‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 123 sur 181 · LE REPRESENTANT DUQUESNOY À SES COLLÈGUES DU BUREAU CENTRAL À ARRAS · texte numérisé non relu

LE REPRESENTANT DUQUESNOY À SES COLLÈGUES DU BUREAU CENTRAL À ARRAS

Aveanes, le iS octobre 1793, Tan u de la République française, uoo el indivisible.

Citoyens collègues ,

Je vous envoie quatre jean- foutrez à raccourcir. Le premier est le général de brigade Gritien ; il a formellement désobéi à Tordre de son général de division qui lui avait ordonné d'attaquer et de charger Tennemi dans le village de Wattignies. S*il eût exécuté cet ordre , la bataille aurait été gagnée trois heures plus tôt et nous aurions eu le temps de profiter complètement de notre victoire; et des douze k quinze mille hommes qui étaient sur les hauteurs de Wattignies , ils auraient été tous enveloppés et il ne s'en serait pas sauvé un. Mais ce traître, ce

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338 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i8oct. 1798.]

lAche, loin d'exécuter Tordre qu'il avait reçu, ordonna la retraite, nous fit perdre bien du monde et faillit nous Caire perdre la bataille.

Le second est le commandant ia s 5' régiment de cavalerie ^^^ qui aussi a refusé d'obéir aux ordres du général Fromentin, qui lui avait conunandé de charger l'ennemi avec son régiment. Au lieu d'obéir il fit demi-tour à droite et foutit le camp , ce qui dérangea beaucoup nos afbires et nous fit perdre plusieurs braves républicains.

Le troisième est le conmiandant temporaire de cette ville, plein de respect pour Cobourg et ses agents. La preuve en existe : les égards qu'il eut pour le prince de [Anhalt-Kôthen], lieutenant-colonel du régiment de Cobourg, qu'il fit transporter avec beaucoup de soins dans une maison bourgeoise , pour le faire panser, tandis que nos frères sont couchés dans une église , comme dans une grange. Je les ai visités tous ce matin; ils se sont plaints de ce défaut. Comment se peut-il qu'on ait plus d'^^ards pour certains de nos ennemis que pour nous.

Le quatrième est un Mandais , nommé Mandeville , que j'ai entendu nonmier ce matin M. h marquis. Comme je n'aime pas les mai'quis , je vous l'envoie.

Nous avons eu dans nos deux journées de combat près de seize cents blessés et huit cents tués. L'ennemi a perdu, sans compter ses blessés, six mille hommes au moins. On est encore occupé en ce moment à les faire enterrer. Ils nous ont aussi laissé deux voitures de fusils au moins, qu'on a ramassés sur le champ de bataille.

Salut et fraternité.

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