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LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE À GARNOT

Les occupations multipliées du Comité de salut public ne lui ayant permis , citoyen, de donner sa sanction définitive à Tinstruction que je lui ai déjà présentée pour faciliter l'exécution de la loi du a 3 août dernier ^'^ je vous prie de vouloir bien lui en présenter 'de nouveau le projet et de le faire approuver par le président du Comité et les membres qui s'y trouvent rassemblés, afin que je puisse aller en avant sur cette opération importante. Le Conseil exécutif Ta adopté.

Le ininiitre de la guerre,

J. BOUGHOTTB.

Au citoyen Camot, représentant du peuple, membre du Comité de salut public.

(Orig. , Areh. de la guerre, eorrespoodaoce générale.)

PARIS, ti SEPTEMBRE 1793.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU GOMITÉ DE SALUT PUBLIC

Anafyee. — Deux lettres : i* Il a examiné le mémoire du citoyen DegauHe relatif à une nouv^e levée, mais il ne peut adopter des dispositions contraires à la loi du a 3 août et qui nécessiteraient un décret changeant le mode de réquisition.

(^) LaiettredeBentaboleetdeLevaseeitr, <*> Le ministre de la guerre Boucbotte

datée de LiUe, i*' septembre 1793, porte avait déjà écrit, le i*' septembre, sur ce

cette amiotation autographe de Garaot : sujet au Comité de salut public. (Orig.,

«Répondre qu'on a pourvu autant qu'il a Areh. de la guerre, correspondance gé-

élé possible de le faire.» nérale.)

[5 wspT. 1793.]

Orig., Arch. de la gaerre, corr. g^n.) — a* D donne Tëtat des armes mises îi la disposition du général en chef de Tannée dlUdie et assure que ces armes ont du surpasser les besoins de Tarmée. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C, p. 563.)

30. PARIS, 5 SBPTBMBRB 1798^^^ LB COMITE DB SALUT PUBLIC AU G^NISrAL BOUCHARD.

Paris, le 5 septembre 1793, Tan 1 de la République une et indivisible.

AU QéniKAL BOUCHARD, COMMANDANT BN CHEF DE L'AHMéE DU NOUD ET DES ARDENNSS, AU QUARTIER GÉNhAL DB GAYRBLLE , PAR ARRAS.

Citoyen général,

Le ministre de la guerre nous a communiqué ia lettre que vous lui avez adressée sur votre situation militaire ^^\ Nous ne voyons pas sans peine que vous ayez abandonné le projet d'envelopper les ennemis qui sont devant Bergues et Dunkerque. En frappant ce grand coup, la

(^) Garaot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, a89.)

(*) Cf. , p. 89, la lettre de Houcbard du 3 septembre 1 798. — Le même jour, Bouchotte écrivait à Houcbard : tTai communiqué, générai, votre dépécbe du 3 au Comité de sdut public aussitôt qu^elle m^est parvenue. Elle a fait Tobjet de ses réflexions, que vous trouverez dans une de ses lettres que mon courrier est chargé de vous remettre. Il m'a semblé que le Comité pensait avec raison qu'il ne pouvait pas vous prescrire telle ou telle opération, ni telle ou telle manière de Texécuter. Il faudrait avoir des données sur la force , la position et les ressources de Tennemi, qu'il n'a pas et qui ne peuvent lui parvenir que de l'armée. Ainsi il a arrêté qu'il ne vous serait envoyé que des réflexions, vous laissant du reste toute la latitude possible dans vos opérations. Le Comité s'est donc borné à examiner les objets principaux qui méritaient le plus prompt secours, et il a reconnu que Dunkerque et le Quesnoy avaient

besoin plus particulièrement d'un efibrt de votre part. U a pensé que le point de Maubeuge, très renforcé aujourd'hui, pouvait faire une diversion utile non seulement au Quesnoy, mais encore à l'expédition que vous projetez sur Beiges et Dunkerque.

Ne pourriez-vous y envoyer Jourdan, ou tel autre qui le vaudrait, car Gudin parie beaucoup de ses infirmités et de l'impossibilité où il est de remplir ses fonctions? Le Comité avait paru fort content de votre projet de vous porter sur Menin et de couper la ligne des ennemis et d'empêcher les secours de venir troubler vos entreprises du côté de Dunkerque, lorsqu'ils auraient été pris à revers. La défaite des Anglais lui paraissait probable. Si vous prenez un autre chemin, c'est qu'il est nécessaire, et il le pense ainsi. Vous pouvez vous assurer que vous avez la confiance du Comité de salut public et du Conseil exécutif, et que les patriotes comptent beaucoup sur vous.»

(Minute aut., Arch. de ia guerre, armée du Nord.)

guerre eût peut^tre été terminée; mais si vous avez pensé que le succès fût douteux, nous ne pouvons qu'approuver la résolution que vous avez prise. S'il était vrai néanmoins, comme on nous l'assure, que les ennemis eussent d'eux-mêmes abandonné leur entreprise et levé le siège, nous pensons qu'après vous être emparé du cours de la Lys, au lieu de tourner à gauche pour vous porter sur la Flandre maritime, comme les ennemis s'y attendent, vous pourriez au contraire, après avoir attiré leurs forces de ce côté, tourner brusquement sur votre gauche^" pour attaquer Tournai et dégager le Quesnoy, duquel il est temps que vous vous occupiez très sérieusement. Au reste, citoyen général, c'est à vous à juger. Pleins de confiance dans vos talents nûlitaires, votre civisme et votre expérience, nous ne voulons gêner aucun de vos mouvements et nous vous laissons la libre et entière disposition de vos troupes. Evitez leur morcellement qui vous paralyse et tâchez de porter à l'ennemi un coup terrible, sans cependant risquer aucune action décisive, pour peu qu'elle soit douteuse.

Nous usons de toutes nos ressources pour subvenir à vos besoins. C'est à vous de faire punir les traîtres et les lâches; vous en avez le moyen, puisque vous voilà autorisé à les faire juger par une commission militaire, comme les émigrés qui les soudoient ^^^

(Minute aat de Garnot, krch. de la guerre, armée du Nord. ■ laCunille Garnot.)

Reg. de Garnot, Ârch. de

(*) n y a là un lapiui eaUmu; i faHaii écrire éroUe. (Note communiquée par M.'A. Ghuquet)

W Le 6 septembre, Boucholte écrivait à Bouchard (Minute, Arch. de la guerre, armée du Nord) :

«Paris, 6 leptembra 179), an i*'.

tilii général Bouchard,

tJe Y0U8 prie de m^envoyer, général, par le retour de mon courrier, des nouvelles précises de la situation de Tannée du Nord et de celle des Ardennes. On débite ici que les Anglais devant Dunkerque sont environnés de finondation, et qu^il est difficile quUb se tirent aisément de la position qu'ils ont prise imprudemment.

«r D*an antre c6té , la trouée par Solesmes ,

entre Cambrai et Landrecies, se trouve absolument libre, et Tennemi pousse de gros corps de cavalerie qui, sans nul obstacle, vont ravager tout le plat pays jusqu'à Saint- Quentin. Le génénd Beaurgard, qui commande dans le département de T Aisne, a chassé les ennemis de la Thiérache, et' il parait certain que la colonne de Beaulieu n'a pas pu se faire jour par la trouée de la Gapelle. C'est la cavalerie qui cerne les environs de Landrecies qui a fait des pointes et commis des dégâts dans tout le plat pays. Le 3 septembre, les ennemis ont ravagé le beau pays en avant de Saint-Quentin. lia ont emmené les bestiaux, emporté les blés, avoines, fourrages, depuis Villers-Outréau jusqu'à Beliicourt, et depuis Prémont jusqu*î Fonsomme et Footaine-Utertre. Il faut

CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [5 sm. 1793.]

LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU G^N^RAL EN CHEF DE L*ARM£e DES ARDENNES ^^\

Paris, ie 5 septembre 1798.

LES nBFnisBNTÀNTS DV PBVPIB OOUPOSANT LE COMirà DB SàLVT PUBLIC

AU BiniBÀL BU cbbf de LunaéE des àbdennbs. Citoyen général,

Une expédition importante vous a été proposée; le succès en parait certain, si elle est conduite avec vigueur et sagesse. Il s'agit d'enlever une quantité immense de fer forgé ou coulé qu'on assure se trouver dans les mines de l'abbaye d'Orval ^^K Vous savez quels sont nos be-

prendre des mesures pour couvrir cette frontière, de manière qu^aucun corps ennemi ne puisse impunément franchir les lignes de notre défense et que ia retraite lui soit invinciblement coupée.

«Vous voyez, général, que ia division de Beauiieu, que je supposais, d'après vos avis, s^étre portée du côté de Vervins, ne s*y est pas présentée, et que ce sont les troupes cantonnées au Gâteau et dans les oivirons qui ont commis tant de pillages dont on s'est plaint. 11 vous serait possible de combiner un mouvement des garnisons de Cambrai, Landrecies, Avesnes et Maubeuge, qui couperait la retraite à tous ces corps avancés et qui les détruirait entièrement.

«Mais il vous reste toujours à combiner le mouvement de la colonne ennemie. Avec rimmensité de forces qui se dirigent sur les frontières, il faut reprendre Toffensive d'une manière très prononcée sur tous les points et , en établissant un camp de réserve sur nos derrières , entre l'Oise et la Somme , nous nous mettrons à couvert de toute espèce d'inconvénients.

«J'ai envoyé le général Belair reconnaître toutes les positions de la ligne de réserve; je lui marque de vous rendre compte du résultat de ses travaux, afin de couvrir

d'une manière invincible la deuxième ligne de défense delà République. Étudiez toutes ces positions en arrière, afin que, par des précautions sages, nous nous trouvions par cette campagne à l'abri de toute espèce d'accident.»

^1) Bouchard commandait alors les armées du Nord et des Ardennes. Cette dernière avait eu pour général en chef Lamarche, qui venait d'être destitué et (|ui fut remplacé, le 11 septembre 1798, par Jourdan.

C*) Abbaye de Cisterciens, fondée en 1 1 a 6 dans le duché de Luxembourg. Elle avait été récemment détruite, si on en croit la correspondance suivante, envoyée d'Aixla-Chapelle , le 9 a juillet 1 793 , au Monàêur et insérée dans le n** du 5 août (XVll, 395) : trLes invasions des Français dans le Luxemboui*g ne sont pas interrompues : il y a quelque temps qu'un parti de troupes irrégulières est tombé sur un poste avancé d'Autrichiens et en a enlevé la plus grande partie. Plusieurs villages ont été pris, et la belle abbaye d'Orval, si souvent dévastée par Tennemi, a été enfin détruite de fond en comble; Téglise a été abattue par le canon, après que les Français en ont eu emporté l'oi^^ue, l'autel et les colonnes de marbre. -n

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