‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 138 sur 181 · BAYONNE, S S OCTOBRE I · texte numérisé non relu

BAYONNE, S S OCTOBRE I

GARRAU, REPRESENTANT PRIs L'ARMEE DBS PYR^NI^BS OGGIDENTALES ^^\

AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Bayonne, le i** jour de la 1" décade da 9* mois de la 9* année de la République une et indivisible.

LE nSPRiSBSTANT DD PBVPLE Pliàs L'ÀRUiE DES PTRiNBES OCCIDENTALES AV COMITÉ DE SALUT PUBLIC ^*\

Les citoyens Pinet ^'^ et Monestier ^^\ mes collègues , ont pendant mon absence destitue et même fidt mettre en ëtat d'arrestation quelques officiers généraux et supérieurs, qui n'avaient pas la confiance du soldat et dont la conduite était presque suspecte. De ce nombre sont les généraux Deprez-Crassier et Willot. Us ont été remplacés par des bons militaires, vrais sans-culottes, aussi prononcés pour la Révolution que les plus ardents montagnards. L'^t ctjoint, n* 1*', vous donnera un aperçu de ces remplacements , en attendant que mes collègues vous fissent parvenir leur arrêté.

Cette r^nération salutaire n'est pas la seule qu'ils aient opérée. Après avoir purgé l'état-major de l'année, il leur restait à purifier Rayonne et le Samt-Esprit, places que j'avais déjà eu la précaution de mettre en état de siège. La sansculotterie y domine aujourd'hui exclusivement : comité de surveillance municipale révolutionnaire, société épurée, tout va grand train; les gens suspects sont mis en âat d'arrestation, les pistes payent de leur bourse leur apathie et les fripons marchent à grands pas vers la guillotine. D'un autre côté les dons patriotiques et les visites domiciliaires produisent chaque jour des monceaux d'or et d'argent en numéraire ou en matières. D^à j'ai lait verser, soit dans les mains du directeur de la monnaie , soit dans celles du payeur général , plus de 600,000 livres.

^*} Garrau avait été envoyé, le 3o avril 1 793 , en misBion à l'armée des Pyrénées occidentales, avec ses collègues Feraud, Ysabeau et Ghaudron-Roussau. ( Cf. Aulard , ]II,56o.)

(*) Cette lettre, toute militaire, n'a été qu'analysée par M. Aulard (VU, 677).

(3) Jacques Pinet, né è Saint -Nexans (Dordogne) en 1784, député de la Dordogne à l'Assemblée législative et à la Convention , proscrit en 1 8 1 6 , mort à Bergerac le 8 novembre i8â6. Il avait été chargé, le 3 août 1793, de la levée en masse dans les départements de la Dordogne et de la Gironde. (Cf. Aulard, Yl, 74.) Un décret du 1 3 octobre Tavait ensuite

envoyé à l'armée de TOuest (Aulard, VU, 396), mais Pinet et ses collègues protestèrent contre cette nouvelle destination par des lettres des 90 et 91 octobre 1793. (Cf. Aulard, VU, 533 et 555.)

(*) Benoit-Jean-Baptiste Monestier, né k Clermont-Ferrand le 3i octobre 17^5, chanoine, premier vicaire de l'évéque constitutionnel de Clermont, député du Puy - de - Dôme k la Convention , mort à La Saigne, commune d'Authexat-la-Sauvelat (Puy-de-Dôme), le 99 novembre 1890.

Monestier avait été envoyé à Tannée des Pyrénées Orientales le 90 juin 1793 avec Lefiot (cf. Aulard, V, 97) et avait rejoint son collègue Pinet.

378 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aa ocr. 1798.]

Mais pourquoi faut-il qu'au milieu de toutes ces belles choses les sans-culottes voient nattre de nouvelles entraves? Le Conseil executif, mal instruit sans doute, vient de nommer trois généraux de division et deux généraux de brigade, qui sont bien loin de réunir Testime et la confiance des bons citoyens. La plupart de ces nouveaux-nés sont des êtres nuls ou équivoques; leur promotion a étonné, scandalisé tout le monde; aussi la société montagnarde de cette ville s'est elle empressée de venir me les dénoncer et de me demander un sursis à la remise de leurs lettres de service. J'ai cru qu'il était de mon devoir d'accorder le sursis jusques à ce que vous ayiez prononcé sur les chefs de suspicion articulés contre eux. Je vous ferai passer sous peu les pièces relatives à cette aflEsdre. En attendant, je vous envoie une simple note sous le n' a.

L'arrêté que vous m'avez envoyé par un courrier extraordinaire m'est parvenu hier. Je vois avec plaisir que vous savez prendre de grandes mesures quand l'intérêt de l'État l'exige. Allons, courage I Encore quelques coups de maître comme celui-là , et le vaisseau sera bientôt au port. U me tarde que la campagne soit finie dans cette partie-ci , pour aller rqoindre la Convention nationale et vous embrasser. En attendant , je remplirai exactement vos vues en vous donnant les détails que vous demandez par votre arrêté. Je commence dès ce moment.

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