‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 130 sur 181 · MAUBEUGE, I9 OCTOBRE · texte numérisé non relu

MAUBEUGE, I9 OCTOBRE

LE G^N^RAL FERRAND AU GOMlTli DE SALUT PUBLIC.

Aa qaaiiier général de Maobeoge , .

le 8 de la 3* décade du premier mois, Tan u de la République une et indivisible.

LE QininAL DE DIVISION FERRAND ÀV COMITE DE SALUT PUBLIC DE LA CONVENTION NATIONALE,

L'incertitude de ma résistance à Maubeuge ne m'a pas permis de vous y annoncer dans ie temps mon arriva, vu les différentes dispositions que ie général en chef, commandant Tannée dn Nord et des Ardennes , avait faites à mon égard. Contraint à garder le lit les premiers jours démon arrivée dans cette place, il m'a été impossible de me livrer à l'activité qui m'a toujours animé. Des forces majeures ont opéré l'investissement autour de cette place. L'étendue des rives de la Sambre ne pouvait jamais Ëdre espérer de les garder, dès que l'ennemi réunirait ses forces pour chercher à la passer. Je joins ici le rapport des différents événements qui ont eu lieu pendant le blocus. Vous y verrez s'il n'était pas de la dernière des témérités de chercher à attaquer l'ennemi, lorsque, pendant que son armée d'observation était aux prises avec l'armée de Jourdan , celle qui nous cernait of&ait une force de près de quarante mille hommes , soutenue par des retranchements et une artillerie formidable. Des rapports des déserteurs et autres particidiers nous ont aflBrmé que c'était là leur espoir, comptant par un succès certain et complet pénétrer dans nos lignes et rendre par ce moyen les efforts de nos frères d'armes nuls. Je laisse aux militaires expérimentés à juger d'une position aussi critique que celle où je me suis trouvé. Gardien de la clef la plus importante de la République, une seule démarche hasarda pouvait compromettre essentiellement le poste qui m'a été confié.

J'ai cru devoir référer aux conseils dont je me suis environné, en déployant nos forces sur toutes nos lignes; nos troupes en sont sorties dès que j'ai été assuré des mouvements de retraite de l'ennemi. Tous nos postes ont été repris et nous lui avons fait une centaine de prisonniers.

Plus habitué à manier l'ép^ que la plume, rappelez-vous, citoyens représentants, que c'est un sans-culotte qui vous écrit, et qui avait juré et fait jurer à ses frères d'armes que le camp retranché de Maubeage serait ou leur tombeau ou le théâtre de la gloire ^'\

Salut et fraternité.

Le général de ixvimn,

Ferrand. (Orjg. , Arch. nat , DXL n 6. )

0) Le paéme jour, le 19 octobre, le gé- «rJ'ai reçu, général, votre lettre du 8

néral Ferrand adressa la même lettre au de la 3* décade du i*' mois, par laquelle

ministre de la guerre, qui lui répondit le vous prétendez qu'il y aurait eu de la té-

93 octobre, dans les termes suivants : mérité à attaquer l'armée de drconvdla-

[19 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITE.

MAUBEUGB, I9 OCTOBRE 1793.

RAPPORT DU GliNÉRAL FBRRAND SUR LES ÉVÉNEMENTS SURVENUS A MAUBEUGE

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