L'EX-G^NJ^RAL STENGEL ^^^ AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Des priflonfl de l'Abbaye, A Paru, ce 1*' septembre 1793, Tan n de la République française.
LB CnOTBN 8TEN0BL, CI-DBYAfiT GifiBBAL ÙB BBI6ADB , AVI CITOTENS BBPBdsBNTANTS DO PBVPLB COMPOSAfIT IB COMITÉ DB SALUT PUBLIC DE LA COBYBNTION NATIONALB DE FBAMCB,
Citoyens,
Traduit comme gënëral de brigade au tribunal révolutionnaire pour la retraite d'Aix, à laquelle je n'étais qu'agent en sous-ordres, mon innocence a été reconnue par Tunanimitë du juré de ce tribunal, et le peuple présent à ma justification y a applaudi avec un enthousiasme dont je puis tirer une démonstration flatteuse de la pureté de mes principes et de ma conduite ^^K
Rendu à la liberté avec une sorte de gloire qui m'a dédommagé des humiliations que je devais à Terreur et à la calomnie, je reçois peu de jours après ime lettre du ministre Bouchotte, qui me suspendait de mes fonctions ^^K Cette lettre, qui me plonge dans l'indigence, m'a ravi tous les avantages que j'espérais de trente-trois aimées de services rendus à la France, et m'âoigne du prix que la nation bien informée m'accordera lorsqu'on lui aura rappelé que c'est moi qui ai eu la plus grande part à la journée du 90 septembre, et que, si les ennemis ont été arrêtés l'année passée en Champagne, c'est principalement aux braves troupes que j'ai commandées que le succès en est dû ^^h et les représentants du peuple ne voudront pas qu'il soit dit qu'un officier qui a conquis pour la République , l'année passée, la ville de Malines ^*^ avec des effets pour la valeur de 16 millions, est réduit aujourd'hui à l'indigence et, ce qui est pis, qu'il est privé de sa liberté.
Mdade et infirme , je traînais ici une existence pémble , espérant cependant que.
(*) Henri-Christian-llichel de Stengel, né à Neustadt (Pdatinat) le 1 1 mai 17&4, entré au sendce de France comme souslieutenant au r^;iment d' Alsace-Infanterie le i3 février 1760, lieutenant le 1*'' mai 1 765 , capitaine aux hussards de Ghamborant le 11 mai 1769, capitaine commandant le 11 mars 1781, chevalier de Saint- Louis le 9 novembre 1 786 , chef d'escadron le 90 mai 1788, major des hussards de Ghamborant le i5 juin 1788, lieutenantcolonel te 95 juillet 1791, colonel du 9* dragons le i3 avril 1799 et du i*' hussards le 16 mai suivant, maréchal de camp à Tannée du Nord le i3 septembre 1799, général de division le 1 3 juin s 796 , blessé
à la bataille de Mondovi le 91 avril 1796, mort le 98 du même mois. (Gf. iaeques Gharavay, Le$ généraux marU pour la patrie, p. 39.)
^*) Stengel avait été arrêté avec le général La Noué à cause de la déroute d*Aixla-Ghapelle; mais tous deux, renvoyés le 19 avril 1793 devant le tribunid révolutionnaire, avaient été acquittés le 98 maL
(*) Le i** juin 1793.
^^) Stengel avait en effet pris une part des plus actives à la bataille de Valmy. (Gf. A. Ghuquet, Vahmf, p. 917, et Etienne Gharavay, Le générai Alexis Le Veneur, p. 56.)
(*) Le i5 novembre 1793.
[t"8iPT.i793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 75
lorsqae ma santé serait rétablie, le ministre aurait pu recueillir des renseignements sur mon compte dans les régiments qui avaient servi sous mes ordres, et je ne devais pas douter que le témoignage de tant de braves gens le dispose à m'employer; cette idée me faisait redoubler de soins pour recouvrer ma santés lorsque le 3i juillet je fus prévenu que je serais arrêté. Je me suis rendu alors au Comité de salut public , et de là à la mairie , sans pouvoir apprendre la raison pourquoi Torage grondait encore sur ma tête. Dans la nuit de ce même 3i juillet, je fus arrêté dans mon lit à Thôtel Grange-Batelière , et les scellés mis sur mes papiers; et je fus conduit ici, h TAbbaye, où je vis couvert par Tassurance que donne la conviction de Tinnocence , mais pas moins assi^ par les horreurs et rinquiétude d*une détention, dont j'ignore les motifs et le terme.
On m'assure, citoyens, que vous seuls pouvez à cet égeœà me tirer d'incertitude. Mon innocence est-elle de nouveau attaquée? Qu'on la juge encore; je suis aussi certain de. son second triomphe, que je le suis de l'int^pîté des juges. Mais s'il n'y avait point de plaintes fondées t^ntre moi, je vous supplie, citoyens, au nom des droits sacrés de l'homme et du citoyen, après que l'on m'a tout ravi, après avoir été proscrit dans mon pays natal et avoir été mis au ban de l'Empire pour me punir de ma constance à servir dans les armées de la République, faitesmoi rendre du moins le seul bien qui me reste : la liberté ^^K
Le citoyen Stinobl, ci-devant général de brigade.
(Orig. aut., colJ.de M. Etienne Gbaravay.)
LE ciNJ^RAL DU MUY ^^^ AU GOMrr^ DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Il est surpris de sa suspeosion et il fait passer copie des témoignages d'estime et d'attachement de ses frères d'armes.
(Analyse, Arch. de la gnerre, reg, G du Gomité de salut puUic, p. A63.)
(*) Slengel ne fut réintégré dans son grade de général de brigade que le i*' mars
(') Jean-Baptiste-Louis-Philippe de Félix d'Ollièrcs, comte du Muy, né à Ollières (Var) le a5 décembre 1761, neveu du maréchal du Muy, d*abord comte de Saint- Maine , chevau-4<%er surnuméraire le 1 6 décembre 1766, sous-lieutenant au régiment de cavalerie Mestrenlc-camp le 16 juillet
1769, rang de capitaine le 5 mai 1771, colonel du régiment de Soissonnais le 19 juin 1775, chevalier de Saint-Louis le 9 avril 17 81, brigadier le i*' janvier 1784, maréchal de camp le 9 mars 1788, commandant en chef en Bretagne le 1 9 février 1 79 1 , lieutenant général le 6 février 1 79a , suspendu le 19 août 1793, autorisé A prendre sa retraite le 7 pluviôse an m (96 janvier 1795), réintégré le t5 ventôse
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a sbpt. 1798.]
22. PARIS, s SEPTEMBRE 1798 ^^\ LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE.
Paris, ie 9 septembre 1793, Tan 11 de ia République française.
lis BBPniSBNTANTS DV PBVPLB, MBMBBBS DV COMITE DB SA LUT PVBUC , AD MINISTBB DB LA GVBBBB.
Nous VOUS adressons, citoyen ministre, une lettre de la société populaire du département de la Seine-Inférieure. Elle expose que chaque commune de ce département a équipé un cavalier, conformément à la loi, que cette troupe est dans ses foyers et qu'elle serait plus utile à nos armées, à celle du Nord par exemple. Nous vous invitons à vérifier le fait et à le prendre en grande considération ^^K
Les membres du Qnniti de salut public,
L. Carnot, C.-A. Prieur, Thuriot, Prieur, député de la Marne.
(Orig.f eoU. de M. Etienne GharsTay.)
an III (i5 mars 1795), commandant en chef l'expédition destinée aux Indes occidentales le 99 germinal an m (11 avril 1795), inspecteur général de Tinfanterie de Tannée de Sambre-el-Meuse le i3 germinal an iT (9 avril 1796), destitué le 5 brumaire an v (96 octobre 1796), acquitté à Dûsseldorf le i3 nivôse an v (1 janvier 1797)1 réintégré le 7 pluviôse an v(96 janvier 1797), embarqué pour rÉgypte le 3o floréal an 1 1 (19 mai 1 798), rentré en France le 1*' messidor an viii (90 juin t8oo), commandant la 91* division militaire (Poitiers) te 97 vendémiaire an IX (19 octobre 1800), et la 19* (Nantes) en vendémiaire an xi (septembre 1809), membre de la Légion d'honneur te 1 9 frimaire an XII (91 décembre i8o3) et commandant le 95 prairial an xii (ià juin i8oà), commandant ia subdivision de Seine-et-Oise le 9 1 ventôse an xiii ( 1 9 mars
i8o5 , envoyé à la Grande Armée le 93 novembre 1806, gouverneur général de la Sitésie le 98 janvier 1807, commandant ta 7* division militaire (Grenoble) le 17 novembre 1 808 , et la 8* ( Marseille) le 1 h avril 1 809 , baron le 3o août 1811, grand-officier de la Légion d'honneur le 99 juillet 1 8 1 à , commandeur de Saint-Louis le 93 août 181/î, pair de France le 17 août 181 5, comte et pair héréditaire le 3i avril 1817, mort à Paris le 3 juin 1890.
(*) Gamot est présent à la séance du Gomité. (Gf. Aulard, VI, 935.) On trouve un arrêté écrit par lui pour autoriser la municipalité de Saint-Omer à dâivrer des passeports â ta veuve Roper, anglaise.
('} En tête de la lettre on lit cette note autographe du ministre de la guerre Boucholte : «5* division. Prenez des mesures pour rassembler cette cavalerie et l'envoyer au Nord.!»
[a SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 77
LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA MARINE
Paris, le a septembre 1793, Tan 11 de la République française.
LES nSPnésBNTÂNTS DD PBVPLE , MBMBHBS DO COMITÉ DE SA LOT POBLIC , AO MINISTRE DE LA MARINE,
Nous VOUS adressons, citoyen ministre, trois lettres de la société populaire de Calais. Elle sollicite l'échange de nos prisonniers, parce que l'Angleterre en arme des vaisseaux, ou demande que nous en usions de même à l'égard de nos ennemis.
Elle expose en outre que les quatre paquebots offerts par les citoyens Félix Mouron frères, pour servir de navires de cartel, pouvaient être armés en corsaires; elle demande qu'on les munisse comme tels, après avoir procédé à l'estimation par expert. Nous vous invitons à prendre ces deux objets en considération.
Les membres du Comité de salut public,
Laz. Carnot, G.-A. Prieur, Prieur, député de la Marne, Thuriot.
(Orig., GoU. de M. Étienoe Charavay.)