pour un bon républicain, n^est cependant
(') Voir au sujet de Téchec subi par le point décisif par ses conséquences. n (Cf.
général Élie une lettre écrite de Sedan, Aulard, VII, 588.)
384 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 oct. lygS.]
auquel le Comité de salut public ne soit résolu, plutôt que de le souffrir. L'ennemi se fortifie dans la forêt de Mormal, à même de se porter entre Avesnes et Maubeuge, du moment que vous passerez la Sambre au-dessous de cette ville, le tout afin de vous retenir dans cette position et vous empêcher d'aller en avant, par la crainte de voir vos communications coupées. L'attaquer dans cette forêt, c'est combler ses vœux et compromettre inconscienmient le salut de votre armée. Vous n'avez, ce me semble, citoyen général, qu'un seul parti à prendre: c'est de commencer par vous assurer une nouvelle communication par Givet, Philippevilïe et Beaumont, et en vous emparant de tout le pays d'entre Sambre-et-Meuse, contenant, pendant cette opération, l'ennemi dans la forêt de Mormal et l'attirant tant que vous pourrez vers Landrecies, sans vous embarrasser de quelques dégâts partiels qu'il pourrait commettre. Maître une fois de ce pays d'entre Sambreet-Meuse , et surtout de Namur, s'il est possible , vous menacez la Belgique et le pays de Liège, vous passez la Sambre, sans craindre pour vos communications, et je ne vois plus comment l'ennemi peut séjourner en France. Tout autre projet est mesquin, étranglé, laisse l'ennemi maître des places qu'il a prises et expose visiblement l'armée à une destruction totale.
N'attaquez jamais l'ennemi qu'avec une grande supériorité de forces et des corps de réserve; ne nous piquons pas de vaincre les ennemis à nombre inférieur : soyons partout six contre un, jetez l'épouvante chez les ennemis, menacez la Belgique d'une destruction totale, publiez que vous avez deux cent mille hommes, force de subsistances, et surtout assurez-vous une communication le long de la Sambre inférieure, et conservez Chimay par un poste. Je croyais pouvoir faire faire à l'armée de la Moselle un mouvement de votre côté, mais les progrès de l'ennemi vers le Rhin nous forcent à une mesure toute contraire; mais il vous reste encore de grands moyens dans les deux armées combinées du Nord et des Ardennes. Le Comité de salut public est plein de confiance en vous; donnez-lui de vos nouvelles.
Salut et fraternité.
Carnot.
Les rebelles de la Vendée sont exterminés. Annoncez-le à l'armée.
(Orig. aat., Areh. de la guerre, armée du Nord.)
[a3ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 385