‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 87 sur 147 · ORDRE DU GÉNÉRAL JOURDAN AU G^NÏRAL DUQUESNOT · texte numérisé non relu

ORDRE DU GÉNÉRAL JOURDAN AU G^NÏRAL DUQUESNOT

Il est ordonné au général Duquesnoy de réunir toute sa division demain matin à six heures. Il partira à sept heures et se dirigera sur Wattignies. D débusquera Tennemi du bois du Prince et s'en emparera jusqu'à Clarge. 11 s'emparera pareillement du petit bois qui est à la droite du bois du Prince. Le général Duquesnoy

(*> Cf. lettres du Comité de salut public dan les mit à Tordre du jour de rarmée À rarmée du Nord et de Bouchotte à Jour- le 1 6 octobre , en les faisant suivre des dan à la date du 1 1 octobre, p. 983. Jour- considérations publiées ici.

[th ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE. 301

est prévenu que la divisioh du génénd Beauregard se portera en même temps sur Ecdes pour flanquer sa droite. Il est prévenu qu^il pourra donner des ordres au générad Beaur^ard suivant les drcontances. Le général en chef se tiendra sur la grand^route de Maubeuge près de Semousies. Il instruira du résultat de son attaque. U fera distribuer Teau-de-vie à sa division et réunira tous ses équipages derrière le camp qu'il occupe dans ce moment.

Le «& octobre 1793, 9' de la République française ^'^

JOORDAN.

1 a (Areh. de la goerre, reg. de eorr. de Jourdan , -tt, p. 69.)

(') Le même jour, ik octobre 1793,1e général Jourdan donna les ordres suivants qui sont incrits sur son registre de correspondance :

1" Au général Fromentin, D lui recommande la plus grande surveillance : «rQue votre troupe se repose le jour et veille la nuit.0 II faut faire exécuter des reconnaissances à pied et à cheval, t- a" Au rtpré»êntant horé, à LUk. Il insiste sur la nécessité de faire une diversion vigoureuse de son côté et de s'entendre à ce sujet avec le général D'Avaine. «D y a déjà quelques jours que j*ai envoyé un courrier au général D'Avaine , commandant à Cassel , pour rengager à faire un rassemblement de troupes en se concertant avec les généraux qui commandent à Lille et avec les représmtants du peuple. Je lui ai représenté que Tennemi jetait toutes ses forces sur Maubeuge et qu'il pourrait faire des attaques heureuses sur Menin , Ypres et autres lieux. Je ne sais trop pourquoi il ne vous en a pas déjà référé, aiusi qu'aux généraux de la division de Lille. Cependant ce mouvement contribuerait beaucoup à mes succès dans les environs de Maubeuge, où je vais rencontrer presque toutes les forces de Tennemi. Je ne puis mieux m'adresser qu'à vous pour vous prier de vous concerter avec les généraux de la division de Lille et le général D'Avaine, commandant à Cassel. n — 3* Au général Beauregard, Ordre de se incltre en marche de manière à être

rendu à six heures du matin à Solre-le- Château, d'où il repartira à sept heures pour se diriger sur Eccles et s'emparer des bois. — U* Au général conanandant les troupes de Phil^fpeville (Élie). Ordre de se porter sur Beaumont pour y former une fausse attaque, sans cependant compromettre ses troupes. — 5* Au général Belair, Il se portera sur Étreux pour s'emparer de la forêt d'Arrouaise. — 6* Au général Cordellier, U se portera sur Dompierre et se réunira à la division du général Fromentin, sous les ordres duquel il se trouvait — 7*^ Au commandant de la place de Landreciee, Il fera partir 800 hommes de sa garnison pour Maroilles. — S* Au général Balland, Il portera une demi-brigade sur la grand'route d'Avesnes à Maubeuge, à la sortie des haies d'Avesnes, pour y relever les troupes du général Cordellier. — 9* Au général FromeeUin, 0 réunira, le i5 au matin, sa division à celle,du général Cordellier et cherchera à toiuner l'ennemi qui est dans les bois de Saint- Aubin. «Le général Fromentin est prévenu qu'il ne doit faire déboucher ses troupes hors de la haie d'Avesnes que lorsqu'il entendra commencer l'attaque sur sa droite. Il est pareillement prévenu que le général en chef se tiendra sur la grand'route de Maubeuge, près de Semousies.»

Soland est nommé général de brigade et le rejoindra pour prendre le commandement de la cavalerie.

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i/ioct. 1793.]

1& OGTOBRB 1793.

LBS G^N^RAUX DRUT ET PBTITGUILLàUMK AU COMITE DB SALUT PUBLIC.

Analyse. — 1* Le général Drat^'\ commandant à Doaai, demande les mmiilions, grains et fourrages nécessaires à Tapprovisionnement de cette place, et des hommes en remplacement de ceux qu'il a fournis pour la cavalerie. D mande que les hussards du 6* régiment et les cavaliers du 1 9* régiment se disputent des chevaux qu'ils ont pris sur Tennemi, et il réclame l'intervention du Comité, rrll faut engager nos frères à prendre le plus de chevaux possible et faijre pour tons un mode de loi dont chacun puisse être content. « ( Orig. , ArcL de la guerre , armée du Nord.) — a' Le général Petitguillaume ^'^ écrit de Lyon pour exprimer les r^prets laissés dans Tannée par les représentants Dubois-Cranoé et Gauthier ^'^^ (Analyse, Arch. de la guerre, corr. gén.)

<» André Drut, né à Lyon (Rhône) le 37 août 176a, volontaire au régiment d^infanterîe de Brie ie 8 juin 1781, fourrier le 6 septembre J786, sergent-major Je i" janrier 1791, adjudant au 1" bataillon de TAisne le 8 octobre 1791* adjudant-major le 98 mai 1793* chef de bataillon le 1 9 avril 1 793 , général de brigade à Tarméc du Nord le 3o juillet 1798 et de division le 3 septembre suivant, suspendu le 10 octobre 179A1 réintégré et employé comme général de brigade à Tarmée des Côtes de Brest le 9 A novembre 1796, autorisé à prendre sa retraite le 99 août 1 795, remis en activité le 96 avril 1796, admis au traitement de réforme le 39 septembre 1796, commandant d'armes à Lille le 93 février 1798, employé à Tarmée d'Italie le 11 mars 1800, réformé le 97 avril 1801, commandant d'armes a Porto-Ferrajo le 97 août i8o3, membre de la Légion d'honneur le i( décembre i8o3 et officier le 18 juin 180&, baron en 1808, commandant de la place du Helder le 9 décembre 1811, retraité le 90 avril 1816, mort à Lyon le h février 1818.

^^ Pierre Petitguillaume, né à Équerilley (Hatite-Saône) le 96 septembre 1 73/i, engagé au régiment d'infanterie de Lorraine le 1*' janvier 17A8, congédié le i5 mai 1755, engagé au régiment de cavalerie

de Marcieu le 95 janrier 1786, incorporé avec son régiment dans Royal-Pologne le i*' janvier 1761, maréchal-des-logis le 6 mars 176&, adjudant le 16 juin 1776, porte-étendard le 8 avril 1779, lieutenant en secofld le i*' mai 1787, chevalier de Saint-Louis le 9 juin 1790, lieutenant en premier le i*' avril 1791, capitaine le 90 août 1 799 , lieutenant-colonel le 3o avril 1793, général de brigaae provisoire à Tannée des Alpes le 90 juin 1793, confirmé le i4 octobre 1793, commandant en chef par intérim Tarméc des Alpes du '7 juillet au 3o novembre 179^, général de division le i3 juin 1796, réforme le 9 janvier 1800, chef de la 5* demi-brîgade des Vétérans le 99 mars 1801, retraité le 90 juin 1801, mort à Vesoul (Haute-Saône) le 99 mai 180 5. Le général Petitguillaume avait fait les campagnes d'Allemagne de 1757 à 1759.

{') Le général Petitguillaume conserva toujours des sentiments de profonde reconnaissance à l'égard de Dubois-Grancé. En effet, ie 98 pluriôse an ni (16 février 179a) il écririt à celui-ci en lui envoyant ses états de service : «Vous m'avez toujours serri de père, je ne crois avoir démérité; celui qui se dit votre fils. . . 0 (Orig. aut, Arch. adm. de la guerre, dossier Petitguillaume. )

[i5 OGT. 1793.] CORRESPONDANCE MlUTAIRE DU COMITÉ.

PABIS, l5 OCTOBRE 1798.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU GOMIT^ DE SALUT PUBLIC

Analyse. — Il a lu les pièces adressées au Comité par la commane de Thionville. irJ'ai vu ranimosiië que les membres de cette commune ont contre le citoyen Paris, dont la présence, disent-ils, a mis le trouble dans h ville. Qu'ils soient satisfaits : Paris n'est plus parmi eux ; il est passé à Tannée révolutionnaire , parce qu'il Test. On voit dairement que ce sont les Feuillants de la ville qui ont signé cette adresse contre lui , et la preuve de leur anti-popularité est qu'ils redemandent pour commandant Saint-Hillier ^^\ qui passe pour un aristocrate, n

(Orig., Arefa. de la guerre, armée da Rhin.)

AVE8NB8, l5 OCTOBRE I793.

LE Gi^N^RAL EN CHEF JOURDAN AU GÊf^RAL DUQUE8N0T.

Quartier génénd d*ATesDe8, le i5 octobre 1793.

LB GinihAL EU cbbf ào GininàL de ditwoh dvqvesnot.

lie général Duquesnoy est prévenu qu'3 ne nous a pas été possible de forcer Tennemi et que nous occupons la même position que lui. Il me fera connaître de suite celle qu'il occupe dans ce moment, de même que la division du général Beaoregard et ceUe de son avant-garde, afin que je puisse vous faire passer des ordres ultérieurs. Si le général Duquesnoy est en avant de Dimechaux, il se gardera bien sur son flanc droit, veÛlera à n'être point surpris par l'ennemi qui oeenpe les bois qui sont à la droite. Il fera délivrer l'eau-de-vie à sa troupe et me

(') Antoine de Saint-Hyiier, né à Metz le s juillet 1737, 8on»^eutenan^ d'artillerie le i*' janvier 1757, lieutenant en fécond le 16 janvier 1788, ingénieur le 1* janrier 17&9, capitaine le /i mars 1767, chevalier de Saint-Louis le 3o septembre 1781, major le Si juiflet 1788, major de brigade le 9& novembre 1786, Kentenani-eolonel le 1" avril 17911 marediai de camp le 10 octobre 1799 , générai de division le i5 mai 1793, suspendu

le 3o juillet 1793, relevé de la suspension le 5 fructidor an 11 (99 août 179&), rentré dans le corps du génie comme directeur des fortiGcations le 96 vendémiaire an m (16 octobre 1796)9 inspecteur général le i*' fructidor an 111(18 août 1795), admis au traitement de réforme le 91 mai 1801, mortàToul le 95 juillet i8o3. Le général de Saintr-Hillier avait assisté aux sièges de Minorque en 1766 et de Gibraltar en 1789.

304 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i5 oct. 179^.]

fera coniultre s*il a besob de munitions. Mon quartier générai est loojoars à Avesnes.

Jouiras.

( Arch. de la fiMm, rag. da finirai Joanton, -rr, p. 54. )

iVBSlIBS, l5 OCTOBBB 1793.

LB GiniRAL BN CHBP JOUBOAN AD G^ifiAL PBOMBRTIII.

Il wi ordonné au générai Fromentin de faire prendre les armes demain matin 16 dn courant 1 sa division et k cdle du général Gordeliier ^^^ et de faire mettre sa troupe en bataille en avant des haies d*Avesnes. Il tAchera de s^emparer de Levai et de Saint -Waast. Il n attaquera pas sérieusement lennemi qu*à moins que, par le mouvement que je ferai demain , ce dernier ne se retirât de Tautre cdté de la Sambre. U veillera avec attention k ce que Tennemi ne le tourné pas du côté de Noyelles et Maroilles. 11 correspondra avec la division du général Balland ^*\ qui sera à sa droite. Le général Fromentin fera demander au commandant du parc d'artillerie les munitions dont il pourrait avoir besoin. D est prévenu que je viens de donner Tordre k ce dernier de lui fiiire passer de suite une pièce de 1 a et une pièce de 8 et quatre caissons de cartouches d*infiuiterie <*).

Le général ai dn^,

JOORDAIC.

(Areh. de la guerre, rag. de Joarda'' «r--, p. 58.)

AVBSNBS, l5 OCTOBRB 1798.

LB otffitfRAL BN CHBF JOURDAN AU cill^RAL BBLAIR.

Au quartier général d'Avesnes, le i5 octobre 1793, Tan 11 de la République une et iodituible.

ÂV GÉKÉRAL MKLHR, i 60ISB,

Nous nous sommes battus aujourd'hui, citoyen, général , depuis neuf heures du matin juscjuà la nuit. Nous avons eu des succès sur notre droite, mais notre

^*) Le même jour Jourdan ordonna au teiîe dans ta haie d'Avesnes et de faire général Gordeliier dVnvoyer, le 1 5 au ma- distribuer Teau-de-vie à ses troi^ws. tin, trois bataillons et un régiment de ^^^ Le même jour Jourdan ordonna au hussards sur la grand'raute d'A\esnes k général Fromentin de lui faire connaître Maubeuge. la position de »a troupe et ce dont il a ^') Le mémo jour Jourdan ordonna au besoin. — Ces ordres se trouvent dans le regénéral Balland de faire rentrer son infan- gistre de Jourdan aux Archives de la guerre.

[i5 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 805

gauche ii*a pas pu Cure ce que je désirais, de manière que nous recommencerons demain. D est donc très essentiel que vous continuiez à garder la position .({ue je vous ai indiquée par mon ordre d'hier ^*), et que tous les jours jusqu'à nouvel ordre vous mettiez votre petite armée en mouvement , tant pour inquiéter 1 ennemi que pour vous opposer à ce qu'il vienne nous inquiéter sur nos derrières ^^.

Salut et fraternité.

Le général en ekffy

JOURDAN

(Orig., Aixb. de la guerre, armée du Nord.)

SARREBRÛCK, l5 OCTOBRE 1793.

LE GiN^RAL DE HfooUVILLE AU COMITE DE SALUT POBLIG.

ino/^M. — Le général de Hédouville ('\ chef d'état-major de l'armée de la Moselle, annonce qu'il partira le lendemain deux demi-brigades de cette armée

('^ Voici le texte de cet ordre (orig., Arch. de la guerre, armée du Nord) :

(rU est ordonné au général Belair de partir au reçu du présent ordre avec le plus grand nomb)re de troupes qu^il pourra réunir et de se porter sur Étreux, Landrenat(?), et de tâcher de s^emparer de la forêt d^Arrouaise. Le général Belair est prévenu que ce mouvement est destiné à inquiéter Tennemi qui est du côté du Cateau et à édairer les mouvements qu^il pourrait faire dans cette partie. Le général Belair marchera avec précaution et ne compromettra point ses troupes, n'étant qu^un cas d^observation.

ffAu quartier général à Avesnes, le \h octobre 1798.

«Lf gMral en chef de ^armée-du Nord,

ffJoURDAR.n

(*^ Le même jour Jourdan ordonna au général Belair d'envoyer, le 16 au matin, neuf bataillons sur le chemin qui conduit de la chaussée de Maubeuge à Solre-le- Chiteau.

W GabrieUMarie-Théodore de Hédouville , né à Laon ( Aune ) le 97 juillet 1755,

élève au Collège royal de la Flèche en 1764, passé à rÉcole militaire de Paris en octobre 1769, sous-lieutenant au régiment de dragons de Languedoc le 6 juillet 1773, réformé en 1776, sous-lieutenant au 6* chasseurs à cheval le 9 3 mars 1778, lieutenant le 10 mai 1788, adjoint aux adjudants généraux le 1*' juillet 1 791 , capitaine au 6* chasseurs à cheval le 95 janvier 1799, adjudant général lieulenantcolond le 9 juin 1799 et chef de brigade le i*" octobre 1799, général de brigade et chef d*état-major de l'armée de la Moselle le 8 mars 1793, suspendu le 1" juin 1793, remis en activité le 8 août 1793, suspendu le 93 septembre 1793, arrêté le ]3 frimaire an u (3 décembre 1793) et enfermé à TAbbaye, mis en liberté le 95 thermidor an n (19 août 179^)1 chef d*état-major de Tarmée des Côtes de Cherbourg le 95 prairial an m (i3 juin 1795), général de division le 5 frimaire an iv (96 novembre 1795), commandant en chef Tannée des Côtes de Brest le 90 frimaire (10 décembre 1795), chef d'étatmajor des armées des Côtes de Brest, des Côtes de Cherboui^ et de TOuest eu fé-

larSlHftUI lAtlOKAU.

306 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [16 oct. 1793.J

pour renforcer celle du Rhin, lesqueUes arriveront le 19 à Haguenau. Ces troupes seront remplacées par des bataillons tirés des places de Longwy, Thionville et Sarreiibre, où on mettra des bataillons de district.

(Qrig., Areb. de U goerre, armée de la Moaeile.)

HAGUBNAU, l6 OGTOBBI iyQS.

L'ADJUDÀlfT Géni^kL DBMOHT AU COMITE DB SALUT PUBLIC.

Analgie, — Il mande que la position de Tannée de Haguenau est telle qu*on Tavait prescrite et que les bataillons agricoles sont cantonna dans les villages en seconde ligne. D se plaint du peu d'ensemble qui règne dans une grande partie des corps de Tannée et de la mollesse avec laquelle sont exécutés les ordres des généraux. Depuis le i3 octobre les ennemis ont porté des corps dans la forât d*Haguenau et leurs patrouilles se sont avancées jusque sur les giacis du fort Vauban. Leur intention paraît être de vouloir nous envelopper.

(Orig., Areh. de la gnerre, armée dn Rhin.)

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