BESOINS
6* Nos besoins sont grands , quant aux vivres et aux fourrages. Les réquisitions fournissent à peine de quoi vivre du jour k la journée. Cependant on nous feit
an If (i4 novembre 1795), commandant de place à Landau le 91 nivôse an i?
(1 1 janvier 1 796 ), embarqué pour TÉgypte le 3o floréal an ?i (19 mai 1798), prisonnier de guerre sur les côtes de Tarente en germinal an vu (mars 1799), rentré en France au commencement de floréal an x (fin avril 1801), admis au traitement de réforme le 96 fructidor an x (i 3 septembre t8oa), mort è Villere - Cotlerets (Aisne) le 96 février 1806.
En eflet le général Alexandre Dumas n'arriva à Tarmée des Pyrénées orientales que le 8 brumaire (99 octobre), mais les représentants Garrau, Pinet et Monestier informèrent, le 10 (3i octobre), le Comité de salut public qu'ils avaient maintenu le général Léonard M aller dans le commandement de Tarmée et nommé Alexandre Dumas chef de dirision. (Cf.
Aulard, VIII, i5&.)
^'' Cf. t. ï, p. 199, note 1.
380 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aa oct. 1798.]
espérer un approvisionnement considérable en avoine. Je vous envoie copie de la lettre du r^sseur à ce sujet, n* 3. Il nous manque aussi des effets de campement; ceux qu'on nous a fournis sont de la plus mauvaise qualité. La poudre est encore plus rare. Nous venons d'en demander à Bordeaux et à Toulouse cent milliers au moins.
Voilà, chers collègues, des détails sur lesquels vous pouvez compter.
En finissant, je vous dirai que le général Laroche, chef de Tétat-major, dont rintelligence et le patriotisme doivent vous être connus , ma montré les nouveaux signaux que le commandant de Brest a envoyés au chef civil de la marine de Bayonne. Ces signaux sont entièrement conformes aux anciens pour le vendredi, ce qui m'a donné des soupçons et fait prendre la résolution de conserver les anciens jusqu'à ce que vous en ayiez délibéré. Je vous les envoie ci-joint ^'^
Salut et fraternité.
Garrad.
(Orig., Âreh. de ta (pierre, armée des Pyrénées occidentales.)
FURNES, 3 9 OCTOBRE lygS.
LE Gl^PiéRAL VANDAMME AU GOMIT^ DE SALUT PUBLIC.
Quartier général de Fornes, le i" jour du a* mois de Tan ii de la République une et indivisible.
Je suis parti ce matin à une heure de Dunkerque avec des forces d'infanterie et le 5* régiment de chasseurs à cheval pour marcher sur Furnes. J'ai divisé ma troupe en deux colonnes ; l'une se porta par la porte de Dunkerque et l'autre par l'Estran. Elles arrivèrent devant cette ville k cinq heures; j'en fis faire aussitôt l'attaque par le général de brigade Hoche , tandis qu'une colonne de 4, 000 hommes , commandée par le général de brigade Gougelot , partie d'Hondschoote , l'attaquait par la porte d'Ypres. L'ennemi, au nombre de 3,ooo hommes, bien retranchés, avec plusieurs pièces de canon, voulut se défendre et nous empêcher d'entrer dans la ville ; mais le courage que montrèrent tous les soldats républicains épouvanta ces vils esclaves. Nous les chassâmes de la viUe la baïonnette dans les reins ; ils se retirèrent en désordre et nos troupes les poursuivent encore. Cette afiaire ne nous a pas coûté douze républicains; nous avons eu quelques blessés. Une centaine d'esclaves ont mordu la poussière et nous en avons pris environ soixante ,
^*) Les pièces annoncées dans cette lettre d'épurer sans délai Tétat-major de Tannée
manquent. — Ce rapport circonstancié du des Pyrénées occidentales et d'envoyer à
représentant Garrau fut cause que le Co- cette armée les secours nécessaires en
mité de salut public, par son arrêté du armes, effets de campement et d'habille-
7 brumaire an 11 (a8 octobre 1798), ment, munitions, etc. (Cf. Aulard, Vlll,
chargea le ministre de la guerre Bouchotte 75.)
[aa ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 381
sans compter ceux que les braves soldats vont attraper encore. Dans le nombre des prisonniers se trouvent trois ëmigrës. J'ignore si vous connaissez le traitement que je leur &is quand j'ai le bonheur d'en attraper; je ne donne pas h la commission militaire la peine de les juger : leurs procès sont faits sur-le-champ; mes pistolets et mon sabre font leur afihire.
Si le camp de Dixmude ne m'attaque pas en force, demain je marche sur Nieuport et après-demain sur Ostende. Je les enlèverai comme Fumes; je suis d'autant plus fonde à vous le dire , que l'ennemi tremble et que les soldats que je commande sont aussi courageux que disciplines. Aucun pillage n'a été commis dans cette ville; les républicains ne pensent qu'à se battre et à vaincre; et avec de tels hommes que ne peut-on pas espérer!
Le citoyen Castagnier, commandant la marine de Dunkerque , a mis à la voile toutes les chaloupes et bâtiments en ëtat, et il suit mes mouvements. U attaquera par mer Ostende lorsque je l'attaquerai par terre. J'espère , citoyens représentants , que dans huit jours on dira : il y avait un beau port k Ostende. Je &is main basse sur toutes les caisses appartenant aux despotes, et, non content de cela, je fais contribuer la ville conformément à votre instruction. Je veux £dre une telle provision que l'armée puisse vivre tout l'hiver sans qu'il en coûte rien à la République. Pour cette fois les tyrans seront totalement exterminés. Vive fa République une et indivisible.
Le général de brigade commandant l'armée à Fumes,
Vandamme.
(Imprimé dans le Moniteur du 96 octobre 1793 ^^K)
MAUBEUGE, âil OCTOBRE I793.
LE ainitiM FERRAND AU GOMITé DE SALUT PUBLIC.
Analyse, — 11 déclare que , s'il n'a pas opéré la diversion offensive sur laquelle comptait le Comité, c'est que cette opération aurait été funeste sous tous les rapports, étant cerné par six camps ennemis qui ne se sont pas dégarnis un seul instant. Des brouillards épais, qui se sont soutenus dans les matinées des i4, i5 et 16 octobre, ont été un obstacle de plus. Le 17 les troupes sont sorties, ont fidt cent prisonniers et repris les postes occupés précédemment. Le général a désapprouvé complètement la tentative du représentant Drouet, mais celui-ci, malgré les représentations de son collègue Bar, a vocdu forcer les lignes ennemies et a emmené à cet effet loo hommes, «r D'après le rapport des 38 dragons qui
(') Il y a aux Archives de la guerre, ar- bal de Vandamme constatant son entrée
mée du Nord, une copie de cette lettre, dans Fumes et Tëtat des réquisitions et
mais les termes en sont écourtés. — On contributions levées par lui. Ce document
trouve dans le même dossier un procès-ver- • 3i pages in-folio.
382 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 cct. 1798.]
sont revenus de celte expédition , il parait que la troupe s'est dispersée aux premières décharges de l'armée ennemie. Une partie de la troupe a été renversée dans un fossé, ainsi que le représentant Drouet. Les dragons Tout remis à cheval et il a été suivi de quelques-uns; la plus grande partie s'étant ^arée dans Tobscurité de la nuit, ce n'est que deux jours après que j'ai pu m'informer de son sort. J'ai envoyé un trompette sous le prétexte de remettre des lettres de bmillc de deux officiers autrichiens faits prisonniers à l'affaire du 39 septembre. Je demandais en même temps les noms des prisonniers qui avaient eu lieu dans cette affidre et dans une reconnaissance faite quelques jours auparavant. L'officier chargé de cette mission a appris aux avant-postes ennemis, avant de se rendre au quartier général , que le représentant Drouet avait été pris. Le général La Tour a annoncé l'avoir feit conduire au quartier général de Cobourg. Tels sont les détails que j'ai pu recueillir sur le sort du représentant Drouet, à qui je n'ai pu voir sans la plus vive peine prendre un parti qui ne pouvait que compromettre la dignité du caractère dont il était revêtu. » La conduite du citoyen Pinteville , chef du bataillon de la Marne, ne lui a inspiré aucun soupçon.
(Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)
PROCLAMATION DU GOMITlS DE SALUT PUBLIC A L^ARMl^E DU NORD SUR LA BATAILLE DE WATTI6NIES.
Soldats républicains,
Les lâches satellites de la tyrannie ont fui devant vous à votre approche; ils ont abandonné Dunkerque et leur artillerie ; il se sont hâtés d'échapper à leur ruine entière en mettant la Sambre entre eux et vos phalanges victorieuses. Le fédéralisme a été frappé dans Lyon; Tarmée républicaine est entrée dans Bordeaux pour y porter les derniers coups. Les Piémontais et les Espagnols sont chassés de notre territoire; les défenseurs de la République viennent de détruire les repaires des rebelles de la Vendée; ils ont exterminé leurs cohortes sacrilèges. Cette terre coupable a dévoré les monstres quelle a produits; le reste va tomber sous la hache populaire. Partout où la tyrannie n'a point
^') Gamot assiste, le a 3 octobre, à la Dours de prendre le commandement des
séance du Comité. Le même jour, il écrit troupes employées à Tarmée des Alpes et à
de sa main deux arrêtés : 1° Ordre au Ville-Afiranchie. — a" Ordre au ministre
général Doppet de prendre le comman- de la guerre de rappeler sans délai le gé-
dement des troupes devant Toulon, au néral de brigade Fabre-Fond (frère de
général Garteaux de prendre le comman- Fabre d'Églantine) et de le remplacer,
dément de Tannée d'Italie, au général (Cf. Aulard, VU, 586.)
[a3 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 383
trouvé l'appui de la trahison , la victoire a suivi les drapeaux de la liberté et le génie du peuple français triomphe.
Soldats républicains, il reste encore au delà de la Sambre, il reste sur les bords du Rhin et de la Moselle des esclaves féroces, armés contre la sainte cause que nous défendons; ils sont couverts du sang de vos femmes et de vos enfants, du sang des représentants de la nation. 0 douleur! il en reste jusque dans nos cités; il en reste dans l'exécrable Toulon. Le moment est venu de punir tous leurs forfaits; rheiu*e fatale des tyrans sonne et c'est par vos mains qu'ils doivent périr. Soldats républicains, les mânes de vos frères égorgés vous implorent, la gloire vous appelle, la patrie vous regarde, les représentants delà nation vous encouragent et vous guident. Marchez, frappez; que dans un mois le peuple français soit vengé, la liberté affermie, la République triomphante; que les tyrans et les esclaves disparaissent de la terre; qu'il n'y reste plus que la justice, le bonheiu* et la vertu!
Les membres du Comité de salut public, Robespierre, Garnot, Hérault, Billaud-Varenne.
(Arch. de la guerre, reg. d^ordres de Tarmée du Nord,- XIU bi$, fol. 107 O.)