dans le camp proancn. (Cf. A. Gbuquet, H'iMMi6oiir^, t45.)
» Oaude-François Ferey, né i Gray (Hante^SaAne) le 99 décembre 1793, ^ d*mi marchand de boBofii, lieutenant d*un régnMnt de Mareil le 19 avril 1763, lieutenant de Royal -Loiraine-lnfiuiterie le
1 5 janrier fjhk et de grenadiers le 90 décembre suivant , lieutenant en premier le 19 janrier 17&8, réformé avec le régiment en 17&9, capitaine au bataillon de D6ie le 95 janrier 1760, capitaine de grenadiers le 1** janrier 1761, chevalier de Saint-Louis le 19 juillet 1763, retraité le 93 octobre' 1783, capitaine, puis commandant de la garde nationale de Gray en 1789 et 1790, élu adjudant -major du 1 0' bataillon de la Haute-SaAne le 7 aoAt 1791^ général de brigade provisoire te 96 août 1793, commandant de la place de Bitche par arrêté de Le Bas et SÎdnt- Just le 5 (nmaire an 11 (iB novembre 1793), cesse ces fonctions le i5 thermidor an m (9 août 1795), retraité le 11 prairial an IV (3o mai 1796), retiré i Gray, où il rivait encore en 1800. Le général Ferey avait fait les campagnes de Flandre de 17A& à 1768, d'Allemagne en 1761 et de Genève en 1788.
160 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [iSsspt. 1798.]
non dispara, maû bien émigré dans les jours de combat du 99 au 98 aoAt, avait conduit les ennemis sur le camp retranché de Nothweiler et qu'après leur inAme victoire-, due à la lâcheté et à la trahison , ils avaient crié : Fire i'ArbminI Je ne suis pas peu surpris que d'entendre Miribd prendre en main la justification de ce traître et soutenir encore qu'il n'était pas émigré , s'efforcer de me persuader que tel chemin était coupé, comme il devait l'être, pour empêcher l'ennemi d'y passer, tandis que je savais des habitants qu'il ne l'était pas^'^ Ces discours et autres me renchrent Miribel plus que suspect, et je revins très promptement à Wissembourg auprès des représentants, à qui je fis part de mes soupçons et de mes vives alarmes; ils n'ont pas balancé et ont arrêté que Miribd était suspendu et serait mis sur-le-champ en état d'arrestation. J'ai fait exécuter diligemment cet arrêté et j'ai envoyé dans les gorges les deux ac^udants généraux, Saint-Cyr^'^ et Malet (^\ qui , avec le général Ferey et Trentinian ^*\ commandant du 7' bataillon d'infanterie l^re, se sont conduits en vrais républicains et avec toute la bravoure, l'intelligence et le concert que je pouvais attendre d eux.
J'attaque le 19 , à quatre heures du matin, comme il avait été décidé dans le conseil de guerre. L'aile gauche, aux ordres du général Ferey, repousse les enne-
{'> Cf. A. Chuquet, Wmmhourg, p. 1&7 et suiv.
(*} Laurent Gouvion Saint -Cyr, ne à Toul (Mcortlie) te i3 avril 1764, Gb d*un tanneur, volontaire au 1*' bataillon des chasseurs de Paris le 1*' septembre 1799* capitaine le i*' novembre 1799, adjudant général chef de bataillon à Tarmëe du Rhin le 11 septembre 1793, adjudant général chef de brigade le a 1 nivôse an 11 (10 janvier i79A)« général de brigade provisoire par arrêté du représentant Uenlz le 17 prairial an n (5 juin 179A), confirmé le 92 (10 juin), général de division le 16 fructidor an 11 (9 s^tembre i794)« maréchal de TEmpire le 97 août f 8 1 9 , ministre de la guerre du 9 juillet au a8 septembre 181 5, ministre de la marine le 98 juin 1817, ministre de la guerre du 19 septembre 1817 au 19 octobre 1819, mort à Hyères (Var) le 17 man i83o.
(^) Claude -François de Malet, né à Ddle (Jura) le 98 juin 175&, mousquetaire i la 1** compagnie le 97 décembre 1771, réformé le i5 décembre 1776, capitaine le 1" juin 1791, aide de camp du général Charles de Hesse le t" août 1 79 1 , capitaine au 5o* dlnfanleric le 96 mars 179], adjoint aux adjudants généraux
le 1*' mai 1799, adjudant général chef de bataillon le 3o mai 1793 et chef de brigade le 9& germinal an iv (i3 avril 1796), général de brigade provisoire le 96 thermidor an vu (1 3 août 1799), confirmé le 97 vendémiaire an viii (19 octobre 1799)1 suspendu le 18 mai 1807, admis à la retraite le 3i mai 1 808, fosilié i Paris le 99 octobre 1819.
<*) Jean-Jacques Trentignan, dit Trentinian, né à Montpellier le 18 juin 1739, fils d*un maître tailleur d^habits, volontaire au régiment de dragons de Jamac en 1769, réformé le i*' aoât 176&, soldat dans la t^on royale le 91 avril 1767, rang de sous -lieutenant le 16 octobre 1768, rang de capitaine le i& janvier 1779, réformé avec le corps le i5 juillet 1776, attaché, comme capitaine, au 19* chasseurs à cheval le 8 avril 1779, chevalier de Saint-Louis le 98 décembre
1783, capitaine commandant au bataillon de chasseurs des Alpes le 93 septembre
1784, lieutenant-colonel du 7* bataillon d^infanterie légère le 5 février 1799, retraité le 8 juillet 179&, mort en septembre 1817. Cet officier avait fait sous Tancien régime les campagnes de Corae en 1768 et d'Amérique de 1781 à 1788.
11 signait Treulignan et Trenûmtm*
Ii8 8BPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 161
mis du Dahnbruck jusque sur le camp retranché de Nothweilar; mais là elle essaie la plus vigoureuse résistance et, malgré les eSbrts de courage que la di£Bcolté des hauteurs presque inaccessibles n'a pu rebuter, les braves soldats qui les avaient gravies ont été forcés d'en redescendre en se couchant sur le dos , au milieu du feu le plus vif de Tennemi placé devant eux.
Le 1** bataillon du 46' r^iment, commandé par le citoyen Siscé^*^ a soutenu avec une constance que rien n'a pu ébranler, depuis le matin jusqu'au soir, le feu le plus continuel de six bataillons ennemis et de leur artillerie; il n'a eu que six hommes de pris ou tués et dix-sept blessés. Le 1" bataillon de Lot-et-Garonne , commandé par le citoyen Campagnol ^'\ a chargé l'ennemi, l'a enfoncé et mis en déroute. Il n'a eu que deux hommes tués , seiae braves soldats et un capitaine blessés. Le 3* bataillon de RhAne-etrLoire, commandé par le citoyen Desgninge^'\ a soutenu pendant cinq heures un feu continuel , dont il a eu huit hommes tués
(*> Jean-Baptiste de Bressolies de Siscé , né à Auviilar (Tam-et-Garoime) le 9 3 décembre 1753, fib d*un ancien brigadier des gardes du Roi, sous^iieutenant au régiment de Breti^e le 19 janvier 1771, sous-lieutenant de grenadiers le 4 juillet 1777, lieutenant en second le 98 avril 1778 et en premier te 8 août 1780, capitaine en second le 96 mai 1783, chef de balafllon le 91 août 1799, chef de brigade provisoire par les représentants près t^année du Rhin le 7 septembre 1793, génénd de brigade provisoire le 96 prairial an 11 (i& juin i^gà)^ confirmé et employé k Tarmée de la Moselle le 95 prairial ao m (i3 juin 1796), employé è raruiée d'Angleterre le 1 6 aoât 1 799 , réformé le 90 février 1801, compris dans l'oi|{anisatiôn du 99 mars 1801, en nonadirité le 93 septembre 1801, commandant de la Légion dlionneiir le 16 juin 180&, retraité le 93 octobre 1811, mort s Auvâlar le 3o novembre i838. Le général de Siseé avait pris part en 1781 au siège de Blahon, et en 1 783 i celui de Gibraltar, oè il avait reçu plusieurs contusions sur les fameuses batteries flottantes, n iiit bleasé deux fois pendant les guerres de la Révolution , d*un coup de feu- è la jambe droite à Taffaire du Schiniel, le i3 jaiUet 179^, et au bras gauche h Kehl le 10 janrier 1797. It signait avant 1789 BnuUU» dt Siëcé, cl ensuite Siêcéy ou UressoUes Sitcé, ou Sûeé BrftêoUei,
(*) Darid-Pierre de Lart, chevalier de Campagnol, né au chAteau de !a Cosle, paroisse de Saint-L^r (Lot-et-Garonne), le h septembre 1734, engagé dans Royal- Artillerie le 4 septembre 1767, cadet le 10 décembre suivant, sous-lieutenant le i4 avril 1768, capitaine le 19 novembre 1763, chevalier de Saint-Louis en 1779, major le 5 avril 1780, lieutenant-colonel en premier du 1" bataillon de Lot-et-Garonne le 18 juin 1793.
('} Antoine Grange, dit Desgrange, ne à Lyon le h janrier 1767, engagé au régiment de Lescure-Dragons le^i mars i775« brigadier, congédié à Niort le a mars 1783, marchand de rin, fusilier, puis sergent-major de la milice bourgeoise de Lyon du 90 mars 1783 à 1790, élu capitaine des grenadiers au 9* bataillon de Rhône -et -Loire le i3 octobre 1791 et commandant le 1*' juillet 1 793 , général de brigade provisoire par arrêté du représentant Hents à l'armée du Rhin le 93 prairial an n (11 juin 1794), non compris dans Torganisation du i5 messidor an ni (3 juillet 1795), admis à jouir du traitement de chef de brigade réformé le 97 vendémiaire an vu (18 octobre 1797)1 retraité comme adjudantcommandént le 6 juin 1811. Le général Desgrange était juge de paix du canton de Sainte -Colombe- lès -Vieiuip depuis 1808, et il demeurait à Imuv (Rhône) en iHi5.
l«rBIMt»IK lAIIWkALL.
16i CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 bipt. 1793.]
et trente biemës, parmi leiqneb un capitaine, nn lieutenant et nn 0oii*-iieii* tenant, qui a été pereë de aept coups de baïonnette. Ce capitaine et ce 9on»-iieotenant étant assaillis par six ennemis, furent secourus et dâivrés par nn seul volontaire, le brave Jubert, natif de Montbrison. Un autre capitaine dn même bataflion, enveloppé par dix satellites autrichiens, a été secouru par un grenadier et quatre volontaires qui lui ont fait jour. Voici les noms de ces trois volontaires : Gherrier, capord, natif de Meximieux; Éf>inard et Léonard, fusiliers, toos deux natifii de Lyon. Le grenadier a trouvé une mort glorieuse nn peu après cet acte de bravoure; il se nommait Gauthier.
Les trois commandants de ces excellents bataiBons ont montré dans cette journée qu'ils étaient dignes de commander drtels soldats, comme ceux-ci ont prouvé qu'ils étaient dignes d'avoir de tels chefs. Si leurs eflbrts n'ont pas été coaitHmés du succès, qui devait être la reprise du camp retrandié de Noihweiier, c'est que les ennemis y étaient en forces trop supérieures. C'eût été déjà beaucoup de les avoir seulement arrêtés; ils ont bit plus, en les repoussant et en les pouranivant avec impétuosité. Je n'ai pu savoir la perte de l'ennemi, parce que nos troupes étant obligées de se retirer dans leurs positions de Bobenthal, Gliiaherh et Lembach , l'ennemi a dans la nuit relevé tous ses morts et blessés; mais j'ai été bien informé que ce tranqiort s^est fait par 3^3 charettes ou chariots, qui ont été fournis par les habitants.
Pendant que l'aile gauche de l'armée défendait si vigoureusement le passage des goiges, l'aile droite, commandée par les généraux Dubois ('\ Desaix^'^ et Michaud^*\ attaquait les Autrichiens et les émigrés sur trois colonnes dans la
(0 Paol-Aleiis Dubois, né à Guise (Aisne) le 97 janvier 175a, soldat au régiment de Lyonnais le 16 août 1770 , brigadier le 5 avril 1780, maréchal des logis le 10 septembre 178 A , adjudant le 99 dé* cembre 1786, sous^ieutenant le 1* mars 1791, lieutenant le 17 juin 1799, lieutenant-colonel au 17' dragons le 96 janvier 1793, général de bngade provisoire le •!& aoàt 1793, génénd de dirision provisoire le 10 mars 179^, confirmé le 3o du m^mc mois, tué à la bataille de Rovpredo ir k septembre 1796. (Cf. L. Hennet, Le général AUtù DuboU, et Jacques (ihanivay, Lm généraux morU fmtr k pairie, p. 36.)
^*) Louië^arles-Antoine Desatx, chevalier de Veygoui, né au chAleau d'Ayat (Puy-de-Dôme) ie 17 août 1760, admis è Técole militaire d*£ffiat le 18 octobre 1776, sous-lieutenant le 8 juillet 178a, lieutenant le 9& novembre 1791, capitaine le a 3 mai 1799, adjudant général
chef de bataillon le ao mai 1793, général de brigade provisoire le 90 août 1793, général de division provisoire le 90 octobre 1793, confirmé le 9 septembre 179Û , tué à la balaâle de Mareogo le i& jaôn 1800. (Cf. Jacques Gharavay, Las gémirmue fmmi» pour U pain», p. 79.)
(*) Glaude-Ignace-François Michaud , né à la Chaux-Neuve (Doubs) le 98 octobre i7Si,fils du greffier de cette viHe, volontaire au 5* chasseurs à cheval 1^ 10 septembre 1780, congédié le 39 novembre 1783, capitaine an s* bataillon des volontaires du Doubs le 9 octobre 17914 lieutenant-colonel le 99 décembre 1791.
commandant temporaire i Délemont le 10 octobre 1799, puis i Porrentmy, général de brigade à fainiéc du* Rhin le 19 mai 1793, général de division le a& septembre 1 793 , commandant en chef de Tarmée du Rhin le 19 nivôse an it (8 janvier 179&)« de Tannée d* Angleterre par intérim le 16 messidor an vu (à juillet S799)
[i8 siPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 163
foréi du Bienwaid, da c6té de Lauterbourg. La mitraille, les balles et les baïonnettes répablicaines ont purgé cette forêt da souffle impur de deux mille de ces esdaves, qui ont mordu la poussière. Le reste de la horde a été mis en fuite. Plus de cent de leurs chevaux ont été tués; un boulet de huit leur a démonté une pièce de aS; un obus leur a fait sauter un caisson; deux batteries ont été emportées par les soldats qui combattent pour la liberté. Un obusier et trois canons ont été endonés; une compagnie d^artilleurs a été prise tout entière avec son eommandant Le général Dubois ne s'est vu dans le cas de se retirer dans ses retrandiements de Lauterbourg que parce que ses munitions étaient épuisées par l'opiniâtreté d'un combat de douze heures, dans lequel on a distingué, parmi tous 1» batàilionB qui ont signalé leur intrépidité, le 3* bataillon du 78* r^me^t, qui n'« pa» perdu une seule occasion de faire des preuves de videur.
Im centre de l'crmée n'est pas resté dans l'inaction, quoique les batteries formidables des ennemis, et notamment les pièces de aS et de 97, fussent les armes que ces Uches défenseurs du despotisme et de la tyrannie opposent dans cette pairtie à toutes le« srttaqne» des braves soutiens de la liberté. Les émigrés, qui étaient campés entre Barbelroth et Bleisweiler, ont pris la fuite à la première apparition des sans-mri«ttes de la gauche du centre, qui, au premier coup de canon, leur ont flttsanter un caisson, dont l'explorion leur a fait perdre la tète; ils ont été poorauMs jusqu'à Kedersteinbach. Les hussards de la liberté sont venus fondre^aor detx redoutes, kes ont emportées le sabre à la main et ont chargé une cavalerie tmia foîa aussi nombreuse qu'eux, qui n'a pas osé les attendre. Un de ces hussards, assaiHî par «Kx hussards autridûens, ne s'est pas effrayé de leur nombie : il s^eat bien défendu, a donné et reçu plusieurs coups de sabre, et ses camarad» ont eu le temps de venir le secourir en donnant la chasse aux hussards ennemis. Ce r^fiment de nouvelle création est un des meSleurs que nous ayons : il ne se passe aucune afihire où il ne signale sa valeur. Joseph Westemuin ^^\ qui le commande, est un officier distingué par son cèle, sa bravoure et ses connaissances niilîtaîreB. On ne peut lui refuser' une part de l'honneur que ce riment anpiiert tous les jours.
Le 8* de diasseurs à cheval a perdu un officier, nommé Thiéry, et plusieurs chevaux, qui ont été tués par les boulets de aS et 97. Dans un moment où ils se sont un peu trop abandonnés à leur ardeur, quelques chasseurs ont été blessés.
et de Farmëe de HoHande le 97 fructidor an xm '(!& septeiftbre i8d5), gouvemeur ÇéôM des vjâes' hanséatiques en novembre t8o6 et de Mi^ebourg le no février 1 808 , inspecteur général d'inOuiteric It th tml t8i.3, retraité le 9& dérenibrc 18] A, moK à Liuancy (Seine-et-Marne) le 19 septembre i835.
^') Wançôîs- Joseph Westerman, né i FcMSlrange (Moselle) le 16 décembre 17(3, entré au régiment de dragons de Sckoberg le a8 mai 1761, brigadier-
fourrier en 1764 , porte-guidon le 1 9 juMiet 1770, lieutenant en second te 17 novembre 1784, lieutenant en premier le 10 juillet 1787, décoré de Tordre du Mérite militaire le 16 octobre 1791, capitaine lo a5 janvier 1799, lieutenant-colonel du 7* dragons le jiè janvier 1 793 , chef de brigade au 7* hus* sard le 1 5 juin 1793 , mis en arrestation le iH brumaire an n (8 novembre 1798), retraité le 11 novembre 1796, mort le 98 juillet 1819. Joseph Westevman avait été blessé le 96 octobre 1796.
164 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [iSwrr. 1793.]
A ta droite da centre de l'année, le fea de la moofqoeterie répabBcaine a commencé k trois heures et demie du matin, dans la partie de la forêt dn BieBwaM qai touche le village de Schaidt , et n*a cessé qu'à sqit heures du soir. Le. 9* bataillon d'Eunyet-Loir 8*est répandu en tirailleurs dans cette forft, na cessé de tirer sur les ennemis depuis la pointe dn jour jusqu'à la nuit On peut dire de ce baUillon que son bonheur a ^^é sa constenoe et son coun^, car 3 n a ^HtNnré aucune pôle.
Le 3* dn Bas-Rhin n'a pas été moins intrépide, mais il a eu trois hommes tués et quatre blessés près de Bei^gzabem, derrière la seconde redoute des ennemis. Deux oflkiers aussi ont été blessés; j'ignore leurs noms. Un bouki est venu mourir sur le genou d'un oflicier des chasseurs dn Rhin, d'une valeur distinguée, sans lui faire la moindre contusion. Cet officier se nomme Deqprès. Un citoyen, directeur de la verrerie de Sainl-Qnirin, venu avec les braves Voagiens, a été blessé d'un édat d'obus à la jambe. Ce citoyen se nomme Sdiamo.
La perte de l'ennemi n'a pu être évaluée, mais elle est oonsidérahie. Il y a eu grand nombre d'émigrés, tués et blessés dans la forêt de Bienwald, et panni eux beauooiq> de porte-eroix de Saint-Louis. M. le comte de Mauny, du nombre des |)orte^roix, a été bit prisonnier. D a fiut part des espéranees des émigrés, qn^il a lui-même r^ardées comme non douteuses. Sdon M. le comte, nous ne devions pas garder les lignes encore trois joun et avoir un roi avant quatre mois. Il a parié de Custine comme d'un lâche, qui était mort s» etfticm; il a promis qu'il saurait mourir mieux que lui pour son roi et il a tenu parole. Pour mettre à même les émigrés de ne pas ignorer son sort, il a été ordonné que M. le comte serait fusillé à l'avant-garde, le i3 à six heures dn soir. Sa dernière parole qu'il a souvent répétée fut Viveni k Roi et k Mmmm de Bfmrhm^^^ I L'avantrgarde a ré* pondu Viœ la BipMiqMê! et a répété longtemps après lui le cri si cher à rannée du Rhin. Cet émigré a parié aussi du scélérat d'Arlandes et a dit qu'il était méprisé comme un traître, ^ai aaoîit èptmêè k hmne coûte fvtp tard; il a témoigné qu'il estimait un patriote ferme dans son opinion. D était, avant son émigration, rapitaineau i3* riment d'infanterie, ci-devant Bourbonnais; depuis il était par* venu au grade d'appointé parmi les chevalien de la Couronne et se voyait à la veille d'y être caporal. Il a déclaré que, s'il n'avait pas cru défendre la bonne cause, il n'aurait pas, lui et ses confrères, enduré la faim et la misère qu'ils ont supportées, ne vivant que de pommes de terre et couchant dans la boue.
J'avais lieu, citoyen ministre, d'être fort content de la journée du ta, à laquelle il ne manquait, pour la couronner, que d'avoir repris le camp de Nothweiler, et j'attendais, pour suivre mes projeta, que le passage dn Rhin à Huningne, ^rasbourg et fort Vauban, eAt opéré la diveraion que je devais en attendre; mais j'ai appris, le i3, que les bateliers de Strasboui^g avaient en partie refusé d'oliéir aitx ordres du général Sparre^'^ et que les autres avaient eu Tair
(*) Cf.A.Ghuquet,ff'ttMfii&oMi;(f,p. 157. 11 jui0eli7&3,fapitaineles&marsi7&5,
('> A)exandre-Séniphin-Jofleph,rointede colonel et propriétaire dudit r^pment le
Sparre, né à Lille le 6 septembre 1736, as avril 1756, brigadier le s& novembre
eii9ci(rne au régiment Royal -Suédois le 1766, maréchal de camp le 3 janvier
[iSsiTT. 1793.] CORRESPONDANCE MnJTAIRE DU COMITÉ. 165
de Toaioir les exëcatw, sans rien effectuer, et que , remplissant mal ce qui leur était prescrit, ils avaient dirige les troupes, qui devaient les aider et les soutenir, de manière qu'elles ont essuyë le feu des batteries ennemies et que plusieurs soldats ont éié tnës et blessés. J'ai recommandé la punition du conducteur de ces bateliers.
Le général Sparre n'en a pas moins chauffé le fort de Kefal en y envoyant des obus et des bombes, dont une a mis le feu au magasin à poudre, qui a fait explosion. Le feu des bâtiments allumé par nos batteries lui a paru se communiquer k la petite partie du pont attenant à leur tarain; il n*en a pas tenu compte, parce qu'elle est séparée du reste du pont et qu'il y a interruption de commu* nication, mais, s'étant aperçu que le pont était goudronné et que le feu y faisait des progrès , il le fit couper k deux tiers de notre bord , sous la protection de notre canon, et fit retirer les bois de notre côté. Ayant été instruit par le conunandant da fort Vanban, Cbambarlhiac ^^\ qu'il avait vu partir, dans l'apràs-midi du 1 a « de l'inianlerie, de l'artiUerie et de la cavalerie ennemie qui remontait du cAté éeKeU, il s'est décidé k brûler entièrement le fort et le village danq la journée do i3. Tout a été détruit.
Trois mi&e citoyens de la garde nationale de Strasbourg étaient réunis à noa troupes. liBs uns et les autres ont montré le plus grand zèle et la plus grande ardeur. Les canonniers ont donné des preuves du courage le plus soutenu; ils n'ont pas quitté leurs batteries pendant trois jours et ont refusé d'être relevés; ik ont prouvé aussi qu'ils entendaient leur métier.
Il est bien flatteur pour moi, citoyen ministre, de pouvoir vous rendre un compte avantageux de la presque totdité de l'armée que je commande, et je regrette beaucoup de n'avoir rien k vous dire des troupes du fort Vauban. Les pontonniers ont absolument refusé leur service, ils ont fui et rien n'^ été tenté. Si les batdiers de Strasbourg et les pontonniers du fort Vauban eussent été des répoMicains, ce jour était cdui de la débite de nos ennemis et d'un triomphe complet pour la République.
A Huningue, il n*y avait ni bateaux, ni attirails de pont, le tout ayant été transporté à Golmar par ordre de Beaubamais pour être réparé. En conséquence il était impossible de rien faire et il a bien fallu remettre la partie à un autre moment.
D y avait déjà trois jours que le camp retranché de Nothweiler était au pouvoir des eimemis, qui comptaient bien tenir les gorges et espéraient tous succès des intelligences que le trattre d'Arlandes s'était ménagées en émigrant; mais j'y avais alors Saint-Cyr et Malet, adjudants généraux, Trentinian, chef du 7* bataîHon d'in&nterie l^re, et le général de brigade Ferey. Le 1 4 , à la pomte du jour, le 1" bataillon de la Haute-Saône, le 10* des Vosges et le 7* d'infanterie
1770, ioqiecteur des troupes en Alsace te >793, autorisé k prendre sa retraite le
*k juiHet 1778, lieutenant général ie 1 3 frimaire an ni (a décembre i79A)et
1** janrier 1786, commandant en chef de retraité ic 16 germinal (5 avril 1796). Il
ftnn^ du Centre en septembre 1799, avait fait les campagnes de 1746 à 1768
MaiiMDdant ie moyen Rhin k Strasbourg le et de 1 757 i 1 76a.
%h van 1793, suspendu le 19 septembre O Cf. t. I, p. 69.
166 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [iS »rr. 1793.]
l^ère sont sortis de Bobenthal ei ont ptra devant rennemi, qn^îb onl atlaipé par la gauche dans le camp retranche. L'ennemi aoasitAl y a porté des forces. En même temps, six antres bataillons Tont attaqué par sa droite; Tune et Tantre aile a fidt une vigoureuse résistance et le sort du combat était indécis, lorsque le 9* bataillon du RhAne-et-Loire et le 1* de Lot-et-Garonne ont gravi les hantairs, pour attaquer le centre. An même moment Taction est devenue des {dus chaudes; Tennemi, égaiemeni pressé de toutes parts, 8*est ébranlé. Le citoyen Boreaa, lieutenant du 7* bataillon dlnbnterie libère, a sauté le premier dans les retranchements; il a été bientôt suivi de ce brave hataiUon et de tous les autres, qui ont bit un feu républicain et chargé ensuite Tennemi à coup de baïonnettes et même de crosse de fusils. La déroute des esclaves a été complétée par la mîtraflle de nos piècek, portées à bras sur les hauteurs. lisent fui, en abandonnant leurs armes et tout ce qui existait dans le camp. Les soldats de la patrie les ont poursuivis jusqu'au ddà de Bundenthal , où ils ont pris quinie cents fusils, deux pièces de canon, des sacs d'avoine et de sd, des gai^nsses pour pièces de A, des marmites, des bidons, des sacs à peau, que nous avons reconnus pour être à nous, etc. Le camp retranché, le vallon qui est au bas, la route et le village de Bundenthal étaient jonchés de leurs morts. Le 1 5 on en a trouvé eocare plusieurs dans les bois qui s'y étaient réfugiés et qui étaient mwts de leurs blessures.
Le i*" bataillon du district de Mouxon-Meuse^'^, département des Vosges, ayant pour commandant le citoyen Raoul ^*\ s'est trouvé à cette attaque et a eu part à la victoire^''. Tout les cheb de bataillon, qui ont combattu à cette action, méritent les plus grands éloges, particulièrement Trentinian, Campagnol, Siseé et Des^
(*) Nom révolutionnaire de NcufchA* teau. (Cf. A. Bouvier, Ln Vmga pmiémt èa Rhohuioii, p. s se.)
«) Charies-François Baoul, né k linoile-6rand (Vosges) le 5 avril 1769, enrélé au régiment de Banigny - Infanterie le, 1*' novembre 1776, caporal de chasseurB le 9 avril 1780, seigent de fusilierB le 90 décembre 178s, congédié le 9 novembre 1786, capitaine de grenadiers au 1*' bataillon des Vosges le 3o aoàt 1791, chef de ee bataâlon le s septembre 1 793 , général de brigade à Tannée des Ardeuies le a avril 179&, suspendu par les représentants le 3 juin suivant, réintégré dans ses fonctions et employé à Tannée des Pyrénées-Occidentales le 17 août 179^, employé k Tarmée de TOuest le 10 août 1796 et k celle de Rfaîn- et -Moselle le 3 décembre 1796, réformé le i& avril 1796, rappelé k Tactivité et employé k Tarmée des Alpes le 11 juillet 1799, employé k Tarmée do Batario le 18 décembre
1 800 , admis au traitement de réforme le si mai 1801, rappelé k Tactivité à Tarmée du Nord le i5 août 1809, admis k la retraite le i4 mars 1810, commandant le département des Vosges le i5 avril i8i5, employé k Meti le i3 juin i8i5, remis dans fa position de retraite le ao août 18 15, mort k NeufchAteau (Vosges) en
(4 Le 1" bataillon des volontaires nationauK des Vosges fut formé le aS août 1 791 . 11 comprenait le contingent des districts de Neufcbiteau et de Lamarche.
(Cf. A. Bourier, Les Vo$gu pmÊdant h RnoluUon, p. 457.) — Le 95 s^tembre 1793, le général Ferey certifia que les deux bataillons d^agricoles de Mouton- Meuse, commandés par le citoyen Raoul, s'étaient bien comportés tout le temps qu'ib avaient été attachés à sa brigade et avaient agi en bons patriotes et en vrais républicains. (Cf. Areh. adm. de la guerre , dossier Raoul.)
[i8 sm. ^^g3.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 167
(frange. Ce dttuier a été frappe an front d'une balle amoiiie, qui ne lai a cause qn'nn étourdiaBement dont il s'est remis aussitôt et qui ne Ta pas empêche de smvre son a&ire. . * ' *
Je dois aussi louer le général de brigade Ferey, qui s'est porté au milieu du feu et a montré autant d'activité que de zèle et de courage, malgré toute son' ancienneté. Les adjudants généraux Saint-Cyr et Malet se sont aussi montrés capables et dignes de commander des soldats républicains. Le citoyen Malet, quoique souffrant des dents, ayant même un accès de fièvre, est resté à la tête des baUilloDs qui ont attaqué la gauche de l'ennemi , jusqu'après la victoire assurée, f ^e citoyen Saint^jyr n'a pas peu contribué aux succès de l'attaque et à la reprise du camp retranché de Nothweiler.
Le général en chef de l'armée du RUn,
Landrbho'ht.
(Orig., Arch. de U guerre, arm^ du Rhin.)
PERPIGNAN , 18 SEPTBMRRE 1793.
LE GliNiRAL RESNIBR ^^\ COMMANDANT TEMPORAfRR DE L4 PLACE ,^
AU GOMITlf DE SALUT PUBLIC.
Analjfie, — II mande que le 17 septembre les Espagnols, campés k la hauteur de Peyrestortes, ont attaqué le poste du Vemet et s'en sont emparés, mais que le générai d'Aoust^'^ reprit ce poste le même jour k neuf heures du matin et, k cinq heores du soir, attaqua les Espagnols dans leur camp , dont il HVm|Nira après on cranbat de cinq heures ^*K
(Orig., Arelu oat, armée des Pyrénées orientales.)
(I) Gt Ul,p. sSa.
(*' Eustaclie-Gharies- Joseph, marquis d*Aoiist, né à Douai (Nord) le 97 février 1 763 , second sous-lieutenanl sumumërairc sans appointements au régiment d'infanterie du Roi ic 91 i^vril 1778, sous-iieutenant le i& avril 1789, lieutenant en seeond le 93 avril 1786 et en premier le 16 août 1789, capitaine aide de camp de Rodiambeau le 1*' avril 1791 , de Luckner le si avril 1799, et de Biron le ]3 juillet suivant, colonel le 7 octobre 1799, général de brigade provisoire en juin 1793, chef d*état-major de Tannée des Pyrénées orientales, général de divi-
sion provisoire te 7 aoiH 1 793, en rempKicement de Puget-Barbantane, général en chef provisoire de l'amiéo des Pyrénées orientales le 16 septembre 1793, en attendant Tarrivée de Dàgobert, appelé à Paris te 9 nivdse an n (99 décembre 1793), condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire et décapité à Paris le i& messidor an 11 (9 juillet 179&).
(') Cf. sur la sanglante bataille de Peyrestortes, la lettre des représentants du peuple Gassanyès et Fabre , écrite de Perpignan à la Convention nationale le 1 8 septembre 1793 et reçue le s'i. (Aulard, VI, 563.)
168 CORRESPONDANCE GÉNÉRM.E HE CARNOT. [i8«r. 1793.]
IIIGB, 18 SEPTEMBRE 1793.
LES RKPRfeENTAlITS BARR48, PRIErON, RICORD KT ROBESPIERRE JBURE
Al' G01IIT< DE SALUT PUBLIC ^^\
Nice, ec 18 Mptembre 1793, fan Mfond de la Répablu|ae. LES MPBisEKTAHTS DV fMVFtg P«is LUMMEÊ ù*iTÂUK
Avr connus m sâlvt pdbuc et ùk la wembk beveis.
Nous apprenons, citoyens coUègues, que la Ck>nvenUon n*a poîni encore prononce sur le sort d* Anselme ^*\ lorsque , séparant de sa canae cette du commiasaîre Férus ^^\ elle a déchargé celui-ci d'accusation.
Il est incroyable que personne n*ait entrepris d'éclairer la Convention nationale mr cette affaire, qui nous parait malheureuse sons bien des rapports. D est vrai- Hemblable que ceux qui connaissent Anselme, qui ont été les t^noins de son civisme, de sa bravoure et de sa probité, ont pensé qull n'y avait rien k ajonter à son mémoire justificatif et que cette pièce examinée avec impartialité suflSsait pour
t>) Cette lettre ne figure pas dans le refueil de M. Aulard.
(*) Jacques-Bemard-Modeste d'Anselme , né k Apt (Vaufiuae) ie 99 juitiet 17 &o, fila d*uD capîtaioe au régiment de Souvré, lieutenant dans le régiment de Soî«onnais le 97 septembre 176 S, réformé le 6 août 17A9, enseigne le 97 mars 1769, lieutenant le t*' février 17S6, capitaine aidemajor le 98 octobre 1760, chevalier de Saint-Loub le 18 avril 1770, major du n^giment de Périgord le 90 février 177a cl du régiment du Maine le 96 avril 1775, lieutenant-c4>lonel du régiment de Soissonnais le 17 juillelp 1 777, mestre de camp du second n^ment provinrial d'état-major le 1*' janvier 17 84, premier aide de camp du maréchal de Rochambeau le i*' avril 1791, maréchal de camp le 90 mai i79it employé à Tarmée des Pyrénées le 1 5 fé- \rier 1799, commandant provisoire de la 1 o* division militaire le 3 *avril 1799, lieutenant général à Tarmée du Midi le 99 mai 1799, commandant en chef Tarmée établie à Nice le 3i octobre 1799, mandé à Paris le 16 décembre 1799 et suspendu le 97 du nit^mo mois, a cess4^ ses fonctions le
8 janvier 1793, décrété d'accusation le 1 h février 1 798 , autorisé à prendre sa retraite le 93 germinal an m ( 1 9 avril 1 795^ admis au traitement de réfonne le 1 3 no- \embre 1797* inspecteur des troupes stationnées dans le Midi le 6 décembre 1798, retraité le 97 janvier 1801, membre de la Légion d'honneur le 99 mars i8o5, mort i Paris le 17 septembre i8t4. Le génâral d'Anselme avait fait les campagnes de Minorquc en 1786, d'Allemagne de 1760 à 1769 , de Corse en 1768 et 1769 et d'A-> niérique de 1780 à 1783.
W C^est le 1 & février 1 79S que la (invention, après avoir entendu le rapport des commissaires envoyés à Nice, décida, sur la proposition de Collot-d'Herbois, la mise en arrestation du général d'Anselme et du commissaire des guerres Férus. O dernier avait, du 90 au 96 octobre 1799, dirigé les réquisitions lors de la première eipédition dans la Vésubie. (Cf. Krebs et Morift, Campi^giiss doiu U§ Alpm pendant la Rêvolutiim; Paris, Pion, 1891-1895,
9 voL in-8*, t. I, p. ]38, note 9.) Le 19 août 1793 Férus fut mis en liberté. {iX Momtêur, \ Vn , 435. )
[t8 nrr. 1798.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 169
diitenumer h juslice de la Conveation. Mais noua, qui sommes sur les lieux, qui avons pareoiira divers d^iartements, nous croyons de notre devoir tle vous instroire de Topinion publique à son égaid.
Partout on nous a parié d*Anselme comme d'un sanfrculoite , ardent républicain , »ns fortune , mais d*une probité k toute épreuve, n'étant parvenu k son grade que par sa bravoure et ses talents militaires acquis par quarante-cinq ans de services et {rfnsieurs campagnes. U est pourtant accusé de brigandage et présenté à toute la France comme un bomme sans talents, sans moyens militaires. Cependant Anselme ne parie que le langage de la vérité , lorsqu'il dit, dans son mémoire ('\ que le piUage existait à Nice depuis vingt-quatre heures lorsqu'il y est entré avec sa petite armée ^^; qu'il s'est empressé de fiure une prodamation pour arrêter ce pilhge sons les peines les plus sévères ; que plusieurs soldats , entraînés par l'exemple des Niçards, ont été punis d'après ses ordres. Tous ces faits sont exactement vrais et d'une notoriété constatée.
Nous ajouterons que Nice, à l'époque où notre armée y est entrée, renfermait dans son sein une immensité de scâ^ts de tous les pays, qui devaient naturellement se porter k de grands excès; que les habitants de cette ville et de ce département sont ennemis des Français , et qu'à l'exception d'un très petit nombre ils dépouilleraient, s'ik l'osaient, nos .soldats, qu'ils font assassiner journellement par leurs barbets, qui sont les paysans du pays. Il n'était donc guère possible qa'à l'arrivée de nos troupes il ne s'établit un désordro qui devait favoriser les malveillants, les fripons et compromettre la discipline de l'armée; tout cela est si naturel que nous défions l'homme le plus prévoyant d'avoir pu l'empêcher.
Mais, ce qui est encore très certain, c'est que les effets les plus précieux appartenant aux émigrés avaient été volés par les Niçards eux-mêmes, comme une propriété qui leur appartenait; il y a plus, c'est que les habitants de Nice qui avaient donné des preuves de civisme furent également pillés par les Niçards; il est fiicSe d'avoir la preuve de ce fait.
Ce sont pourtant les Niçards avides de richesses qui ont l'impudeur de faire solliriter une indemnité; eux qui méprisent et discréditent publiquement nos assignats qui perdent ici 9 5 p. 100 ; eux dont la municipdité s'était avisée de taxer le foin à trente livres le quintal et que nous avons réduit k la moitié; eux qui ont encore des couvents de moines et de religieuses, que nous ferons disparaître aujourd'hui; eux, enfin, dont les paysans et les artuans assassinent journellement nos braves, nos intrépides soldats, que les aristocrates travaillent en tous sens.
Qnant aux talents militaires d'Anselme, il suffit de comparer sa conduite, son plan de campagne avec ce qu'a fait le traître Brunet, pour juger lequel des deux méritait mieux la confiance nationale. Le premier avait repoussé les Piémontais avec une très petite perte; le second a été repoussé avec une perte énorme, car
(*) Le mémoire justificatif du général la veille que des marins et des portefaii,
d*Amefaiiê parut au mois de mars 1793. unis k la lie de la population, avaient mis
(Of. MamCiiir, XV, 7s8.) au pillage les magasins de la douane et
'*^ Le général d'Anselme entra en effet plusieurs maisons de la ville. (Cf. Krebs
dans Nice le «9 septembre 179!!, et c'est et Moris, I, i3i.)
170 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [igsin. 1793.]
pfaisde cinq miHe lioinoiet ont péri par Tineptie et b trahison de ce cbef^''. Cert poortanrià l'ennemi d*Anfldnie, eelni qni a ourdi sa perte.
Pourqnoi les dënonciateors d*Anselme, l<MW|a*ib ont M prodignes de cdomnies, n*ont-ib pas instruit tos conunissairfs qu*Ansdnie disait publiquement, lorsqu'on calomniait les braves Parisiens, les jacobins et les patriotes de la Gonvention et qu'on voidait sauver Capet : «Qu'on m'app^e et je marche avec dii compagnies de grenadiera au secours des jacobins, de tous les patriotes, et j^exterminerai la royauté et tout ce qui tient à la royautétu
Voilà, citoyens collègues, des observations que nous croyons devoir vovs eon»muniquer pour lever absolument tous vos doutes sur le eompte d'Anselme et lui Ciire «nfin rendre h justice qu'il mérite et qu'il attend dqiuis trop longtemps. S*il but que les coupables soient punis, il but aussi que les innocents triomphent ^^,
Paul Basias, Piilioif, Ricosa, Roatsma» jeune. (Orif., AreiL adm. <!• la sasm« doaaiar AnadoM.)
55. PABIS, 19 SKPTUTBaB 1793^^^ LK GOmii DE SALUT PUBLIC AU MINISTBB DB LA GUBBBB BOUGUOTTB.
Awâyu. — Envoi de pièces, & lui adressées par les représentants du peuple près Tannée du Nord et relatives à la destitution du général Landrin et aux nominations provisoires qui en ont résulté ^^L
(Minute, Areb. nat., AF n 18S.)
PABI8, 19 SBPTBMBBB 1798.
LR MINISTBB BB LA GUBBBB BOUCHOTTB AU COMITE DB SALUT PUBLIC.
AnahiH. •— Envoi de la copie du rapport du génévi Ihler sur l'attaque qui a eu lieu le 1 9 septembre en avant de Landrecies.
(Analyw, Areh. d« la gaarre, ray. du Comité d« Mlut publie, C, fol. 609.)
(*) Le général Bnmet avait été arrêté cbeiiea, Arch. adm. de la guerre, doMÎer
après une troînèine tentative malheureuse Anselme.)
faite contre TAuthion le 99 juillet 1798. <') Camot est présent k la séance du
(Cf. Krebs et Moris, 1, 996 etsuiv.) Comité. (Cf. Aulard, VI, 565.)
(*) Le Cpmité de salut public transmit (*) Cf. à la date du'i3 septeaibre
au ministre de la guerre, le is octobre (p. 187) la lettre des représentants Trui-
1793, celte lettre des représentants. (Orig. lard et Berlier au Comité sur les motifs
signé par CoUot-d'Herbois et Hérault-^Sé- de la destitution du général Landrin.
[i9 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 171
DUHIBRQUB, 19 SBPtBMBHB lygS.
LES RBPR^SBNTAHTS TRULLARD BT BRRLIBR AU COMITlf BB SALUT PUBLIC.
U.H UKFMisEKTÂltTa DV PKVPU EKVOris PMÈS l'AHMéE ÙV NOM» À ÙONKBHQUK ^ i ÙÈVhS COUÈBUKS MKMMBBS DO COMtré DE BALOT POBUC ^^K
Citoyens collègues ,
Des phintes portées contre qndques individus de Tannëe relativement au pillage nous ont engagés : i* à envoyer dans le sein de l'armée même la commission militaire qui siégeait àDnnkerqne; 9* à faire une proclamation aux tronpes^'^; 3* à destituer un officier qui , à la tète de son bataillon , avait élevé la voix contre le générai Carrion, faisant à ce sujet des re^iontrances.
Copie de nos trois arrêtés est ci-jointe. Nous y joignons également copie d*une kttre que nous avons écrite au général Gigaux^^'^ Ce que nous y di-
W CeUe lettre n'a été qu^analysée dans le recueil de M. Aulard et sous la date erronée du i3 septembre 1793 (VI, 465).
(^ Voici le teite de cette proclamation (copie certifiée par TruUard et Beriier, Ai€LnaU,ÂFu 938) :
vNmUf rffréÊfmîûnU du ffupU^ ntooiféë prèê Vmrwm du Nord à l'armêê commmtdéê par U général Carrùm,
«rGtoyens soldats,
ffCeit avec la plus grande douleur que nous avone ap^nis les brigandages commis per qodqoes individus renfennés dans voire sein. Nous sommes bien loin, braves défenseurs de la patrie, de vous confondre s%ec ces malbeureui qui vous déshonorent 4*n déshonorant le nom français, mais c^est a vous k nous les faire connaître; vous le devet au salut de la patrie. Vous savei, niUnt que nous, que le Français est invincible, quand il demeure soumis a la diiriptine; soyei-le donc: r*est au nom de la patrie que nous vous le demandons. Un pillard, un soldat qui n^obéit pas est toujours un lAcbe, et nous savons que vous séries désespérés d*cn conserver parmi vous..
' «Au camp d*Adinkerque , le 18 seplembre 1793, Pan u de la République rrtncaise, une et indivisible.
«TaoLLiaD, T. Birlibb.d
(') André Gigaux, né à Saint-Iiguaire (Deux-Sèvres) le 3i janrier 1763, fils d*un fermier, soldat au régiment de Vintimille le i5 mars 1768, caporal le 90 février 1770, sergent le 97 août 1770, sergent-major le 11 novembre 177&, adjudant le 11 juin 1776, porte-drapeau le 19 février 1780, sous-lieutenant de grenadiers le 11 juin 1 78^ et lieutenant te 3 octobre 1786 , adjudant-major le 1*' mars 1791 , capitaine de grenadiers au 69* régiment le i5 septembre 1791 , lieutenantcolonel au 5* d'infanterie le 8 mars 1793, général de brigade provisoire , commandant À Bergues et i Hondschoote, confirmé le 3o septembre J793, suspendu de ses fonctions le 17 ventdse an 11 (7 mars 179&), autorisé à prendre sa retraite le 1*' thermidor an m (19 juillet 1795), admis à la solde de retraite le !i3 floréal an vui (i3 mai 1800), maire de Hondschoote, chevalier de Saint-Louis, mort à Hondschoote (Nord) le 98 février 1817. — Cf. Mémoire ^Àndré Gigaux, ei^devant gmirid d» brigade, daté de Ver, 19 fructidor an II (99 août 179^^), &8 pages in-fol. (Arch. adm. de la guerre, dossier Gigaux.) Gigaux avait été, pendant qu*il était en garnison à Toul , reçu en 1 785 membre de la loge des Neuf-Sœurs à TOrient de Toul (cf. le brevet dans ma collection révolutionnaire). U avait épousé, en octobre 1793
17S CORRBSPONDANGB GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 mr. 1793.]
8008 ^'\ rriativement aux 'provinons de rarinëe, était déjà oLécaté en partie et Ton a aigoiird*hai presaë d'autant pins cette mesore qoe, d'après les ordres de Houchard, les troupes de la RëpuUique devaient évacuer Fumes et se replier pour procurer des forces aux autres parties de Tannée.
En attendant, nous avons retiré du pays ennemi les farines, avoines, elc.« tout ce que la brièveté de Tintervalle et les mauvais chemina ont permis de trans- ))orter. Gda ne laisse pas que d'être considérable et nous vous en ferons incessamment parvenir l'état ^K
Salut et fraternité, TavixAftD, T. Bnuit.
Lb 19 septembre 1798, l'an 11 de la République, une et indivisible.
(Orif., Aieh. nat., AP 11 i38.)
h Hondsrboot^, une veavc, 11** Goppeos, dont le fiii le maris en 1 8 1 6 avec une tour du grand poète Lamartine. (Cf. dans ma coileftîon révolutionnaire te contrat de mariage pasié à Hondschoote en la demeure du général Gigaux le la aoât i8t6.)
(') Voici le texte de celle lettre en date du 19 septembre 1793 (copie certifiée par Trullard et Berlier, Arch. nat. , AF n a38) :
frNous venons, citoyen général, de recevoir voa dépêches, et voici brièvement notre façon de penser sur le genre de guerre que nous faisons acIueOemenL
(r Nous ne pensons pas que nous devions aujourd'hui faire la guerre en dupes, comme l'an dernier. Il nous faut vivre auv dépens du pays ennemi. Nous croyons que les grosses provifiions de l'armée, les grains, fourrages, etc., peuvent être enlevés au profit de la République, ce qui peut être malheureux pour les particuliers, mais ce que nous pouvons faire en conquérants et sauf i ces particuliers à se faire indemniser par leurs gouvernements, comme le nètre le fait en même occasion. Cette grande mesure serait même, à notre sens, d'autant meilleure qu'elle serait légalisée par des ordres supérieurs.
erMais le pillage, selon nous aussi, est là où chacun se dispersant çA et le travaillerait k son profit et s*approprierait des effets mobitierK et autres choses qui ne peuvent constituer des objets propres aux besoins de Tarmée, pillage qui serait une
vraie dâ»andade et enirainerait d*antanl plus d'inoonvénients qu'il n'y aurait plus d'armée et que, chacun travaillant pour soi d'une manière immorale, la République serait totalement oubliée et mal servie. (]etle distinction nous semble surtout convenir dans un moment où il ne s*a(pi que d'un coup de main et où Ton ne peut commodément asseoir une contribution r^^pilière.
ir Voilé , citoyen général , notre avis; maïs c^est k vous à juger si la première mesure, qui est la seule tolérable, peut s'aoeorder avec les mouvements de votre armée, le temps qui vous reste et les ordres que vous avei reçus.
irTaULLAS», T. BSBUSB.»
(') Le Comité de salut public répondit en ces termes aux représentants (minute, Arth. nat, AFI1938) :
frLe Comité de salut public, citoyens collègues, a reçu votre lettre du 19 septembre, ensemble les pièces que vous y avex jointes, et ne peut qu'applaudir aux vues solides que vous avex présentées au généra] Gigaux, ainsi qu'aux mesure» vigoureuses que vous avex prises pour arrêter le pillage; car on doit réprimer soigneusement dans les armées tous les désordres et y établir une sévère discipline, et Ton ne peut parvenir k ce but quVn mettant les lois en vigueur et en les faisant ext^cuter avec énei^ie.9)
[i9 SEPT. 1793] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 173
PARIS, 19 SRPTBMBRB 1793.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTK AU COMITE DK SALUT PUBLIC
LB MINISTRE DE LA GUKRHB àVX nEPRKSENTANTS DU PEUPLE, MEMBRES DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC,
Les rëdamations multipliées, qui me sont adressées, citoyens, sur les dispositions du titre 7 de Tinstniction relative à Texëcution de la loi du a 3 août dernier, me mettent dans le cas de fixer votre attention sur la nécessité de donner plus de développement au titre dont il s^apt.
niineurs considérations infiniment importantes au bien du service me paraissent Texiger impérieusement.
t* La promulgation des lois et de tontes les instructions que déterminent les cîreonfllances présentes va se trouver sans action, si la loi du 9 septembre, qui met en réquisition tous les imprimeurs ^^\ n'est pas strictement observée, et si les ouvriers qui composent cette ciasse ne sont pas assujettis à rester à leur poste. Je pois citer à cet égRri les ouvriers de Timprimenr du département de la guerre, dont le service exige la plus grande câérité. Ne jugeriec-vous pas convenable de iaire autoriser les mepibres du Conseil exécutif à mettre en réquisitioa cette classe d^artîstes, sans le secours de laquelle les opérations du Conseil exécutif seraient alMolument en stagnation?
9* Par une conséquence de ce principe, je penserais qu'il pourrait être également utile d'accorder aux membres du Conseil exécutif le droit de retenir près d^eox ceux des employés de leur administration qui,' quoique dans Tftge de la pnemière réquisition, sont chargés de détails difficiles à confier à des agents inexperts; car, si le Conseil a le droit de retirer des armées les agents qui peuvent ftre utiles au service public,* il est incontestable qu'il doit avoir pai* le même motif le droit de retenir k leur poste les employés dont il s'agit Le nombre ne cent, à la vérité, en être considérable, mais il est des agents très difficiles à renifhcer dans certaines parties de l'administration.
J'ai cm devoir vous soumettre ces réflexions en vous oigageant à les prendre en grande considération.
J. BODCHOTTE.
(Orig., Affh. de la guerre, eorr. générale.)
W Le 1 septembre, sur la propontion de Baâre, la Convention avait mis à la disposition de rimpriaierie nationale tou^ les ouvricni imprimeurs de Paris.
DE CARNOT. [19 svr. 1793.]
SARIBBIUCK, 19 SKPTBIiBRB «793.
LB^ GBlviRAL BALTHAZAR SCflAlIBIIBVRG AU 001IIT< OB 8ALUT PUBLIC*
Amifyêe. — 11 adresee la relation du général Moreaoi sur la inalheureuiîe tlfaire de Pirmasens^'^ et expose la pénurie dfins laquelle se trouve Farmée de la Moselle.
(Analyte, Areb. de la guerre, rtg. do ComiU de Mlnt public, C, fol. h^t.)
WISSKMBOURG, I9 SBPTBVBRB 1793.
LK GliNitRAL CLARKK ^"-^K CHBF PROVISOIRB 0B L*<TAT-MAJOR DB LURM^B RU RBIK,
AU COMITE DB SALUT PUBLIC
i4iiiiÇyas. — U expose que beaucoup de Français prisonniers sont fereés de prendre les armes eontre la République, que la plupart adcptent ee parti pour avoir le moyen de déserter et de rentrer en France, mais qu'étant pris les armes à la main ils sont confondus avec les émigrés que la loi punit de mort. H soUi* cite un amendement en faveur de œs Français, sauf à |Nnendre les mesores de sàreté nécessaires.
( Analyte, Areh. de ia guerre, rpg. du Comité de salut public, C, p. &A6.)
CHBRB0UR6, 19 SBPTKMRRB- 1793.
LB GIEn^RAL TILLY AU COMITlS DR SALUT PUBLIC.
Aiiafyêe. — Il accuse réception de la lettre du 5 septembre, qui ue lui est parvenue que le 1 9, parce qu'elle lui avait été adressée par erreur k Avrandes. irOui, citoyens, c^est dans les principes qu'il faut étouffer, anéantir les mouve» ments contre-révolutionnaires. Je porte partout où je commande Tœil de la surveillance. Les amis de la liberté m'aiment , les autres me craignent. Je veSlerai
^') En date du 1 5 septembre 1 793.
(*) Henri-Jaeques-Guillaumc Glsrke , né à Ltndrecies (Nord) le 17 octobre 1766, entré A FÉcole militaire le 17 septembre 1781, sous -lieutenant le 11 novembre 1 789 , capitaine au 1 6' dragons le 1 1 juillet 1 790 , lieutenant-colonel au a* de cavderie le 5 février 1793, général de brigade le 19 mai 1793 et de division le
7 décembre 1795, ministre de la guerre du 9 août 1807- au 3 avril 181 4, comte d'Hunebourg le a& avril 1808, duc de Feltrc le i5 août 1809, pair de France le h juin 181 A, ministre de la guerre du 98 septembre 1 81 & au 1 9 septembre 1817, maréchal de France le 3 juillet 1816, mort à Neuwiller (Bas-Rhin) le 98 octobre
[90 «m. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 175
sans cesse; je vous rendrai compte, ainsi qa*aux représentants près Tarmëe et au ministre, de tout ce qui se passera. Mais je vous déclare, citoyens représentants, que les demi-mesures ne faisant que du mal, je vous déclare, dis-je, que si j aperçois quelques mouvements contraires aux principes de la liberté, contraii*es anx décrets de la Convention nationale, que je frapperai sans miséricorde les perfides jusqu'à ce qu'ils soient terrassés, n
(Orif., Arch. nat., AF u 967. )
LE GOMrré DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
imhfse. — Envoi d'une lettre du procureur de la commune de Saint-Malo, oii celui-ci exprime ses inquiétudes sur la position de cette ville , qui est dégarnie de troupes ^^\
(Orig., Areh. de la gaerra ,anii60 des Côtes de Brest)