LB COMITÉ DE SALUT POBUC DE LA CONVENTION NATIONALE AV MAIRE DE PARIS
Citoyen,
En vertu du décret de la Convention nationale du 3 3 août dernier, qui met tous les Français en récpiisition pour combattre le^ ennemis de la République, nous vous prévenons que les architectes ci-après nommés, savoir : les citoyens Vignon^*^, Glise, Hubert ^*\ Mouton ^*\ Poyet t«), Piron , Poidevin ^^), Signy ^^\ Vachette , Delespine ^^\ De Wailly ^^^^ et Roucelle^^^\ chargés de la construction des forges et ateliers néces-
(*) Cf. leUre du Comité de salut public au ministre de la guerre, à la date du 10 septembre 1798.
(^ Jean-Nicolas Pache, ex-ministre de la guerre, élu maire de Paris le 16 février 1793, remplacé par Lescot-Fleuriot le ai floréal an 11 (10 mai 179^).
^^ Barthélémy Vignon, élève de Poyet, né à Lyon en 1 76a , mort è Paris le 96 juillet i846.
t*) Auguste Hubert, élève de Peyré le jeune, grand prix d*archilecture en 1786, collaborateur de David pour les fêles nationales. (Cf. Ad. Lance, Dictionnaire deê arcKitêetêi françaii , I, 365.)
(*) Adrien Mouton, né à Marseille en i7i&i, grand prix d'architecture en 1766. (€f. Ad. Lance, II, i6â.)
(*) Bernard Poyet, né à Dijon le 3 mai 1 7&a , élève de Charles de Wailly , membre de TAcadémie d'architecture le i*^mat s 786 et de l'Académie des beaux-arts le 1 9 décembre 1818, mort à Paris le 6 décembre
(^ Cet architecte acheva la construction de Tabattoir Montmartre à Paris. (Cf. Ad. Lance, II, 917.)
(>) Louis Signy, architecte expert depuis 1779, électeur du département de Paris en 1791* membre de la Société des amis de la Constitution. (Cf. Etienne Charavay, Aiêêmbléê électorale de Pûrii de îjgi,ip,i'j.)
W Pierre-Jules Delespine, né à Paris le 3i octobre 1766, membre de l'Académie des beaux-arts le 96 juin iSih^ mort à Paris le 16 septembre 1895.
0*^ Charles de Wailly, née Paris le 9 novembre 1799, membre de l'Académie d'architecture le 91 mai 1767 et de celle de peinture le 97 avril 1771, membre de l'Institut le 90 novembre 1796, mort è Paris le 9 novembre 1798.
('*) Bertrand -Eugène Roucelle, né en 1769, architecte du département de la guerre , électeur du département de' Paris en 1790 et en 1791. (Cf. Etienne Charavay, ÀMêembUe électorale de Aim de t y go et dêfjgt,)
saires h la fabrication des armes de Paris, pourront employer h ces édifices tous les citoyens maçons, charpentiers, menuisiers, plâtriers, etc., dont ces travaux exigeront Tindustrie et les fournitures ^^^
Ces ouvriers seront payés sur le taux des prix courants des ouvrages et des journées déterminés pour les travaux du mois d'août dernier.
Nous invitons tous les ouvriers, amis du bien public et cpii veulent sincèrement le salut de la patrie, de se réunir pour contribuer à faire accélérer ces travaux importants.
Nous invitons les sections de Paris, le conseil municipal, le directoire du département, toutes les autorités constituées, à user de tout leur pouvoir pour la prompte construction de ces immenses ateliers qui produiront les foudres qui doivent exterminer les tyrans.
Lei membres du Comité de salut publie, Laz. Gabnot, G. -A. Prieub, Thuriot.
(Orig., Ârch. nat, DXLU, carton 1.)
h& MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Analyse. — Deax lettres : i* Il demande i^autorisation d'employer provisoirement dans des corps de cavalerie quelconques les chefs d'escadron et capitaines nommés dans les nouveaux escadrons, qui sont momentanément sans traitement ni emploi. — a* Il renvoie trois mémoires des citoyens Defi^ et Guilliot et d'un volontaire anonyme sur les moyens d'effectuer la levée en masse, parce que les dispositions proposées ne feraient qu'entraver les mesures générales adoptées par le Comité.
(Orig., Arch. de la guerre, eorrespondanee générale.)
'') Le Comité de salut public raonlrail, par Torgane de Camot et de G.-A. Prieur, la plus grande sollicitude pour celle importante question de la fabricalion des armes, dont il s^élait occupé a diverses reprises; il avait donné à cet effet au minisire de la guerre Tautorisalion de faire con-
struire à Paris des ateliers d^ajusleurs-monteurs de fusils et de platineurs aui architectes Piron (a8 août 1793), Hubert, Poidevio, Roucelle, de Wailly (99 août), Delespioe, Mouton (3o août), dise (3i août), Signy (3 septembre). — Cf. Aulard, VI, i45, 166, 167, 188, ao5, aSi.
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [5 sift. 1798.]
CASSEL, 5 SEPTEMBRE lygS. LE G^Ifl^RAL HOUCHARD AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE.
Au quartier général de Casse! , lo 5 septembre 1793 , l'an i" de la République française, à beures après midi.
LS GivihAl HOnCBÀBD AU UINISTRE DB LA GO E BBS,
Aussitôt que j'ai su le départ du général Souham ^'\ j'ai pourvu à son remplacement par le général Ferrand. Je regrette cependant que le premier en ait été tiré , car malgré ce qu'il a écrit au Comité de salut public sur la résistance qu'il limitait pour la défense de Dunkerque , j'ai lieu de croire, d'après ce qu'on m'en a dit , qu'il n'était nullement disposé à rendre la place. Il aura ouï dire de quelques officiers du génie , qui raisonnent toujours mathématiquement sur les opérations de guerre et d'après d'anciens calculs établis lors des guerres de roi à roi, que la place ne devait tenir que cinq jours, et il l'aura répété; il ne l'eût pas fait, s'il avait eu plus d'expérience et plus de moyens. Je voudrais , citoyen ministre , vous voir ici pour que vous puissiez vous-même juger nos généraux et vous convaincre de l'espèce d'inanition dans laquelle ils se th)uvent par la crainte de leur responsabilité. Alors vous sentiriez véritablement notre misère et notre embarras sur ce point. Rarement il se donne un ordre qu'il ne soit suivi de refus d'accepter un commandement trop étendu, ou d'observations minutieuses sur les détails des opérations. Je voudrais bien pouvoir vous indiquer dans l'armée trois ou quatre bons généraux de division , et le double de généraux de brigade. Ceux annoncés n'arrivent pas ou n'arrivent que pour dire qu'ils ne sont bons à rien. Je n'ai personne absolument à envoyer à Maubeuge à la place du général Gudin. Je sens néanmoins , comme vous , qu'il faut de nécessité absolue le remplacer. Si vous ne trouvez personne , je n'ai à vous proposer de cette armée que le jeune général de brigade Dupont ^'^ C'est le seul capable de faire des dispositions en grand et de donner de la vigueur au corps d'armée de Maubeuge. Il vient de vous être tout récemment proposé pour le grade de général de brigade par les représentants du peuple. Il laissera un grand vide au camp de la Madeleine , et je serai dans le même embarras pour l'y remplacer.
Demain matin nous allons faire un déjeuner à l'anglaise. Je vous rendrai compte de l'issue. Nos corps de troupe se rassemblent aujourd'hui sur les différents points de départ des colonnes. Nos avant -postes ont été attaqués ce matin sur tout notre front. Je présume qu'on voulait nous reconnaître et prendre des notions sur nos forces et nos dispositions. L'ennemi a été repoussé partout, à l'exception d'un
(') Cr. lettre de Berthelmy à Hoche, du Tannée du Nord, s'était emparé, le 98, de
97 août 1793. Tourcoing et avait pris cent hommes et un
(') Pierre Dupont, Agé de vingt-huit obusier. (Cf. Not$i hiêtoriquei du canven-
ans, nommé général provisoire le 96 août tionne/ De/6re/^ publiées par Aulard ; Paris,
1793 par les représentants du peuple i 1893, in-8*, p. 48.)
[6 8BPT. 1793.]
poste où le 36* r^fiment ne s'ëUit pas levé aussi matin qu'il en avait reçu Tordre. Ce r^fiment a fait quelques pertes, qui ne sont pas néanmoins très considérables. Je vais en ce moment faire sentir au chef qu'il aurait dîk être plus vigilant.
Parmi les pertes de Tennemi, on compte un colonel anglais, dont ht riche dépouille a passé à nos tirailleurs.
HOUCHAIID.
( Orig. , Arehifes de la gaerre , arméo da Nord. )
LILLE, 5 SBPTEHBRB i^^i- LE GininkL PAVART AD COMITE DE SALUT PUBLIC.
Atialyse, — Détails sur la situation de Lille et sur les moyens qu'il a employés pour mettre cette place en état de défense.
(Analysa, Arch. de la gaerre, reg. da Comité de salut publie, C , fol. 669.)