‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 137 sur 181 · CARNOT AU GÉNÉRAL JODRDAN · texte numérisé non relu

CARNOT AU GÉNÉRAL JODRDAN

Paris, le i*' jour du a* mois de Tau 11 de la République une et indivisible.

CARNOT, nEPBÉSBNTANT DV PEUPLE, AU CITOYEN JODRDAN , GENERAL EN CHEF DE L'ARMEE DV NORD.

Le Comité de salut public, citoyen général, vous adresse par un courrier extraordinaire l'arrêté qu'il vient de prendre sur la manière dont il veut que s'achève la campagne dans le Nord^*^. Plein de confiance dans vos talents et votre droiture, il a cru pouvoir hasarder sur cette frontière des opérations délicates et dont il n'eût os^ confier l'exé-

^" Cf. la pièce précédente.

[aa ocT. 1793.] œRRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 375

cution à tout autre qu'à celui qui venait de répondre à ses espérances d'une manière si glorieuse pour la République et pour lui-même. Le .Comité veut, à quelque prix que ce soit, que les ennemis soient complètement chassés cette année du territoire français, et l'honneur national nous le conmiande. On ne désire point que vous pénétriez dans l'intérieur de la Belgique : expulser les satellites des despotes par la voie la plus courte et la plus sûre est tout ce qu'il demande , et il est persuadé qu'une opération si importante ne peut être confiée à des mains plus habiles et plus pures.

Salut et fraternité.

Carnot.

Prenez garde que l'ennemi , par de fausses attaques , ne cherche à vous attirer trop du côté de Landrecies. En vous éloignant ainsi de Maubeuge, il remplirait son objet, qui est d'empêcher que vous ne l'enveloppiez vers Mons, et il prendrait ses quartiers d'hiver en France, ce qu'il ne faut point souffrir, absolument. Vous pourriez faire mine de faire marcher, en effet, la plus grande partie de votre armée vers Landrecies, pour y attirer l'ennemi, puis vous porter tout à coup, par une marche rétrograde et brusque, vers la Basse-Sambre, que vous passeriez lestement, et vous attaqueriez alors avec un grand avantage, par le flanc gauche, le camp de Bettignies. Vous avezT)esoin pour cela et pour toutes vos opérations du plus grand secret. Donnez-nous très fréquemment de vos nouvelles; il me semble qu'il faudrait vous assurer votre conmiunication avec Givet et Philippeville par Beaumont^^l

Carnot.

(Orig. aot , Areb. de la gaerre, armée du Nord.)

(') On lit A ce sujet dans les Mémoire» inédite de Jourdan les considérations suivantes :

ff Dans ces entrefaites, le général en chef reçut un arrêté en date du 99 octobre, qui déterminait de quelle manière le Ck>milé de salut public voulait que la campagne s*achevàt dans le Nord. L'armée, divisée en deux corps, devait passer la Sambre d'un côté et marcher sur Tournai de Tautre, afin de

cerner Tennemi , Tenvelopper et l'enferme dans la partie du territoire qu'il avait envahie. Il était prescrit au général en chef de s'emparer des magasins de l'ennemi et en même temps de ne s'engager qu'avec prudence en terre étrangère , et de côtoyer les frontières 4e plus près que faire se pourrait; de couper la retraite à l'ennemi, sans cesser de maintenir ses communications avec les places fortes; de tenir ses forces en masse.

376 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aa oct. 1798.]

LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE

Analyse. — Deux lettres : 1** Envoi d'un arrêté des représentants Ruelle, Gillet et Philippeaux, concernant les la* et i3* bataillons de Seine-et-Oise qui refusent de servir plus longtemps ^^'. (Minute, Arch, nat., AF II 368.) — 2** Envoi de la copie d'une lettre du représentant Laurent, où celui-ci expose les besoins des villes de Cambrai et de Bouchain^^^. (Minute, Arch. nat., AF 11 238.)

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Analyse. — Il lui £adt passer l'extrait d'une lettre du général Rossignol relative aux troubles du Morbihan ^^K

(Analyse, Arch. de la guerre, reg. da Comité de salut public.)

et cependant de donner de la jalousie à Tennemi sur plusieurs points pour l'engager à diviser les siennes. Il lui était surtout recommandé de persuader à Tennemi qu'il avait des forces immenses.

«Gel arrêté, où sont réunies tant de dispositions incohérentes, excitera maintenant le sourire des militaires qui le liront; mais à Tépoque dont nous parlons le général, à qui il était adressé, y voyait son arrêt de mort. Gomment se justifierait-il , en cas de malheur, devant le tribunal révolutionnaire trouvant dans cette pièce ridicule un motif de condamnation, n'importe la manière dont les opérations avaient été dirigées? La lettre du ministre qui l'accompagnait est un monument de l'esprit de vertige do ce temps-là. Parmi les idées exagérées qu'on remarque dans celle de Garnot, on y aperçoit quelques vues militaires, et il a la bonne foi de convenir que l'entreprise est délicate.»

(') La lettre des représentants est datée de Nantes, 3o septembre 1798.

t*) Gf. le texte de celte lettre, reçue par le Gomité le Q7 vendémiaire an 11 ( 18 octobre 1793), aux Arch. nat., AF 11 a 38.

(''^) La lettre du général Rossignol à Boucholte, écrite de Brest le 16 octobre 1793, porte qu'il suffira de trois mille hommes pour rétablir la paix dans le département du Morbihan. « Je vous préviens aussi qu'une partie de ces rassemblements est occasionnée par la présence de plusieurs brigands qui sont venus mettre bas les armes devant l'armée de l'Ouest ci-devant mayençaise. Les représentants du peuple près de cette armée les renvoient dans l'intérieur. Ges mêmes brigands se répandent dans diiïérenls départements et y prêchent la guerre civile, tandis qu'il aurait été très prudent , selon moi , de les resserrer jusques à la fin de la guerre, n (Orig., Arch. de la guerre, armée des Gôtes de Brest.)

[s9 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 377

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