LB G^N^RAL BN GHBP ROSSIGNOL AU COMITE DB SALUT PUBLIC
Au quartier général à Saumur, le a5 septembre 1798, Tan n de la Répablique française , une et indivisible.
MOSSIGNOL, GàlfÉBÀL BN CHEF, AUX BBPKhSNTÀNTS DO PEUPLE COMPOSANT LE COMiri DE SALUT PUBLIC DE LA CONVENTION NATIONALE,
Citoyens représentants ,
Je vous fais part de mes inquiétudes sur la position de Tarmée qae je commande. Les rebelles forment un noyau dans le centre du pays, et ils se portent en masse sur la colonne qu ils jugent à propos d'attaquer. Ds ont d'abord battu Tannée de Mayence ^^\ puis sont revenus battre celle de Mieszkowski ^'^ ; ils sont parvenus en6n à mettre tout à fait en déroute l'armée d'Angers ^'\ commandée par le général Duhoux ^^\ Je suis forcé de vous dire avec peine que rien ne pourra
(*^ Le 19 septembre, à Torfou.
W Le 99 septembre, i Saint-Fidgent.
(Cf. Cbassin , La Vendée patriote , III , 1 1 0. ) — Jean-Quirin Mieszkowski , né à Karczewo (Pdogne) le 3o mars 17&4, cavalier dans les uihans de son pays le 1*' janvier 1761, entré au service de la France comme volontaire dans la légion de Gonflans le 1 "janvier 1 766 , sous-lientenant le 1 *' mars 1767, passé aox hussards de Gonflans le s 6 juillet 1776, capitaine de hussards dans les volontaires étrangers de la marine le 1 ** novembre 1778, chevalier de Saint-Louis le 95 juin 17791 capitaine commandant de hmsards au corps des volontaires étrangers de Lauzun le i*' avril 1 780 , capitaine commandant aux hussards de Lauzun le 1 1 octaibre 1788, chef d'escadron le 9& mai 1788, major du régiment du Golonel-génÀ^-buMards le 19 juillet 1789, lieutenant-coionei du 5* hussards le 1" janvier 1 79 1 , aide de camp colonel du générai Biron le 99 juillet 1 799 , maréchal de camp à Tannée du Rhin le 90 septembre 1799, employé i Tannée dltalie le 97 avril 1793 et k edle des Gâtes de la Rochelle le 1 7 juin suivant, stt^iendu le 10 octobre 1793, retraité le 7 mai 1796 , mort à Vassy (Haute- Marne ) le 97 février 1 8 1 9. Ge général avait
fait les campagnes du Sénégal en 1779 et d'Amérique de 1780 à 1788. (Gf. aux Arch. adm. de la guerre un mémoire détaillé envoyé par le général Mieszkowski le 3i octobre 1798, de Vassy, où il s'était retiré après sa suspension.)
(') Le 19 septembre , à Saint-Lambert.
(G£ Ghassin, La Vendée patriote, Ul, 89.)
^*) Gharies-François Duhoux , né à Nancy le i3 août 1786, fils d*un lieutenant aux gardes du duc de Lorraine , lieutenant aux milices de Lorraine le i*' février 1766, lieutenant en second au régiment de Barrois le 18 mars 17&7, réformé en 17A8, cadet du roi de Pologne le 91 novembre 17A9, entré aux volontaires royaux le 91 novembre 1769, lieutenant le 1*' décembre 1766, aide-major des volontaires du Dauphiné le i*' janvier 1760, rang de capitaine le 7 mars 1761, chevalier de Saint-Louis le i& octobre 1761, capitaine le 93 mars 1768, retiré en 1768, lieutenant-colonel attaché à la légion de Lorraine le 1 3 juillet 1771, puis au corps des dragons le 9 décembre 1776, maréchal de camp le i*'marB 1791, lieutenant général le 7 septembre 1799, commandant de Lille pendant le siè<rc de cette ville, suspendu le 10 octobre 1793^ acquitté le i5 mars
208 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 sept. 1798.]
les empêcher de faire une trouée, et que, quand ils le voudront, ils se feront un passage. Ainsi, sdon moi, je ne vois d'antres moyens, pour terminer celte guen'e , que de réunir les colonnes les unes avec les autres et de marcher sur deux lignes formidables (sous le même conunandement) , qui de concert débusqueront les rebelles de leurs repaires, avec toutes les forces que nous pourrons réunir. Une fois dehors de leur territoire, ils perdront moitié de leurs forces. Je ne crois |)as pouvoir prendre sur moi d'adopter celte mesure sans y être autorisé par un arrêté de vous. La jalousie, l'ambition dans celte armée est k son comble. Les généraux bien prononcés y sont très rares. D y en a peu de sans-culottes. Veuillez , je vous prie, nous en envoyer; autrement je ne pourrai résister aux intrigues dont je suis entouré.
Le général Ronsin vous fera connaître, par la correspondance qu'il emporte ^'\ tous les désagréments qu'il y a à être dans cette armée , et il voas convaincra de la nécessité d'apporter un prompt remède pour éviter la crise dont nous sommes menacés, et qu'il est urgent d'employer tous les moyens pour empêcher que cette guerre ne s'éternise. Je vois avec peine que, de quelque cêté que je me tourne, je ne suis entouré que d'aristocratie , surtout depuis Tours et sur toute la rive droite de la Loire.
Je ne puis vous dissimuler que nous devons regarder les rives de ce fleuve comme un des |K>ints les plus importants, en ce que les pays qui les envoisineut sont infectés de principes d'aristocratie et que , si nous devons contraindre l'ennemi à faire une trouée , il faut l'obliger de la faire dans les départements ou il trouvera moins de i*essources. L'équinoxe doit faire cesser un peu nos inquiétudes sur les rives maritimes, qui sont inabordables dans ce moment; et, en chassant les brigands du côté de la mer, nous aurons beaucoup moins de risques à cowîr et eux moins de ressources dans leur fuite.
Voilà, citoyens, quelles sont mes réflexions sur notre position. Prononcez promptement et mettez-moi à même de prouver l'entier dévouement que j'ai pour la chose publique.
Le général en ch^.
Rossignol.
(Orig., Arch. de la gaerre, année des C6tes de la Rochelle.)
1793 et réintégré le 18 du même mois, employé à Tannée de l'Ouest, démissionnaire le 3o septembre 1 793 , arrêté à Nancy par ordre du Comité de salut public le 98 brumaire an 11 (18 novembre 1793), amené à Paris et emprisonné à TAbbaye, autorise â prendre sa retraite le 9 3 nivôse an III (19 janvier 1795), pensionné le ]6 germinal (5 avril 1796). Le général Duhoux fut un des chefs des sections royalistes dans rinsurrection du 1 3 vendémiaire an iT (5 octobre 1795). On perd sa trace à
partir de cette époque. Duhoox avait fait les campagnes de Flandre en 1 766 et 1 7 & 7, de Hanovre de 1 767 à 1 769 , de Corse en 1 769 et de Pologne en 1 77 1 et 1779. En Vendée il avait été blessé grièvement à rafTaîre de Saint-Pierre-de-Gbemillé le 11 avril 1793. (^) Le général Ronsin allait prendre à Paris le commandement de l^armée révolutionnaire. — Cf. dans Savary, II, 189, une lettre où le représentant Philippeaux dénonce au Comité les généraux Rossîf^nol et Ronsin.
9 5 SBPTBMBRB I793.