LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE
AU oimitHL Bit CHEF DE VkKUiE DU RHIN.
Je m'empresse, général, de vous apprendre que les troupes des années du Nord viennent de remporter une victoire sigmdée sur les Autrichiens qui avaient fait l'investissement de Maubeuge. La supériorité du nombre et la position presque inexpugnable qu'ils occupaient n'ont pu arrêter la vdenr des républicains, et une résistance opiniâtre n'a fait qu'augmenter la perte des Autrichiens. Le combat a duré pendant les deux jouméss du ai au aS. L'ennemi, profitant de l'obacurité de la nuit et d'un brouillard épais, a opéré sa retraite et repassé la Sambre au-dessus et au-dessous de Maubeuge. Sa perte est d'environ 6,000 hommes et la nôtre est à peu près de 900 tués et i,aoo blessés. Maubeuge est délivré; on ne peut trop louer le courage et l'énergie des républicains qui se sont montrés comme autant de héros.
Je viens de recevoir aussi la nouvelle officielle de la prise de Mortagne et Choiet dans la Vendée, avec vingt-huit caissons et bouches h feu. Les rebelles sont poursuivis jusque dans leurs derniers repaires. Leur chef Lescure vient d'être tué avec plusieurs autres.
Faites, sur-le-champ, part aux troupes de ces bonnes nouvelles; engagez-les à imiter leurs frères d'armes du Nord et de l'Ouest, et faites-leur remarquer que jamais les ennemis n'ont pu résister h l'attaque impétueuse des francs républicains. Ne donnons nulle relâche à ces féroces satellites des despotes; concertez vos mouvements avec l'armée de la Moselle et, suivant les combinaisons et les dispositions que vous aurez faites d'après les circonstances et les positions, frappez vigoureusement les ennemis, coupez-leur la retraite, les vivres et les munitions, et songez qu'ils n'ont dû quelques succès éphémères qu'à la trahison et à l'insouciance des mauvais citoyens qui se sont trouvés dans nos années.
(Arch. de lo guerre, armée da Rhin, carton a a-i3, reg. A7, p. ai.)
[igocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
AVESNES, 19 OCTOBRE lyQS.
LE G^NéRÂL JOCRDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Analyse. — Il mande que les journées des 1 5 et 16 octobre ont ëtë si vives que rarmëe 8*est trouvée dégarnie de munitions. Aussi en a-t-il demandé à LiÛe, Douai et Arras. Il propose de créer ë la Fère un établissement pour la confection des cartoucbes à canon et h fusil. D se plaint que le parc manque de chevaux. U a donné ordre au commissaire ordonnateur d'approvisionner de munitions les places de Maubeuge, Landredes et Avesnes. D attend le résultat des opérations du gâiéral D'Avaine dans la Flandre maritime. ffLe représentant du peuple Camot part à rinstant pour Paris. Il fera part au Comité de salut public de la position de nos ennemis, qui se sont tous réunis du cAté de Bettignies et qui présentent une force considérable. Je lui ai témoigné le désir que j^aurais que le Comité de aalut public voulÂt bien me tracer un plan d'opérations. Nous avons eu une longue conférence à ce sujet; nous avons discuté le pour et le contre de différents projets, de manière qu'à l'arrivée du citoyen le Comité pourra &cilement prononcer ^^\ J'ai vu partir d'ici, avec peine, le citoyen Camot, de même que son frère, chef de brigade du génie, qui s'était rendu auprès de moi par ordre des représentants du peuple, et qui n'a pas cru devoir rester ici plus longtemps. Les conseils de ces deux citoyens m'ont été infiniment utiles et je vous avoue avec franchise que, me voyant réduit à moi-même , je me défie de mes connaissances ^*K n
(Copie eertifiée par Boachotte, Àreh. de la guerre, armée da Nord.)
(>) A ce Bojet, Jourdan a écrit les lignes suivantes dans ses Mémoirei inédits, conservés au ministère de la guerre. Après avoir raecmté que le duc d*York rejoignit Tarmée ennemie avec i5,ooo hommes, le 16 octobre au soir, il ajoute : «Nonobstant ce renfort qui portait Tannée des alliés à près de 80,000 hommes, tandis que celle de la République n*en comptait pas plus de 5o,ooo , y compris une partie de la garnison de Maobeuge, Camot n*en était pas moins d^'avis de s*avancer au delà de la Sambre. Le général en chef, calculant les suites d*une entreprise aussi téméraire et présumant avec raison que Tennemi, après aToir échoué devant Dunkerque et Maubenge, n'entreprendrait rien pendant Thiver, Toidait au contraire rester sur la défcnsÎTe et insistait fortement sur la nécessité
d'incorporer les bataillons de réquisition dans les anciens cadres, opération qui, dans peu de mois, mettrait Tannée sur le pied le plus respectable. Camot n'était pas éloigné de partager cette opinion, mais, pressé par le Comité de salut public qui, dans l'enthousiasme de la rictoire de Wattignies, avait conçu le projet de reconquérir, sans délai, les places perdues et d'envahir la Belgique, il se borna à autoriser Jourdan à attendre de nouveaux ordres et se rendit à Paris.»
(') En marge de la lettre de Jourdan, du 19 octobre 1798, Bouchotte a répondu en ces termes : «Envoyer à Jourdan le détail des ordres donnés en poudre, boulets, cartouches. Le Comité de salut public s'occupera de ses demandes d'un plan et il y a lieu d'espérer que le représentant Camot
348 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [tg oct. 1793.]
AYBSlUBSy ig OCTOBRE 1 793.
LE Gl^Nl^RAL BBROUF AU G^NKRAL DCQOESNOY.
Aretnes, le 19 octobre 1793 , à ane henre après minoit.
AV GESERàL ddqcssuot.
Le gênerai en chef me charge de vous écrire que, d'après une conférence qa^il a eue avec le représentant Camot et le chef de brigade de génie son frère, son intention serait d^enlever à Fennemi la petite ville de Beaumont, qui ne peut tenir contre un coup de main vigouœux. En conséquence, vous ferez votre possible pour avoir promptement des renseignements sur la force de lennemi de ce cAté-Ui et de Tartillerie qu'il a à son service. Vous me rendrez compte, le plus tAt possible, de vos découvertes pour lesquelles il ne faut rien épargner. J'attends demain, sur le milieu du jour, de vos nouvelles, parce qu'il but que l'opération se fasse aprèsdemain ^^K
(Arch. de la guerre, r^. de Jourdan, p. 67.)
retournera à Tannée. Il doit toujours entretenir les soldats dans un vif désir de poursuivre ces satellites des tyrans. Retraite brillante de la garnison de Rocroi. Si votre droite et votre gauche, de Dunkerque à Carignan, eussent opéré simultanément, ainsi que la garnison de Maubeuge, nul doute queraffaire n'eût été décisive, mais le vrai succès, la grande affaire est de les chasser entièrement du territoire, parce qu'alors les places qu'ils nous ont prises tomberont forcément Je n'ai encore rien appris des mouvements du général D'A vaine. Le premier succès que nos troupes ont obtenu sous votre conduite vous est un sur garant de ceux qu'elles obtiendront encore. Que les liens de la confiance et de la fraternité vous unissent tous, et tout ira bien I J'ai reçu une lettre du général Ferrand, qui prétend qu'il y aurait eu de la témérité à attaquer l'armée de circonvallation pendant que celle d'observation était aux prises avec la nôtre; mais, lorsque les ennemis faisaient leur retraite , lorsqu'ils repassaient la Sambre au-dessus et au-dessous de la place, pourquoi lo camp n'a-t-il pas fait
une sortie? En gardant bien la ville Ton aurait pu les faire attaquer par dix ou douze mille hommes et, en saisissant le moment où une partie de leurs forces avait repassé la Sambre et où l'autre était de ce côté , l'on aurait pu leur causer un grand préjudice et s'emparer d'une partie de leur artillerie. En tout [cas], il me parait que l'esprit de la garnison de Maubeuge aurait besoin d'être renouvelé et qu'il conviendrait d'en retirer les bataillons les moins républicains pour y en substituer de plos prononcés. Vous me marquerez les arrangements que vous aurez faits d'après cette observation. 91 — Une note nous apprend que cette réponse de Bouchotte fut expédiée i Jourdan le 9 1 octobre.
^') Le même jour, Jourdan écrit au représentant Perrin pour le prier de s'informer de la position et des forces de Tennemi k Beaumont. vr Votre amour pour la patrie et la haine que vous portez aux tyrans vous suggéreront des moyens infaillibles pour réussir dans celte découverte, n (Arch. de la guerre, reg. de Jourdan, p. 68.)
[igocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
GBLLIEZ, VARIN ET BERTON, AGENTS DU CONSEIL EXECUTIF À L'ARMEE DO NORD,