LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB AU GÉNÉRAL JOURDAN
Paris, le 3 da a* mois de Van u de la République une et iodivisible.
LB MINISTRE DE LA 6UERBE AU CITOYEN JOURDAN, GENERAL EN CHEF DE L'ARMEE DU NORD.
Je VOUS envoie , gënëral , un arrête du Comité de salut public relativement à la demande que vous avez faite d'un plan de campagne. Je le crois basé sur les réflexions du citoyen Carnot, Tun des membres, et d après les conférences que vous avez eues ensemble ^'^ Vous reconnaîtrez que le Comité, tout en voulant remplir Tobjet de votre demande , vous a cependant laissé assez d'espace pour déployer votre capacité et votre énergie et donner au courage de nos braves frères d'aimes tout Tessor dont il est suceptible.
Le considérant de Tarrété mérite votre première attention ; il expose qu'il est essentiel de profiter de la victoire et de ne pas laisser effacer l'impression qu'elle a dû Éadre sur nos ennemis; de tenter par d'énergiques efforts de leur ôter les moyens de commencer une autre campagne ; d'accroître l'esprit public par leur expulsion totale de notre territoire ; d'établir le crédit et la sûreté de la nation , ou plutôt sa considération forcée chez les gouvernements voisins, en faisant sentir avec plénitude la pesanteur de ses armes; de préparer la libération des autres peuples et le succès du système républicain en feisant un déploiement de vertus héroïques propres à exciter leur admiration et leur inclination et à leur donner une grande idée de la force qui réside dans les hommes , quand ils sont abandonnés à la raison universelle et qu'ils n'ont pour guides que la justice, qui modère tout, et la force, qui peut tout; et qu'enfin la saison avance nous donne la certitude qu'en cas de non-succès l'ennemi ne pourra pas faire sur nous de grandes entreprises, tandis que sa défaite le laisse sans ressource. Telles sont, générd , les idées qui doivent remplir les esprits républicains , en allaïut assaillir nos ennemis , et le Comité et le Conseil peuvent se reposer sur votre dévouement connu pour répandre les étincelles patriotiques qui conviendront dans cette grande circonstance.
J'ai donné des ordres pour mettre à voire disposition les munitions et les chevaux d'artillerie nécessaires. Avez-vous des pontons en suffisance? S'il vous manque quelque chose, veuillez m'en 6dre avertir; j'y ferai pourvoir promptement, si cela dépend de moi. Je vous prie de m'accuser réception de l'arrêté.
Salut et firatemité.
J. BODCHOTTB.
(Orig., Arcb. de la gaerre, armée dn Nord.)
Cf. lettre et Dote de Jourdan aux pages 367 et 875, note
398 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a4 oct. 1798.]
SCHILTIGHBIM, aA OCTOBRE 1793.
LUDJUDANT GijiÉHkh DEMONT AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — L'ennemi a fait, le 99 octobre, une entreprise sur Saverne. Nos troupes ont perdu du terrain , qu'elles ont repris hier. Il feut apporter une grande circonspection dans les opérations, r L'Alsace, citoyens représentants, est le pays qui exige la prudence la plus consommée dans la conduite de la guerre. Ces deux départements sont enfermés entre deux lignes parallèles difficiles à franchir : les montagnes et le Rhin. Si l'armée qui y est enfermée se trouve dans l'impossibilité de franchir une de ces lignes , sa position devient pour lors critique. D lui reste à la vérité les places fortes , mais qui l'affaiblissent nécessairement par les garnisons que l'armée est obligée de fournir. Ces vérités n'échappent point aux ennemis de la République. Tout nous le prouve , car, quels que puissent être leurs avantages^ ils s'arrêtent et n'avancent qu'après avoir calculé leurs pas. Si nous prenons une position avantageuse , ils s'approchent de nous le plus près possible , sans beaucoup nous inquiéter; ils se mettent d'abord sur la défensive en fortifiant leur position de batteries et retranchements; ils tâchent de là de se procurer par tous les moyens imaginables la plus parfaite connaissance du pays qui est en avant d'eux. Quand toutes leurs mesures sont prises et que toutes leurs dispositions sont faites, ils changent tout à coup de conduite en attaquant l'armée de la Répubhque, et surtout la partie qui avoisine les Vosges, n
(Orig., Àrch. de la guerre, armée du Rhin.)
PERPIGNAN, q4 octobre 1793.
LE Gl^NÉRAL EN CHEF TURREAU AU COHITjf DE SALUT PDBLIG.
Perpignan , le 3* jour de la T* décade du second mois de Tan 11 de la République française une et indivisible. .
TVRRBAU, GÉ^éRAL Kfi CHEF DE L'ARuéE DES PYRENEES ORIENTALES, AVI CITOYENS REPRESENTANTS DU PEUPLE COMPOSANT LE COMITE DE SALCT PUBLIC.
Citoyens représentants ,
Je dois à la place que j'occupe , je dois à la conGance dont vous m'honorez , de vous rendre un compte exact de ce qui se passe à l'armée des Pyrénées orientales. Je savais, avant que d'y arriver, cp'il régnait de la mésintelligence entre les officiers généraux de cette armée. Je me suis appliqué à en connaître la cause; j'ai cru l'avoir trouvée dans les prétentions de quelques individus à la place de général en chef ; j'ai jugé que, mon arrivée devant les faire cesser, il me serait
[a/iocT. 1793.] CORKESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 399
£icile de rétablir l'harmonie eatre des hommes qui ne doivent être animés que du bien public.
Avant que de commencer aucune opération militaire, il était indispensable d'acquérir des connaissances locales , d'étudier le caractère des principaux agents militaires, de m'instruire de tout ce qui s'était passé avant mon arrivée, des causes de nos succès et de nos revers; j'ai voulu connaître quels étaient l'esprit, la force, la discipline de notre armée; j'ai particulièrement porté mes regards sur toutes les parties de l'administration. En conséquence , jusqu'à ce que j'eusse acquis toutes les connaissances, j'ai cru devoir laisser le commandement provisoire de la principale armée au général d'Aoust , en me disant rendre compte de son plan et de ses projets. J'ai fait part de cette disposition au citoyen Gaston ^^\ l'un des représentants du peuple près de cette armée, qui l'a approuvée, et j'en ai rendu compte au ministre. Pour connaître tout le théâtre de la guerre dans cette partie de la République , je me suis transporté à ViUefranche et au MontrLibre; j'y ai trouvé le général Dagobert, dont la division avait été séparée de la grande armée et qui avec peu de moyens avait eu de grands succès et conquis la Cerdagne espagnole. Cette conquête importante garantissant le district de Prades de l'invasion de l'ennemi, j'ai cru devoir rappeler près de moi le général Dagobert, dont leô stalents militaires , la par&ite connaissance du pays et la confiance qu'il a su inpirer aux troupes , rendaient la présence nécessaire à la grande armée , où d'ailleurs il y a peu d'officiers généraux instruits. Revenu au quartier général à Banyuls , je me suis fût rendre compte par le général d'Aoust, devant les représentants du peuple, de ses projets et de ses moyens pour opérer une entreprise dont la réussite pAt hâter la retraite des Espagnols , campés au Boulou , deux lieues en deçà de Bellegarde. J'ai annoncé que cette opération , concertée entre les représentants du peuple et le général d'Aoust, et que j'ai approuvée, étant finie, je me mettrais à la tête de la grande armée et que j'agirais entièrement par moi-même. Je ne puis vous cacher, citoyens représentants , que l'indiscipline et le désordre régnent dans cette armée, que plusieurs parties de l'administration en sont viciées, que les moyens de subsistance ne sont pas assurés , et que , faute de fourrages , je serai peut-être obligé de reporter sur mes derrières le peu de cavalerie qui me reste. D'après cette incertitude sur les subsistances , celle que l'on doit avoir sur les dispositions de nos troupes, les difficultés que présente la localité, la position de l'ennemi, encore sur le territoire de la République, je n'ai pas été peu surpris d'entendre le citoyen Fabre , représentant du peuple , proposer pour cet hiver des conquêtes en Espagne. En vain j'ai voulu combattre ce projet, dont l'exécution, du moins cet hiver, me parait impossible , et dont l'entreprise pourrait compromettre le sort de nos armes et nous faire perdre tout le fruit des succès que nous avons obtenus jusqu'à ce jour. Le citoyen Fabre , aidé de ses collègues , paratt tenir à son plan , et je vous avouerai , citoyens représentants , que je m'opposerai de toutes mes forces à cette entreprise dangereuse sous tous les rapports. Je rends justice au civisme, au zèle et à l'activité des représentants près de cette armée,
(') Raymond Gaston, né à Poix le i3 février 1767, juge de paix, député de TAriège à TAssemblée législative et k la Convention.
400 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a4ocT. 1798.]
mais je crois qu'ils se laissent circonvenir par des hommes adroits et ambitieux et qui ne cherchent qu'à surprendre leur bonne foi ; je crois encore qu'ib ne doivent pas se mêler des opérations militaires et chercher à substituer leurs idées et leurs plans à ceux des généraux; autrement ceux-ci sont inutdes à Tannée ^*^ Après avoir recueilli tous les renseignements possibles sur le compte du général Dagobert, je crois pouvoir assurer qu'il mérite l'estime générale dont il jouit; il réunit les sufirages des citoyens et de l'année.
Depuis l'affaire du 3 a du mois dernier, il ne s'est rien passé d'intéressant k cette armée que l'attaque d'une redoute ennemie , qui n'a pas réussi ; le général d'Aoust^*^ m'en avait communiqué le projet et je l'avais approuvé; peut-être je m'y serais opposé, si j'avais mieux connu le terrain, qae je n'avais pas encore eu le temps d'examiner. Au surplus la position des Espagnols , les mouvements de leur troupe , tout parait indiquer le projet qu'ils ont de se retirer, et peut-être ils l'auraient déjà fait, s'ils ne voulaient pas se conserver les honneurs d'une retraite volontaire. Du moment qu'ils auront quitté le district de Céret, le seul point qu'ils occupent sur le territoire de la République, mon projet, citoyens représentants, est de fermer la campagne , sans même entreprendre le siège de Bellegarde , à moins que des circonstances favorables et imprévues «ne présentent des fecilités pour s'en emparer. En laissant reposer nos troupes pendant trois mois , et profitant de ce moment de repos pour les instruire , les discipliner, former les officiers , établir des magasins , porter la réforme dans tontes les parties de l'administration , je crois qu'on pourra se promettre de grands succès pour la campagne prochaine. J'aurai l'honneur, citoyens représentants, de vous faire passser mon plan et un aperçu de mes moyens d'exécution ; mais si les représentants près de cette armée s'obstinent à me faire exécuter leurs projets , si , quoique nommé général en chef de cette armée , je n'y suis qu'un être absolument passif, et si je n'y puis agir que
t*J Le a 3 octobre, en effet, il y avait eu à Banyuls un conseil de guerre auquel assistaient Turreau, les autres généraux et les représentants du peuple à i^armée des Pyrénées orientales Fabre, Bonnet, Gaston et Gassanyès. Turreau proposa de prendre des cantonnements d^hiver, mais les représentants lui firent à ce sujet les plus vives représentations. Le général et les représentants écrivirent, le 34 , au Comité, Tun pour justifier ses propositions, les autres pour les coDibattre; Fabre et ses collègues donnaient en ces termes leur opinion sur Turreau : «Nous le croyons franc républicain, nous pensons qu*à la Rochelle il eût rendu de grands services à la République , mais nous croyons aussi que le défaut des connaissances locales, d'idées politiques, d^babitude de commander, font que le fardeau dont l'a chargé le Conseil exécutif
est au-dessus de ses forces. 7) (Cf. Aulard, VU, 618.)
(<) Dans leur lettre du aâ octobre au Comité de salut public, les représentants Fabre, Gaston et Gassanyès jugent ainsi le général d^Aoust : crPour ce qui est de d'Aoust, il s'est conduit jusqu'ici en républicain zélé et courageux. Les peines et les fatigues ne lui coûtent rien. Il a étudié parfaitement les localités , il connaît Tannée et il en est connu, mais, nous ne devons pas vous le dissimuler et il ne se dissimule pas lui-même , il est né de cette caste dont tant de trahisons nous ont appris à nous méfier. C'est ce qui nous a empêchés de lui déférer le commandement en chef, c'est ce qui nous a engagés à le surveiller avec exactitude ; ses triomphes mêmes n'ont pas endormi notre surveillance. r) (Cf. Âulard, Vn, 618 et 619.)
[a5 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 401
d'après les idëes des autres, je voas prie en grâce, citoyens représentants, de disposer de moi pour une autre place. Étranger à Tintrigue, n'ayant d'autre ambition que ceUe de coopérer de tous mes moyens au succès de nos armes, je serai toujours satis&it du grade que j occuperai et du poste qui me sera confié, pourvu que je puisse être utile.
Le ministre de la gueri*e peut vous dire que je ne lui ai jamais rien demandé , que je n'ai jamais sollicité d'autres places que celle d'adjudant général , dans la seule vue d'apprendre mon métier; j'étais alors chef de bataillon.
J'ai cru cette lettre assez importante pour vous l'adresser par un courrier extraordinaire; en attendant vos ordres, je m'opposerai de toutes mes forces à l'exécution de tous projets qui pourraient compromettre le salut de l'armée.
Le général en chef de F armée des Pyrénées orientales,
TUBRBAU.
(Copie certifiée conforme par Turreau, Arcb. de ia guerre, armée des Pyrénées orienUdea. )
AVKSNES, Il BRUMAIRE AN 11^*^ (a5 OCTOBRE 1793)^^^. LE GiSn^RAL JOURDAN AU COMITE DE SALDT PUBLIC.
Analyse. — Envoi de la copie d'une lettre du général D'Avaine donnant le détail des succès des troupes de la République ^'^ D a écrit à celui-ci d'envoyer du renfort au général Ransonnet, qui occupe Orchies et Marchiennes ^*' et qui sera sûrement le premier attaqué, si l'ennemi se décide ë diviser ses forces ^^K
(Orig., Areh. de ia gaerre, armée doNord.)
W C'est à partir de ce jour que ia Convention nationale adopta la dénomination des nouveaux mois républicains. L'ancienne formule que nous lisons en tète de ia lettre suivante de Duquesnoy dura encore quelque temps, mais fut bientôt abandonnée.
t*> Camot est présent au Comité. (Cf.
Aulard, VIII, 1.) H écrit un arrêté mettant 10,000 livres à la disposition du ministre de la g:uerre pour ia prompte fabrication de guêtres et sarraus destinés à l'usage du soldat et confectionnés avec des étoffes imperméables à l'eau.
(') Cf. cette lettre du général D'Avaine à la page &9S, note 3.
(*) Le général Ransonnet avait, le • 1 octobre, fait un rapport au général D'Avaine sur le meurtrier combat de Marcbiennes.
(Arcb. de la guerre, reg. \lbi$,)
(') Le même jour, a 5 octobre, le général Jourdan prévenait le mioistrc de la guerre Bouchotte en.ces termes: «Les troupes de la République sont victorieuses depuis Dunkerque jusqu'à Maubeuge. Le général Yandamme s'est emparé de Fumes; il doit être maintenant à Nieuport et de là se porter sur Ostende. Les troupes du général D'Avaine se sont saisies dePoperingbe, Viamertîngfae ; elles doivent attaquer Ypres. Le générai Souham, après avoir emporté
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ti5ocT. 1798.]
MAUBBUGE, & BBCMAIRE AN II (^5 OCTOBRE 1793). LB REPRESENTANT DUQUESNOY AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Maobeuge , le &* jour da a* moU de l*an n de la République.
LB BBPBésBNTANT DV PBVPLB DVQVBSNOT, BUVOTB PBÈS UABUiB DO NORD, i SBS COLLÈGOBS COMPOSANT LB COMITÉ DB SA LUT PUBLIC,
Citoyens mes coUègaes, je viens d*apprendre que 1 arrestation du ci-devaul gënëral Gratien &isait beaucoup de bruit dans Paris ^*^ Si ceux qui prennent sa défense étaient instruits des motife qui nous i ont fait arrêter, loin de blâmer notre conduite , ils y applaudiraient.
Notre collègue Carnot peut vous donner h cet ^rd tous les renseignements nécessaires , et moi j'ofifre de prouver, quand on voudra , que Gratien est un lèche, ou un traître, ou un homme inepte, mais dans Tun comme dans Tautre cas, je crois cp'il méritait d'être destitué et arrêté; aussi Tavons-nous fait, Carnot et moi.
11 pleut ici à continuer depuis le matin; les chemins sont déjà très mauvais et, pour peu que la pluie continue, cela dérangera grandement nos opérations.
Une chose bien nécessaire dans les circonstances présentes c'est de nous envoyer cinquante mille paires de souliers, et plus s'il est possible, car, si les mauvais temps continuent , il iaudra à chaque soldat au moins une paire de souliers par mois , et nous en manquons absolument.
Salut et fraternité.
Dl>QDB8R0r.
P.-S. Envoyez-moi un collègue pour travailler révolutionnairement, car ce pays-ci est rempli d'aristocrates. Je ne puis y tenir seul. Notre collègue Bar y est, mais il est malade , et il faut ici des personnes bien vigoureuses.
(Orig. aat , Arch. de la guerre , armée du Nord. )
tous les postes le long de la Lys, est entré dans Menin. Le générai Ransonnet s'est saisi des postes importants de Marchiennes et d'Orchies. Suivant les rapports que je reçois, l^ennemi est très inquiet de tous ces avantages. Cependant, il garde toujours sa position et se retranche fortement. Il a seulement levé son camp de Solesroes et fait filer sur Valenciennes. J^eo instruis les généraux Ransonnet et Souham , afin que le premier se fortifie dans ses postes et que J« second ne s'avance pas trop dans le ter-
ritoire ennemi, qu'il tourne au contraire toutes ses forces sur le camp de Cysoing et qu'il prenne tous les moyens possibles pour y attaquer Tennemi avec avantage et le forcer a l'évacuer.» Si cette opération peut réussir, on sera sous peu maiire du camp de Maulde. ( Orig. , Arch. de la guerre , armée du Nord. )
^•^ Cf. sur l'arrestation du général Gratien et l'émotion qu'elle causa à Paris les lettres du ministre de la guerre Bouchotte, p. 309, note 1, et p. 369, note a.
[aSocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
PARIS, U BRUMAIRE AN II (â5 OCTOBRE tygS). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU REPRÉSENTANT SAINT-JUST.
k da 9* mois.
CITOTBN SAINT'JDST, RBPRàsBNTAKT DU PBUPLB À L'ARM BB DV-RHIlf^^K
Je VOUS envoie la copie d'un arrête du Comité de salut public sur un rassemblement h faire à Bouquenom et Saarwerden pour des opérations ultérieures qui seront prescrites par le Comité, et copie de Tarrété que le Conseil exécutif provisoire a pris d'après celui du Comité de salut public ^*K J'ai pensé que pour le bien de la chose il était essentiel de vous tenir au courant des résolutions prises ici.
^>) Saint- Ju8t et Le Bas étaient arrivés à Strasbourg le s 3 octobre.
(*) Le ad octobre, le Comité de salut public avait pris Tarrété suivant : «Le Comité de salut public arrête que le Conseil exécutif provisoire prendra les mesures les plus promptes pour qu'il soit formé près de Bouquenom et Saarwerden un rassemblement de toutes les forces disponibles des armées du Rhin et de la Moselle, avec les approvisionnements nécessaires de rivres et de munitions, à Teflet de se porter sans délai sur Bitche et de là sur les places du Bas-Rhin qui se trouveront menacées, conformément aux mesures ultérieures qui seront prises par le Comité. d (Cf. Aulard, VII, 58&.) Le aâ octobre, le Conseil exécutif prit en conséquence les dispositions suivantes (M., 6o3) :
«Les généraux des armées du Rhin et de la Moselle, après avoir rempli aussi promptement qu'il sera possible les intentions du décret, qui prescrit de retirer les trois quarts des garnisons des places fortes pour les remplacer par les citoyens de réquisition, conformément aux instructionb qui ont été précédemment envoyées par le ministre de la guerre, et retiré partie des troupes des différents cantonnements sans dégarnir néanmoins entièrement la frontière dont la garde leur est confiée, sans compromettre le salut de Timportante place de Strasbourg, rassembleront le plus qu^il sera possible de troupes disponibles, avec
la quantité nécessaire d'artillerie, munitions, subsistances et effets de campement h Bouquenom et Saarwerden.
cr Le général de l'armée du Rhin prendra les précautions nécessaires pour conserver les passages de Saveme et Phalsbourg, qui sont si essentiels à la communication des deux armées; il aura également attention à celui de la Petite-Pierre. Il veillera à ce que les troupes, dans les mouvements qu^elles seront dans le cas de faire pour arriver au rendez-vous , ne soient pas compromises et qu'aucune surprise de la part de l'ennemi ne puisse avoir lieu.
«Le général de l'armée de la Moselle prendra les précautions les plus exactes pour qiïe rien ne puisse troubler la formation du rassemblement qui doit avoir lieu k Bouquenom et donnera l'actirité nécessaire à la partie secrète pour être au courant des mouvements des ennemis.
trLe général de l'armée de la Moselle aura le commandement du rassemblement qui sera formé k Bouquenom et Saarwerden, subordonnément au général de l'armée du Rhin, avec lequel il concertera ses opérations et entretiendra une correspondance active.
«Les généraux des armées du Rhin et de la Moselle rendront compte au Conseil exécutif provisoire de Texécution du présent arrêté et de la quantité de troupes qui seront réunies à Bouquenom et Saarwerden. n
404 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [aS oct. 1798.]
J*ai reçu votre note ; j*ai doanë ordre d'envoyer des ingénieurs à l*armëe du Rhin , ainsi que vous le demandez. Le Goraitë est dispose à accorder de nouveaux fonds h Bourdon pour l'achat des chevaux ^*^ : ainsi rien ne Tempéchera d'être utile à la République. Il est très vrai que le principal avantage de Tennenii consiste dans la cavalerie. Les soins que ie gouvernement a pris pour se procurer des chevaux, des selles, des armes, n'ont pas été secondés par l'impulsion patriotique de ses agents ^'^ Il £dlait avoir de la cavalerie en trois mois, mais ils ont tous gardé leur allure monotone de gens d'affaires, et cela emporte une année.
Vous ne dites pas si vous avez Pichegru près de vous. Je serais bien rassuré de le savoir. Je n'ai pas encore vu votre lettre au Comité ^^\ de sorte que je ne suis pas très avancé sur la connaissance de la situation où vous avez trouvé les choses. Hoûel^*\ adjudant général et dont je vous ai parlé, est en chemin pour aller joindre l'armée du Rhin. L'arrêté du Comité n'est pas la même chose que le raisonnement que je vous avais fait, qui n'était qu'un raisonnement. Quelquefois l'on juge encore mieux sur les lieux de l'effet que doit produire une mesure adoptée. Si vous aviez quelques réflexions ë fidre, envoyez-les bien vite pour que les mouvements ne soient pas retardés.
II parait que le rassemblement doit se &ire dans l'intention de se porter sans délai sur Bitche , et de là sur les places du Bas-Rhin qui se trouveront menacées. Landau est bien du nombre, mais, comme l'arrêté dit qu'on marchera conformément aux mesures ultérieures prises par le Comité , je ne peux dire encore quelle sera la marche qui sera adoptée en partant du point de rassemblement.
Hier, nous avons reçu de bonnes nouvelles de Lille et Cassel. Les ennemis ont
(^) Le 3 août 1798, le Comité de salut public avait mis à la disposition du ministre de la guerre 800,000 livres en numéraire pour acheter des chevaux chez l'étranger. (Cf. Aulard, V, A61.) Le a 3 octobre, il alloua au ministre une somme de 4oo,ooo livres pour le même objet et Tautorisa a continuer à traiter avec le citoyen Bourdon jusqu'à concurrence de «0,000 chevaux. (Cf. Aulard, VU, 583.)
^*J Le 8 octobre 1798, la Convention avait ordonné une levée extraordinaire de chevaux, pour ie service de la cavalerie, dans tous les cantons et arrondissements de la République ayant une juridiction de juge de paix particulière. A cet effet, le territoire de la République fut partagé en vingt divisions, ayant chacune un chef-lieu pour le rassemblement des chevaux, et un représentant du peuple fut affecté à chaque division pour veiller à la prompte exécution de cette levée. (Cf. Aulard, VU, 398.)
Le 6 brumaire (97 octobre), la Convention mit les chevaux de nouvelle levée à la disposition du ministre de la guerre.
(') Saint-Just et Le Bas avaient écrit au Comité les «3 et aâ octobre. (Cf. Aulard. VU, 594 et 6i5.)
(*) Nicolas Hoûel, né à Saint-Lô (Manche) le 27 septembre 177a, volontaire dans la marine du commerce et sur les vaisseaux de TÉtat en 1787, sous-lieutenant le i5 septembre 1791 ^ lieutenant le ao octobre 179s t capitaine au 8* hussards le 1 1 mai 1 798 et au 1 3* chasseurs à cheval le a o juillet suivant, adjudant général chef de bataillon le 7 octobre 1 798 , adjudant général chef de brigade le 16 germinal an II (5 avril 179^), blessé et noyé au passage du Lech ie 7 fructidor an iv (a4 août 179^). — Une lettre adressée par lui de Lille, ie i3 octobre 1793, à Xarier Audouin, est signée Hoûel, adjudant général ioni-culoUe,
perdu beaucoup de postes qu'ils occupaient. Une nouvelle victoire à la Vendëe , depuis la prise de Cholet et Mortagne , avance beaucoup les affaires de ce côte. Beauprëau et Saint-Florent ont été pris, les rebelles sont en pleine fuite; ils ont passe la Loire après avoir perdu beaucoup des leurs et deux chefs, d*Elbëe et Bonchamp^*^. Maintenant c est Toulon, le Rhin et la Moselle qui sont les points les plus inquiétants. La volonté du peuple d'être libre et le courage de nos soldats sont des choses certaines; il ne s'agit que de donner une bonne direction et de bien employer ces précieuses qualités. Le Conseil ayant prescrit au général de la Moselle , qui commandera le rassemblement de Bouquenom et Saarwerden, d'agir sous les ordres du général du Rhin , cette circonstance vous donne non pas des moyens plus prompts, mais plus de moyens pour la délivrance du Bas-Rhin et de Landau.
Salut et fraternité.
( Minute aut., Arch. de la gneire, armer do Bhin.)
PARIS, li BRUMAIRK AN II (â5 OCTOBRE 1793). LE MINISTRE DE LA GOERRE BOUCHOTTB AU céNÉRAL PIGHEGBU.
Je VOUS envoie, général, copie de l'arrêté du Comité de salut public et de celui du Conseil exécutif provisoire sur un rassemblement à opérer de troupes disponibles du Rhin et de la Moselle à Bouquenom et Saarwerden. J'envoie les mêmes pièces au général Hoche, commandant l'armée de la Moselle ^*\ pour qu'il agisse dans le même sens pour l'exécution des arrêtés. Le Conseil exécutif, jugeant nécessaire d'augmenter les moyens qui doivent concourir à la délivrance du Bas- Rhin et de Landau après , a mis sous vos ordres le rassemblement de Bouquenom et Saarwerden , qui sera commandé par le générd de la Moselle. Vous trouverez dans ces deux arrêtés les intentions du Comité et du Conseil. Vous voudrez bien conférer avec les réprésentants sur ces objets ; vous ne pouvez prendre trop de confiance dans le citoyen Saint-Just, qui est véritablement attaché au système populaire.
Donnez de l'activité è votre partie secrète, pour être au courant des mouvements des ennemis et de leur nombre ^^\ et n'épargnez pas les courriers pour l'exécution des arrêtés que je vous envoie.
(Arch. de la gnerre, armée do Rhin, reg. 47, p. a3.)
^') Les chefs vendéens Bonchajnp et d'Elbëe avaient été tous deux blessés lors de la défaite de Cbolel, le 1 7 octobre, mais BoQchamp avait succombé le lendemain, tandis que d'Elbée avait survécu à ses qualorxe blessures.
^*J En effet, Bouchotte écrivit à Hocbe dans des termes identiques. (Cf. Arch. de la guerre, armée du Rhin, reg. 48, fol. ikv\)
^^) La question de l'espionnage, on le voit, préoccupait constamment Bouchotte.
406 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 oct. 1798.]
QUARTIER Gl^N^RAL D'OLLIOULES, /i BRUMAIRE AN II (a5 OCTOBRE lygS).
MEMOIRE OU COMMANDANT DE LURTILLERIE BUONAPARTB
TRANSMIS AU COMITE DE SALUT PUBLIC
La seconde position est entre les Quatre-Moulins et les Sablettes , ë deux cents toises plos près du camp aurais, sur un mamelon, un peu plus bas que la redoute anglaise; Ton pourra y placer trob pièces de 16 qui nous restent.
Du moment que nous serons maîtres de TÉguâlette et du cap Cepet, nous y établirons des batteries qui obligeront rennemi à évacuer les deux rades, et nous dirigerons nos attacpes sur la redoute et le firont de Toulon le plus près de l'Arsenal , qui est en même temps le plus faible.
Mais, pour cela, il faut un équipage de siège considérable; c'est Tartillerie qui prend les places, et Tinianterie ne fait qu'aider; et c'est avec une extrême douleur que je vois le peu de sollicitude que l'on met à cet article essentiel : les trois quarts des hommes ne s'occupent des choses nécessaires que lorsqu'ils en sentent le besoin; mais justement alors il n'est plus temps.
Il n'y a personne à la tête de l'arsenal de Marseille; il but de grandes connaissances pour occuper cette place. Il est de fût , dans l'artillerie, que l'opération la plus difficile est la formation d'un équipage de siège.
La partie de l'artillerie n'était point organisée quand je suis arrivé dans cette armée. Grâce aux arrêtés que vous avez pris dans plusieurs circonstances, elle commence à marcher. J'ai dà lutter contre Tignorance et les basses passions qu'dle engendre. Vous devez achever de donner à l'artillerie, dans cette armée, cette considération et cette indépendance que les lois militaires et l'usage de tous les temps lui ont accordées, et sans lesquelles elle ne peut servir utilement.
La première mesure que je vous proposerai sera de faire venir à l'armée, pour commander l'artillerie, un général de l'artillerie qui puisse, même par son grade, contribuer è la considération et en imposer à un tas d'ignorants de l'état-mqor, avec lesquels il faut toujours capituler et dogmatiser pour détruire leurs préjugés et mettre en exécution ce que la théorie, l'expérience ont démontré comme des axiomes à tout officier éclairé du corps ^^\
Le commandant de l'artUlerie de l'armée du Midi, Bdonapartb.
(Copie, Arcb. de la guerre, correspondance de Napoléon. — Publ. dans la Correipondaneê de Napoléon l", 1. 1, p. i.)
(') Cette pièce parvint au Comité le salut public, auquel les représentants Gas-
9 brumaire (3o octobre). Je la reproduis, parin et Saliceti avaient déjà, le «3 octobre,
parce qu*elle est le point de départ des re- transmis une lettre de cet oflider. (Cf. Aq-
lations de Bonaparte avec le Comité de lard, VII, 596.)
[*5ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 407
OLLIOULBS, A BRUMAIMi AN II (nS OCTOBRE lygS). LE G^N^RÀL GÀRTBAUX AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Anafyse. — Le gënëral Carteaux demande une dëcision du Comité de salut public. sur sa destination, vu cpi'il a été obligé, par suite de l'absence du génénd Doppet, de. rester à un poste où sa responsabilité n*est pas k couvert. H adresse à ce sujet copie des lettres des représentants et du ministre de la guerre.
(Analyse, Areh. de la guerre, reg. D du Comité de salut pubUe, p. 655.)
113. PARIS, 5 BRUMAIRE AN II (â6 OCTOBRE 1793)^^). GARNOT AU G^N^RAL JOURDAN.
Paris, le 5 brumaire de l'an 11 de la République une et indivisible.
CARNOT, RBPnésBNTANT DV PBDPLB , AU GininAL BN CBBF DB L'ARMÉB COMBlJtiB DV NORD BT DBS ARDBNNB8, JOUBDAN»
Le Comité de salut public, citoyen général, vient de recevoir votre réponse sur le plan de campagne qu'il vous a proposé, et il voit avec plaisir les dispositions que vous faites pour sa prompte exécution. Vos succès dans la Flandre maritime seconderont puissamment vos projets. J'ai vu avec satisfaction, dans l'ouvrage du fameux général IJoyd^^, qu'il semble avoir prévu la position où vous êtes, que le plan de campagne qu'il propose est absolument conforme h celui qui a été arrêté par le Comité de salut public, et qu'il le regarde conmie infaillible. Il est à désirer que vous puissiez enlever le château de Namur, parce que cela nous assurerait la possession du pays d'entre Sambre et Meuse, mais il ne faut pas que cette ville vous arrête un moment; si elle fait résistance, il faut se contenter de la masquer conmie le propose Lloyd, et passer à Charle-sur-Sambre (Charleroi). Lloyd veut
(') Gamot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VIII, 18.] Il écrit un arrêté portant qu'Hérault-Séchelles se rendra sans délai dans le département du Haut-Rhin pour y prendre .toutes les mesures de sûreté générale qui lui paraîtraient nécessaires.
t*^ Henry Lloyd, général anglais, né en
1799, mort en 1783, a laissé des ouvrages de tactique qui faisaient autorité h la fin du xtiu* siècle. Ses écrits, traduits en français, et notamment ses Ménunrêê poUtiquei $t militaire», servaient de manuel aux hommes de guerre, et en 1790 on en avait extrait un opuscule intitulé : De la philoiophiê dé la fumre.
408 GORBESPONDANGE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a6 oct. 1798.]
qu*on marche direclemenl sur Bruxelles, en contenant l'ennemi sur votre gauche, par un corps de troupes qui prendrait des positions avantageuses. L'expédition doit être rapide. Il faut prendre avec vous tout ce qui est disponible dans l'armée des Ardennes. La saison est trop avancée pour craindre les trouées. Entrez en pays ennemi; que la terreur vous précède; n'épargnez que les chaumières; n'oubliez pas de faire détruire les moulins et de prendre des otages en grand nombre. Il faut cependant mettre de la différence entre les pays qui ont montré quelque affection pour nous, de ceux qui sont nos ennemis mortels. Bruxelles, par exemple, ne mérite aucun ménagement; Liège, au contraire, est un peuple républicain; Mons est moins mauvais que Tournai; Namur ne nous hait point, non plus que Charle-sur-Sambre, Gand et quelques autres villes de la Flandre maritime. Il faut que la vengeance tombe spécialement sur les pays dont nous avons éprouvé la perfidie. Le reste doit être seulemei^t mis hors d'état de nous nuire, par mesure de sûreté ^^\ Quand vous serez près de frapper les grands coups, instruisez-m'en, car je désire être témoin de vos triomphes et partager le plaisir de battre les despotes ^'^K C'est bien fait de contenir l'ennemi dans la forêt de Mormal. Je voudrais qu'on pût l'attirer encore plus loin de son quartier général, afin que vous puissiez le gagner de vitesse, lorsque vous passerez la Sambre. Croyez qu'il n'ira pas s'engouffrer derrière Cambrai et Landrecies. L'attaque du bois du Tilleul par Ferrand me paratt une sottise, par laquelle il a cru réparer une sottise plus grande, celle de n'être pas sorti de Maubeuge quand vous attaquiez l'ennemi de front et qu'il pouvait le mettre entre deux feux^^^ Nous ne savons pas quel a été le résultat du jugement de la conunission militaire contre Gratien et le commandant du vingt-cinquième régiment de cavalerie.
Salut et fraternité.
Carnot.
(Orig., Arch. de la guerre , année da Nord.)
(*) Cette lettre est un véritable exposé (*) Les événements postérieurs ne l'obli-
des principes du Comité de salut public à gèrent pas à retourner à Tarmée du Nord,
regard de la conduite à tenir envers les ^') Cf. à ce sujet, à la page 35/i Je rap-
pays envahis. port du général Ferrand.
[96ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
lia. PARIS, 5 BRCMAIRB AN II (â6 OCTOBRE i^^i)- LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOICHOTTE.
Analyse. — Deux lettres : 1** Envoi d'une lettre écrite de Metz, le 9 octobre 1793, par le général Krieg, qui a été remplacé par le général Bessières ^^^ dans son commandement ^^\ (Orig. signé par Garnot et Billaud-Varenne, Arch. adm. de la guerre, dossier Krieg.) — ' â"" Envoi de réclamations adressées par la Société des Jacobins de Paris sur la subsistance des troupes campées près de Réunion-sur- Oise ^^K (Orig. signé par Garnot et Billaud-Varenne, Arch. de la guerre, corr. gén.)
115. PARIS, 5 BRUMAIRE AN II (q6 OCTOBRE 1793). LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU CONSEIL Gl^NI^RAL DU PAS-DE-CALAIS.
Paris, le 5* jour du 9* mois de Fan ii de la République française.
LBS REPnisByTANTS DU PEUPLE MEMEKES DD COMITÉ DE SALUT PUELIC AUX MEMSnES COMPOSANT LE CONSEIL DU DF.PAMEMENT DU PAS-DE-CALAIS, i AHUAS.
Le Comité a reçu, citoyens, votre lettre du 18 septembre. Il a
(') François Bessières, né à Montauban (Tam-et-Garonne) le sa avril 1765, garde national en juillet 1789, capitaine et chef de bataillon, chef du 1*' bataillon du Lot le 1*' juillet 179a, général de brigade le 3o août 1793 et de division k Tarmée de la Moselle le 19 septembre suivant, commandant à Metz en Tan ui, non compris dans Torganisation du a 5 prairial an m (i3 juin 1795), remis en activité à Tarmée de Rhin et Moselle le 7 brumaire an i? (99 octobre 1796), commandant la place de Lyon le 9 4 pluviôse an vu ( la février 1799), commandant la a* division de Tarmée d'Angleterre k Saint-Omer en Tan vu, réformé le lâ nivôse an viii (4 janvier 1800), retraité le 4 septembre 181 5, retiré k Montauban.
C») Le a octobre 1 793 , le citoyen Urtebu avait informé le Comité de salut public que le général Bessières, vrai sansculotte, venait de remplacer le général Krieg (ortograpbié Orik) dans le commandement des 3* et k* divisions de Tannée de la Moselle. Il ajoutait qu'on réclamerait sans doute la réintégration de Krieg et exprimait Tespoir que le Comité ne raccorderait pas. (Orig., Arch. adm. de la guerre, dossier Krieg.)
(^) On lit en tête cette annotation autographe de Bouchotte : «rLa valeur de cette pétition a été jugée. Le général Beaurgard, en faveur de qui elle paraissait faite, a été suspendu.» — En effet, le général Beaurgard avait été suspendu de ses fonctions le 9 octobre 1793.
410 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [a6 oct. 1798.]
appris avec satisfaction que les jeunes gens de votre département, animés de l'amour de la République, volent avec joie à sa défense.
Le» membres du Comité de sahu public chargés de la correspondance,
Garnot, Billaud-Vabennb.
(Orig., Arch. da Pas-de-Calais, série L 11, Arras.)
PARIS, 5 BRUUAIRB AN II (q6 OGTOBRB 1793). LE MINISTRE DE LA GUERRE BOOGHOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Le représentant da peaple Laplanche accuse d'incivisme la légion batave et le 99* r^fiment. Bouchotte demande à être antorisé à licencier ces deux corps.
(Arch. de la guerre, reg. L, fol. 79.)
UAUBBUGB, 5 BRUMAIRE AN II (â6 OCTOBRE 1793). LE GlfN^RAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Au quartier général à Maubeuge, le 5* jour du 9* mois de Tan 11 de la République une et iodirisibifl.
LK CITOTBN JOVRDÀN , GBJiiRAL EN CHBF DE UARuiE DV NOHD , AV CITOYEN BOVCHOTTB, MINISTRB DE LA GOBnSB.
Citoyen ministre,
Le' Comité de salut pnblic m'avait envoyé, il y a quelques jours, Tarrété dont vous m'avez &it passer copie dans votre dernière. Je Tai médité et me suis pénétré des intentions qu'il contient. Elles cadrent parfidtement avec les miennes. Je sais qu'il est essentiel de proGter de la victoire que je viens de remporter sur rennemi; il ne Test pas moins de l'expulser du territoire de la R^ublique. Il s'agit donc de trouver les moyens de réussir; c'est à quoi je pense continuellement Cette besogne a bien des difficultés. Je compte sur le courage de nos troupes pour les vaincre. J'espère que leur énergie ôtera les moyens aux esclaves et aux tyrans de recommencer une autre campagne, ou au moins de la rendre très laborieuse. D ne tiendra pas k moi que le crédit de la nation française ne soit dans la plus grande splendeur.
[aôocT. 1793.] CORRESPONDANCE MlUTAIRE DU COMITÉ. 411
Je fiiis mes dispositions pour attaquer après-demain. Si la fortune me seconde , cette action terminera la campagne. Nos braves républicains témoignent le plus grand désir de fiûre sentir aux ennemis, avec plénitude, la pesanteur de leurs armes.
Salut et firatemité.
JoURDATf.
(Orig., Arch. de la fpierre, armée du Nord.)
MAUBE06B, 5 BRUMAIRE AN II (q6 OCTOBRE 1793).
GBLLIBZ, TARIN ET BERTON, AGENTS DU CONSEIL EXECUTIF PRÈS L'ABUSE DU NORD,