COMMANDANT A PHILIPPEYILLE, AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Analyse. — Il rend compte de f affidre malheurease qui a eu lieu dans la nuit du 1 5 au 16 octobre. Le général Élie, sorti de Givet le i5 dans raprès-midi avec ses troupes, marcha sur Siienrieux. Son avant-garde a été mise en déroute par rennemi. La perte a été de ioo hommes, tués, blessés ou faits prisonniers, et de 1 9 pièces de canon ^^.
(Orig. , Ajch. de k gaerre , armée du Nord. )
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTB AU G^NiRAL PIGHEGRU.
Il n'est plus moyen de résister, général , à la voix de la patrie qui vous réclame au poste qu'elle vous a confié. L'échec du aa^'^ n'aurait certainement pas eu lieu, si les chefs eussent été meilleurs ^^^ Hfttez-vous de vous rendre sans diflférer
chiens; mais ce n'est pas assez, ni pour raflermissemenl de là République, ni pour le saccès complet de cette campagne. £Ue doit être la dernière, et son influence doit nous rendre Condé, Valendennes et le Quesnoy. C'est d'Avesnes et de Maubeuge que doit sortir la terreur qui doit terrasser tous nos ennemis dans le Nord. Votre exemple renforcera le Rhin et dans quelques jours la terre de la liberté sera purgée de ces hordes de brigands.
ff Que la Sambre soit leur tombeau ! Elle ne sera pas pour yous une borne à vos triomphes. Le Comité de salut public applaudit à vos généreux efforts, il attend encore de vous et de l'armée des succès pins grands et une rictoire complète et nécessaire à la liberté. Que Tannée des tyrans soit exterminée I»
(^) Jacques Berthault, dit Bertaux, né à Audrieu (Calvados) le 10 janvier 1783, engagé au riment d'infanterie de Rohan le 98 mars 17/18, sergent en 1753, lieutenant le 1" janrier 1768, lieutenant de lien le 10 juin 1768, capitaine en
second de la compagnie Colonelle le 1 1 juin 1776, chevalier de Saint-Louis le 99 dé* cembre 1 777, major de la place de Rocroi du 8 avril 1779 au 1*' août 1791, général de brigade commandant à Pbilippeville le 3o juillet 1798, destitué le 1*' décembre 1793, autorisé à prendre sa retraite le 99 octobre 1 796 , mort à Rocroi ( Ardennes) le 91 novembre 1799. Le génénd Bertaux avait fait les campagnes de Flandre en 1 7 A8 et d'Allemagne de 1767 à 1769. Il avait été blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche à la bataille de Bergen le i3 avril
(') Le même jour, le général Bertaux écrivit dans les mêmes termes au ministre de la^erre et aux représentants du peuple à Sedan. Le 19 octobre, le général Elie envoya une relation détaillée à Bouchotte.
^'^ Le 99* jour du 1*' mois de l'au n, c*est-à-dire le i3 octobre.
(*) Les Impériaux avaient célébré la prise des lignes de Wissembourg . et le général Wurmser avait adressé , le 1 5 octobre , à son armée, l'ordre du jour suivant (Areh.
3&& CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 oct. 1798.]
près des représentants cbi peuple, Saint-Just et Le Bas, qui viennent de partir d^ici pour le quartier général de Tannée du Rhin; prenez le commandement de cette armée, ainsi que le porte Tarrété du Conseil , approuvé pai* le Comité de salut public , que je vous avais adressé le 1 3 de ce mois. Vous devez en ce moment vous dévouer pour la patrie. Oui, je le répète, la retraite et les désordres ne seraient pas arrivés si vous vous étiez mis alors en possession du commandement Je m'en réfère aux lettres que je vous ai adressées les 1 3 et 1 5 de ce mois, rajoute que les troupes sont excellentes, qu'elles pleuraient de rage, demandant des chefs et ne sachant où se rallier. On assure que des généraux sont passés à Tennemi, que des malveillants ou insouciants ont laissé surprendre les postes avancés, enfin que les chefs, presqu'en général , n ont montré ni bravoure, ni zMe. Il CsLudra rechercher et faire punir les coupables, épurer Tannée, lui inspirer de la confiance, la mener promptement attaquer Tennemi, qui ne résiste jamais à notre impétuosité. En6n, il faut marcher au secours de Landau. Le général Laubadère, qui y commande, m'écrit du âo^*\ qu'il est en mesure de rendre vains les projets des ennemis, d'après les dispositions bien fortement prononcées de la garnison, qui ne se rendra point, dit-il, n'y ayant point d'alternative entre l'indépendance ou la mort pour de vrais républicains. Il ajoute que les fortifications singulièrement perfectionnées chaque jour sont dans un état imposant. Les représentants y ont suspendu le général de brigade Serviez et son aide de camp de Mestre, commandant Saint-Vincent ^'^ et Laval ^'^ chefs des ai* et 55* r^^iments.
hbt de la guerre, armée du Rhin, carton 90-18, livre d'ordres de Tarinée de Gondé, s* registre) :
«Quoique je n*aie jamais douté, malgré les dangers de mon entreprise, de remporter la victoire et de passer les lignes, aidé par une troupe aussi valeureuse que celle que j'ai Thonneur de commander, je ne m*en crois que plus obligé à témoigner une vive reconnaissance à MM. les officiers généraux et particuliers, ainsi qu'aux basofficiers et soldats de mon armée et à celle aux ordres de S. A. R. Monseigneur le prince de Gondé, à cause du courage et de la présence d'esprit qu'ils ont montrés dans cette occasion.
«La journée du i3, étant mémorable par ses succès, a acquis à l'armée de nouveaux lauriers et les plus brillants. Il sera , en conséquence, célébré demain 16, à 10 heures du matin, une messe solennelle et un 7tf Deum en actions de grAces; il sera fait trois décharges de toute l'artillerie et de toute la mousqueterie de Tarmée. Le feu du canon commencera A la droite du
corps de M. le prince de Waldeck. Le feu du canon parvenu à la gauche , celui de la mousqueterie y commencera et reviendra à la cboite, et ainsi de suite les trois décharges.
«Le comte db Wdbhsm.v
^^^ Le 11 octobre.
(*) François -Pierre -Jean d'Aiglun de Saint- Vincent , né le 97 novembre 17&9, soldat au régiment de Médoc le 10 juin 1 767 , sous-iieutenant le 9 novembre 1779, capitaine d'infanterie au service de Hollande le 1*' avril 1778, capitaine dans la légion de Maillebois le 1" mars 1786, capitaine d'infanterie à la suite de l'armée en Hollande le i5 avril 1786, major de la garde nationale parisienne soldée le 1*' septembre 1789, lieutenant-colonel du i3' l^alaillon d'iufanterie légère le 3 août 1791, chevalier de Saint-Louis le 17 juin 1799, colonel du 91* d'infanterie le 1 9 juillet 1 799 , mort le 10 germinal an 11 (Somars 1796).
(^) Anne Gilbert de La Val, né à Riom (Puy-de-Dôme) le 9 novembre 1769,
[i8ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 3/i5
les chefs du a* de l'Affier^^^ 5* de Seine-et-Marne ^*\ de la constitution du ai* de cavalerie ^'\ et Dedon^*\ chef de rartillerie. Je vous prie de me rendre compte. des
cadet -gentilhomme le 10 janvier 1781, sous-iieulenant le 16 avril 1789, lieutenant en second le 98 août 1787, capitaine le i5 septembre 1791, lieutenant-colonel au 55* d*infanterie le 9 juin 1799, suspendu le 16 nivôse an 11 (5 janvier 1796), réintégré le 16 pluviôse an ni (U février 1795), chef de la 90 3* demi-brigade le iG messidor an in (4 juillet 1795), et de la 100* demi-brigade le 97 pluviôse an IT (16 février 179^), général de brigade le 99 prairial an vn (10 juin 1799) et de division le 90 septembre 1809, baron de TEmpire, mort à Mora (Catalogne) le 6 septembre 1810.
(') Jean-Baplbte Party, né à Moulins (Allier) le 10 octobre 175/1, soldat au régiment de la Couronne le i5 février 1775, caporal le 1 7 mai 1778 , congédié le 1 5 février 1783, chef du 9' bataillon des volontaires de TAliier le 17 septembre 1799 , membre de la Légion d'honneur le do messidor an xn (19 juillet 180/i), commandant d'armes à Eppingen (Allemagne), où il mourut le h décembre i8o5. Il avait été blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche le U thermidor an iv (99 juillet 1796).
t') François Dujont, né à Fontainebleau, premier lieutenant-colonel du 5' bataillon de Seine-et-Marne le 93 octobre 1 799 , mis en arrestation le 90 nivôse an 11 (9 janvier 1794).
(') Nicolas Maurice, né à Thionrille (Moselle) le i5 mai 1769, hussard dans le régiment Colonel-Général le 96 octobre 1783, fourrier le 90 août 178^, maréchal des logis chef le 90 mai 1788, quartier^ maître trésorier le 1 1 mai 1789, capitaine le 95 novembre 1799, chef d'escadron le 96 janrier 1793, chef de brigade du 91* de cavalerie le 90 juillet 1793, général de brigade le 93 août 1 798 , mais refuse ce grade, destitué le 93 nivôse an ii (19 janvier 179^), réintégré le 1" nivôse an III (91 décembre 179^) et replacé à la léte du 91* de cavalerie, commandant en second de l'école d'instruction des troupes
à cheval à Versailles le 98 thermidor an vu (16 juillet 1799)1 et en premier le 6 vendémiaire an X (98 septembre 1801), colonel de la 39* légion de gendarmerie le 1" septembre 1810 et de la 19* le 5 septembre 181/î, maréchal de camp honoraire le i3 septembre 1890, mort à Versailles le 3i décembre 1839.
(*) François -Louis Dedon, né à Tout ( Meurt he) le 91 octobre 1769, aspirant à l'école d'artillerie de Meti le 1" avril 1777, lieutenant le là juillet 1780, capitaine en second le 17 mai 1787, directeur de l'artillerie à Mayence en 1793, commandant en chef de l'artillerie à Landau en octobre 1798, chef du 1*' bataillon de pontonniers à l'armée du Rhin le 1 0 floréal an lu (99 avril 1795), chef de brigade le 91 prairial an v (9 juin 1797)1 commandant du 7* régiment d'artillerie à pied le 1 9 prairial an ix (1" juin 1801), directeur de l'artillerie à Strasbourg le 90 brumaire an xn (19 novembre i8o3), membre de la Légion d'honneur le 1 9 frimaire an xii (1 1 décembre i8o3) et officier le 95 prairial an XII (lA juin 180&), général de brigade le 98 octobre i8o5, commandant l'artillerie de l'armée du Nord le 8 novembre i8o5, directeur général du parc d'artillerie de l'armée de Naples le 93 août
1806, général de division au service du roi de Naples Joseph Bonaparte le 3 novembre 1807, commandant de la Légion d'honneur le 1 9 juin 1 808 , commandant en chef de l'artillerie au siège de Saragosse le 9& mars 1809, colonel-général de l'artiUerie du roi d'Espagne le 9 décembre 1809, reconnu dans son grade de lieutenant général le 1*' juin 181 A, cher valier de Saint-Louis le 99 juillet 181 &, admis à la retraite le 9 A décembre 181 A, rappelé à l'activité le 17 mars 181 5, retraité le 9 décembre 1-8 1 5 , mort à Vanves (Seine) le 19 janrier i83o. Paul-Louis Courier, qui avait serri sous ses ordres en
1807, lui a consacré quelques-unes de ses lettres les plus piquantes.
3&6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 ocr. 1798.]
motifs de ces Biupensions, sur lesquelles je ne peux me former encore une idée. Je crains qn*ii n*existe encore quelques germes de division dans cette place qui pourraient atténuer ses moyens de défense, et qui rendent d*autant plus m^nt le secours que vous allez y porter pour dégager cette clef importante de la République. Hfttez-vous, général, de rechercher les maux que la trahison a cherché à nous causer, et faites-vous promptement connaître li Tannée du Rhin pour un bon sansculotte tel que vous êtes , et soyez sAr qu'elle vous suivra bientôt avec soin dans le chemin de la victoire.
(Arah. de la gaerr», aniiée da Rhin, ng. A7, p. »o.)