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LE REPRESENTANT BAR AU GOHITJÊ DE SALUT PUBLIC

Maubeage, 18 octobre 1793, Tan u de la République une et indivisibla

LE RBPRéSBNTÀNT DV PBVPLB BNVOli PRÈS LURMÉB DV NORD i SBS COLLÛGUBS DV COMITÉ DB SALVT PUBLIC ET DE LA CONVENTION NATIONALE,

Citoyens mes collègues ,

La dépêche que nous avons fait parvenir, mes coU^^es Camot, Duquesnoy et moi, à la Convention nationale, hier par un courrier extraordinaire, vous a déjà instniit de la levée du blocus de Maubeuge, ainsi que des moyens qu'avait employés l'ennemi pour l'opérer. S'il n'avait eu que la force pour forcer cette place, c'eût été une folle tentative de sa part, quelque faible que fût la division de Maubeuge, réduite à l'effectif de i5,ooo hommes, vis-à-vis l'armée ennemie

U s'agit probablement de Jean-Louis Ferrand. Cf. p. Su à.

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qui était au moins de /i5,ooo hommes. Sa position dans un camp fortement retranché sous le canon de la place lui donnait de grands moyens de résistance, presque impossibles à surmonter. Mais, quelque vigilance que nous ayons ap* portée, mes coll^pies Drouet, Isoré et moi, k faire approvisionner le camp et la place que nous avions trouvée totalement dénuée de subsistance en grains et farines, le temps ne nous avait pas permis de £ûre arriver la quantité nécessaire à la consommation , pour le temps que devait entraîner la défense dont la place et le camp étaient susceptibles. Quant aux viandes, la diflBculté de réunir en un point les fourrages nécessaires pour alimenter les bestiaux les avait fait laisser en arrière pour partir, et le blocus en rendait l'introduction impossible. A Tépoque du 1 5 de ce mois, la quantité de farines et grains ne pouvait fournir que pour vingt-trois jours de consommation, et, d'après Tétat que je me suis fait fournir des bestiaux existants, il ne pouvait, à moins d'une très grande réduction, être distribué que pour cinq jours de viande. Néanmoins l'ennemi nous supposait dans une position encore plus critique. Un commissaire des guerres, nommé Petit, employé à Maubeuge, et qui avait assisté k un conseil de guerre tenu dans les premiers jours de notre arrivée, et dans lequel les besoins de la place et du camp, ainsi que les moyens d'y pourvoir, avaient été discutés, s'était émigré le lendemain. On assure que cet homme résidait k Paris et y a des propriétés considérables.

Les diverses administrations avaient mis beaucoup de négligence à pourvoir les différentes parties des choses nécessaires; les voitures étaient dans le dâabrement; aucun magasin n'était établi pour la nourriture des employés; aucuns fonds n'étaient envoyés pour les' solder. La caisse du payeur de la division était diemême k peu près vide, et le service allait totalement manquer dans cette partie, si, au moment du blocus, il ne se fut trouvé dans la caisse municipale 80,000 livres, avancées par le gouvernement pour approvisionnement qui n'avait pu être effectué et que la municipalité remit au payeur, k charge d'en être remboursé après le blocus.

Quelque iHe qu'aient mis les officiers de santé des hôpitaux militaires à solliciter les choses nécessaires aux soins k donner aux malades et aux blessés, ils n'avaient pu obtenir aucun approvisionnement de linge nécessaire pour les pansements, n fallut y pourvoir par la voie de réquisition et l'emploi des effets de cette nature trouvés chez les émigrés et les déportés.

L'éloignement du tribunal militaire placé près du quartier général de l'armée du Nord, l'impuissance où était un seul officier de police envoyé par le ministre d'insti*uire toutes les procédures contre les délinquants , assuraient l'impunité des délits. L'indiscipline, l'insubordination, la désertion, l'incivisme même se multipliaient et restaient impunis. Le blocus nous parut rendre plus nécessaire encore l'établissement d'un tribunal criminel militaire. Nous primes k cet ^ard un arrêté avec mon collègue Drouet.

Il était arrivé, quelques jours avant le blocus, environ s, 000 hommes levés en masse des districts de Péronne et d'Avesnes. Ils s'étaient formés en bataillons, mais les généraux, convaincus que leur inexpérience et celle de leurs chefs les rendraient peu utiles au service purement militaire , crurent qu'il serait plus avantageux de les placer, provisoirement et pour le temps du blocus seulement , en

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qualité de pionniers près ies différents bataillons de la division , pour travailler, sous la direction d'officiers instruits, aux travaux indispensables pour perfectionner les fortifications de la place et du camp. Je vous transmets Tarrétë que j*ai cru indispensable de prendre à cet ^ard pour le bien du service.

Malgré toutes les diligences faites pour faire arriver à Maubeuge les effets d'habillement et d'équipement nécessaires à la division , rien n'étant parvenu à l'époque de l'investissement, un grand nombre de défenseurs de la République étant nus et déchaussés , il me parut indispensable de pourvoir à leurs besoins en mettant en réquisition forcée les marchandises et effets qui se trouvaient en la possession des citoyens de Maubeuge. J'ai pris encore un arrêté relatif à cette mesure; elle s'exécute encore actuellement et je pense qu'elle ne devra cesser qu'avec les besoins de la division ou lorsqu'il existera d'autres moyens d'y satisfaire.

Il nous a été fiatit une dénonciation contre le général Gudin, général de brigade, commandant la place. On l'accusait d'avoir voulu faire marcher le bataillon qu'il commandait contre Paris. Nous crûmes indispensable de le faire mettre en état d'arrestation, en même temps que nous flmes apposer les scellés sur ses papiers. L'inventaire en a été fait, mais le juge de paix que j'ai requis d'en faire faire des copies ne me les a point encore remises. Je vous les ferai passer incessamment avec les pièces que le général Gudin m'a fait remettre pour sa justification. Je vous transmets également copie de tous les autres arrêtés que mes collègues et moi a*'ons cru nécessaire de prendre pour le bien du service de la division de Maubeuge et le remplacement du général Gudin , par la promotion provisoire au grade de général de brigade du citoyen Vezu ^*\ dont le patriotisme , le courage et l'expérience militaire nous ont été attestés par tous les braves citoyens de la ville et de l'armée. Je vous demande de soumettre tous ces arrêtés à la Convention nationale et de l'engager à prononcer sur leur exécution. Si elle juge devoir continuer les représentants du peuple près la division de Maubeuge et me continuer

(*) Claude Vezu, né à Virieu-le- Grand (Ain) le 1 9 décembre 17A9, entré au régiment d'Aunis le a 8 mai 1768, sergent le 38 mars 1778, fourrier des grenadiers le a8 juin 1776, congédié le 9 septembre 1780, entré dans le corps de la marine le 18 mai 1781, sergent le i5 juin 1781, sert sur mer de 1781 à 1786 , fourrier des grenadiers le 1" septembre 1785, maître canonnier le 1 1 décembre 1787, congédié le 9 octobre 1790, sous-lieutenant au 3* bataillon de Paris le 18 juillet 1791, lieutenant quartier-maitre le 97 octobre 1791, chef de bataillon le ao février 1798, général de brigade à Tarmée du Nord le a i septembre 1793, général de division provisoire le 96 brumaire an 11 (16 novembre 1793), par arrêté des représentants Henlz et Bar, confirmé et chargé de la division

des Côtes de Cherbourg le i/i pluviôse an H ( a février 1 79/1 ) , suspendu le 1 6 thei^ midor an 11 (3 août 179A), autorisé a prendre sa retraite le 7 frimaire an lu (37 novembre 179A), remis en activité le i5 frimaire an 1? (6 décembre 1796), réformé le 1" vendémiaire an ? (aa septembre 1796), retraité le a 8 décembre 1809, chevalier de Saint-Louis le 37 novembre 1 8 1 6 , retiré à Soissons , où il vivait encore en 1 837. Le général Vezu , dans son ardeur révolutionnaire, avait, le 6 frimaire an II («6 novembre 1793), changé son prénom de Claude en celui de Jeaiir- Bart, et il signait 7. Bart Vezu, 11 avait eu le cou traversé par une balle sous Maubeuge en 1793. (Cf. Foucart et Finot, La défente nationale dant le Nord, de 179a à 180a, II, 396 et 397.)

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ma mission, je vous engage de m'adjoindre nn collée, mes forces physiques et morales ne me permettant pas de supporter et de suffire seul aux travaux qu'exige la mission.

Par notre dépêche du jour d'hier, la Convention a été instruite de la manière horrible dont l'ennemi fait la guerre sur notre territoii-e; elle l'instruit de la disposition provisoire qui a été prise pour mettre à la disposition du district d'Avesnes une somme de 3oo,ooo livi'es, pour venir au secours de nos frères incendiés et pillés; mais cette mesure serait insuffisante et je vous engage de prendre de plus amples mesures. D est encore un autre objet qui réclame la justice nationale : l'indemnité due aux citoyens dont les habitations voisines des places de guerre ont été détruites pour en assurer la défense. Il en existe autour de Maubeuge; ceux qui les occupaient sont actuellement sans asile , obligés de se retirer soit dans la ville, soit dans les habitations voisines; il me parait urgent de pourvoir à leurs besoins, et je crois qu'une somme de 3o,ooo livres devrait être accordée pour cet objet.

Salut et fraternité.

Rab.

(Orig., Arcb. de la goerre, armée da Nord.)

SOLRB-LE-CHÂTEAU, l8 OOTOBBE lygS.

LE REPnisBNTANT PERRIN ^^^ AU GOMITé DE SALUT PUBLIC.

Au quartier général de Solre-le-Ghâteau, le 7* jour de la 3* décade du t" mois de fan 11 de la République frauçaûte.

PBBRIM, RBPRÉSBNTANT DU PEUPLE PRÈS L'ARMEE DES ÀRDENNE8, AU COMiri DE'SALVT PUBLIC^*\

Citoyens collègues ,

Je vous &is passer ci-joint un arrêté que j'ai pris d'après une dénonciation du 5* régiment de dragons, qui s'est mal conduit dans les batailles du 1 5 et du 16 de ce mois. Dans celle du i5 j'ai réparé leur faute avec de l'infanterie et nous avons été victorieux, mais dans celle du 16 le même r^fiment a fui et a entraîné l'infiinterie dans sa fuite. En vain j'ai employé tous les moyens pour les rallier, il ne m'a jamais été possible. J'ai voulu connaître les auteurs de celte lâcheté et, d'après la

(') Jean-Baptiste Perrin, né à Damas, le 10 mai 181 5. Perrin avait été envoyé à

prè8deDompaire(Yosge8),le5mar8i75/i, Tannée des Ardemies le 17 juin 1793.

négociant, président du directoire du dé- (Cf. Aulard, IV, 589.) parlement des Vosges, député de ce dépar- ^'^ Celle lettre a été analysée par M. Au-

lement à la Convention et aux Conseils des lard (VU, 690), mais j'en reproduis le

Cinq-Cents et des Anciens , membre du texte parce qu elle se rapporte à des inci- '

Comité de sûreté générale, mort à Epinal dents de la bataille de WalUgnies.

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dénonciation du r^^ent, j'ai casse trois officiers et fait arrêter des dragons pour élre jugés à Arras. Notre collègue Camot pourra vous donner des détails sur cette afibire ^'K

Salut et fraternité.

Perrin.

Au nom du bien public, faites passer dans le département du Nord les décrets sur le maiimum des denrées. On y vend le pain jusqu'à 1 7 sols la livre et la chanddle 5 livres. Le tout est d*un prix exorbitant.

(Orig., Arch. Dat, AF 11 938.)

LE COUné DE SALUT PUBLIC À L'ARMEE DU NORD.

Do 97 du i" mois de Tan 11 de la Républiqae française.

LBS BBPBÉSBKTANTS DV PBUPLB MBMBRBS DV COMITÉ DB SÀIVT PUBLIC À L'ÂBuiB DV BORD.

Braves défenseurs de la République , vous avez donc vaincu. Vous avez vu fuir devant vous les féroces satellites des tyrans. La patrie applaudit à votre généreux courage; nous vous offrons d'avance les glorieux témoignages de son estime, mais die attend de vous de plus grands succès encore. Elle sait que rien n'est impossible aux héros de la liberté. Poursuivez vos lAches ennemis dans leurs derniers repaires; qu'il n'en échappe pas un seul k votre valeur républicaine. Ne souffrez pas qu'ils reviennent une autre fois souiller la terre sacrée de la liberté et se baigner lAchement dans le sang de nos femmes et de nos enfants. Que cette campagne soit fatale à tous les tyrans et qu'elle fonde & jamais la gloire, la liberté et le bonheur de notre chère patrie. Vive la République I

Les membre» du Comité de salut public,

Robespierre, Collot-d'Herbois , Billadd-Varenne, B. Bar^re^'^

(Orig., Arch. de la guerre, année du Nord.)

^*) Cette lettre, parvenue au Comité le a 3 octobre, ne fut renvoyée par lui au ministre de la guerre que le 99 brumaire an II (19 novembre).

i*) Le 18 octobre le Comité de salut public écrivait en ces termes aux repré-

sentants du peuple à l'armée du Nord ( minute aut de Barère , Arch. de la guerre , armée du Nord) :

«Citoyens nos collègues, (T Voilà donc une victoire sur les Autri-

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PBILIPPEYILLB, 18 OCTOBRE lyQS. LE G^NÏRAL DR BRIGADE BERTAUX ^^^

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