BOURG ^^S COMMANDANT TEMPORAIRB, AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
A Dankerque, ce 93 ao6t 1793, Tan n de la Répabliqae.
LB CITOYEN BOVRQ, COMMANDANT TEMPORAIRE, AVI CITOYENS REPRÉSENTANTS DV PECPLE COMPOSANT LE COMITÉ DD SALUT PVBUC,
Au reçu de votre lettre J'étais au conseii de guerre ^*K Je vous préviens que le a 1 , au matin , tous nos postes dans les environs de Bergues, à deux lieues d'ici, ont .été vivement attaqués et repoussés, et que sur les huit k neuf heures le camp de Ghyvelde , à deux lieues de Dunkerque , près de Fumes, a été aussi attaqué; mais nous n'avons pas perdu un pouce de terrain ^^K La nuit du â 11 au 99 , les ennemis ont Eut des approches jusqu'auprès de Bergues, nous ont coupé la communication de Cassel à Bergues et ont investi et sommé ladite ville de se rendre; mais le citoyen Carrion (*', général de brigade, qui commande la place, leur a répondu
(^) Cette lettre, lue dans la séance de la Convention du a 5 août 1798, a été insérée au Moniteur du 97 août, sous le nom erroné de Burke, avec la date fautive du 91 août et plusieurs erreurs assex graves. Le Journal de$ DébaU (n* 34 1, p. 339) ne donne qu'une courte analyse de cette lettre , mais avec le nom véritable de son auteur.
t*) Barthélémy Bourg, né le i** février 1 7 39 , soldat dans Colonel-Général le 1 0 novembre 1768, caporal le 95 septembre 1766, sergent le 93 août 1770, sergentmajor le 16 juin 1776, porte-drapeau le 96 octobre 1786, sous-lieutenant le 1*' avril 1791, adjudant-major le i5 septembre 1 791 , lieutenant-colonel du 3* d*infanterie le 1 4 janvier 1793 et du 16* le 8 mars suivant, commandant temporaire de Dunkerque, où il fiit remplacé par Hudry, et de la place de Bailleul par arrêté du représentant Florent Guiot, le 9 5 pluviôse an u (]3 février 1796).
(') On lit dans le procés-verbal du conseil général de la commune de Dunkerque, à la date du 99 août : «A dix heures se sont présentés le commandant temporaire, commandant d^arlillerie, ingénieur en chef et autres officiers militaires. Le commandant temporaire a communiqué une réquisition du commandant de Bergues de lâcher les eaux de mer pour former une
inondation; a été observé que le Conseil n'avait rien à y opposer, que c'était au commandant à prendre ses mesures, j» — Vers les quatre heures et demie arrivèrent les dépêches du Comité de salut puUic mettant à la di^iosition de la municipalité une somme de 100,000 livres pour Téquipemenl et le campement des troupes. (Cf. Foucart et Finot, II, 55 et 59.)
(*} Le camp de Ghyvelde était commandé par le général Souham. Le corps anglohanovrien du maréchal Freytag occupa, le 91 août, Oost-Cappel et Hondschoote, et poussa des reconnaissances sur Houtkerque, Ueneele, Bambecque et Rexpoêde, occupés par des détachements français, qui se replièreut sur Bergues et sur Cassel. Le 99 , le duc d'York entama une canonnade avec le général Souham.
(*) Martin4ean-François de Carrion, né i Gand (Belgique) le 9 mars 1769 , d'une famille d'origine espagnole, dragon dans le régiment Mestre- de -camp -général le lA mars 1779, congédié le 8 mai 178a, entré au régiment de Champagne le 1 8 janvier 1785, caporal le 9 avril et sergent le 19 août de la même année, congédié comme gentilhomme le 98 septembre 1788, procureur de la commune de Carvin- Épinoy et commandant de la garde nationale, élu capitaine au i*' bataillon du Pas-de-Calais le 96 septembre 1791 1 lieu-
38 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a3 aoôt 1798.]
qa'il ëtait républicain ainsi que toute sa garnison, et qu'il préférait mourir plutAt que de se rendre ^^K
Je ne sais encore quelle est la force de Tennemi ; je crois qu'il nous coupe à deux lieues d'ici la communication de Bourgbourg, qui aboutit k Saint-Omer. Le conseil de guen^e a arrêté que la viUe est en état de siège , qu'elle n'est qu'un camp retranché. La garnison n'est composée que de i& à i,5oo hommes; le camp de Ghyvelde, à peu près de &,ooo hommes. Voilà ce que nous avons à opposer à l'ennemi. A onze heures du matin, heure de la marée montante, Ton a levé les écluses pour inonder les environs de Bergues et l'on continue ce soir jusqu'à grande inondation. La nuit du 93 au 3 3, le camp de Ghyvelde s'est replié sur la ville, . craignant d'être coupé par l'ennemr et pour mieux garder la communication de Dunkerque à Bergues.
Nous avons reçu, la nuit, une lettre du général Houchard, qui nous prévient qu'il envoie un renfort à Cassel. Nous espérons que l'on fera lever le siège de Bergues. La garde citoyenne de Dunkerque est composée de neuf bataillons ; chaque bataiUon est à peu près de 9 à 3oo hommes bien disposés à défendre la ville.
Je suis avec fraternité votre concitoyen.
Le commandant temporaire,
BOOBG <*>.
(Orig., Areh. nat, G 970, dassé au 16 septembre 1793.)
tenant-colonel en second le /^février 179^ et en premier le 16 septembre suivant , passé au 3* bataiUon des grenadiers de la réserve le 8 novembre 1799* rentré au 1*' bataillon du Pas-de-Calais le i*' avril 1793, général de brigade à Tannée des Cotes de Cherbourg )e i5 mai 1793, employé à Tarmée du Nord le 9 août, commandant la place de Bergues, puis le camp sous Dunkerque, démissionnaire le 98 octobre 1793, emprisonné à Béthune et mis en liberté après le 9 thermidor, commissaire du Directoire près Tadministration municipale du canton de Carvin en Tan vu, maire d*Oignies en Tan x, adjudant major de la 9* légion du Pas-de-Calais en 1 806, mort à Oignies le 98 septembre 189/i.
Garrion avait fait les campagnes d'Amérique de 1779 à 178a. Il était parent de Carrion-Nisas. Il signait , en 1 809 , CarrUm de Loicondêi, (Cf. Ré$umé expoiitif de la conduite révolutionnaire de Martin -Jean- Françoii Carrion, eay général de brigade; Douai, i^^^'> 39 p. in-A", aux Archives adm. de la guerre, dossier Carrion.)
(') Le a a août j 793, le général Carrion écrivit à Bouchotte que la ville de Bergues venait d'être sommée de se rendre par le comte de Walmoden, mab qu'il avait répondu : ffLe général français, qui sert sa patrie à Bergues, est un franc et fier républicain ; ses camarades qu'il commande lui ressemblent; ils ont fait le serment de vaincre et de mourir, et ils ont en horreur le parjure. En conséquence, tant en leur nom qu'au sien, il déclare au général ennemi , qui le somme de rendre la ville, que ses co-républicains et lui sont tous disposés à montrer l'exemple du véritable héroïsme.» ( Orig. , Arch. de la guerre , armée du Nord.) — Voir la lettre du Comité à la date du 7 septembre 1 793.
(*) Cet officier cessa bientôt ses fonctions de commandant temporaire par suite de la nomination du général Souham au commandement de la place de Dunkerque. Le a 9 août 1793, le conseil général de la commune lui délivra un certificat de bonne conduite. (Cf. Foucart et Finol, II, 81.) ,
[a4 loÔT 1793.] C0RRESP0ND.4NCE MILITAIRE DU COMITÉ. 39
LA PAPB, ak Aofir 1798^^1
LE GéfiinKL RN CHEF KELLERMANN AU COMITÉ DR SALUT PUBLIC.
An quartier général de la Pape, le a 4 août 1798, Tan n de la Répnbliqoe.
LB GÉfiKRAL D'AHMÉS DBS ALPK8 ET D*ITAUB AVI HBPRhBliiTANTS DU PEUPLE COMPOSANT LE COMiré DE SA LUT PUBLIC.
Citoyens représentants,
Vous m^avez nommé générd des armées des Alpes et d*Italie parce que vous aviez confiance en moi sans doute ^*K Cette confiance était fondée sur Topinion que vous aviez conçue de mon civisme et des qualités militaires qui pouvaient me rendre utile à la République. J*ai lieu de croire que les preuves que j*en ai données depuis le commencement de la Révolution et particulièrement Tannée dernière doivent justifier cette opinion.
Cependant on ose élever des nuages sur ma conduite , on cherche à la rendre suspecte; du moment que j'ai cessé de plaire à mes concitoyens, je ne puis plus servir. Je vous prie donc, citoyens représentants, d'accepter ma démission. Je n'en continuerai pas moins d'obéir aux réquisitions de vos coQègnes et d'exercer mes fonctions jusqu'à ce que vous m'ayez nommé un successeur ou que j'aie forcé Lyon à l'obéissance. J'en ai fait le serment à la République; je le tiendrai. Ma santé d'aiUeurs est altérée par les fatigues , les peines et les chagrins que des malveillants veulent me faire éprouver. Au reste , je sacrifierai avec joie ce qui m'en reste à la République , s'il se présentait une occasion de lui être utile.
Kbllbbmanii.
Kellermann a pensé qu'il était de la vertu , du devoir même d'un général républicain qui , lorsque des perfides ennemis du bien public cherchent à lui ravir la confiance de ses concitoyens pai* les écrits les plus odieux et qu'ils ont surpris la religion du Comité de salut public au point de l'engager à mander aux représentants de son armée de le surveiller, et même le suspendre lorsqu'ils le jugeraient à propos , de donner sa démission. D le fait dans la bonne foi d'une Ame pm'e et
(*) Gamot est présent au Comité. (Cf. administrateurs des subsistances militaires
Aulard, VI, Sa,) On trouve trois arrêtés de domier des renseignements au Comité, écrits par lui : 1* Rassemblement des grains ^*) Kellermann avait été nommé général
nécessaires k la subsistance de Paris; en cbcf des armées réunies des Alpes et
1" Permission au général des Bruslys de d'Italie le 90 mai 1798. (Cf. Aulard, IV,
communiquer avec son frère; 3** Ordre aux 9Â0, a^, 96^, 965.)
&0 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aS aoôt 1793.]
d'une conduite sans reproche. Au reste, de la manière dont sa démission est motivée, on peut juger de ses regrets de s'y croire forcé ^^K
Kbllbrmaniv.
(Orig., coll. de M. Etienne Gharavay.)
5. PARIS, 25 AOÛT 1798^^1 LE COMITE DE SALUT PUBLIC X DRLBR£L, LE TOURNEUR ET ChIlES.
âOI RBPRÉSKNTAMS DU PSVPLB À ÀRBAS,
Citoyens collègues.
Nous avons partagé votre douleur et votre indignation en apprenant de vous réchec reçu par nos troupes près de Bergues, et nous ne pouvons qu'applaudir à la résolution que vous manifestez de faire punir avec la plus extrême rigueur les traîtres et les lâches ^^K
0) Ce post-flcriptum est de la main de Kellermann. — Le général fut destitué le 10 septembre 1793 et remplacé par Doppet.(Cf. Aulard, VI, ûoi.)
(*) Camot est présent à la séance du Gomité de ce jour. (Cf. Aulard, VI, 96.)
(^) Voici le texte de la lettre des représentants du peuple au Comité de salut public. (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord):
«Aa quartier général à GavreUe, a3 août 1798, Tan u de la République françaiie, une et indivisible.
vLeê r$pré$erUanU du peuple à l'armée du Nord à leun collé ffueê membrei du Co" mité de ealut public,
«Citoyens nos collègues, «Nous vous envoyons copie de trois lettres qui vous instruiront du malbeureux événement arrivé à Bergues. Nous ne saurions trop vous recommander de nous faire passer avec rapidité les troupes de la Moselle, sans lesquelles nous ne pouvons agir. Le général Houchard vient d'être prévenu par le ministre que les carabiniers n*anriveronl à Péronne que le 6 du mois pro-
chain. D*où vient cette lenteur? Vous voyez partout que nos postes se laissent surprendre. Le général nous observe que cette inexactitude vient de la part des officiers qui, au lieu de veiller, sont souvent dans les villes, et que ceux que le ministre a nommés sont souvent deux mois et plus sans se rendre à leur poste. La plupart sont des intrigants qui, lorsqu'ils ont obtenu leurs brevets, s'inquiètent fort peu si la machine ira ou non. Les officiers nommés par ancienneté de grade peuvent être de fort honnêtes gens, mais souvent hors d'état de commander et souvent timides ou ineptes. Il y a longtemps qu'on vous envoie des observations de ce genre. Pesez -les dans votre sagesse. Que la Convention soit sévère envers ses officiers et les conunandants lâches, les plus dangereux de tous; qu'elle ordonne que tous officiers qui n'auront pas surveillé les postes soient hisillés à l'instant, surtout iorsqu'ib abandonnent les caissons et les canons, comme ils ont fait lâchement dans cette malheureuse affaire. Enfin nous ne saurions trop vous répéter qu'il faut des mesures sévères et surtout punir ceux qui ont contrarié la marche de
[a5 AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 41
L'armée du Nord étant au moins de 100,000 hommes, indépendamment des gai:nisons, ou de 1 do, 000 hommes au moins, tout compris, nous ne vous dissimulons pas que nous sommes étonnés que vous ayez un besoin de renfort si pressant pour vous défendre. Il paratt que le vice est plutôt dans la mauvaise disposition de vos forces , trop disséminées, que dans la faiblesse du nombre. Cependant nous [ne] négligeons rien pour hâter les secours que vous désirez; des chevaux d'artillerie en assez grand nombre et cinq k six mille hommes de cavalerie ont dû vous parvenir ou vous parviendront au premier moment. Enfin, ie peuple entier se lève. Que faut-il donc de plus? Du courage et la punition des traîtres*
Les 3 0,000 hommes qui vous ont été envoyés ont dû être tirés tous de l'armée de la Moselle, et celle du Rhin a rempli le vide laissé par cette marche dans celle de la Moselle. Si ces 3o,ooo hommes étaient partis en masse, le vide eût été trop grand tout d'un coup, et cette masse énorme eût manqué de subsistances en route.
Nous pensons, citoyens collègues, que le plus sûr moyen d'obtenir du succès serait de couper l'armée ennemie en deux, en attaquant avec de grandes forces le cours de la Lys, par Lille; après quoi il serait facile de la prendre à revers, soit du côté de la Flandre maritime, soit du côté du Hainaut. Il faut surtout sauver Bergues et Maubeuge et jeter une grande quantité de subsistances dans ces places.
(Minute aot. de Garnot, Arch. de la gaeire, armée da Nord.)
nos troupes, parties de la Moselle diaprés l^ordre de Prieur et Jeanbon Saint-André , nos collègues. Si nous sommes attaqués ici avant que nous puissions rallier nos forces, nous vous assurons que nous saurons mourir, mais qu'aussi nous saurons punir surle-champ avec la plus grande sévérité tous les lâches, dussions -nous les exterminer nous-mêmes.
«Nous ne saurions trop vous répéter combien nous sont funestes les retards que Ton pourrait avoir mis à Tarrivée des renforts qui nous viennent de la Moselle.
Pourquoi en a-t^n pris une partie dans Tarmée du Rhin? Pourquoi ce renfort noud
vient-il morcelé et non en masse? Pourquoi nous vient-il par des détours d'une longueur infinie, au lieu de nous arriver directement? Ils auront beaucoup à se reprocher, ceux qui causent tant de lenteur. Hâtez-vous de prendre tous les moyens d'activer la marche des troupes qui nous sont annoncées. L'ennemi, qui en sent l'approche, fait tous ses efforts pour nous battre avant que le secours nous arrive, et nous serons toujours battus tant que la masse de nos forces ne sera pas assez considérable pour que nous puissions prendre l'offensive sur tous les points.
«DiLBBiL, Le Tocrrbdb, CbUbs.»
42 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 août 1798.]
LE COMITE DE SALUT PUBLIC AUX BEPSéSENTANTS RIGORD ET ROBESPIERRE JEUNE.
Parb, le a 5 août 1798, Tan 11 de la République.
LK8 nKPRÉSENTANTS MEMBBBS DD COMITÉ DE SALUT PDBLIC ÀUI CITOYESS RICOED ET EOBESPlEnUE JEUNE, nEPEisENTÀNTS DU PEUPLE,
Citoyens nos collègues ,
Nous avons donné à votre lettre du 1 6 toute l'attention qu'elle mérite ^^\ et vous ne devez pas douter que Ton ne s'occupe ici avec autant d'empressement que de chaleur des mesures rigoureuses qu'il convient de prendre contre les rebelles de Marseille et que la conduite du général Brunet sera sévèrement examinée ^'^K
Les membres du comité de salut public charge de la correspondance.
( Minute avec eorreetions autographes de Carnot, Areh. nat.« AF u i%k.)
LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU CONSEIL G^NlÎRAL DE LA COUMUNE DE PARIS.
Analyse. — Envoi d'un exemplaire de sa lettre aux quarante-huit sections de Paris. (Cf. la lettre du 39 août 1798, p. 59.) <t Veuillez contribuer de tous vos efforts à l'exécution des dispositions qui y sont contenues et veillez à leur accélération.»
( Orig. sig. par Carnol, C.-A. Prieur et Hérault, Areb. nat., DXLII, carton 1.)
(0 Cf. dans Aulard, VI, 10 Ja lettre de Ricord et de Robespierre jeune en date de Sault, 16 août 1793. Cette pièce porte Tannotation suivante de Gamot : ce Accuser la réception de celte lettre. Répondre qu^on s^occupe des mesures vigoureuses à prendre contre les rebelles de Marseille, que la
plainte contre Brunet sera examinée. Leur rec4>mmander la plus grande sévérité envers les traîtres.»
^*^ Le général Brunet fut destitué le 10 septembre 1798, traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné et décapité le 1 6 novembre suivant.
[96 aoAt 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
â5 AOAt 1793. LE G^N^BAL GÂBTBAUX ^^^ AU COMITE DE 8ALDT PUBLIC.
Atudyse. — Il donne des détails sur la défaite des rebelles marseillais et répond de ne pas laisser passer les Anglais à Toulon.
(Andyse, Arch. de la guerre, reg. C da Gomilé de sdat publie, p. AA5.)
LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTBE DE LA GUBBBB BOUGHOTTE
Paris, ce «6 août 1798, Tan 11 delà République française.
LSS BBPnésENTANTS DO PEUPLE , MBMBEBS DU COUni DE SALUT PUBLIC, AU MINISTRE DE LA 6UEEEE.
Nous VOUS envoyons, citoyen ministre, une lettre du citoyen Dau-
(*) Jean-François Carteaux, née Goubenans (Hante-Saône) le 3i janvier 1761, enfant de corps an régiment de Thianges- Dragons en 1769, a quitté en 1766, volontaire au régiment de Bourbonnais-Infanterie le 98 septembre 1767, congédié le 5 avril 1770, volontaire au régiment de Saintonge-Infanterie le 6 février 177a, employé aux recrues en 1 77^ , a quitté en 1779, peintre du roi, élève de Doyen (cf. Bellier de la Chavignerie), aide de camp du général de La Salle le th juillet 1789 et de La Fayette le 16 du même mois, lieutenant à la 99* division de gendarmeirie le 6 novembre 1 789 , chevalier de Saint- Louis le i5 janvier 1799 , adjoint aux adjudants généraux du camp de Meaux le 7 septembre 1799, adjudant général lieutenant-colonel surnuméraire le 97 octobre 1 799 , adjudant général cbef de bataillon le 8 mars 1 798 et cbef de brigade le 1 5 mai 1793, général de brigade provisoire à Tarmée des Alpes le 9 1 juin 1798 , général de division le 19 août 1798, général en chef de Tannée destinée à réduire les rebelles du Midi le 7 septembre 1798, de Tarmée dltalie le i3 septelnbre et de celle des Alpes le 8 novembre 1798, destitué le 16 décembre 1798, incarcérée Paris le
94 du même mois, mis en liberté le 8 août ^ ' •
1796 , réintégré «t employé k Tarmée des Gêtes de Gherboui*g le 96 novembre 1 79^ , non compris dans Torganlsation du 18 juin 1 795 , remis en activité comme commandant de la 1 8* division militaire à Dijon le 1 9 octobre 1 795 , commandant à Lyon le 9 janvier 1796, passé h Tarmée des Alpes le 91 février 1796, réformé le 98 février 17971 remis en activité dans la 17* division militaire (Paris) le 96 avril 1797, commandant la 9* division militaire à Montpellier le 1*' août 1797 et la 90* à Liège le i4 janvier 1800, employé à Tarmée de Batavie le i*' juillet 1800, admis au traitement de réforme le 91 mai 1801, administrateur civil et commandant de la principauté de Piombino le 9 septembre 1 808 , remis au traitement de réforme le 81 mai i8o5, retraité le 8 août 1810, mort à Paris le 19 avril 1818.
^ Gamot est présent à la séance du Gomité. (Gf. Aulard, VI, ti&.) On trouve deux arrêtés écrits par lui : i* Ordre de remplacer le général O'Meara (qui commandait la place de Dunkerque) ; 9* Ordre de délivrer aux représentants Briei et Gochon une copie de la relation du siège de Valenciennes.
44 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a6 aoêt 1798.]
vers, chirurgien aide-major près l'armée du Nord^*^, portant une dénonciation contre le général O'Meara, qu'on lui a dit avoir remplacé le général O'Moran dans le commandement du camp de Cassel ^^\ Nous vous invitons à vérifier le plus promptement possible les faits contenus dans cette lettre; les trahisons sans cesse renaissantes des officiers des armées doivent vous faire sentir combien il est important de prendre sur leur compte tous les renseignements qu'exige le salut de la patrie ^^^
Les membres du Comité de salut public chargés de la correspondance,
Laz. Carnot, Hérault, Robespierre.
(Orig., Arch. de la gaerre, année du Nord.)
^') La lettre du chirurgien Dauvers, jointe à celle du Comité de salut public, est datée de Lille, le la août 1793. On y lit que le bruit court que le général 0*Meara est un ancien colonel dans les Suisses et qu'il a trois frères émigrés. — Ce même Dauvers avait, dans une brochure parue le 1 5 juillet précédent , fait Téloge de Custine. (Cf. A. Ghuquet, Valencimnei, igS.)
t*) On lit en marge de ce paragraphe Tannotation suivante de la main de Bouchotte : «Accuser la réception. O'Meara a été suspendu il y a plusieurs jours déjà. J'ai reçu Tavis du chef d'état-major qu'il a reçu les lettres de suspension. Ainsi O'Meara est hors de Dunkerque, selon toutes les apparences./} — Le 96 août, le Comité de salut public arrêta en eflet qu'O'Meara serait mandé sur-le-champ par le ministre de la guerre et remplacé. (Arrêté aut. de Carnot, ArcL nat., AF ti ûhk. — Publié par Aulard, VI, 1 iG.)
(^) Bouchotie a écrit en regard de ce paragraphe : ff Répondre qu'il est impossible de se procurer ces renseignements sans avoir des commissaires aux armées, qui, armés d'un pouvoir, puissent se défendre de la malveillance, et que le décret les a tous supprimés. » — Le 99 août 1 799 , Bouchotte répondit la lettre suivante au Comité (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord) :
«Paris, «9 ftoAt 1798, i*' delà République fraoçiiie , aoe et iadinùble.
<r Le mmiitre de la guerre aux reprétentante du peuple^ membree du Comité de ealut public,
«J'ai reçu, citoyens représentants, avec votre lettre celle du citoyen Dauvers contre le général O'Meara, en m'observant que les trahifions des officiers doivent me faire sentir combien il est important de prendre sur leur compte tous les renseignements qu'exige le salut de la patrie. J'ai eu jusqu'à présent des commissaires aux armées qui m'ont procuré ces renseignements, et c'est d'après leur travail qu'O'Meara se trouve suspendu. J'ai déjà reçu l'avis du chef de l'étai-major que les lettres de suspension sont remises à cçt officier et que, suivant toute apparence, il est rentré dans l'intérieur.
(t Vous voyez, citoyens représentants, que je n'ai pii prendre ce parti et que je ne pourrai continuer de remplir cet objet de surveillance , dont je sens comme vous toute l'importance , qu'autant que j'aurai des commissaires aux armées, revêtus d'un pouvoir qui puisse les défendre de la malveillance. 11 est donc de toute nécessité que vous obteniez le rapport du décret qui les a tous supprimés.
((Le mnistre de la guerre,
rj. BODCBOTTB.»
taÔAoÔT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
Paris, ce 96 août 1793, Tau 11 de la République française.
LES RBPRé8EIITÀ^TS DU PEUPLE, MEMBRES DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC, AU MINISTRE DE LA OVERBE.
Nous VOUS adressons, citoyen ministre, une lettre de ia citoyenne Sainte-Marie, en date de Troyes, le 5 août du courant, relative à des propos incendiaires tenus par la deuxième colonne de l'armée de Mayence ^^\ Nous vous invitons à prendre des renseignements sur leur conduite et à la surveiller avec le plus grand soin et la plus grande activité. Pénétrez-vous de toute l'importance de cet objet. Si l'armée de Mayence est animée du vrai républicanisme, le flambeau de la guerre civile est éteint dans la Vendée; si des malveillants ont réussi à l'égarer, la guerre de la Vendée est mille fois plus dangereuse ^^l Ainsi, nous vous le répétons, surveillez cette seconde colonne; que les traîtres
t') La lettre de la citoyenne Sainte-Marie au Comité du salut public est datée de Troyes, le 16 août 1798 (et non le 5, comme le dit la lettre du Comité), et elle porte en tète la mention : cr Reçu le 1 7 août » En voici un fragment :
«Je me hâte bien vite d'avertir le Comité de salut public des propos incendiaires qu'a tenus la dernière colonne de Tarmée de Mayence en passant dans la ville de Troyes , qui peuvent avoir des suites cruelles si Ton n'y remédie sur-le^bamp. Peu satisfaits du petit dédommagement qu'on leur a donné d'après tout ce qu'ils ont souffert, ils n'ont pas caché leur incivisme en disant hautement à qui voulait les entendre : trAu «diable la nation I nous sommes dégoûtés tr de servir une patrie ingrate. L'on veut nous «renvoyer à la Vendée; que ceux qui nous tren imposent la loi y aillent eux-mêmes , «sinon nous sommes plus de six mille dis- «posés de passer de l'autre cûté par petite
ypartie. Des f arbres de la liberté ,
«multipliés par où nous passons, mais sans «racines, ne tiendront jamais pour assurer «la République. Les généraux nous ont sa- « crifiés à leur ambition , à leur cupidité ; ce
«r n'est pas eux qui ont souffert, c'est nous. «Nous sommes si las du service que nous le «dirons partout. L'on veut nous faire endos- «ser l'habit bleu des gardes nationaux , habit «déshonoré , que nous ne pouvons supporter «de vue qu'avec horreur. Nous résisterons «pour ne vouloir jamais le porter.» Je puis attester la vérité de tous ces infâmes propos, qu'il est fort ui^nt d'empêcher qu'ils ne
soient mb à exécution n
t') En marge, on lit cette note autographe de Bouchotle : «Envoyez copie des deux lettres i Merlin, à la Vendée, en le priant de scruter les esprits de la seconde division de la garnison de Mayence et de faire poursuivre devant le tribunal les auteurs des propos, s'ils ont été tenus. 11 scn- ^tira qu'une telle précaution est doublement nécessaire dans une guerre comme ceUe de la Vendée, qui n'est que le produit de la corruption des opinions. Lui observer que Westermann, envoyé par un décret â un tribunal militaire, se promène dans toutes les villes; qu'il conviendrait de faire terminer son affaire et de ne pas le laisser vaguer ainsi, attendu qu'il ne prêche pas patriotisme, n
/i6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a6 aoôt 1793.]
soient arrêtés, que les soldats égarés soient ramenés à leurs devoirs et que Tamour de la patrie devienne la divinité de tous.
Les membres du Comité de salut public chargés de la correspondance,
Laz. Garnot, Hérault, Robespierre.
( Orig., coll. de M. Richard Jaques, de Londres.)