DEPUIS LE 39 SEPTEMBRE 1793 JUSQU'AU DÉBLOGUS DE LA VILLE
Yifie et camp reteanehé de Mairiieage.
RAPPOHT DES évÉNEMENTS ARRIVÉS DEPUIS LE 99 SEPTEMBRE L'AN II DE LA RÉPUBLIQUE UNE ET INDIVISIBLE.
Le 99 septembre, à la pointe du jour, rennemi a attaque les avant-postes des cantonnements établis le long de la Sambre ; il a jetë plusieurs ponts à la hauteur de Jeumont et Hachant. La force de son artillerie, celle de sa cavalerie, et surtout Tabandon que plusieurs bataUlons ont fait des postes où ils avaient été placés, nous ont fait éprouver un repliement total. L'aile gauche , commandée par le général de brigade Desjardin, sW repliée sur le bois de Beaufort, où eÔe n*a pu longtemps résister. L'aile droite, commandée par le général de brigade Meyer, a été de même obligée d'opérer sa retraite, malgré le renfort que le général de brigade Colomb ^^\ commandant le camp, a porté dans cette partie, après avoir fait
tion pendant que celle dVbservatioD était aux prises avec la nôtre; mais les sansculottes ont vu avec peine que le camp de Maubeuge n^ait pas fait une sortie lorsque les ennemis faisaient leur retraite, n semble qu^en gardant bien la ville, Ton aurait pu les faire attaquer par dix à douze mille hommes, et qu^en suivant le moment où une partîp de leurs forces avaient repassé la Samhre et où Tautre était encore de côté. Ton aurait pu leur causer un grand préjudice et s'emparer d'une partie de leur artillerie.» (Cette réponse est au dos de la lettre du général Ferrand.)
(^) Joseph-Antoine Colomb, né à Seyne (Basses-Alpes) le 96 septembre 1785, fils d'un avocat au pariement du Dauphiné, volontaire au régiment de Piémont le 10 juin 1769, sous-lieutenant le 1*' septembre 1755, lieutenant le 16 mars 1757, capitaine le aa mai 1769, cassé le 37 janvier 1760 et rétabli le 9 3 août suivant, réformé le 7 avril 1768, passé à Taidemajorité du régiment des recrues de Lyon le 1*' octobre 1 768 , réformé avec son ré- 'giment le 81 mai 1768, replacé capitaine commandant la compagnie du lieutenant-
colonel du régiment de Piémont le 9& mars 1769, capitaine titulaire le 19 juin 1771 et de grenadiers le 18 décembre 1776, capitaine commandant la compagnie colonelle le a 8 août 1777^ chevalier de Saint- Loub le 9 a janvier 1779, capitaine commandant des grenadiers le i& juin 1788, lieutenant-colonel au Â7* d'infanterie le a5 juillet 1791, colonel le 16 mai 1799, général de brigade provisoire, par arrêté du général Dampierre, le 6 avril •4798, confirmé le i5 mai 1798, suspendu à Maubeuge le 9 octobre 1798, autorisé à prendre sa retraite le 17 pluviôse an n ( 5 février 1 796 ) , remis en activité le 99 frimaire an IV (90 décembre 1796), commandant les départements des Basses-Alpes et du Cantal, réformé le 1* prairial an ix (ai mai 1 801 ) , retiré à Remoilon (Hautes- Alpes). Le général Joseph Colomb avait fait les campagnes d'Allemagne de 1767 À 176a et avait été blessé à la bataille de Bergen le 18 avril 1769. Il s'était distingué à la prise du fort Villatte , en avant de Namur, dans la nuit du 80 novembre 1 79a. (Cf. Etienne Charavay, Le général AlixU Le Ventur, p. 17 et 65.)
352 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 1798.]
brûler une partie de ses tentes et avoir abandonne les équipages. Toutes les troupes sont enli-ëes le soir dans le camp , à la réserve de trois bataillons qui ont eu ordre de bivouaquer vis-à-vis le village de Ferrière-Ia-Grande , et trois autres devant Rousies. Le a g au soir, s'est tenu un conseil de guerre, composé des représentants du peuple Drouet et Bai', les officiers généraux, les chefs de corps, les commissaires des guerres. 11 a été décidé que la ville serait mise sur-le-champ en état de siège , et par conséquent Tautorité civile et militaire dévolue au commandant militaire.
Le 3o, l'ennemi a cherché de nous faire retirer du village de Ferrière-la- Grande, au-devant duquel nos troupes bivouaquaient. Trois bataillons ont eu ordre de s'y maintenir; ils ont été repoussés. L'ennemi a abandonné le village, après y avoir mis le feu; la veille, il avait incendié celui de Cerfontaine.
Le 1*' et le s octobre, on a enlevé les graius et fourrages qui se trouvaient à Rousies; l'ennemi a mis le feu à quelques maisons du village. Le soir, un trompette autrichien a été envoyé pour me recommander deux officiers autrichiens faits prisonniers à l'affaire du s g.
Le SI , la taxation des denrées a été arrêtée dans un comité formé du représentant du peuple Bar, les généraux Ferrand et Chancel , les chefs des différentes armes et le commissaire ordonnateur des guerres. Cette taxation fut soumise à la discussion de la municipalité et à celle de la société populaire de Maubeuge.
Dans la nuit du s au 3, le réprésentant Drouet, escorté par cent hommes de cavalerie ou dragons, chercha à forcer les avant -postes ennemis; douze à treize hommes sont revenus de cette enti'eprise , qui m'avait été communiquée par le représentant du peuple Drouet, et que je n'avais pas approuvée, vu l'importance de son caractère, que je regardais comme compromis par cette démarche.
Le & , un trompette a été envoyé au général autrichien La Tour, pour lui faire passer les lettres de deux officiers &its prisonniers le si g, et s'informer en même temps du nombre et du nom des prisonniers faits depuis le blocus. Le vrai motif de l'envoi du trompette était de s'informer, d'une manière indirecte, du sort du représentant du peuple.
Le 5, une partie du camp de Bettignies s'est placée près de la Glisuelle; les travaux de l'ennemi, poui' se retrancher, se sont effectués de toute part, mais hors de la portée du canon.
Le 6 , s'est faite une sortie pour protéger les travailleurs , aGn de déblayer et battre les haies et bois de la maison d'Yves. La terreur s'étant emparée des ouvriers, on a été contraint de se retirer, après avoir perdu quelques hommes et plusieurs blessés.
Le 7, la même opération a été recommencée avec aussi peu de succès; six ba-
[19 ocT. 1793.] œRRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 353
laillons et qualité bataillons d'infanterie Infère ont été commandes pour cette expédition; Tardeur des troupes pour poursuivre Tennemi leur a &it quitter les postes qui leur avaient été désignés. Nos tirailleurs ayant été repoussés, ils n'ont pas trouvé le soutien qu'ils attendaient des bataillons disposés eux-mêmes en tirailleurs. Les tirailleurs, ne se sentant pas eux-mêmes soutenus, se sont retirés avec précipitation , et la retraite s'est faite en désordre.
Le 8 , l'ennemi a rapproché ses ouvrages du côté du bois de Reaufort
Le 9 et le 10, leurs travaux ont paru dans la plus grande activité; ils onl construit plusieurs redoutes, une établie à la droite du bois de Reaufort, sur le côté gauche de la redoute d'Avesnes , une au centre dudit bois , et une autre à son extrémité, du côté de Ferrière-la-Grande.
Le camp de l'ennemi entre Assevent et Solesmes est aussi appuyé par deux redoutes; celui de la Glisuelle n'est pas retranché, ainsi que celui situé entre Feignies et Douzies. Il paraît que le point de retraite de ces deux camps sont les redoutes pratiquées sur la lisière du bois de Lanière , et celle construite sur la redoute de Mons.
Les deux rives de la Sambre au point d'Hautmont sont flanquées par deux retranchements; les approches du camp d'Hautmont sont défendues par des épaulements et plusieurs redoutes qui s'étendent jusqu'à la ferme dite de ForesL La plupart sont hors de la portée du canon du camp retranché.
Le 1 1 , réquisition a été ftdte à la municipalité pour sommer les habitants du Giubourg de Mons et Rinche, de se retirer avec leurs effets, bestiaux et subsistances dans la ville de Maubeuge, déclarant émigrés tous ceux qui persisteraient h rester dans leurs habitations.
Le 1 a au matin, le chef de bataillon du Hainaut, Deve(j\ s'est transporté avec son bataillon, quatre compagnies de grenadiers et un détachement de cavalerie, au bois du Tilleul pour le reconnaître. Le résultat de la reconnaissance a été que les ennemis ont construit un grand épaulement vis-à-vis la redoute de Sambre, haut de six à huit pieds , un second moins considérable garni d'une haie. Il ne parait point*que, dans l'un et dans l'autre de ces retranchements, on ait fait des <Kspositions pour y placer de l'artillerie.
Le 1 a au soir, pour protéger la rentrée des fourrages et grains qui étaient au
(') JeaD-Claude Deve, né à Rioz ( Haute- Saône) en 176A, soldat au régiment d'artillerie de Metz le 5 avril 1 78A , canonnier dans la garde nationale parisienne soldée le i*' septembre 1789, adjudant-major au t*' bataillon de la Charente le i*' janvier 1793, capitaine dans la 9* compagnie
franche à l'armée du Nord le 1 5 août 1 799 « chef de bataillon des chasseurs du Haînaut le 6 mai 1 793 , incorporé dans la 3 s* demibrigade d'infanterie légère le 91 frimaire an III (1 1 décembre 179^), tué par les révoltés à Cirila-Vecchia le th pluviôse an tu (s février 1799).
IHPlIMtBIM ItTIOSiLt.
su CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 1793.]
village d'Assevent, on a commande 5o cavaliers et 1 5o hommes d'infanterie. L'expédition s'est faite avec succès.
Dans la nuit du 1 9 au 1 3 , on a battu de la redoute du Loup les retranchements que Tennemi a formés en avant du bois de Beaufort , sur le c^té gauche de la redoute de Maubeuge à Avesnes.
Le 1 3 au matin , on a continué l'évacuation des fourrages d'Assevent. Le soir, la décision a été prise dans le comité pour débuscpier, k la pointe du jour, l'ennemi du bois du Tilleul , et détruire les différents travaux qu'il a pu effectuer dans ce bois. Cinq bataillons d'in&nterie légère, divisés en colonne de droite et de gauche, six compagnies de grenadiers et quatre bataillons qui devaient servir de réserve , 5o cavaliers et 5o dragons, deux pièces de 8 et un obusier de l'artillerie l^[ère, ont été commandés à cet effet, le tout sous les ordres du général de brigade Vezu.
Le lâ an matin, l'ennemi a été attaqué par nos tirailleurs, dont partie ont pénétré dans les retranchements ennemis. La colonne de droite ayant entré dans le bois ainsi que celle de gauche, l'effet des feux croisés a été funeste à nos tirailleurs et les a contraints à se retirer. On a enlevé à l'ennemi une pièce de canon. Les forces, que les camps voisins permettaient à l'ennemi de porter dans ce bois, ont conti*aint à la retraite. On a fait douze prisonniers.
Le soir, la générale a été battue en vUle et au camp ; l'exécution d'un jugement du tribunal militaire s'est effectuée à trois heures après midi : le coupable a été fusillé.
Le 1 5 au matin, le bruit du canon s'est fait entendre dans le lointain; on a cm même entendre le feu de la mousqueterie. Sur les onze heures , on a entendu et aperçu distinctement l'attaque faite à l'ennemi. On l'a jugée établie entre Damousies et Obrechics; on a cru aussi l'ennemi attaqué dans le point de Bâchant. On n'a pas eu assez de données pour l'aflSrmer.
Dès que les secours ont para certains, on a fait battre la générale; deux colonnes ont été sur-le-champ formées pour inquiéter l'ennemi. L'attaque, commencée du côté de Damousies, s'est soutenue; elle s'est prolongée ou plutôt a paru commencer dans la partie de Sars-Poteries. I^e feu a cessé par intervalles; les mouvements des armées étaient trop lointains pour juger du terrain qu'occupaient ces deux armées. A la chute du jour, le feu s'est fait entendre dans la partie gauche du bois de Beaufort ; toute la lisière du bois était hérissée du feu de l'artillerie et de l'infanterie, la redoute du Loup a riposté. Le peu de jour qui restait après la formation des colonnes n'a pas permis d'effectuer aucun mouvement; les troupes du camp sont rentrées , et de nouvelles dispositions ont été prises pour le lendemain.
Le 16 au matin, le brouillard était si épais qu'il n'a pas permis de suivre les démarches de l'ennemi. Sur les onze heures , il s'est dissipé. L'attaque de l'armée de secours a recommencé dans les mêmes points. L'incendie n'a pas tardé à se déclarer au village d'Obrechies et s'y est maintenu une fwrtie de la journée. L'ac-
Ii9 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 355
tioQ a paru établie sur ie couronnement du camp. Vers les une heure, on a vu l'eflet de l'artUlerie sur les points d'Hautmont, Éclaibes, Sars-Poteries, Damousies et Ferrière-la-Petite. Pendant quelque temps le feu a paru s'ëloigner; beaucoup de signaux se sont fait apercevoir des bois de Ferrière-la-Petite.
La contenance des ennemis dans leur camp , où ils ont toujours maintenu des forces majeures, n'a pu permettre aucun mouvement offen^. Leur front hérisse de redoutes et d'une nombreuse artillerie, plus de i5,ooo hommes de cavalerie, tout aurait rendu une attaque téméraire et répréhensible , malgré Tattaque qu'éprouvait leur armée d'observation , et n'aurait pu que compromettre les intérêts de la République. Le générai, à l'avis du conseil de tous les généraux, n'a pas cru devoir hasarder aucune action et s'est déterminé à tenir l'armée en observation.
Sur le soir, l'attaque a reparu du côté de Sars-Poteries. A cinq heures trois quarts, un feu vif de mouscpieterie s'est fait entendre sur la gauche du bois de Beaufort. Sur les onze heures, le général du camp a prévenu qu'on entendait le bruit du passage de l'artillerie ennemie; l'arrivée de quelques déserteurs a confirmé cette annonce, ainsi que celle de la retraite de l'ennemi. L'armée est sortie sur différents points pour harceler l'ennemi ; il a totalement repassé la Sambre; les anciens postes ont été repris par nos troupes, et on ne cesse de s'occuper de détruire les travaux immenses déjà fiEÛts par l'ennemi. La précipitation de leur retraite, due à l'armée victorieuse de Jourdan , leur a fait laisser beaucoup de blessés dans le bois de Beaufort, qui ont été recueillis daos nos hôpitaux; on leur a fait cent prisonniers qu'on fedt refluer à Arras.
Ds ont abandonné une grande quantité d'ustensiles de toute espèce, ainsi que foscines, gabions, madriers préparés pour le bombardement du camp. L'arrivée des représentants du peuple et du général Jourdan à Maubeuge nous a fait oublier les désagréments de notre captivité. Nous avons embrassé, en vrais sans-culottes, nos libérateurs, et l'all^presse qu'a témoigna notre armée captive a dû dédommager nos frères d'armes de toutes les Gitigues qu'ils ont éprouvées pour nous.
Au quartier général de Maubeuge , le 8* jour de la 3* décade du i** mois l'an n de la République, une et indivisible.
Le général de division,
Pereiiid.
(Orig., Areh. oat, DXL u, 0.)
GIVET, 19 OCTOBRE lygS.
LE G^NiRAL ^LIE AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse, — Envoi du rapport sur l'expédition que le général Jourdan lui avait ordonné de fiiire sur Beaumont. 11 ne peut attribuer son échec qu'à la trop grande
356 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 1798.]
qaantitë de recrues dont se composait son corps d'armée, «r Je n'avais pins que de braves soldats à la vérité, mais trop neufs dans Tart de la guerre. « D'ailleurs cette malheureuse déroute a été plus funeste à nos ennemis qu'à la République , car on assure que ceux-ci ont perdu 1 , 1 00 honmies , qu'ils étaient plus de q5,ooo hommes , conmiandés par Beadieu et le plus jeune des frères de Capet (le comte d'Artois). Il se plaint du maire de Givet, qui veut se mêler de toutes les opérations militaires et qui est accusé d'avoir intercepté une lettre où on prévenait le général des démarches de Beaulieu. Il prévient le Comité que sa garnison est travaillée, que l'argent de Pitt et Cobourg y circule , que des malveillants font paraître souvent des soldats ivres dans le sein de la société populaire pour semer entre tous une jalousie funeste et donner des soupçons injurieux sm* sa conduite et son républicanisme, aRn de lui enlever la confiance des troupes.
(Oi'ig., Arch. de la guerre , armée du Nord. )
GIV£T, 19 OCTOBRE 1793.
LE GÉNÉRAL ÉLIË AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUOHOTTE
Givet, le 99* jour du 1" mois de Tan u de la République française.
LDERTÉ. ÉGALITÉ.
LB ClTOYSIf iuB, OBNÉRAL DB DIVISION, COMMANDANT i QIWBT BT ARR0NDI88BMBNT, AU CITOTBN BOVCHOTTB, MINISTRB DB LA GUEBnB.
Citoyen ministre,
D'après les ordres qui m'avaient été donnés par le général Jourdan de me porter sur Beaumont avec tout ce que je pourrais tirer des troupes que je commande , afin de seconder l'opération que s'était proposée ce général sur Maubeuge, je partis de Philippeville avec trois mille cinq cents hommes , dont les deux tiers étaient des hommes inexpérimentés fournis par des nouveaux bataillons de la masse et les recrues des anciens corps. Les seules bonnes troupes que j'avais étaient cent hommes de cavalerie et quelques compagnies de grenadiers, chasseurs et canonniers. Quelque peu nombreux que fussent les hommes expérimentés qui se trouvaient dans ma petite armée, j'ai marché, persuadé de la victoire, espérant que l'amour de la patrie, le caractère de soldat républicain et le désir de vaincre les tyrans équivaudraient au moins à l'expérience et seraient funestes à nos ennemis. Après avoir harangué ma troupe , j'ai entendu dans tous les rangs des cris redoublés de : Vive la République! Vive la Montagne! Ça ira! Ces voix patriotiques et républicaines m'ont présagé le succès de mon expédition; le cœur rempli de confiance, orgueilleux et fier de conduire les soldats de la liberté contre ceux des despotes, j'ordonne la marche.
[igocT. 1793.1 CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 357
Parvenu à ia hauteur de Daussois , l'ennemi me menace de m'attaquer en léte et en flanc; je méprise ses menaces, persuadé qu'il ne veut que m amuser pour faire manquer mon expédition : je ne lui oppose, pour Tamuser à mon tour, que quelques tirailleurs. L'affiiire se passa sans aucune 'perte de ma part. Comme le terrain, les hauteurs et les bois ne me permettaient que de marcher sur une colonne , je m'étais fait flanquer et éclairer par quelques compagnies de chasseurs. Nous entrâmes pendant la nuit au village de Silenrieux, placé dans une gorge; j'avais envoyé du monde pour prendre des positions et fouiQer le village. La marche détournée de ces éclaireurs épouvanta quelques compagnies des bataillons de la masse; ces hommes , à qui la guerre est inconnue , furent tellement persuadés de voir l'ennemi qu'ils tirèrent sur nos tirailleurs et en blessèrent quelques-uns. Je me hâte de passer le défilé et arrive sur les neuf heures du soir au village de Boussu-lez-Walcourt.
Je place les grand' gardes et fais toutes les dispositions nécessaires pour bivouaquer et me garantir des surprises de l'ennemi, et je fais reposer les corps à leur ordre de bataille. Vers une heure et demie du matin , une garde avancée se laissa surprendre et fut vivement attaquée par un corps considérable en cavalerie et infanterie. Cette garde, ne pouvant résister à une force supérieure, se replia en se défendant et ne put sauver deux pièces de canon et un caisson. Comme les feux de l'ennemi étaient vifs et que les nouveaux bataillons de la masse n'avaient jamais entendu siflSer les balles à leurs oreUles, la crainte la plus lâche s'empara de leur cœur, et , au lieu de rester en bataille, comme plusieurs braves corps, la confusion se mêle parmi eux ; ils crient : «r Nous sommes perdus I ^ Ils sont même épouvantés du feu bien suivi que font nos braves canonniers et ils fuient en renversant ceux qui attendaient l'ennemi de pied ferme. Secondé par tout l'état-major et par plusieurs braves oflBciers, je cherche à les rallier; les cris de la lâcheté et les huriements étouffent les voix vraiment républicaines, et ne pouvant nous faire entendre, je fis battre la charge; ce moyen épouvanta l'ennemi qui cessa son feu et fut poursuivi par les braves soldats qui lui tuèrent en\^x>n soixante hommes.
Cependant, à force de peine, d'encouragement et de menaces, je parviens k rallier les fuyards , j'ordonne aux officiers de faire leur devoir et je fais mettre en bataille sur deux lignes , la première dans la plaine en avant de Bossu et la seconde appuyée à ce village. Le peu de cavalerie et la réserve étaient dans la meilleure disposition et l'artillerie , placée avantageusement en divers points, menaçait d'un feu rasant et croisé tout ce qui oserait se présenter. C'est dans ces dispositions que je me proposais d'attaquer l'ennemi au point du jour, quand celui-ci, profitant d'un brouillard très épais , s'est doucement avancé avec deux mUle chevaux , trois mille honunes d'ijifanterie et de l'artillerie volante; il nous attaqua sur trois points; nos braves canonniers et notre première ligne font un feu qui porte la mort dans les rangs ennemis. Les obus et les boulets , qui tombaient près de la seconde ligne composée de la masse, jetèrent de nouveau la confusion et le désordre dans ces bataillons ; ils font feu sur la première ligne , qui se trouvait ainsi attaquée en front par l'ennemi et en queue par les nôtres : non contents d'avoir détruit plusieurs de nos braves en les attaquant par derrière, ib crient sauve qui peut et ib fuient en jetant leurs fusils, leurs sacs et leurs cartouches sur leiu* passage; les
[tgocT. 1793.]
condacteurs des pièces de canon partent avec leurs chevaux, coupent les tridts ^^ laissent là Tartillerie; les braves canonniers, au désespoir, font feu et meurent plutôt que d'abandonner leurs postes; la réserve, la cavalerie et les chasseurs versent des larmes précieuses en voyant tant de lâcheté; ils se rallient, veulent combattre , et ils ne le peuvent parce qu'ils sont renversés par les fuyards.
Je me porte partout avec les officiers de Tétat-major, je m'expose au feu le plus vif de Tennemi pour rallier mes troupes; des larmes de rage s'échappent de mes yeux en voyant l'inutilité de mes efforts; mon cheval est blessé d'une balle, mon ordonnance , cavalier au i5* régiment, a l'épaule cassée auprès de moi. Le général de brigade Pierquin ^^^ a son cheval tué entre ses jambes, l'adjudant général Loison (^ a aussi le sien blessé; c'est par ses actions courageuses , c'est par sa valeur éclatante à la téta de la cavalerie , qu'il empêche toute mon armée d'être entièrement massacrée : c'est ainsi qu'il répond aux imputations qui pleuvent de toutes parts contre lui. Le chef de bataillon Philippot ^^\ qui commandait jadis à Givet, ^ s'est fait tuer plutôt que de lâcher le pied. Les chefe de bataillons Failly ^*\ com- "^fnandant la réserve , Guyard ^^\ du 1 6' bataillon de chasseurs , Moniaco , du 1 6* ba-
(^) Nicolas Pierquin , né à A viller ( Meuse ) le 7 novembre 1741, milicien le 96 octobre 1758, soldat au régnent de Barrois le Sjanvier 1769, sergent le 91 février 1769, porte-drapeau le 1 1 septembre 1 763 , souslieutenant de grenadiers le 93 janvier 1779, lieutenant en 9* le 8 avril 1786 et en i*" le 99 juin 1786, chevalier de Saint-Louis le 97 juillet 1786, capitaine le i*' avril 1791, 9* lieutenant-colonel d*un bataillon de grenadiers le 91 octobre 179I) général de brigade le id septembre 1793, suspendu le 10 novembre 1793, réintégré et employé à Tarmée du Nord, blessé à la bataille de Tourcoing le 99 floréal an 11 ( 18 mai 1 794), mort à Lille le 90 prairial an II ( 8 juin 1 796 ). Il s^indtulait le générai $aru-eulotte Pierquin. ( Cf. Jacques Charavay , Le$ généraux morU pour la patrie, p. 19.)
^*) Louis-Henri Loison, né à Damvillers (Meuse) le 16 mai 1771, entré dans le bataillon auxiliaire des troupes des colonies le 99 juin 1787, congédié le 95 janrier 1788, sous-lieutenant au 95' régiment le i5 septembre 1791* lieutenant le a 5 mars 1799, capitaine de hussards dans la légion du Nord, adjudant général chef de brigade provisoire en mai 1793, générai de brigade le 9 fructidor an m ( 96 août 1795), réformé le 7 nivôse an vi (97 décembre 1798), remis en activité k Tarmée d*Hel-
vétie le 97 nivôse an vu (6 janvier 1799), général de division le 3 vendémiaire an vni (95 septembre 1799)* confirmé dans ce grade le 97 (19 octobre 1799)1 grandofficier de la Légion d'honneur le 1 4 juin i8o4, comte de TEmpirele i4 avril 1810, gouverneur du palais de Gompiègne le 90 février 18 13, chevalier de Saint-Louis le 97 juin 181 4, retraité le i5 novembre 1 8 1 5 , mort dans sa terre de Chikel , près de lÀhge ( Belgique ) , le 3o décembre 1816.
t'J Pierre-Barthélémy Philippot , dragon en 1774, retiré en 1790, enrôlé dans le 4* bataillon de TOme, capitaine et chef de bataillon, commandant temporaire de Givet le 9 juillet 1793, tué le 11 octobre 1793 en marchant sur Philippeville.
# (^) Jacques-Louis Failly, né i Dormant (Marne) le 95 mars 1764, 9* lieutenantcolonel du 4* bataillon des volontaires de la Marne, commandant de place à Givet.
W Jean-Rémy Guyard, né à Paris le 8 mai 1749, engagé au régiment d'Auvergne le 19 novembre 1765, garde-française le 3o octobre 1 769 , congédié le 1 8 juin 1777, chef de bataillon des volontaires de Sedan le 3 octobre 1 799 , passé au 16* bataillon d'infanterie légère le 91 mai 1793, réformé le 9 messidor an v ( 90 juin 1 797 ) , chef de brigade des hussards à pied lo 19 germinal an viii (9 avril 1800), ré-
[19 o€T, 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 859
taillon d'infenlerie I^re » ci-devant légion du Centre , Simien ^^\ chef du a* bataillon du ^7* r^fiment, et Walter, du a* bataillon de Sëzanne, ont mis en usage toute leur ardeur et tout leur zèle pour contenir les corps qu'ils commandaient; mais je ne dois point vous laisser ignorer l'action généreuse de Duval , chirurgienmajor du &' bataillon de la Marne. Ce valeureux citoyen , après avoir donné aux blessés tous les soins que mérite Thumanité soufirante , voyant qu'il ne pouvait plus les continuer, par la précipitation de la retraite , s'est mis à la tête d'un petit pdoton de soldats qu'il était parvenu à rallier; il leur a fait soutenir le feu de l'ennemi , et je l'ai vu les conduire au combat. De vingt-cinq à trente hommes qui le suivaient , plus de vingt furent enlevés par un coup de canon à mitraille , et le brave Duval tentait de rdlier de nouveau les soldats qui avaient encore de l'honneur.
Je vous ferai part de toutes les belles actions qui se sont passées dans une lettre particulière. Tous les officiers de mon état-major, le patriote Estienne ('^ adjudant général des Belges , et mes aides de camp Gougeon et Pirole m'ont secondé de toute leur activité, de leur bravoure et de leur intelligence, en bravant les balles, les boulets et les obus de l'ennemi pour donner l'exemple du courage et ndlier les lâches. Mais que peuvent faire contre la peur les encouragements , les menaces et les exemples? Pour moi, citoyen, je n'ai rien h me reprocher dans cette affiure; je n'ai rien négligé pour inspirer du courage et de la confiance à ma troupe; la position était aussi belle qu'il était possible de désirer; si j'eusse eu des soldats, j'entends des soldats vaillants, je n'eusse pas eu le désespoir de voir prendre mon artillerie, à l'exception d'une pièce de huit, et de voir de braves
formé le 37 ventôse an ix (18 mars 1801), commandant temporaire dans le Treniin et le canton de Berne le i5 germinal an u ( 5 avril 1801), chef de brigade commandant le bataillon des pionniers noirs le 98 octobre i8o5 , passé avec son bataillon au service de Naples en 1806, rentré en France et retraité le 1 1 mai 181/1.
(*) Jean -Louis Simien, né à Roybon (Isère) le 10 décembre 1786, fils d*un drapier, soldat au régiment de Lorraine le a 5 décembre 1755, sergent le i*' juin 1769, fourrier le 10 juin 177^, sergentmajor le 10 août 1776, adjudant le ah mai i78o,porte-drapeaule96mai 1786, souslieutenant le 8 mars 1788, a obtenu la décoration militaire le i3 février 1791, adjudant -major au 67* d'infanterie le 1 5 septembre 1791, capitaine le 1 9 janrier 1799 , chef de bataillon le 3o juillet 1798 , général de brigade le 7 octobre 1793, réformé le 98 ventôse an v (18 mars 1797), retraité le 9 floréal an ix (99 avril 1801),
mort à Bar-sur- Omain (Meuse) le 93 pluriôse an xi (la février i8o3). Le général Simien avait fait les campagnes d'Allemagne de 1767 à 176a et avait été blessé à Marbourg le i5 septembre 1769. Son nom ne figure pas dans la Biographie du Dauphiné d'Adolphe Rochas.
^*) Antoine Estienne, né à Milhau (Aveyron ) en 1 76 1 , ingénieur, un des vainqueurs de la Bastille , chasseur dans la garde nationale soldée le ao juin 1790, sous-lieutenant au 1 4* d'infanterie l^re le 99 septembre 1799, adjudant général des corps belges le 7 janvier 1798, arrêté par ordre de Dumouriez en février et détenu à Maestricht, rentré en France le h octobre 1 798 , commandant de la place de Givet le 90 du même mois, employé à Tarmée des Ardennes le 99 floréal an u (18 mai 179^)1 destitué le 10 thermidor an n (a8 juillet 179À), relevé de sa suspension le 16 fructidor an II (9 septembre 179^). (Cf. Arch. adm, de la guerre.)
360 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [19 oct. 1798.]
gens sacrifier leur vie pour soutenir ceile des lâches fuyards. Une forteresse, quelque forte qu*elle soit, n'est rien s'il n'y a pas de braves gens pour la défendre. Je n'ai cependant pas dâ m'attendre à grand'chose de la part des soldats sans expérience , qui n'avaient jamais vu le feu et que le souvenir de ce qui les attache à la vie animait peut-être plus que le sentiment de vivre libres ou de mourir. Si ces malheureux eussent eu la prudence de ne se donner pour che& que des hommes instruits dans l'art de la guerre , ils eussent eu des officiers qui auraient soutenu leur courage chancelant et qui leur eussent inspiré quelque confiance; mais les officiers qui les commandaient, qui avaient eux-mêmes besoin d'encouragement, pouvaient-ils faire concevoir d'eux quelque bonne opinion et faire partager à leurs soldats une bravoure et une fermeté qu'ils étaient loin d'avoir, puiscpie plusieurs d'entre eux mirent leurs épaulettes dans leurs poches pour ne pas être reconnus comme officiers dans leur fuite?
Lorsque je vis que tout était d^espéré, j'envoyai une ordonnance à Philippeville pour en faire sortir les trois compagnies de grenadiers qui y étaient et deux pièces de quatre pour prot^r ma retraite et empêcher l'ennemi de me poursuivre plus loin, ce qui fut exécuté. Je fis ensuite assembler les généraux et cheb de corps dans Philippeville , pour délibérer sur ce qui restait à faire dans des circonstances aussi accablantes, et c'est d'après les observations qui s'y firent, que ma mission était remplie , que mes troupes étaient inutiles et ne feraient qu'affamer la place si elles y restaient plus longtemps , que je me suis déterminé à retourner à Givet avec mon armée.
Nous avons perdu à peu près deux cents hommes tués ou pris et une centaine de blessés; l'ennemi a dd y perdre plus de monde que nous, car à l'attaque de deux heures, où je ne perdis que deux ou trois hommes, on en compta plus d'une soixantaine des leurs sur le carreau, et le feu de la mitraille de nos pièces a du éclaircir beaucoup ses rangs ^^K
Mon intention a toujours été de faire prot^r mon opération par une partie de la garnison de Rocroi, qui devait, par une diversion sur Chimay, venir se réunir h moi h une lieue et demie de Beaumont. Cette colonne , forte de mille hommes et de deux pièces de quatre longues, a obtempéré k mes ordres, s'estrendue au lieu que j'avais prescrit , mais , comme la défaite de mon armée se fit avant que j'aie pu la rejoindre , elle fut attaquée après nous. L'inteUigence et la bravoure de Boisragon ^*\ chef de cette colonne, lui fit fidre une belle retraite presque sans perte sur Philippeville, d'où je la fis partir sur-le-champ pour Rocroi.
Peut-être aurai&je à me féliciter d'un tout autre succès , si par deux diverses fois l'on n'eût extrait de ma garnison ce qu'il y avait de plus brave et de plus
(" En effet les premiers rapports exa- ^*^ Louis de Boisragon, né en 1768,
gérèrent beaucoup les pertes faites par lieuteoaçi-coionel du A4' d'infanterie, co-
îe général Éiie dans l'expédition contre lonel du âg* le is septembre 1799 et
Beaumont. C'est ce que constata d'ailleurs du 6a* à Tannée de la Moselle en avril
Carnot dans une lettre à Jourdan publiée 179.3. (Cf. Archivet adminiitrativei du Mi-
à la page 383. ni$tèrê de la guerre,)
[19 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 361
instruit pour en envoyer une grande partie se fidre ëgorger entre Cambrai et Bouchain , et l'autre fois pour renforcer le camp d'Hirson.
Le général de divhion, commandant à Gwet et arrondmcment
Élu.
P. 5. Une femme du 16* bataillon de chasseurs, qui avait éVk feite prisonnière et qui vient de rentrer, m*a assure que, maigre notre déroute, Tennemi évaluait sa perte à 1,100 hommes; elle m'a aussi assure que la colonne était conunandée par Beaulieu, général autrichien, et par le ci-devant comte d'Artois ^'\
(Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)
SGHILTIGHBIM, 1 9 OCTOBRE lygB.
LHDJUDANT GliN^RAL DBMONT AU GOMITli DE SALUT PUBLIC.
Aa quartier généra) à ScbflUgfaeim, près de Straiboorg, le 19 oetobre 1798, Tan n de la République françaife, une et indivisible.
L'ADJUDANT Givinj^L DBMONT AUX CITOYENS BKPRllSBNTANTS , MEMBRES DO COMiri DE SALOT POBUC, À PABIS,
Citoyens représentants ,
L'armée a été attaquée hier au matin , depuis sa droite appuyée à Drusenheim jusqu'à la fin de sa ligne du centre. Les troupes de la gauche de l'armée, placées depuis les hauteurs de Hochfdden jusque sur les hauteurs et dans les gorges de Saveme, n'ont essuyé d'autre attaque que celle nécessaire pour les tenir en échec.
Le centre de l'armée, vivement attaqué sur les hauteurs de Gendertheim, a soutenu avec fermeté une canonnade très vive qui n'a cessé qu'au soir. Cette partie de l'armée a même gagné du terrain que trois charges de cavalerie lui ont procuré. Cet avantage a été conservé jusqu'au soir, mais la conduite de qudques troupes Itères à cheval a permis à l'ennemi de reprendre le terrain qu'il avait perdu.
Le général en chef provisoire (*\ qui commandait le centre de l'armée et qui se trouvait partout, a marqué à ces corps son mécontentement d'une manière non équivoque.
Je dois observer aux citoyens représentants que , dans une des charges de cavalerie, le citoyen Donadieu ^*\ capitaine au 1 1* r^iment de dragons, a enlevé un
(') Le même jour le général aie écrivît (') Jean Donadien, né à Arles (Bouches-
dans les mêmes termes à Jourdan. du-Rhône) en 176^, dragon au régiment
^') Le général Carlenc. d'Angoiiléme le 6 avril 176C, brigadier le
362 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 1798.]
étendard aux ennemis, que le gënëral s'empressera d'envoyer à la Convention nationale ^^\
Une compagnie d'artillerie volante a été enveloppée par les ennemis et prise pour un moment , mais deux escadrons de dragons sont accourus pour la dégager. Cet événement cependant nous a fait perdre une pièce de canon et un caisson Wurost, qu'on a été obligé de laisser sur la place, les ennemis ayant tué les chevaux.
Puis l'aile droite de l'armée, placée depuis Drusenheim jusqu'à la rivière Zom, sans doute attaquée par des forces supérieures , a reculé dans le courant de cette journée jusqu'à Hoenheim. Ce mouvement rétrograde de la droite de l'armée , ayant détaché le centre de l'armée de son aile droite et l'ayant isolé , le général en chef a craint que l'ennemi ne pro6tAt de sa position critique en se déplaçant entre le centre et l'aile droite pour l'envelopper; en conséquence, il a ordonné k toute l'armée, excepté au corps de troupes placé à Saveme, un mouvement en arrière pour venir se placer sous le canon de Strasbourg. Cette retraite s'est effectuée à dix heures du soir, et l'armée est venue prendre la position qui suit :
POSITION DE LURMÉB.
ÂVAIfT-OARDE COMIlilfDéB PAR LE GENERAL DE BRIGADE COMBéz ^*K
L'ordre de bataille de l'avant-garde est à la hauteur Wantzenau juscpi'au bois
i5juin 1776, maréchal des logis le i5 juin 1781, sous-lieutenant le i5 septembre 1791, lieutenant le 3 juin 1792, capitaine au 11* dragons le i*'mai 1793, général de brigade à Tarmée du Rhin le 8 brumaire an 11 (99 octobre 1793), arrêté pour sa conduite à la bataille de Wissembourg (96 décembre 1793), traduit devant le tribunal révolutionnaire, con- , damné k mort et exécuté k Paris le 8 prairial an II (97 mai 1794). — Cf. Arch.
nat., W 374, n' 844, et Etienne Charavay. Le général Jean Donadieu, dans la Révolutionjrançaiêe àvL ih décembre 1896.
t*J En effet, le capitaine Donadieu fut envoyé à la Convention par les représentants Saint-Just et Le Bas le 94 octobre 1793. U se présenta devant TAssemblée le 7 brumaire (98 octobre) et présenta le drapeau prussien dont il s'était emparé. Il fut admis aux honneurs de^la séance et le lendemain nommé d'emblée général de brigade.
^*) Jean-François Combez , né à Besançon (Doubs) le 19 juin 1739, fils d*un
homme de loi, cavalier au régiment de Moustier le i5 janvier 1753, maréchal des logis le 19 juin 1767, cornette au régiment des volontaires du Dauphiné le 7 mars 1761, lieutenant de dragons dans la légion de Flandre le 5 avril 1779 , lieutenant au régiment Dauphin-Dragons le 18 août 1776, lieutenant au 9' chasseurs à cheval le 16 juillet 1779 et capitaine le 7 mai 1785, chef d'escadron le i5 avril 1799, chef de brigade le 16 mars 1793, général de brigade provisoire à Tarmée du Rhin le 11 septembre 1793, confirmé le 9 pluviôse an n (98 janvier 1794), mort à Schelestadt (Bas -Rhin) le 19 vendémiaire an m (10 octobre 1794). Le général Gombez avait fait les campagnes de Hanovre de 1 767 à 1 769 et, n'étant encore que maréchal des logis, il avait été blessé à la bataille de Bergen (i3 avril 1769), et à ceUe de Minden (1*' août 1769), où il avait été fait prisonnier. Sous la Révolution, il avait reçu trois nouvelles blessures, les 96 mars» 98 octobre et 9 novembre
[i9 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 363
qui est à sa gauche , leqael bois est occupe dans toute son étendue jusqu'au Cabaret.
La gauche de Tavant-garde communique avec les troupes aux ordres du génëral de division Michaud, qui commande un corps de troupes sépare. On poussei*a des patrouilles k Kilstaet, et on empêchera que Tennemi ne s'y établisse.
Le jardin d'Angleterre est occupé par un bataillon.
Là DROITE DE L'ARMl^E. l'* DIVISION, COMMANDEE PAR LE GÏ^NéRAL DE ERI6ADE DOBOIS.
Cette division est en ligne, sa droite, appuyée à Hoenheim, s'étendant par le couronnement des hauteurs derrière Souffelweyersheim.