LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU GÉNÉRAL HOCHE
AV CITOYBN BOCHB, oéNÉRAL DE DIVISION, COMMANDANT L'ARMÉB DE LA MOSELLE.
Je VOUS préviens , général , que ie Conseil exécutif provisoire , comptant sur votre courage , votre expérience et votre dévouement à la cause du peuple , vous a nommé général de division ^'^ Vous recevrez les brevets et lettres de service à
(0 Le a a octobre, le Comité de salut public avait pris Tarrété suivant, écrit de la main même de Camot : ffSur la .proposition du ministre de la guerre , le Comité de salut public arrête que le général Hoche , chef de Tétat-major de Tannée des Ardennes, prendra, en qualité de général de division, le commandement de Tarmée de la MoseUe.j, (Cf. Aulard, VU, .564 et 565.) Hoche, chef de Tétat-major de Tai^ mée des Ardennes depuis le a a septembre, se trouvait alors devant Nieuport sous les ordres des généraux D'A vaine et Vandamme. Dès le i /i octobre , le général Souham , qui était au camp de la Madeleine , sous Lille , avait demandé à Jourdan de lui envoyer Hoche , dont il avait apprécié les talents pendant la défense de Dunkerque, et il avait renouvelé sa requête le i8. Jourdan acquiesça et , le a i octobre , signa Tordre suivant ( Arch. de la guerre , armée du Nord, reg. XI 6i», n" i5) :
(tAu nom de la République.
(T 11 est ordonné au général de brigade Hoche de partir, au reçu du présent ordre, pour se rendre au camp de la Madeleine , sous Lille , et pour y être employé sous les ordres du général de division Souham.
ffAu quartier général d'Avesnes, le at octobre 1793, Tan n de la République une et indivisible.
rxLe général en chef, (r Jourdan. n
Le même jour, Jourdan écrivit au général D'Avaine : «Le général Souham m'a écrit qu'il avait absolument besoin du gé-
néral de brigade Hoche. Je vous envoie cijoint un ordre pour ce général. Vous voudrez bien le lui faire parvenir, n Le général D'Avaine ne fut pas satisfait de cette nouvelle destination donnée à un de ses lieutenants et il accompagna la transcription de Tordre de Jourdan de ce commentaire : ^Nota, Le général en chef a été trompé dans la demande du général Hoche , parce qu'il ne savait pas que ce général fàt devant Mieuport; mais celui qui Ta demandé le savait et devait sentir que c'était, pour le moment, contre le bien de la chose à laquelle il devait s'attacher, et non pas aux personnes. 7) Sur ces entrefaites, arriva le changement de destination de Hoche, qui voulut obéir sur-le-champ aux ordres ministériels. Vandamme fit tous ses efforts pour retenir son subordonné et écrivit, le a 5 octobre, au général D'Avaine (Arch. de la guerre, reg. \l hi$, n" 58) : «Le ministre de la guerre vient d'envoyer au général Hoche le brevet de général de division et Tordre de se rendre sur-le-champ è l'armée de la Moselle pour y être employé en cette qualité. Cette nouvelle m'a fkit la plus grande peine, puisqu'elle m^'ôte un général aussi courageux qu'instruit et qui me servait beaucoup dans les attaques dont j'étais chargé. Je ne peux, général, le laisser partir sans qu'auparavant vous ne m'eussiez envoyé un autre général de brigade pour le remplacer. Je l'ai prié , pour le salut de la République , de rester à son poste jusqu'à l'arrivée du général que vous m'enverrez.» Le même jour, de son côté. Hoche écrivait au général D'Avaine (reg. XI 6w, n" 59) :
[93 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 389
l'année de ia Moselle où vous allez vous rendre avec toute la diligence qu'on est en droit d'attendre de votre patriotisme. Je donne o;xlre de vous faire passer le supplément de gratiGcation de campagne, et une autre somme de 6,000 livres sur les fonds à ma disposition , aûn que rien n'arrête votre marche et que vous puissiez vous procurer, à votre arrivée à l'armée de la Moselle , ce qui est nécessaire pour vous mettre à même de renplir vos fonctions. J'ai pensé qu'un général sans-culotte devait être aidé; d'ailleurs la cherté des chevaux est un autre motif. Ne tardez pas un moment de vous mettre en route à la réception de ma lettre et de vous rendre à Sarrebruck , quartier général de cette armée.
Le Comité de salut public , rempli , comme le Comité exécutif, de confiance dans vos sentiments républicains , vos moyens et votre énergie , a pris un arrêté que je vous envoie pour vous investir du commandement de l'armée de la Moselle; il espère que le général sans-culotte justifiera , par sa conduite, le choix des représentants sans-culottes qui l'ont nommé.
Vous aurez , général , à vous concerter avec les représentants à l'armée de la Moselle , ceux de l'armée du Rhin et le général de cette armée , car, pour bien fiûre les opérations, elles doivent être simultanées. Empêcher de pénétrer dans le département de la Meurthe et délivrer Landau , voilà la grande affaire de l'armée du Rhin ; délivrer Bilche , reprendre la position d'Hornbach , venir aider l'armée du Rhin h délivrer Landau, voilà la grande ai&ire de l'armée de la Moselle. Ces opérations veulent être concertées. Veiller à l'exécution du décret qui [irescrit de retirer les deux tiers des garnisons des places et de les remplacer par Jes réquisitions , c'est un moven de renforcer l'armée.
trAn quartier général <i'Ooti-DuDk«rke ,
deYint Nieuport , le & da a* mois d« l^an u de la République française.
^ Le général Hoche au général D*Ava\ne.
(rJe reçois, citoyen général. Tordre du Comité de salut public et du ministre de la guerre d'aller prendre le commandement de Tannée de ia Moselle. Je crois cette partie intéressante pour quitter le général Vandamme, qui me dit de rester ici. Je vous connais assex, général, pour croire que je n'éprouverai aucune oppoâtion de votre part
(tHocbb.t)
Hoche quitta l'armée le jour même pour rejoindre son nouveau poste et, le t6, Vandamme écrivait au général D*Avaine (Arch. de la guerre, reg. XI 6ù, n" 64) : «Depuis hier Hoche est parti. n
Cet épisode de ta vie de Hoche n'a pas été connu de ses biographes; Rousselin de Saint-Alhin et après lui M. Cunéo d'Ornano ont inséré dans la correspondance du
général une lettre adressée à Xavier Audouin, relative à un projet d'attaque de Fumes, et dont la date, 9 brumaire an 11 (3o octobre 1798), est certainement erronée, puisqu^à cette époque Hoche avait quitté depuis rioq jours Tannée des Ardennes. D^aiileurs Rousselin , en citant cette lettre dans sa Vie de Lazare Hoche (t. I, p. 89), y ajoute ces mots, qui ne figurent pas dans le texte de la correspondance (t. H, p. i3) : ffPuissé-je être aussi heureux que Jourdan? Pourquoi ne réusriraispas? Je sers la patrie.» Rousselin est coutumier du fait et il arrange souvent les phrases de Hoche à sa façon. Il rite , dans son tome 1*', une lettre du général au Comité de salut public, dont il ne donne pas la date , mais que M. Cunéo d^Omano a reproduite sous celle du 1*' octobre 1793. Je n'ai pas retrouvé Toriginal de ce document et, devant Tiiicertitude du texte et de la date , je me suis abstenu de faire figurer cette lettre dans le présent recueil.
[a3 ocT. 1798.]
Faites- vous rendre compte, à votre arrivée, de ia force de i armée, de ses positions, de l'artillerie, des approvisionnements en subsistances, munitions ei autres objets; prenez aussi connaissance des correspondances <jui peuvent exister dans les archives de Tëtat-major. Jetez un coup d'œil sur la partie des espions , faites en sorte d'en avoir de bons et de sûrs. Nous manquons, en général, par là; il est intéressant de ne conQer cette partie qu'à un républicain intelligent et éprouvé. Enfin, général, éprenez confiance dans la volonté de la nation d'être libre et le courage de nos^soldats.
Salut et firatemité.
(Arch. de ia guerre, année du Rhin , reg. AS, p. i4.)
PARIS, â3 OGTORRE 1793.