‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 118 sur 181 · SU]ÉB^^\ COMMANDANT LA PLACE DE CUARLEVILLB · texte numérisé non relu

SU]ÉB^^\ COMMANDANT LA PLACE DE CUARLEVILLB

ET BOTTEE, ADJDDANT -MAJOR DE LA PLAGE DE LA REUNION -SUR-OISB (gUISe),

AD COMITE DE SALUT PDBLIC

Analyses. — i" O'Shée écrit de Charieville poiu* annoncer que la garde nationale de Mézières et de Charieville a (ait une sortie sur le pays ennemi , dans la

(^) Robert-Richard O'Shée, né le 1 4 dé- second en 1766 et en premier en 1761, cemhre 1736, cadet dans le régiment de capitaine le 6 novembre 1771, chevalier Bulkeley le 1" janvier 1763, lieutenant en de SaintrLouis le a décembre 1778, aide

[17 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 323

nuit da i3 au 1 i octobre, et s'est emparée de 166 bœufs et vaches, 5o cochons, 16 chevaux, une bourrique, un chariot à quatre roues, 4 pièces d'argenterie des églises et une cloche. rrDans ce moment on me rapporte que Ion entend le canon du côté de Maubeuge et de Philippeville. La bravoure de nos braves sansculottes nous assure d'avance la victoire. » — a*" Bottée mande de Laon qu'un convoi, parti de la place de la Réunion-sur-Oise (Guise), le a octobre, et dirigé sur Landrecies , a été attaqué et pris en partie par l'ennemi. Il déclare qu'il êai fils de Nicolas-Claude Bottée, officier municipal de Laon, et qu'il a été nommé, le a 6 septembre 1793, adjudant-major de la place de la Réunion sur Oise (Guise).

( Orig. , Arcb. de la guerre , armée du Nord. )

GARNOT BT DUQUBSNOT AU COHlîi DE SALUT PUBLIC.

Avesnes, le 6* jour de la 3* décade du t*' mois de Tan ii de la République une et indirisible ^^\

LES RBPRisENTANTS DV PEUPLE, EVfOlis PRÈS L'ARuiE DU NORD, AUX REPRÉSENTANTS COMPOSANT LE COMITÉ DE SALUT PUBUC,

Hier, chers collègues, nous emportâmes à la baïonnette plusieurs postes importapdts. Les soldats de la Républicpie ont montré un courage de lion. Il paratt que Tennemî se retire considérablement, et peut-^tre serons-nous assez heureux pour entrer aujourd'hui à Maubeuge. U est impossible de se conduire avec plus d'intrépidité et de sagesse que le général Jourdan. Le général Duquesnoy développe aussi les plus grands talents. Les autres généraux jouissent aussi d une confiance méritée. L'un d'eux cependant, le général de brigade Gratien, ayant battu en retraite lorsque le général Duquesnoy lui ordonnait de charger, a été destitué sur le champ de bataille et livré à la commis-

de camp du maréchal de Brogiie en 1 788, complémentaire an it (90 septembre 1 796),

garde national à Paris le 1 h juillet 1 789 , mort à Paris le 1 5 décembre 1806. Il avait

député de Paris i la fédération de 1790, fait les campagnes d^Allemagne de 1787 i

lieutenant -colonel du ^7* régiment le 1769.

7 août 1799 , chef de brigade le 1 3 juillet ^^^ Cette pièce fiit écrite à six heures du

1793, suspendu le 98 ventôse an u matin : Gamot le déclare lui-même dans

(18 mars 179^)* réintégré le 8 pluviôse une lettre envoyée le même jour et publiée

an m (97 janvier 1796), réformé le 4* jour i la page ddo.

324 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [17 oct. 1798.]

sion militaire, de même que le commandant de la cavalerie de Taile gauche ^^\

On assure que Lambesc ^^^ était au centre de l'armée ennemie et que Cobourg commandait en personne son aile droite. Nous avons perdu peu de monde. Le dernier mot des mourants, tant officiers que soldats, était toujours : «Vive la République!» Nous avons fait environ deux cents prisonniers, entre autres le lieutenant-colonel des dragons de Cobourg, dangereusement blessé ^'^

Carnot, Ddqueswoy.

(Orig. , Areb. de la guerre, année du Nord.)

(0 Le chef de la cavalerie de Taile gauche était le chef d'escadron Ferrand, dont voici la notice biographique :

Jean-Louis Feirand, né à Besançon le i3 décembre 1768, volontaire sur le corsaire la Ducheuê-de-Chartreê , avec rang de sous-lieutenant, en 1779, soldat au régiment de Dauphin-Dragons le 3 juillet 1 786 , congédié par remplacement le âo février 1788, lieutenant au au* de cavalerie en 179a, chef d*escadron le 7 février 179^9 général de brigade à Tarmée de rOuest le 30 germinal an 11 ( 9 avril 179^)1 inspecteur général des remontes en 1796, admis au traitement de réforme le a 1 mai 1801 , mais maintenu en activité sur les côtes du Pas-de-Calais par le contre-amiral La Touche-Tréville, commandant d'armes à Yalenciennes le 19 août 1801 et à Calais le ai février i8oa, envoyé à Tannée de Saint-Domingue le 3 prairial an t (a3 mai i8oa), commandant en chef à Saint-Domingue en 1 8o5 , général de division le 5 octobre 1 808 , se tua près de Scibo (île de Saint-Domingue), le 7 novembre 1808, pour ne pas tomber aux mains des rebelles. Le général Ferrand avait fait les campagnes d'Amérique de 1781 à 1783.

Le représentant Duquesnoy, qui avait fait arrêter Ferrand en même temps que le général Gratien, reconnut bientôt qu'il

s'était trompé sur le compte du premier, et il le fit mettre en liberté par l'arrêté suivant, daté de Maubeuge, le a 6 brumaire an II (16 novembre 1793) :

(rLe représentant du peuple envoyé près l'armée du Nord, considérant, d'après les représentations qui lui ont été faites par les officiers et soldats du a/i* régiment, que le citoyen Ferrand, chef d'escadron, avait toujours montré le plus pur [patriotisme] et qu'il s'était montré en vrai soldat; considérant également que la faute que le citoyen Ferrand avait commise à la journée du 16 octobre avait pu être occasionnée tant par la lâcheté du ci-devant général Gratien que par la confusion qui règne ordinairement dans un moment de charge, arrête que ledit citoyen Ferrand, arrêté par son ordre et destitué, sera mis en liberté et reprendra ses fonctions dans son corps; en conséquence, révoque l'arrêté ci-devant pris par lui, qui avait prononcé sa destitution et arrestation. — DoQDESNOT.» (Orig., Arch. nat., AF 11 a38.)

t*) Charles de Lorraine , prince de Lambesc, ex-colonel du régiment de cavalerie Royal-Allemand.

t*) Le prince d'Anhalt-Kôthen, cité dans la relation autrichienne de la bataille de Wattignies, publiée plus haut, i la page 3a 0.

i 5-17 OCTOBRE 1 798. EXTRAIT DES MÉMOIRES DU GÉNÉRAL DE MONFORT^'^

SUR L'INACTION DE LA GARNISON DE MAUBECGE PENDANT LA BATAILLE DE WAT- TIGNIES ET SUR L'ENTREE DE CARNOT ET DE SES COLLÈGUES DANS MAUBEUGB.

Le i5 octobre, dans l'après-midi, on entendit le canon gronder dans la direction d'Avesnes et, du haut du clocher, comme vigie, on distingua des feux très vifs en deçà et au delà des villages d'Obrechies et de Damousies, qui paraissaient se trouver entre les deux armëes^"^ Le bruit paraissait se rapprocher; mais, sur le soir, il s'éloigna. On conjectura que Tannée de Jourdan , après un premier succès , avait été forcée de reprendre ses positions. Comme on ne s'attendait pas à ce secours, les troupes n'étaient pas préparées à une sortie. On voulut cependant en tenter une, mais on ne put la commencer que trop tard, il était presque nuit A peine les troupes avaient-elles dépassé la redoute du Loup , qu'écrasées par le feu de la contrevallation, elles furent obligées de rentrer précipitamment.

Le lendemain , à la pointe du jour, le canon recommença à tirer. Le fort de l'action parut être, comme la veille, vers Obrechies et Damousies. C'était, semblait-il, le moment de faire une sortie vigoureuse avec une grande masse de troupes. On pouvait facilement, et sans rien compromettre, mettre en mouvement 10,000 hommes. L'armée ennemie, se trouvant ainsi attaquée en même temps de front et à dos, aurait immanquablement été coupée en deux; nous aurions donné la main à l'armée de Jourdan, et la plus grande partie des bagages et de l'artillerie ennemie serait tombée en notre pouvoir. Plus la journée avançait, plus il devenait urgent de faire cette sortie, et l'on devait d'autant moins hésiter qu'on aperçut distinctement filer des convois qui paraissaient évacuer des munitions.

C'était l'avis de la plupart des chefs et des généraux. Le général Chancel, commandant en second, ouvrit un avis plus timide. 11 craignit que ce bruit ne fftt qu'un combat simulé par lequel l'ennemi cherchait à nous faire croire qu'une armée venait à notre secours , afin de nous attirer au dehors , de nous faire tomber dans un pi^e, de nous ramener battant et peut-être, profitant de ce premier avantage et du désordre parmi nous qui en aurait été la suite, entrer pêle-mtfe avec nous dans la place. Il appuyait son avis sur ce qu'à Condé, où il commandait.

(') Joseph de Puniet de Monfort, né à Vontàlais, commune de Montcuq (Lot), le 6 aviil 177^, élève à Técole militaire de Toumon en 1783, lieutenant du génie le i5 février 1793, maréchal de camp en 181 4, mort à Paris le 3o janvier i855. U a laissé des Mànoire» restés inédits, mais qui ont été utilisés par Thiers et par M. Paul Foucart. Le manuscrit appartient actuellement à M. le général Ghambert, qui a bien voulu me le communiquer par l'intermédiaire de M. Georges Veilhan , in-

génieur des pont»-et-chaussée8 à Paris. Je les prie d'agréer mes plus sincères remerciments pour leur obligeant concours. Grâce à eux, j'ai extrait des Mémoirei inédite du générai de Monfort Tintëressant passage qui concerne l'inaction de la garnison de Maubeuge pendant la bataille de Watlignies et l'entrée de Carnot dans cette ville après la victoire.

(*) Joseph de Monfort , capitaine du génie le ]*' ju'm 1793, était attaché i la place de Maubeuge.

326 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [17 oct. 1798.]

il avait été victime d^un pareil stratagème, et sur ce qu'aucun officier, ni même aucun espion, n'avait encore passé pour nous donner avis de la marche de Jourdan.

Cet avis prévalut : les troupes, sous les armes depuis le matin, ne reçurent point d'ordre et restèrent à regret dans le camp ^'). Le succès de cette seconde journée ne fut pas beaucoup plus décisif que celui de la veille; le feu, qui avait paru se rapprocher pendant le jour, s'éloigna encore sur le soir. Enfin, le lendemain 17, un brouillard épais, qui r^^ toute la matinée, empêcha Jourdan de recommencer l'action. U se contenta d'envoyer de petits corps de cavalerie à la découverte. Nous en fîmes autant; ses détachements et les nôtres se rencontrèrent et se reconnurent. Dès lors on n'hésita plus à faire sortir les troupes du camp , mais il n'était plus temps; déjà l'ennemi avait repassé la Sambre avec toute son artillerie. Nous ne trouvâmes que quelques blessés qu'il avait abandonnés dans le village de Beaufort, environ 5o,ooo fascines, 10 à i5,ooo gabions et plusieurs milliers d'outils d^ terrassiers. Enfin, à deux heures après midi, le général Jourdan, accompagné des représentants du peuple Gamot et Duquesnoy, entra dans Maubeuge, suivi de son état-major. Le capitaine du génie Dudo&^uyot (aujourd'hui général Guyot-Dudos) était avec eux; il venait d'Avesnes où il était employé et avait pris part à cette bataille, qui s'appela la bataille de Wattignies.

Le représentant Camot portait l'uniforme du génie, mais modifié de manière à présenter les trois couleurs, savoir : revers blancs, collet et parements rouges. U n'avait conservé le velours noir conune signe distinctif du génie que pour la patte du parement. Il avait été dit que les officiers du génie porteraient le velours noir en signe de demi pour la mort de Louis XVL Camot nous engagea k prendre le même uniforme que lui ; nous le fîmes, mais nous ne le gardâmes pas longtemps, seulement le temps de salir une fois les revers.

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