AU MINISTRE DE LA QVERRE
Je suis arrivé hier au soir, citoyen ministre, et j'ai pris ie commandement de l*armée du Nord. J*y ai trouvé le tout dans un si grand désordre que je ne peux pas encore connaître positivement le nombre des troupes que j*ai à commander, ni les oflSciers généraux qui sont sous mes ordres. Le citoyen Emouf , chef de i'état-major, travaille k mettre de Tordre dans cette partie et j'espère qu'il y réussira. Je désirerais avoir pour mon adjudant génénl le citoyen Duchenoy» lieutenant au a' bataillon de la Haute-Vienne, et qui est mon aide de camp depuis que je suis officier général ('^; ce jeune honune est du plus grand courage, professe les principes du plus pur républicain et a beaucoup de connaissances. Je vous demanderais pareillement pour aides de camp les citoyens Calato et Dalesme ^*^ ; le premier est capitaine des canonniers au 9* bataillon de la Haute- Vienne et n'a pas subi le malheureux sort du bataillon qui a été fait prisonnier au Quesnoy, parce que nos anciens généraux n'ont jamais voulu faire donner des pièces de canon k ce bataillon que j'ai commandé pendant seize mois, et qu'il est resté à Maub«ige employé avec sa compagnie au parc d'ailillerie, où il devient inutile, puisque cette compagnie est sous les ordres des officiers d'artillerie du parc; le second, sous-lientonant du i*' bataUlon des chasseurs du Hainaut, à Jeumont, près Maubeuge. C'est un jeune homme d'un courage rare , qui est frère du citoyen Dalesme , chef du 9* bataillon de la Haute- Vienne ^^K Je vous observerais qu'il me manque beaucoup d'officiers généraux. J'ai trouvé à l'armée des divisions qui n'ont seulement pas de généraux de brigade. Je vous prie de m'en envoyer ^^K Je vous préviens que plusieurs officiers, nommés généraux dans l'armée des Ardennes, s'adressent à moi pour demander leur destination ^*K II m'est impossible de la leur fixer, puisque je ne connais pas cette armée ^'^ ; il serait donc à propos de nommer un général en chef k l'armée des Ardennes, qui recevrait toutes ces diverses rëcla-
(^) Oo Ut en marge ces mots autographes de Bouchotte r «L^ordre est donné d^expédier. »
(*) Bouchotte a écrit en marge : «rlls sonteipédiés.»
t') Jean-Baptiste Dalesme, né à Limoges ie 90 juin 1763, lieutenant -colonel du 1*' bataillon de la Haute-Vienne le 1 1 octobre 1791, générai de brigade le 1 1 septembre 1793, mort à Paris le i3 avril i83a.
(*) Bouchotte a écrit en mai^ : «Lui envoyer le tableau des officiers généraux du Nord.»
(*) Bouchotte a écrit en marge : «Lui envoyer celui des Ardennes pour qu^ii puisse donner les indications qu*on lui demande. V
^*^ Bouchotte a écrit en marge : «Le renvoyer à la lettre qui lui a été écrite précédemment sur Tannée des Ardennes.
Le général en chef est Ferrand. ?»
[âû 8BPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 2il
mations qai me sont adressées et auxquelles il m'est impossible de pouvoir répondre.
JOURDAN
(Orig., Âreh. de ia guerre, armée du Nord.)
DUNKERQCE, 9 6 SEPTEMBRE 1793.
LES REPRESENTANTS TRCLLARD ET BERLIER AU COUlli DE SALUT PUBLIC.
Dankerqae, le 96 septembre 1798, Tan u de la RéphUiqae une et indivisible ">.
LES MPRB8BI9TÀNTS DU PKUPLË , ENTOTÉS PRÀS LURMÉM DU NORD,
AU COMITÉ DE 8ÂLUT PUBUC,
Nous avons reçu aujourd'hui, citoyens collègues, vos trois lettres en date des 19^'^ et 91 ^') de ce mois. L'avis que vous nous donnez a été par nous aussitôt transmis à un comité de surveillance composé de tout ce qu'il y a de patriotes les plus prononce et qui veillent avec nous.
La situation de Houchard n'a pas ici produit de sensation désagréable. L armée est bonne, et la créature de Custine n'est regrettée de personne. Il peut encore exister des traîtres , mais le rè^e de l'idolAtrie est passé et nous devenons de vrais républicains.
Trdllard, t. Bbrlibr.
(Orig., Areb. nat, APii 938.)
GAVRELLE, s 6 SEPTEHRRE ^793.
LE gEnErAL en chef JOURDAN AU G^N^RAL bMrU.
Aa quartier général de Gavrelle, le 96 septembre 179S, Tan 11 de la République.
AU einiRAh béru, 1 uns.
Je vous préviens, citoyen général, que je viens d'avoir une conférence avec le citoyen Camot, membre du Comité de salut public, qui est venu ici pour conférer avec moi. H est résulté de notre entrevue que nous sommes convenus d'employer de grands moyens pour chasser les tyrans du territoire de la République; mais, comme ces grands moyens demandent des détails et que vous devez beaucoup
^'^ On lit en tête : «Reçu le 39.» — <■) Cf. le texte de celle lettre du Comité
^^tle lettre n*a été mentionnée dans le de salut public à Trullard et Berlier dans
Kcaeit de M. Aulard (VII, 73) que d'après Aulard, VI , 667.
une analyse des plus sommaires eniprantce (^^ Cf. le texte de cette lettre à sa date,
«M archivas de la guerre. p. 178.
212 œRRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [«6 8bpt. 1793]
contribuer k ccttfi opération, je vous engage k voua rendre en poate de suite auprès de moi pour nous concerter, k moins que votre présence ne fAt absolument nécessaire k LiBe, et, dans ce cas, vous m*enverriez le général Dupont. Tâchez de venir vous^néme^^^
JoDBDAlf.
(Areh. de la guerre, reg. de eorr. de ioardeo , p. 1.)
WISSEMBOUHG, q6 SEPTEMBRE 1793.
LE G^N^BaL LANDRBMOIIT AU C01irr< DE SALDT PUBLIC.
ilno/yse. — Il transmet copie d'une réclamation du citoyen Borie en faveur de plusieurs officiers qui, quoique nobles, ont bien servi la République. Il déclare qu'il lui est impossible de remplacer le général Sparre par le général Delmas, qui se trouve k Landau , dont la communication est interceptée ^,
(Analyie, Arch. de la guerre, reg. du Comité de feint publie, G . p. 53i.)
BRIANGON, 36 SEPTEMBRE 1793.