L. HOCHB
18. PARIS, 3l AOÛT 1793 ^^K LE GOMIli DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGUOTTB.
Analyse. — Il le prie d'examiner un pian de défense générale de la France présenté par le citoyen Glosquinet ^^K
(Orig. sig. par Gamot, Prieur de la Marne et C.-A. Prieur, Arch. de la guerre, eorr. générale.)
(^) Cf. le procè»-veri)al du conseil général de la commune de Dunkerque, dans Foucartet Finot, II, 78.
(') Le nom de Gamot ne figure pas parmi les présents au Comité. (Cf. Aulard, VI, 901.) Cependant on trouve à cette date trois arrêtés écrits par lui : 1* achats de bœuis en pays étranger pour le service des armées; 9* autorisation au ministre de la guerre de faire faire 3oo,ooo redingotes pour les troupes; 3"* fixation du minimum des salaires pour les ouvriers de la manufacture d'armes de File de la Fraternité (ci-devant Saint-Louis). — Camot rédige
aussi le même jour deux décrets de la Convention : 1* Ôiangement de termes dans Tartide 7 du décret du 95 août pour l'exploitation des salpêtres; 9* Autorisation donnée au ministre des travaux publics de nommer un quatrième régisseur général des poudres et salpêtres. (Orig. aut. sig. , Arch. nat., C 96Â.)
(') La lettre du citoyen Closquinet au Comité de salut public est datée de Paris, le 19 août 1793. Le plan de défense générale de la France, présenté par lui, y est joint. (Orig., Arch. de la guerre, corr. gén.)
[3i AOÛT 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ.
LE COUni DE SALUT PUBLIC AU REPRESENTANT LE60T ^^\
MEMBRE DU GOMIli DE LA GUERRE.
Analyse. — Il serait difficile de ne pas se rendre à la proposition qu'il a faite d'employer l'obus et la bombe à ricochet contre la cavalerie ennemie, (c L'usage en a paru des plus utiles. Nous vous prévenons que déjà l'on travaille avec activité à la confection de cette espèce d'arme ^^K »
(MÎDote, Areh. nat, AF 11 s38.)
20. PARIS, 1* SEPTEMBRE 1793 ^^\ LE COMIli DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB.
Analyse. — Envoi d'une copie de la lettre des représentants à l'armée du Nord , relative au commissaire ordonnateur Petitjean ^^K
(Minate, Areh. nat, AP u i38.)
(^) Alexandre Legot, né k Falaiae (Calvados) le ai octobre i'jà'j^ homme de loi, dépaÛ du Calvados à la Convention et au Conseil des Cinq- Cents, exclu après le 18 brumaire , avoué près le tribunal de cassation, mort en i8i3.
(') La lettre de Legot au Comité est datée de Paris, 18 août 1793. U y expose les terribles effets de Tobus, dont les ennemis ont fait contre nous, dans cette guerre, un usage si efficace. «Eh bieni dit-il, nous n^avons pas daigné les imiter. Est-ce par une criminelle insouciance? Est-ce par trahison? Ces deux motifs pourraient s'être réunis aux mille et un moyens qu'on emploie joumeUement pour étouffer notre liberté naissante. Si cependant une des parties belligérantes avait besoin de faire usage de cette invention , ce serait certainement nous, puisque le motif de la supériorité actuelle de nos ennemis vient de leur innombrable cavalerie, et que Tobus
est Tarme la plus meurtrière qu'on puisse employer contre une troupe à cheval Ce n'est pas le tout : personne n'ignore que la bombe k ricochet met en déroute la cavalerie la plus ferme et la mieux disciplinée, et nous avons négligé d'en faire usage...» (Orig., Areh. nat., AF u â38.) — En marge du résumé de cette lettre, Camot a écrit : ((Répondre qu'on travaille avec activité k la confection des armes proposée. «
W Camot est présent k la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, si5.) On trouve un arrêté écrit par lui pour mettre 60,000 livres à la di^K>sition de la ville d'Aire, menacée par l'ennemi. — Camot rédige aussi le décret de la Convention du i*' septembre enjoignant aux représentants du peuple près les armées de nommer des commissaires pour remplir les fonctions des administrations des villes investies par l'ennemi. (Orig. aut., Areh. nat., C 168.)
W GoUombel et Le Toumeur avaient
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i-'sbpt. 1798.]
21. PARIS, 1* SEPTEMBRE 1798 ^^K LE GOHiri DE SALUT PUBLIC ï PHILIPPEAUX ^^\
Citoyen collègue,
Le Comité n'a pas été peu surpris du ton d'aigreur et de reproche avec lequel vous lui manifestez vos soupçons , vos craintes et vos vœux ^^\ Si tel était le caractère de nos communications réciproques, bientôt le concours de nos efforts ne présenterait qu'une lutte fâcheuse qui substituerait les résultats de la mésintelligence à ceux d'une heureuse et nécessaire harmonie.
Le Comité n'a rien changé aux plans proposés le a 3 ^^\ Il pense que l'armée de Mayence doit être aux ordres du général Canclaux ^^\
écrit d^Arras, le a 5 aoât 1798, au Comité pour l'avertir qu'ils avaient maintenu dans ses fonctions le commissaire-ordonnateur Petitjean, destitué par le ministre de la guerre. En marge se trouve cette annotation autographe de Gamot : «A communiquer au ministre de la guerre. Répondre que le ministre a nommé Pinthon , commissaire ordonnateur, pour remplacer Petitjean.» Une lettre conforme fiit envoyée aux représentants le i*' septembre. (Arch. nat., AF II 938.)
(^) La pièce est sans date, mais Philippeaux dît, dans son Compte rendu, 3* partie, p. 3i , qu'elle était du i*' septembre.
{*) Pierre Philippeaux, né à Ferrières (Seine-Inférieure) le 9 novembre 1766, avocat, député de la Sarthe à la Convention, décapité à Paris le 5 avril 179Â.
(') La lettre de Philippeaux au Comité, datée de Tours, le 3o août 1793, trois heures de raprès-midi, contenait des plaintes véhémentes sur le changement du plan de campagne du 93 août. «Depuis ma dernière missive, écrivait-il, expédiée par le courrier ordinaire, une lettre de Ronsin nous annonce que, cédant aux observations de Bourbotte, vous avez changé de fond en comble le plan de campagne du 33. Pignore si Bourbotte a su descendre jusqu'à protgéer une ligue infâme qui vous
déshonore et perdra la République; mais, en tous cas, votre rétractation, si elle existe, ne peut que vous compromettre essentiellement et vous (aire soupçonner même de vouloir favoriser nos ennemis, qui certes, dans cette hypothèse, auraient tout l'avantage. Si c'est un mensonge de Ronsin, il est bien barbare à lui de consterner tous les hommes de bien qui veulent sincèrement sauver leur patrie. Cette nouvelle nous a pétrifiés, comme si on nous eût appris la perte de deux batailles. . . Si elle est réelle, vous pouvez dire adieu à la ci -devant Bretagne. Les patriotes, qui avaient poussé des cris d'allégresse lorsqu'ils voyaient l'armée de Mayence descendre vers eux, vont être glacés d'indignation et de désespoir. Les fédéralistes, les fanatiques et les aristocrates vont triompher. Vous pouvez concevoir dans quel abtme vous auriez plongé toutes les contrées occidentales de la République...» (Cf.
Aulard, VI, 193.)
(*) Cf. Chassin, La Vend4e patriote, III,
(*) Cette phrase est de la main de Camot. — Jean-Baptiste-Camille de Caudaux, né à Paris te 9 août 17/10, fils d'un conseiller au grand Conseil, volontaire au riment de Fumel-Cavalerie le 1* juin 1766, cornette le 1" février 1767, rang
[i-'sBPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 71
mais il n'a pas dû s'attacher assez à une opinion isolée pour lui sacrifier des opinions contraires qui méritaient aussi de sa part de grandes considérations. Nous avons donc jugé convenable qu'il y eût à Saumur une réunion des représentants du peuple pour concerter et arrêter définitivement les mesures qui doivent enfin rétablir le règne de la liberté dans cette partie de la République ^^J.
Vous concevez comme nous, citoyen collègue, que le meilleur plan sera celui qui, formé par l'amour de la liberté, sera exécuté avec un concert plus parfait ^^\
(Minote avoc corrections autographes de Gamot, Arch. nat, AF n 167. — Pabl. par Aolard,VI, 94.)
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Analyse. — D a reçu communication de la lettre anonyme arrivée de Tarmée de la Mosdle et signalant les vices de la composition des avant-^rdes. trll n'est pas étonnant qu'il y ait des recrues dans les corps qui servent aux avant-gardes , puisque Ton en a versé dans tous les corps des armées; mais les chefs doivent les
de capitaine le 3o mai 1760, réformé en avril 1763, aide-major le 11 avril 1763, major da riment de Gonti-Dra^ns le la décembre 1768, rang de mestre de camp le 96 janvier 1773, chevalier de Saint-Louis le 3 mars 177A, brigadier le 1*' janvier 178&, maréchal de camp le 10 mars 1788, lieutenant général le 7 septembre 1799, commandant en chef de Tannée des GAtes le 10 avril 1793, suspendu le 10 vendémiaire an 11 ( 1" octobre 1793), réintégré et nommé conunandant en chef de Tannée de TOuest le 17 vendémiaire an ni (8 octobre 179A), cesse ses fonctions le 1 9 fructidor an ni ( 99 août 1795), autorisé à prendre sa retraite le 9à vendémiaire an iv (16 octobre 1795), commandant la 16* division militaire le ta frimaire an viii (5 décembre 1799), iiiq>ecteur général de cavalerie le 5 thermidor an IX ( aà juillet 1 801 ), membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xii (11 décembre i8o3) et commandant le
95 prairial (ih juin 180Â), sénateur le 3o vendémiaire an 1111(99 octobre 180Â), cemmandant des gardes nationales des départements de la Seine-Inférieure et de la Somme, comte de TEmpire en mars 1808, commissaire extraordinaire dans le département d'Ille-et-Vilaine le 96 décembre i8i3, pair de France le h juin 181Â, commandeur de Tordre de Saint-Louis le 93 août 181 à, pair de France le 9 juin i8i5, refuse ce poste, rayé par ordonnance du 9 A juillet 181 5, mais reprend son siège le 10 août suivant, mort à Paris le 97 décembre 1817.
(*) La réunion des représentants et des généraux eut lieu k Saumur le 9 septembre 1793. (Gf. Savary, Gumreê de» Vmdétm et deê Chouam, II, 90, Aulard, YI, 969, et Ghassin, La Vendée patriote, III,
W Gf. dans Aulard , VI , 9 63 , la réponse de Philippeaux en date de Saumur, le 3 septembre 1793.
72 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [r'aiw. 1798.]
faire exercer et instruire, et ne les jamais placer dans des postes importants. Je vais recommander la plus grande attention et la plus grande surveillance. J'en avais déjà écrit circulairement, il y a un mois, aux généraux des armées.»
(Orig., Areb. de la guerre, armée da Nord.)
l'' SEPTEMBRE 1793.
LE ciNiRAL HOUGHARD AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTR.
LS eÉNinAL BN CBBF AU CITOYBN MINtSTBB DB LA ODBBRB ^^K
Je VOUS rends compte, citoyen ministre, des événements arrivés depuis ma dernière dépêche; les ennemis, bien décidément, ont divisé leurs forces en deux grands corps d'armée, dont Tun agit sur la Flandre maritime et Tautre sur les places du Hainaut.
Le rapport ci-joint du général Ihler vous fera voir qu'il a été forcé d'évacuer la forêt de Mormal et de se retirer par Avesnes sur Maubeuge , comme je lui avais donné l'ordre de le faire , au cas qu'il fût forcé de faire sa retraite. En effectuant cette retraite , il a jeté dans Landrecies la garnison nécessaire à sa défense. Le commandant de cette place ne m'avait rendu aucun compte des objets qui peuvent lui manquer; je n'ai pu donc les lui faire fournir; la poudre y est en petite quantité, mais vous savez que cette espèce de munition manque totalement dans cette partie de la frontière.
Les ennemis ont aussi fait des attaques multipliées du cêté de Lille; plusieurs actions ont eu lieu dans cette partie , où les troupes de la République ont toujours eu l'avantage sur celles des tyrans. Le dernier combat, dont vous verrez le détail dans le rapport du général Jourdan que je vous envoie, aurait été une des actions les plus brillantes, si nos troupes, au sein de la victoire, avaient resté fermes et disciplinées. Ce fatal exemple d'une terreur panique qui s'empara des esprits au milieu des succès est la cause de presque toutes les défaites que nous éprouvons. Combien il est douloureux de voir passer dans les mains des ennemis notre superbe artillerie que celle prise sur eux ne peut pas remplacer, à cause de la différence des calibres des boulets! Il faut que nous la reconquérions; et j'espère que les troupes qui l'ont abandonnée répareront ce malheur. Je vais faire filer du cêté de Lille une autre division, afin que si décidément Dunkerque est menacé, comme cela est probable , nous ayons une armée capable non seulement de résister, mais de battre les ennemis. Nous étions extrêmement fiiibles dans cette partie de la Flandre maritime : depuis Bailleul jusqu'à Dunkerque, la masse totale ne va pas, y compris les garnisons, à plus de 17,000 hommes, et vous savez que Dunkerque ne peut être considéré que comme un camp retranché à la défense duqud il faut beaucoup de troupes.
(1) On lit en tète ces mots autographes de Bouehotte : ((Secrétariat. Faites k Tinstant une copie pour le Comité de salut public»
[i-'siPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 73
La prochaine arrivée des troupes de la Moselle in*a facilite dans Tenvoi des troupes nécessaires pour la défense de la Flandre maiîtime. J*y ai donc envoyé trois divisions : une, conunandée par le général Romanet ^*\ occupe le camp de Mons-en-PévMe et assure la communication de Douai à Lille; la seconde, commandée par le général Jourdan , se porte sur tous les points menacés pour y combattre Tennemi. Je ne puis que me louer de la conduite brave et intdligente de ces deux généraux; la troisième va être commandée par le général Landrin; elle se portera entre Dunkerque et Cassel. Dans cet état de choses il me reste peu de monde au camp de Riache, et il est instant que les troupes de la Moselle viennent me recomposer une armée avec laquelle j'e^)ère marcher à la victoire. Je pense que 10,000 hommes d^infanterie et â,ooo honmies de cavalerie venant de la Moselle doivent rester entre PhUippeville et Maubeuge pour agir conjointement avec les deux divisions du camp retranché de Maubeuge; les autres i4,ooo hommes d*infanterie et &,ooo de cavalerie me joindront au camp de Riache, pour former le corps d'armée que je commanderai particulièrement ^'^ Les troupes qui sont dans la Flandre maritime formeront une masse qui agira de ce cAté. Telles sont les dispositions que j'entrevois , citoyen ministre , et dont je vous prie de faire part de suite au Comité de salut public, n'ayant pas le temps de lui envoyer une dépêche particulière; j'y joins les deux rapports du générâl Ihler et du général Jourdan. Je n'ai encore reçu aucuns détails particuliers sur les différentes actions.
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HoUCHARD.
P.- S. n est pressant, citoyen ministre, que vous me fassiez passer avec la plus grande dUigence vingt pièces de canon de bataille avec tous leurs accessoires.
(Orig., Areh. de la gaerre, année do Nord.)
(*) Joseph Romanet, chevalier du Gaillaud, né à Limoges ( Haute -Viemie) le h décembre 17^8, soldat au régiment de Përigord-Infanterie le i*' mai 1 76a , souslieutenant le 18 août 1766, lieutenant le 17 août 1770, lieutenant de la compagnie coloneUe le 17 juillet 177a, capitaine en second au r^;iment de la Marche le 9 & juin 1 780 , chevalier de Saint^Loms le 5 octobre 1 788, capitaine-commandant le a 9 juin 1789, lieutenant colonel du Ub* régiment d^infÎMiterie le 9 juin 1799, colonel provisoire le 7 avril 1793, général de brigade à Tannée du Nord le i5 mai 1793, suspendu le 1 5 septembre 1 793 , réintégré et
employé à Tannée de l'intérieur le 1 3 juin
1795, autorisé à prendre sa retraite le 19 octobre 1796, pensionné le 3i mars
1796, membre de la Légion d'honneur le à février 1810 et officier le 19 octobre i8ià, mort à Paris le 1 1 décembre 1899. Le général Romanet avait fait sous Tancien r^me les campagnes de ta Martinique de 1769 à 1773, des cAtes de Normandie en 1779, et de Belle-Isle en 1781 et 1789.
(*) Bouchard, on le voit, comptait sur un renfort de trente mille hommes tirés de Tarmée de la Moselle, mais on ne lui en envoya que vingt-deux mille (cf. p. 60).
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i" sbpt. 1798.]