‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 92 sur 147 · MADBEU6B, X'] OGTOBRB · texte numérisé non relu

MADBEU6B, X'] OGTOBRB

L8S RBPRiSBlITANTS CARNOT, DUQUBSNOT RT BAR 1 LA GONVBNTION NATIONALE. "

Maubeuge, 96 vendémiaire an 11 de la République une et indivisible.

L'armée républicaine a vaincu celle des despotes coalisés, ils ont disparu devant elle. Nous venons d'entrer dans Maubeuge , aux acclamations du peuple et de la nombreuse garnison que nous avons délivrée. Le combat a duré deux journées consécutives, depuis la pointe du jour jusqu'à la nuit. Nous nous disposions à recommencer ce matin et les troupes étaient déjà sous les armes, lorsque les éclaireurs envoyés à la découverte sont venus nous rapporter qu'on ne voyait plus

('> Cf., à la date du 19 octobre 1793, le rapport du générai Ferrand sur les opérations de la garnison de Maubeuge jusqu*au déblocus de la ville.

[ly ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 327

rennemi. Nos troupes alors se sont emparées de son camp , que nous avons trouvé jonché de cadavres. Jamais dispositions plus formidables n'avaient peut-être été prises contre une place qu'on veut' réduire. Les retranchements, auxquels Tennemi travaillait depuis dix-sept jours avec la plus grande activité, auraient effrayé et découragé toutes autres troupes que des troupes françaises et républicaines. Cobourg se croyait si bien inexpugnable dans sa position , qu'il avait dit : «J'avoue que les Français sont de fiers républicains, et je le deviens moi-même s'ils me chassent d'ici. Ji Ce propos fut rendu à nos braves et le poste fut emporté une heure après.

L'ennemi, ayant réuni toutes ses forces en ce moment décisif, nous força pour un moment de l'évacuer. Les soldats le chassèrent une seconde fois; l'ennemi le reprit encore. Enfin, indignés d'une telle résistance, les républicains chargèrent, la baïonnette en avant, et demeurèrent victorieux. L'ennemi a fui avec précipitation, et toute son artillerie serait probablement tombée en notre pouvoir» si la garnison de Maubeuge eût pu savoir ce qui se passait de notre côté et eût fait une sortie en même temps que nous attaquions l'ennemi de front.

Le coup d'essai du général Jourdan est d'avoir battu Cobourg, voilà l'éloge de ses talents ; celui de son patriotisme est dans la bouche de ses compagnons d'armes. Il a été bien secondé par les généraux qui sont à ses ordres. Vous déclarerez sans doute de nouveau que l'armée du Nord a bien mérité de la patrie.

L'ennemi, en s'enfuyant, a commis les plus horribles dévastations; il a brûlé presque tous les villages ; il s'est vengé de son désastre sur presque tous les malheureux habitants de la campagne. La loi veut qu'ils soient indemnisés. Vous désirez sans doute que ce soit le plus tôt possible. Nous avons mis provisoirement à la disposition du district d'Avesnes une somme de 900,000 livres pour subvenir aux premiers besoins de ces victimes de la rage impériale et royale de Cobourg ^^\

Carnot, Duqubsnot, Bar.

(Copie, Arefa. de la gneire, armée da Nord.)

(') Cette lettre, lue par Barère k la tri- «La Convention nationale, après la lec-

Inine de la Convention le 19 octobre, sou- ture de cette lettre, décrète : leva de fréquents applaudissements. Sur la

proposition de Billaud-Varenne et de Gos- (tAbt. 1. Uarmée du Nord, qui a rem-

suin , la (À>nventîon rendit le décret suivant : porté près Maubeuge une victoire complète

GORRESPONDANCB GÉNÉRALE DE GARNOT. [19 oct. 1793.]

102. iTBSNBS, 17 OGTOBBB lygS. CABIIOT iU COMIîi DB SALUT PUBLIC.

AveoMS, le 6* jour de la 3* décade du 1" mois de l*aa 11 de la RépaMîqae françaifle.

CÀMNOT, MEPMisEMTÀNT ÙC PEUPLE Phàn LUEniE DU ITOED , i 8E8 COLliêU ES COMPOSANT LE COMlti DE SALUT PUEUC.

Triomphe à la liberté, gloire aux armes de la République! Les ennemis sont chassés , le siège de Maubeuge est levé. Ci-joint la lettre datée de Maubeuge, par laquelle nous rendons compte de ce succès décisif à la Convention nationale. Je vous prie de faire déclarer de nouveau que Tannée du Nord a bien mérité de la patrie; jamais décret n*aura été plus juste. Je vous prie aussi de faire approuver la mesure par laquelle nous avons fait donner des secours provisoires aux malheureux habitants des campagnes incendiées par les brigands de TAutriche. Donnez connaissance à la Convention des détails que vous avez reçus de nous par nos dépêches précédentes; il est important néanmoins que vous ne parliez pas de notre force qui n'est que de cinquante mille hommes. Il faut, pour le succès des opérations ultérieures, que les ennemis nous croient beaucoup plus forts. Nous avons trouvé les habitants de Maubeuge très froids et la garnison très molle; elle eût pu, en faisant des sorties perpétuelles pendant l'action, harceler l'ennemi de manière que notre victoire eût été beaucoup plus avantageuse par la prise que probablement nous aurions faite de toute l'artillerie ennemie. Les citoyens de Maubeuge ne nous ont pas reçus avec les transports qu'on devrait manifester, ce semble, envers des libérateurs. Nous allons travailler à électriser un peu ce pays et à y remonter l'esprit public.

Je ne puis rien vous dire encore de nos projets. L'ennemi , qui craignait une déroute complète, s'est hâté de faire sa retraite. Un brouillard

sur les AtttrichieiM, a continué de bien mériter de la patrie. Le président est chaîné d^écrire aux dignes républicains de cette armée une lettre qui leur apprendra la reconnaissance nationale pour la bravoure et le lèle qui les ont constamment animés.

«Art. 9. La Convention nationale approuve toutes les di'^posilions prises par les

représentants du peuple envoyés près de cette armée. Son comité des finances lui fera, dans la séance de demain, un rapport sur les secours provisoires à distribuer aux citoyens du département du Nord qui ont été pillés ou dont les demeures ont été dévastées ou incendiées par Tennemi.»

(Cf. Moniteur, XVIII, 166.)

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des plus épais, auquel la pluie a succédé, Ta favorisé en nous dérobant sa marche. Sa retraite a été régulière et il n'a point perdu son ensemble, mais nous croyons son armée absolument découragée. Je crois cpe sa perte a été de quatre mille hommes à peu près ^^\ Nous avons eu de notre côté deux mille hommes environ , tant tués que blessés. L'affaire a été des plus chaudes; il est peu d'exemples d'un combat de quarante-huit heures poursuivi avec un pareil acharnement. L'armée est vraiment digne des plus grands éloges. Jourdan est digne du commandement qui lui est confié. Cependant le succès lui était nécessaire : il était perdu , s'il eut échoué ; on le dénonçait déjà comme un traître et moi aussi , pour avoir tiré des villes les garnisons pour les joindre au corps de l'armée. C'est un brave et honnête sans-culotte que Jourdan. Le général Duquesnoy est aussi très bon; les autres, tels que Balland, Fromentin, Lemaire, ont beaucoup de bonne volonté, mais sont faibles en talents. Cordellier n'a pas paru. Je crois que le général en chef ne sait pas encore où il demeure. C'est peu de chose , à ce qu'il me semble. L'armée est tout éparpillée ; le succès la décompose aussi bien que les revers. Demain elle va se reposer, se rallier, se mettre en état d'opérer de nouveau. Je vais combiner avec Jourdan les opérations ultérieures, après quoi je me rendrai auprès de vous, ce sera le plus t6t possible. Si vous voulez que cette victoire mémorable et qui sauve la République ait un nom particulier, vous pouvez l'appeler raffaire de Wattigntea, car c'est ce village qui a été le théâtre du combat qui a fixé la victoire; il a été pris et repris cinq fois de suite, trois fois par nous et deux fois par l'ennemi, mais c'est nous qui, étant restés les maîtres de cette position, avons tellement serré l'ennemi qu'il a jugé à propos de battre en retraite au plus vite. Nous tâcherons de ne pas nous en tenir là, mais je ne puis vous dire ce que nous ferons, l'ennemi ayant, comme je vous dis, conservé son ensemble plus que nous-mêmes. Je me propose de vous porter moi-même les résolutions qui seront arrêtées. Notre fatigue est excessive.

Cabnot.

Je vous prie d'ouvrir la lettre que nous envoyons à la Convention avant de la remettre au président. Il est bon que vous ayez connais-

(') Le balletin de rarmée autrichienne n*acciue qae 3,0 00 hommes. En revanche, il nous aUribne une perle triple de celle mentionnée par Gamot.

330 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [17 oct. 1793.]

sance de ce qo^elle contient, quoique le récit soit très succinct. Vous aurez des détails par la lettre officielle que Jourdan doit écrire au ministre.

Cette lettre est la troisième que je vous écris aujourd'hui : une le matin à six heures , lorsque nous ne savions pas encore ce qu'avait fait l'ennemi, et datée d'Avesnes; la seconde écrite de Mauheuge et adressée à la Convention nationale, c'est celle ci-jointe; et la troisième est celle-ci que je vous écris d'Avesnes , où nous sonunes revenus pour faire passer à Maid>euge les subsistances et autres objets qui lui manquent Il était temps de la ravitailler ^^K

(Orig. rat., Arth. Mt, AF 11 939 « mméè.)

AVBSNBS, 17 OCTOBBB I793.

US GimihkL JOrBDAN AU MIIflSTBR DB LA GCBBBB BODCHOTTB.

Aa quartier général d'AvesiMt, te 17 octobra. Tan n de la RépoUiqoe française.

LE QininàL km chef DB L'ABUis DO NORD ÀC CnOTMN MIHiSTBM ÙB LA GUSRMB.

J'ai reçu hier, sur le champ de bataille, votre dépêche, citoyen ministre. La division de droite, aux ordres du général Duquesnoy, a forcé le camp et le poste de Wattignies, que sa position rendait imprenable; mais rien n*a résisté k la hayonnette des républicains. La division de gauche , aux ordres du général Fromentin , a forcé Levai, Saint- Waast, Saint-Bémy et Saint-Aulûn.

J^apprends à Tinstant que Tennemi a évacué dans la nuit le camp qu^il avait siu* les hauteurs de Dourlers, sans doute parce qu'il a craint d'y être enveloppé. Je monte à cheval et j'espère vous en rendre bon compte ^*\

Le combat d'hier a commencé à huit heures du matin et a cessé h la nuit.

(') Outre ces lettres les deux frères Carnot écrivirent du champ de bataille i ieui* père pour lui annoncer qu'ils étaient sains et saufs. (Cf. Mémtnm iur Camot par m» fié, nottv. éd., I, 490.) Nous n'avons pas retrouvé le texte de cette lettre.

^*) Le 17 octobre 1798 Jourdan donna les ordres suivants : Au général Fromeniin, Réunir sa division et ia faire camper dans la position la plus convenable pour défendre le passage de la Sambre. Donner Tétat des portes éprouvées par sa division dans Iga

journées des 1 5 et 1 6. — An général Cordettier. Faire camper ses troupes en ar* rière de la haie d'Avesnes. Donner Tétat des pertes. — An général Ail/mil. Camper dan$ les positions quHl occupait avant de se porter en avant de la haie d^Avesnes. Donner Tétat des pertas. — Au général Duquegnoy, Camper sur les hauteurs de Wattignies et donner l'état des pertes. — Au général Beaurtgard. Camper sur les hauteurs de SoIre-le-CbAteau et donner Tétat des pertes. (Airh. de la guerre, reg. de Jourdan.)

[ryocT. I793.J CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 331

L'ennemi a perdu beaucoup de monde. Les républicains se sont battus avec un courage dont il n y a pas d'exemple.

Les représentants du peuple Camot et Duquesnoy ont marché à la tête des troupes qui ont chargé. Us ont destitué sur le champ de bataille le général de brigade Gratien qui, ayant reçu Tordre de se porter en avant, avait battu en retraite. Cet acte de justice a produit un bon effet et cette brigade a été de suite reprendre son poste.

Je n*ai pas le temps de vous donner de plus amples détails. Il est plus essentiel dans ce moment de se battre que d'écrire.

Salut et fraternité.

JOURDAN

(Copie certifiée par Bouehotle, Arch. de la (pierre, année da Nord.)

AYBSNES, 17 OCTOBRE 1793.

LB QiniHAL JOORDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE. •

an quartier géoérd i Avesnes, ]e 17 octobre 1793, Tan 11 de la Répabliqnet^*.

IK CITOYEN JOanDÂN, oiminàL en CBBF de fAEUiE DU NOBD, AU âlTOTBN BODCBOTTE, MINISTRE DE LÀ QOEEEE.

Citoyen ministre.

Les troupes de la République viennent de remporter une victoire signalée sur les satellites des tyrans coalisée. La supériorité du nombre , la position presque inexpugnable dont ils s'étaient emparés , tous ces avantages réunis n'ont pu arrêter la valeur de nos soldats. L'ennemi , attaqué au centre et sur les ailes , s'est vu forcer, noidgré une résistance opiniâtre qui n'a fait qu'augmenter ses pertes. Sa position était extrêmement avantageuse. Mattre des hauteurs couronnées par des bois, il avait établi différentes batteries qu'il fallait affronter avant de le joindre. 11 eût été aussi difficile que dangereux de l'attaquer de face, et la latitude de son front ne me permettait de le tourner qu'en dégarnissant beaucoup le centre. Je pris cependant ce parti; j'ordonnai au général Duquesnoy de se porter sur le flanc de l'ennemi et de gagner une position qui me mtt à portée de l'attaquer avec avantage. Ce géoérd exécuta mon ordre avec autant de bravoure que d'intelligence ^*) , et cette

(*) On lit en tête : trReçu le 97 (du Duquesnoy, «rsans connaissance et sans ta-

1" mois) i 8 heures du soir. Répondu le tentai», qui a entravé les opérations de

s 8.» iourdan, et son frère le général. «J'avais,

(') Hébert, dans la séance du duh des dit-il, jusqu'à ce jour regardé Duquesnoy

Jacobins du 18 brumaire (8 novembre comme un bon patriote: c'est un cultivateur,

1 793 ), attaqua violemment le représentant c*est un asseï pauvre citoyen ^ il n'a pas les

332 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [17 ocr. 1798.]

manœuvre a décide da sort de cette bataille/ qui a duré deux jours. L'ennemi, se voyant tourné, a opposé la résistance la plus opiniâtre pour garder le village de Wattignies, qui couvrait son camp. Ce vUlage a été pris, repris trois fois; les représentants du peuple Camot et Duquesnoy ont été à la tète des troupes; ils ont inspiré par leur exemple à nos soldats ce courage digne des républicains firançais. Rien n'a pu leur résister; ce poste a été enlevé à la baïonnette, malgré le feu de la mitraille et des obusiers. Malheureusement la nuit est survenue et il me fut impossible de pousser plus loin Tennemi. Je m'attendais ce matin à le forcer jusque

qualités d'un générai et n*en a pas sans doute les prétentions. Pourtant ii est certain quHl a voulu mettre un sien frère à la téie des années et qu'il s'est constamment opposé aux vues de Jourdan, pour pouvoir l'entourer du soupçon. Je ne veux contre le frère de Duquesnoy que les témoignages de Duquesnoy lui-même. Un jour, en ma présence, le ministre de la guerre, qui s'occupait dors de régénérer l'armée, sachant que Duquesnoy avait un frère dans les armées , lui demanda à quoi il pouvait l'employer. Duquesnoy répondit : et Je vous prie de le laisser à sa place; il n'est pas bon pour commander une armée , pas même une division; il est fort bien à sa place.» C'était alors son sentiment : je regardai cet aveu comme admirable ; cependant ii parait qu'il a bien changé; ii en veut faire un général. Il tient maintenant sous le despotisme le plus cruel et le général Jourdan et l'année entière : personne n'oserait écrire au Comité de salut public; la lettre serait interceptée, l'auteur arrêté, traîné dans les cachots.» — (Cf. Aulard, Aa iociét^ det Jacobine, V, 5oo.) — Celliez, ancien c5mmissaire du pouvoir exécutif à l'armée du Nord, confirma les dires d'Hébert et il lut des lettres accusant les représentants de ne pas être toujours à leur poste et Camot de chercher à faire avancer son frère. Hébert ajouta que Duquesnoy avait dit faussement que son frère s'était distingué à Wattignies. (Cf. Moniteur, XVHI, 390). — La dénonciation d'Hébert fut transmise au Comité de salut public. Elle contenait des inexactitudes, car on volt que le général Duquesnoy, promu divisionnaire par Bouchotte le 3 septembre 1793, malgré les protestations de son frère (cf. plus haut.

p. 900, note 1), était tenu en grande estime par Jourdan et avait pris une part glorieuse à la victoire de WaUlgnles. D'ailleurs, dans la séance du 19 (9 novembre), Duquesnoy se défendit d'avoir voulu élever son frère aux grades. crJe déclare, dit-il, que je n'ai qu'un frère dans les années , que je n'ai jamais sollicité pour lui ; qu'oïl fut fait générai de brigade sans ma participation, et à la recommandation d'Hébert lui-même. Enfin , nommé général de division, le ministre de la guerre m'écrivit pour l'en aviser. Je lui répondis pour lui témoigner ma surprise qu'il ne m'en eût pas prévenu auparavant, et je dis formellement que je ne doutais point du patriotisme de mon frère , mais beaucoup de ses talents pour cette place. Cependant, voiri une lettre écrite par le chef d'état-major Renoud (llsex Emouf), contenant les détails de l'affaire de Maubeuge, dans laquelle on dit que c'est particulièrement à Duquesnoy et à Jourdan, dont on fait aussi l'éloge parfait, que le succès de cette journée est dû.» — Duquesnoy disait vrai et 11 trouva un appui dans Robespierre, qui réfuta en ces termes les calomnies proférées par Hébert contre les généraux. «D'abord je vous dirai que nous sommes parvenus à réunir dans l'armée du Nord trois républicains qu'il serait peut-être foK difficile de rencontrer ailleurs. C'est Beauregard , général sans^rulotte , dont vous connaisses les talents. Cest Renoud (Emouf), chefdel'état-major, ami de Jourdan; c'est Duquesnoy, ami aussi de Jourdan. Tous trois s'entendent parfaitement, et l'amitié de ces trois hommes peut sauver la chose publique.» (Cf. Aulard, ut tupm.

dans ses derniers retranchements; mais, profitant de l'obscuritë de ia nuit et d'an brooillard épais qui s'est âevë et a dure jusqu'à midi , il a opéré sa retraite et repassé la Sambre, au-dessus et au-dessous de Maubeuge. Sa perte est d'environ six mille hommes. Nous n'avons eu, de notre côté, qu'environ deux cents hommes de tués et douze cents de blessés. L'ennemi avait déjà repassé la Sambre quand j'ai été averti de sa retraite; il ne l'aurait pas faite facilement sans le brouiUard qui me cachait absolument ses mouvements. Enfin Maubeuge est libre. Notre avantage eàt été beaucoup plus considérable sans la lâcheté du général Gratien, qui fit battre en retraite une brigade destinée à renforcer l'attaque du village de Wattigaies. Ce général a été destitué par les représentants du peuple à la tête de sa eoionne et mis en état d'arrestation.

Je ne puis trop louer le courage et l'énergie que les soldats républicains ont montrés dans cette action. C'étaient autant de héros. Le citoyen Camot, chef de brigade du génie, a rendu les plus grands services. Il m'est de la plus haute importance de conserver ce brave homme à l'armée du Nord, qui manque absolument d'ingénieurs. J'espère que vous voudrez bien donner des ordres pour qu'il y soit employé.

Je m'occupe à prendre des mesures pour profiter de la défaite de l'ennemi; je ferai les plus grands efforts pour le chasser du territoire finançais. J'attends tout de la valeur, du zèle et du courage de nos soldats.

Salut et fraternité.

( Orig. , Arch. de la guerre , armée du Nord. )

JODROAN.

GARROCGBS, 1 7 OGTOBBB 1793.

LB G<lf<RAL BBLLBRMANN AU COMITE DB SALUT PUBLIC.

Analyse, — Deux lettres : l'Envoi d'une lettre du général du Merbion^^^ et

(*) Pierre Jadart du M erinon , né à M ontmeillant (Ardennes) le 3o avril 1737, fib d'un major d'infanterie, lieutenant du bataillon de milice de Maxarin le 1 "avril 1 766, lieutenant au régiment de Vastan le 5 novembre 1757, prisonnier de guerre à Harbourg le 98 décembre 17S7, échangé le a 3 juillet 1761, wos-aide-major le 1" février 1 763 , aide-major le 99 février 1 768 , capitaine le 10 septembre 1 769 , capitaine de chasseurs le 6 juin 1776, chevalier de Saint-Louis le 99 janvier 1779, capitaine en second de grenadiers le 9 avril 1 780 ,

capitaine commandant le 95 février 1789, lieutenantrcolonel du 91* régiment le 5 février 1799, colonel le i5 octobre 1799, maréchal de camp provisoire à Tarmée dltalie le 93 novembre 1799, général de brigade le 8 mars 1793 et de division le i5 mai suivant, général en chef provisoire de Tannée dltatie le 8 août 1793, confirmé le i5 prairial an n (3 juin i79&)« commandant en chef des armées d'Italie et des Alpes le h fructidor an 11 (91 août 179&), remplacé par Scherer le i3 brumaire an m (3 novembre 1796)1 pèn-

3Si CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [170^.1793.]

d'une copie d'une lettre du résident de France à Gènes ^'^ annonçamt que le Midi est menacé d*un grand effort de Tennemi. D a donné ordre k deux bataillons de se rendre k Grasse et a envoyé des munitions au général du Merbion. U prie le Comité de lui faire passer des secours de Lyon. — 9* Se conformant k TarrAté dn Conseil exécutif pronon^nt sa destitution (*\ il a écrit au génâ^ d^Oniac^''' poiu* loi remettre le commandement de Tarmée ^*\

(AnalysM, Areh. de U (pierre, reg. D da Comité de Selal pnblie, p. 643.)

fiioanë le 18 floréal an m (7 mai 1795), mort à Montmeiliant le 7 ventte an t (iS février 1 797 ). Le génënd du Merbion avait fait les campagnes d^Allemagne de 1767 i 1761, une sur mer en 1769, et avait passé huit ans en Amérique, de 1765 i 1773. (Cf. Paul Laurent, Noîn itMiim $ur le général du Merbion; Paris, 1896 , in-8*. )

W) C'était TiUy.

(*} Le général Kellerroann avait en vain protesté contre sa destitution (cf. p. 955). L'impopularité du vainqueur de Valmy était extrême. En effet, dans la séance du dub des Jacobins du 19 octobre 1793, on lut une lettre de lui, par laquelle, après s'être félicité d'avoir fait triompher le patriotisme dans le département du Mont- Blanc, il priait la société de lui confirmer le titre de général des Jacobins, que lui avaient donné les ennemis. Cette lecture souleva des protestations telles , que , sur la proposition de Pereira, Kellermann fut rayé de la société des Jacobins. (Cf. Aulard, U êoeM dêê Jacohim, V, 468.)

^') Jean -Jacques de la Roque d'Olès d'Omac, né à Angles (Hérault) le 91 mars 1799, fils de Jean, sieur d'Omac, cornette au régiment de dragons de Languedoc le 10 juin 17&&, réformé le 99 septembre ] 7&8 , lieutenant en second le 7 juillet 1769 et en premier le 18 août 1751, capitaine le 10 février 1759, chevalier de Saint-Louis le 1 9 mars 1 763 , aide-major le 19 juin 1763, major du régiment Mestre<le-camp-général le 9 décembre 1771, rang de mestre de camp le 3 mars 1774, lieutenant-colonel le 8 avril 1779, brigadier le t" janvier 1784 , maréchal de camp

le 9 mars 1788, employé à l'année du Mi^ le as mai 1799, tieutenant général le 7 8q>tembre 1799 , commandant en chef provisoire de l'armée àe» Alpes en Fabsence de Kellermann le 95 avnl 1 793 , destitué le 99 juin, réint^[ré par le représentant Gauthier le 93 août 1793, autorisé à prendre sa retraite le 1* frimaire an 11 (91 novembre 1793), retiré à Angles, où il rivait encore en Fan viii. Le général d'Ornac avait fait les campagnes d'Italie de fjhh à 17&8 et d'Allemagne de 1761 et 1769. 11 avait été Messe d'un coup de feu à l'épaule lors de la descente des Anglais i Cheriiourg en 1758.

^*) Le 95 octolnts 1793 le général d'Ornac écrivit des Marches à Boudiotte pour lui mander qu'après la retraite préripitée des Piémontais sur le mont Cmis et le mont Saint-Bernard, il a établi son quartier général aux Marches pour veiller sur la Maurienne et b Tarentaise. U avait donné ordre au général Le Doyen d'attaquer les Piémontais qui se fortifiaient au col de la Roue, mais, vu la suspension de ce général , l'attaque a été contremandée. U ne sait que faire, vu que le bruit court que lui-même est suspendu et remplacé par le général Doppet , trce qui , dit41 , me jette dans un embarras extrême, en me forçant d'user de la manière la plus circonq>ecle du commandement qui m'est confié, n (Orig., Arch. de la guerre, armée des Alpes.) — Le 3i octobre, le général Doppet prévint le ministre qu'il avait ordonné au général d'Omac de cesser tout commandement. (Arch. de la guerre, armée des Alpes.)

[i7 ocT. 1793,] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 335

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