‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 91 sur 147 · III · texte numérisé non relu

III

ntriiKiin SATioRAta.

323 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [16 oct. 1798.]

ou elle serait attaquée. Mais, en attendant, vous donnerez Tordre au général Beaurgard de se tenir sur la défensive jusqu'à nouvel ordre; il gardera avec soin la forêt qui est à la droite d'Eccles.

Je vous préviens que j*ai donné des ordres aCn que le commandant du parc vous fasse passer deux pièces de 19 , deux pièces de 8 et un obusier; il vous fera pareillement passer des munitions pour votre artillerie et votre infanterie.

(Areh. de U guerre, reg. de Jourdu —>, p. 60.)

AVESNBS, 160GTOBJIB 1793.

LB ciNJÎRAL EN CHEF JOUROAN AU G^NiRAL BELAIB.

Au quartier général à Avesoet , le 16 octobre 179), a* de la RéimUique une et iodiiisible.

Citoyen général ,

U faut garder votre position, en prendre même tonte autre plus avantageuse « si vous le jugez convenable. Vous pouvez, si vous le jugez k propos, iiaire camper vos troupes. Mon armée n'a cependant pas cet avantage, car, outre qu'elle se batte depuis le matin jusqu'au soir et quelquefois la nuit, elle est toujours an hïvouac , à brûle-pourpoint de l'ennemi. Nous avons enlevé aujourd'hui d'excellentes positions h ces tyrans et j'espère que nous ne tarderons pas k les chasser. En attendant, vous vous en tiendrez aux derniers ordres que je vous ai donnés, et vous ferez en conséquence tout ce qui sera nécessaire pour le bien du senîce.

Le général en chef de l'armée du Nord et des Ardetmes ,

JOCRDAN.

(Orig. , Areh. de U guerre , armée du Nord.)

16 OGTOBRB 1793.

0*SHiB ^^\ COMMANDANT LA PLAGE DE GHARLEVILLB,

ET BOTTiB, ADJUDANT -MAJOR DB LA PLAGE DE LA RlfUNION-SOR-OISK (gIISb),

AD GOMITJ DB SALUT POBLIG.

Analysée, — 1* O'Shée écrit de Charieville poiur annoncer que la garde nationale de Mézières et de Charieville a foit une sortie sur le pays ennemi , dans la

(*) Robert-Richard 0*Shée, né le i& dé- second en 1766 et en premier en 1761, cembre 1786, cadet dans le régiment de capitaine le 6 novembre 1771, chevalier Bulkeiey le t*' janvier 1769, lieutenant en de Saint-Louis le a décembre 1778, aide

[i7 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 323

nuit du i3 au l octobre, et s'est emparée de 166 bœuls et vaches, 5o cochons, 16 chevaux, une bourrique, un chariot à quatre roues, 4 pièces d'argenterie des églises et une cloche. «rDans ce moment on me rapporte que Ton entend le canon du côté de Maubeuge et de PhilippeviUe. La bravoure de nos braves sansculottes nous assure d'avance la victoire, n -7- ù* Bottée mande de Laon qu'un convoi, parti de la place de la Réunion-sur-Oise (Guise), le 9 octobre, et dirigé sur Landrecies , a été attaqué et pris en partie par l'ennemi. Il déclare qu'il est fils de Nicolas-Claude Bottée, officier municipal de Laon, et qu'il a été nommé, le a6 septembre 1798, adjudant-major de la place de la Réunion sur Oise (Guise). *

( Ori(f. , Arcb. de la guerre , onuée du Nord. )

GARNOT BT DDQUESNOY AU COMIîi DB SALUT PUBLIC.

Avesnes, le 6* jour de la 3* décade du t*' mois de i'an 11 de la République une et indirisible ^^\

LBS RBPRESBNTAIfTS DV PBUPLB , BNVOYBS PRÛS L'ABUéB DU NORD, ÀOI RBPRESBNTÀNTS COMPOSANT LB COMITK DB SÀLVT PVBUC,

Hier, chers collègues, nous emportâmes à la baïonnette plusieurs postes importants. Les soldats de la République ont montré un courage de lion. Il parait que l'ennemi se retire considérablement, et peut-être serons-nous assez heureux pour entrer aujourd'hui à Maubeuge. Il est impossible de se conduire avec plus d'intrépidité et de sagesse que le général Jourdan. Le général Duquesnoy développe aussi les plus grands talents. Les autres généraux jouissent aussi d'une confiance méritée. L'un d'eux cependant, le général de brigade Gratien, ayant battu en retraite lot*sque le général Duquesnoy lui ordonnait de charger, a été destitué sur le champ de bataille et livré à la cômmis-

de camp du maréchal de Broglîe en 1 788, complémentaire an iv (ao septembre 1 796),

garde national à Paris le 1 h juillet 1789, mort à Paris le t5 décembre 1806. Il avait

député de Paris i la fédération de 1790, fait les campagnes d'Allemagne de 1767 à

lieutenant -colonel du &7* régiment le 1769.

7 août 1793, chef de brigade le 1 3 juillet ^^^ Cette pièce fut écrite à nx heures du

1793, suspendu le 98 vegtôse an 11 matin : Gamot le déclare lui-même dans

(18 mars 179^), réintégré le 8 pluviôse une lettre envoyée le même jour et publiée

an ni ( 97 janvier 1 796), réformé le â'jour à la page 33o.

•Il

32A CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [17 oct. 1793.]

sion militaire, de même que le commandant de la cavalerie de l'aile gauche ^^K

On assure que Lambesc ^^^ était au centre de l'armée ennemie et que Cobourg commandait en personne son aile droite. Nous avons perdu peu de monde. Le dernier mot des mourants, tant officiers que soldats, était toujours : «Vive la République ! 99 Nous avons fait environ deux cents prisonniers , entre autres le lieutenant-colonel des dragons de Cobourg, dangereusement blessé ^^^

Cabnot, Duquesnot.

(Orig. , Arefa. de la gaerre, araiée do Nord. )

(^) Le chef de ia cavalerie de i*aile gauche était ie chef d'escadron Ferrand, dont voici la notice biographique :

Jean-Louis Ferrand, né à Besançon le i3 décembre 1758, volontaire sur ie corsaire la Duehêêêê-dê-ChartrtB , avec rang de sous-lieutenant, en 1779, soldat au régiment de Dauphin-Dragons le 3 juillet 1 786 , congédié par remplacement le 90 février 1788, lieutenant au 16* de cavalerie en i79*« ^^^ d*escadron le 7 février 1798, général de brigade à Tannée de rOuest le 90 germinal an 11 (9 avril 1 79&)f inspecteur général des remontes en 1 796, admis au traitement de réforme le 9 1 mai 1801, mais maintenu en actirité sur les côtes du Pas-de-Calais par le contre-amiral La Touche-Tréville, commandant d*armes i Valenciennes le 1 9 août 1 80 1 et A Calais le 91 février 1809, envoyé A Tarmée de Saint-Domingue le 3 prairial an x (93 mai 1809), commandant en chef à Saint-Domingue en 1 8o5 , général de division le 5 octobre 1808, se tua près de Scibo (lie de Saint-Domingue), le 7 novembre 1808, pour ne pas tomber aux mains des rebelles. Le général Ferrand avait fait les campagnes d'Amérique de 1781 à 1783.

Le représentant Duquesnoy, qui avait fait arrêter Ferrand en même temps que le général Gratien, reconnut bientôt qu'il

s'était trompé sur le compte du premier, et il le fit mettre en liberté par Tarrélé suivant, daté de Maubeuge, le 96 brumaire an II ( 16 novembre 1798) :

ffLe représentant du peuple envoyé près Tarmée du Nord, considérant, diaprés les représentations qui lui ont été fidles par les officiers et soldats du 9&* r^;iment, que le citoyen Ferrand, chef d'escadron, avait toujours montré le plus pur [patriotisme] et qu'il s'était montré en vrai soldat; considérant également que la faate que le citoyen Ferrand avait commise a la journée du 16 octobre avait pu être occasionnée tant par ia lâcheté du ci-devant général Gratien que par la confusian qui règne ordinairement dans un moment de chai-ge, arrête que ledit citoyen Ferrand, arrêté par son ordre et destitué, sera mis en liberté et reprendra ses fonctions dans son coips; en conséquence, révoque Tarrêté ci-devant pris par lui, qui avait prononcé sa destitution et arrestation. — DuQi7i8if0T.9 (Orig., Arch. nat., AF 11 938.)

(') Charies de Lorraine, prince de Lambesc, ex-colonel du régiment de cavalerie Royal-Allemand.

t') Le prince d'Anhalt-Kôlhen, cilé dans la relation autrichienne de la bataille de Wattignies, publiée plus haut, A la page 390.

[i^ ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.

1 5-17 OGTOBRB 1793. EXTRAIT DES MEMOIRES DU G^NéRAL DE HONFORT^^)

SUR LUNAGTION DE LA GARNISON DE MAUBEOGE PENDANT LA BATAILLE DE WAT- TI6NIES ET SUR L'ENTREE DE GARNOT ET DE SES GOLLÂGUES DANS MAUBEOGE.

Le i5 octobre, dans l'après-midi, on entendit le canon gronder dans la direction d'Avesnes et, du haut da docber, comme vigie, on distingua des feux très vifs en deçà et au delà des villages d'Obrechies et de Damousies, qui paraissaient se trouver entre les deux armées (*). Le bruit paraissait se rapprocher; mais, sur le soir, il s'éloigna. On conjectura que Tarmée de Jourdan , après un premier succès, avait été forcée de reprendre ses positions. Comme on ne s'attendait pas à ce secours, les troupes n'étaient pas préparées à une sortie. On voulut cependant en tenter une, mais on ne put la commencer que trop tard, il était presque nuit. A peine les troupes avaientrelles dépassé la redoute du Loup , qu'écrasées par le feu de la contrevallation, elles furent obligées de rentrer précipitamment.

Le lendemain , à la pointe du jour, le canon recommença à tirer. Le fort de l'action parut être, comme la veiUe, vers Obrechies et Damousies. C'était, semblait-il, le moment de faire une sortie vigoureuse avec une grande masse de troupes. On pouvait facilement, et sans rien compromettre, mettre en mouvement 10,000 hommes. L'armée ennemie, se trouvant ainsi attaquée en même temps de front et à dos, aurait immanquablement été coupée en deux; nous aurions donné la main à l'armée de Jourdan , et la plus grande partie des bagages et de l'artillerie ennemie serait tombée en notre pouvoir. Plus la journée avançait, plus il devenait urgent de faire cette sortie , et l'on devait d'autant moins hésiter qu'on aperçut distinctement filer des convois qui paraissaient évacuer des munitions.

C'était l'avis de la plupart des chefs et des généraux. Le général Chancel , commandant en second , ouvrit un avis plus timide. Il craignit que ce bruit ne fût qu'un combat simulé par lequel l'ennemi cherchait à nous faire croire qu'une armée venait à notre secours, afin de nous attirer au dehors, de nous faire tomber dans un pi^, de nous ramener battant et peut-être, profitant de ce premier avantage et du désordre parmi nous qui en aurait été la suite, entrer péle-mâe avec nous dans la place. D appuyait son avis sur ce qu'à Condé, oii il commandait,

O Joseph de Puniet de Monfort, né à Tontalids, commune de Montcuq (Lot), le 6 avril fjfjh, élève i l'école militaire de Toumon en 1 783 , lieutenant du génie le t5 février 1793, maréchal de camp en 181&, mort à Paris le 3o janvier i855. U a laissé des Mimmreê restés inédits, mais qui ont été utilisés par Thiers et par M. Paul Foucart. Le manuscrit appartient actuellement à M. le générai Chambert, qui a bien voulu me le communiquer par l'intermédiaire de M. Georges Veilhan, in-

génieur des ponts-etrchaussées à Paris. Je les prie d'agréer mes plus sincères remercf ments pour leur obligeant concours. GrAce a eux, j'ai extrait des Mémotru inédite du général de Monfort Tintéressant passage qui concerne l'inaction de la garnison de Maubeuge pendant la bataille de Wattignies et rentrée de Camot dans cette ville après la rictoire.

(') Joseph de Monfort , capitaine du génie le ]*' juin 1793, était attaché à la place de Maubeuge.

326 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [17 ocr. 1793.J

il avait été victime d'un pareil stratagème, et sur ce qa aucun oflhrier, ni même aucun espion, n'avait encore pass^ pour nous donner avis de h marche de Jourdan.

Cet avis prévalut : les troupes, sons les armes depuis le matin, ne reçurent point d'ordre et restèrent à regret dans le camp ^'^ Le succès de cette seconde journée ne fut pas beaucoup plus décisif que celui de la veille; le feu, qui avait paru se rapprocher pendant le jour, s'éloigna encore sur le soir. Enfin, le lendemain 17, un brouillard épais, qui régna toute la matinée, empêcha Jourdan de recommencer Taclion* U se contenta d'envoyer de petits corpa de cavalerie à -la découverte. Nous en fîmes autant; ses détachements et les nêtres se rencontrèrent et se reconnurent. Dès lors on n'hésita plus à faire sortir les troupes du camp, mais il n'était plus temps; déjà l'ennemi avait repassé la Sambre avec tonte son artillerie. Nous ne trouvâmes que quelques blessés qu'il avait abandonnés dans le village de Reaufort, environ 5o,ooo fascines, to k i5,ooo gabions et plusieurs milliers d'outik de terrassiers. Enfin, à deux heures après midi, le gésukû Jourdan, accompagné des représentants du peuple Camot et Duquesnoy, entra dans Maubeuge, suivi de son état-major. Le capitaine du génie Dudos-Guyot (aujourd'hui générd Guyot-Dudos) était avec eux; U venait d'Avesnes où il était employé et avait pris part à cette bataille, qui s'appela la bataille de Wattignies.

Le représentant Camot portait l'uniforme du génie, mais modifié de manière k présenter les trois couleurs, savoir : revers blancs, collet et paroments rouges. Q n'avait conservé le velours noir comme signe distinctif du génie que pour la patte du parement. Il avait été dit que les officiers du génie porteraient le velours noir en signe de deuil pour la mort de Louis XVI. Camot nous engagea k prendre le même uniforme que lui; nous le fîmes, mais nous ne le gardâmes pas longtemps, seulement le temps de salir une fois les revers.

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