BELVER, 17 OCTOBRE
LE G^NiRAL DAGOBERT AU COMn^ DE SALUT PUBLIC.
Aa quartier général de Belver, le 1 7 octobre 1 79) , You 11 de la Répobliqoe française.
LS BininAL DAGOBERT AUX CITOTBNS BBPniSBNTANTS DU PEUPLE COMPOSANT LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC DE LA CONVENTION NATIONALE.
Les Espagnols semblaient menacer cette frontière de la Cerdagne; ils avaioit appostë huit cents hommes au village de Monteilla et cinq cents à odni de Martinet, dont les patrouilles et* les postes avances se fusillaient chaque jour avec les nAtres. D m'était également rapporté qu*il était arrivé deux r^^iments de plus à Urgd , outre ceux qui composaient Tarmée que j'avais chassée de la Perdie. Je ne me siiis pas néamnoins départi pour cela du projet que j'avais formé d'aller attaquer cette place; je me suis en conséquence porté sur MonteUla et Martinet, que j'ai attaqués ce matin.
Le premier de ces villages est situé sur une hauteur et pres€[ue entièrement environné d'un ravin profond, qui le rend inaccessible; j'ai fait avancer pendant la nuit des têtes de colonnes pour le tourner et s'emparer des hauteurs; elles étaient gardées par l'ennemi, mais, après une fusillade très vive, nous l'en avons dâogé. Nous l'avons pareillement délogé des deux villages. Nous nous sommes emparés de qudques caisses remplies de cartouches et fait dix-neuf prisonniers. Le soldat, à qui le représentant du peuple Cassanyès avait fait mettre le feu k Riber, a cru pouvoir faire encore de même, et, quelque soin que je me sois donné, je n'ai pu empêcher le pillage et l'incendie. Toute l'armée et le représentant Cassanyès lui-même, qui était présent, rendraient témoignage , s'il en était besoin, des démarches que j'ai faites pour prévenir ces malheurs. Néanmoins j'entends dire que la malveillance, qui me poursuit depuis quelque temps, se permet d'en rejeter la ^ute sur moi, comme si un général pouvait être partout et empêcher les désordres dont un représentant du peuple avait précédemment donné lui-même le signal. Cette circonstance , plus encore que les propos et l'improbation du représentant du peuple, m'a fait ramener l'armée en cantonnement, dans les environs de cette place , et renoncer pour le moment k l'attaque d'Urgel ^^K Nous n'avons eu que deux hommes de tués et peu de blessés.
Salut et fraternité.
Daoobbrt.
(Orig., Areh. de la guerre, armée dee Pyrénées orientales.)
^*^ Le général Dagobert s'entendait asseï ne participait pas. (Cf. dans la Révolution
mal avec le représentant Cassanyès, qui, françaUe, t. XIV, p. 806, un article de
de son c6të, accusait celui-ci de ne pas s*in- M. P. Vidal, bibliothécaire de Perpignan,
léresser au succès des combats auxquek il sur la bataille de Trouillas.)
336 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [17 oct. 1793.]