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Je VOUS envoie ci-joint, citoyens, le bulletin de ce qui s'est passé aux attaques de Gilette, les 18 et 19 de ce mois^'^. Vous verrez que les soldats de la République, composant l'armée d'Italie, y ont montré leur énergie et leur courage ordinaires, et que leur conduite est au-dessus de tout âoge.
(I) M. A. Ghuquet dit à ce propos ( Witiemlnmrg, 99a) : trVannëe du Rhin se retira donc le 18 octobre, à huit heures du soir, derrière la petite rivière de la Souflel, sous le canon de Strasbourg. L*avanl-gàrde, commandée par Combez, campait à la Wantienau et détachait un bataillon au Jardin d^Angleterre. La droite avait pris position à Souflfelweyerdieira , et le centre à Vendenheim, à Lampertheim, à Mun-
dolsheim, à Niederhausbergen. La cavalerie, qui formait deux corps sous Diettmann et La*FareUe, occupait Hoenheim, Mittelhausbergen et Oberhausbergen. Le quartier général était à Schiltigheim et Tambulance à la Robertsau.»
W Cette relation, datée de Nice, a 3 octobre 1 793 , est signée par le général Gaultier Kerveguen. — Cf. Krebs et Moris, I, 395 et suiv.
394 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 oct. 1798.]
Je vous ai dëjà mande k plusieurs reprises qae cette année manquait de munitions de guerre en tout genre , de fusils et surtout de baïonnettes , qu'il est urgent de nous faire passer; que les subsistances nous arrivent à peu près, au jour la journëe.
Nous avons bien reçu des draps , mais pas en assez grande cpantitë. Je vous demanderai surtout des renforts, cette armée étant considérablement diminuée par la division envoyée sur Toulon , par les maladies et la désertion. J'insiste aujourd'hui d'autant plus sur cette demande que les ennemis, ayant été repoussés du Mont-Blanc , refluent sur nous , et que déjà ils ont reçu des renforts considérables. Le général Kellermann me mande bien qu'il fait partir deux bataillons pour Grasse , d'où je les ferai venir ici , mais cela ne suflBt pas , et il est nécessaire c[ue nous en recevions un plus grand nombre.
Je dois vous observer que les bataillons du département du Var, de nouvelle levée, ont généralement marché sur Toulon, et cpe je n'en ai ici que la valeur de trois à peu près , et la très grande partie sans fusils.
J'apprends dans le moment, que le poste d'Utelle a été attaqué dans la nuit du â 1 au 9 9 par une force supérieure ^^^ ; mais , quoique cette attaque ait été très vive, l'ennemi a été repoussé. Lorsque j'en aurai reçu les détails je vous les ferai passer.
Aucun des généraux de brigade , dont le ministre de la guerre m'a envoyé les lettres de services n'est encore arrivé. Le général de brigade Gamier^*^ me
U) Le général Dugommier écrivit d'Utelle , le 3 3 octobre 1 798 , au ministre de la guerre pour lui envoyer une relation des combats des 18 et 19 octobre. «Je vous dirai de plus, qu'aujourd'hui a a octobre, le poste d'Utelle, qui couvre Levenzo et Nice , a été attaqué , à une heure du matin, avec furie par cinq mille hommes que commandait le général Saint -André. Ils ont été repoussés avec perte de notre côté de sept à huit concitoyens et autant de blessés. L^ennemi a perdu plus de cent hommes trouvés près de nos postes et nous lui avons fait quinze prisonniers. Fort heureusement, je suis rentré à Utelle le lendemain de Taflaire de Gilette, ainsi que les forces que j^en avais tirées pour le secourir. L'ennemi ne s'attendait pas que nous eussions fait sept lieues par une marche forcée pour nous rendre à propos à notre poste naturel ; mais notre prévoyance a déjoué son projet et il a eu encore la honte de se retirer avec une force très supérieure.?) (Orig., Arch. de la guerre , armée d'Italie.) — Robespierre jeune écrivait de Nice, le ad oc-
tobre, au Comité pour lui annoncer nos succès, ff L'armée d'Italie a bien mérité de la République. Déclarei-le; c'est une récompense qui lui est due et que vous ne pouvez retarder sans injustice ... Le général en chef provisoire (du Merbion) combine avec sagesse les opérations de cette armée ; il fait les dispositions les plus utiles et tire le meilleur parti possible du petit nombre des combattants qui la composent. Le général de brigade Dugommier est un vrai républicain , qui sait inspirer l'enthousiasme de la liberté à ceux qu'il conduit à la rictoire ; il est aimé de ses subordonnés , qu'il aime; il est actif et courageux; il rendra de grands services à la patrie ...» (Cf. Aulard, VII, 699.)
^*) Pierre-Dominique Gamier, né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 19 décembre 1756, fils d'un entrepreneur architecte, soldat dans le régiment de l'Ile-de-France le ai février 1776, congédié le t5 septembre 17791 commandant en second du bataillon fédéré de Marseille , à la tête duquel il marcha à l'attaque des Tuileries le
[î3 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 395
mande d'OBioules , en date da 1 9 , qae le gênerai Carteaox , ainsi que les représentants du peuple près Tarmëe , sous Toulon , Ty ont retenu pour commander Taile gauche.
L'armée d'Italie a des oflSciers qui méritent, à juste titre, d'âtre promus à de nouveaux grades. Je vous en enverrai Tétat incessamment, après m'étre concerté avec les représentants du peuple près cette armée.
Du Merbion.
(Orig., Aixh. de la guerre, armée d'Italie.)
BAYONNB, â3 OCTOBRE 1793.
LB GéNÉRAL LiROGHB AD COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse, — Le général Laroche informe le Comité que les Espagnols ont été repoussés et complètement battus ^^K trNous leur avons fiât quelques prisonniers et tué cent cinquante hommes. Nos soldats brûlent de courage ; ils se sont retirés en criant : Vive la République! vive la Montagnel Bientôt ils feront parier d*eux d'une autre manière, n
(Orig. aut, Arch. de la guerre, armée des Pyrénées oeeidentales.)
10 août 1799 et fut blessé d*un coup de sabre, lieutenant-colonel du 11* chasseurs le 36 octobre 179a, général de brigade à Tannée d^Italie le la septembre 1798, général de division provisoire par arrêté des représentants du peuple à Toulon le 3o frimaire an 11 (90 décembre 1793), confirmé le 19 fructidor an n (99 août 1794), commandant la 8* division militaire (Marseille) jusqu^au 98 messidor an VI (16 juillet 1798), commandant les départements des Basses-Alpes et des Alpes- Maritimes en Tan vu, envoyé à Tannée d'Italie le 1 5 ventôse an viii ( 6 mars 1800), réformé le 1*' prairial an ix( 91 mai 1800), .rappelé à Tactivité sous l'Empire, commandant la h* division de réserve à Gand le 8 avril 1809, commandant d'armes à Barcelone le 96 août 1811, autorisé à prendre sa retraite le 1*' juillet 1819, commandant d'armes dans les provinces Illyriennes le 93 avril 181 3, commandant
supérieur à Blaye (Gironde) le 95 mars 1 8 1 4 , admis à la retraite le 3o décembre i8j 4 , mort k Nantes le 1 1 mai 1897.
(') Le même jour le représentant Garrau écrit de Bayonne au Comité de salut public que le& E^agnols ont été vigoureusement repoussés dans deux attaques qu'ils ont faites, Tune vers Saint- Jean-de-Luz, l'autre à Saint-Jean-Pied-de-Port. (Cf. Aulard, VII, 593.) — De son côté, le général eo chef provisoire Léonard Muller annonce aux représentants près Tarmée des Pyrénées occidentales que les Espagnols sont descendus le 1*' du 9* mois (99 octobre) d'Ispegny sur Baïgorry et ont été repoussés par le général Dubouquet, et qu'à Saint- Jean-de- Luz, le 91 octobre, le citoyen Jacob Bouchet a victorieusement refoulé leurs colonnes à la tête de ses grenadiers. (Copie certifiée conforme par le géuéml Léonard Muller, Arcb. de la guerre , armée des Pyrénées occidentales.)
396 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a4 oct. lygS.]
RBNNES, a 3 OCTOBRE fj^i- LE GÉNjSrAL VERGNES AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Il mande queTarmëe des Côtes de Brest est trop faible pour la défense des côtes et qu'il iaut rappeler la partie des troapes envoyée à Tarmëe de l'Ouest.
( Analyse, Arch. de la guerre, corr. gén.)
112. PARIS, q/i OCTOBRE IJ^S^^K LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC À LA MUNICIPALITÉ D'ADTUN.
Paris, 3 brumaire an ii de la République française, une et indivisible.
Depuis un an le ministre de la guerre a passé un marché et avancé des fonds pour fabriquer des fusils à Autun ^^l Nous ignorons absolument ce qui a été fait da/is cette ville. Comme les besoins de la République en armes sont urgents, il est nécessaire que nous connaissions l'état de situation de cette manufacture.
L'article vi du décret du 19 vendémiaire porte : «L'inertie du gouvernement étant la cause des revers, les délais pour l'exécution des lois et des mesures de salut public seront fixés. La violation des délais sera punie comme un attentat à la liberté, v
La fabrication des armes étant une mesure de salut public , nous vous requérons de nous faire connaître pour le 1 5 de ce mois l'état de situation de la manufacture de fusils de la ville d'Autun.
Les membres du Comité de salut public, Carnot, Collot-d'Herbois.
(Orig., Àrcb. mun. d* Autun. — Communiqué par M. Ch. I^ Téo, professeur d'histoire à Aulun et actuellement à Rennes. )
<•) Camot était présent au Comité, mais le reg;btre ne porte pas la liste des présents. (Cf. Aulard, VII, 601.)
W Un décret de la Convention nationale, en date du 97 janvier 1798, avait autorisé le citoyen Derocbe à établir à Autun une manufacture d^armes et avait mis à sa disposition une avance de
60,000 livres remboursables en cinq années , à condition de mettre sa manufacture en pleine activité dans l'espace de six mois. (Cf. un article publié à ce sujet par M. Gb. Le Téo, professeur d'histoire à Autun, dans le Républtcaia du Morvan^ numéros des â, 10, 18 et a 5 septembre 1890.)
[34 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 397
PARIS, ail OCTOBRE 1793.