REPRESENTANTS DANS LA SEINE^-INF^RIEURE
La découverte que vous avez faite, citoyens collègues, d*une fonderie près de Rouen est des plus intéressantes^^); vous êtes autorisés à lui donner toute l'activité possible et à favoriser l'établissement de la manufacture des fusils; nous vous invitons de ne pas négliger ces grands moyens de défense. Nous vous observons seulement deux choses : la première, c'est que, voulant établir une grande manufacture d'armes à Paris, il faut que les mesures que vous pourrez prendre ne contrarient point cet établissement; la seconde, c'est que nous pensons qu'il ne faut point de régie en ce genre, mais des entreprises. Il faut que l'entrepreneur soit sûr qu'on lui achètera toutes les armes qu'il pourra fournir, en quelque nombre qu'elles soient, au prix courant, lorsqu'elles auront subi les épreuves convenables; mais point de privilèges, ni de conseils d'administration, qui ne sont que des moyens de gaspillage. Cependant, s'il était nécessaire de simples avances faites sans cautionnement, nous pensons que cela n'aurait aucun inconvénient. Nous vous le répétons, la loi du 9 3 août vous donne à cet égard toute latitude possible de pouvoirs, et vous êtes investis de la confiance.
(Minaie aat. de Caroot , Areh. nat. , AP u fti i.)
(^) Cette pièce n*est pas datée, mais comme elle répond 4 une lettre reçue par le Comité de salut public le 7 septembre, j*ai cru pouvoir U classer au 8 septembre,
(*) Louis Loucbet, né i Longpré (Somme) le a 1 janvier 1 753 , professeur au coUége de Rodei, député de rAveyiq|n k la Convention.
<*) Louis Legendre, né k Versailles le 99 mai 175a, marchand boucher, député de Paris k la Convention, membre du Conseil des Cinq-Cents, mort k Paris le i3 décembre 1797.
(*) Legendre et Loucfaet avaient été envoyés, le i5 août 1793, en mission dans le département de la Seine-Inférieure pour rechocher les causes de la disette des subsistances.' Delacroix (d*Eure-et-Loir) leur (ut adjoint le a 9 du même mob. (Cf. Aulard, VI, 1 et 170.)
(^) Delacroix, Louchet et Legendre avaient annoncé au Comité de salut public, par une lettre datée de Rouen, le 6 septembre 1793, qu^ils avaient découvert à Rouen une excellente ibnderie de canons. (Cf. Aulard, VI, 3o6.)
106 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [8 sept. 1798.]
40. PARIS, 8(?) SEPTEMBRE 1793. . LE GOMITi DE SàLUT PUBLIC A GHOUDIEU ^'^ ET RICHARD ^'^\ REPRESENTANTS PRÈS L'ARMÉE DES CÔTES DE LA ROCHELLE.
Paris, septembre 1793.
LB8 BBPRisBNTÀNTS DV PBVPLB MEMBRES DV COMITE DE SÀLVT PUBLIC
ÀVI CITOYENS CBOVDIBV ET RICBABD,
REPRiSENTANTS DV PEUPLE PRÈS VARMÉE DES CÔTES DE LA ROCHELLE,
Citoyens collègues,
Le Comité de salut public vous annonce que le ministre de la guerre a été chargé de pourvoir incessamment aux besoins que vous exposez dans votre lettre du & de ce mois. Du reste, il se repose sur votre zèle et sur votre application à lever tous les obstacles que vous pourrez rencontrer pour le succès des opérations qui vous ont été confiées ^*^
Salut et fraternité.
Les membres du Comité de salut public chargés de la correspondance.
( Minute, Ârch. nat, AF n 967.)
^'J Pierre-René Ghoudieu, né à Angers (Maine-etr-Ix)ire) le a 6 novembre 1761, substitut au présidial de sa ville nalale, député de Maine-et-Loire à TAssemblée légidative et à la Convention, proscrit en 1816, mort à Paris le 9 décembre i838. Ghoudieu , commissaire à Tannée des Côtes de la Rochelle depuis le 3o avril 1793 (cf. Aulard, III, 54o ), avait envoyé de Tours au Comité de salut public, le 3i juillet 1793, un plan pour finir la guerre de la Vendée. Le 9 août 1793, le Comité arrêta de s'en rapporter pour Texécution dudit plan à la sagesse des représentants (cf. Aulard, VI, lià6). M« Ch.-L. Chassin a publié ce plan dans sa Vendée patriote, III, k,
(^ Joseph -Etienne Richard, né k la Flèche (Sarthe) le 98 septembre 1761,
avocat, député de la Sarthe à l'Assemblée législative et à la Convention , préfet de la Haute-Garonne et de la Charente-Inférieure sous TEmpire, baron en 1810, mort à Saintes (Charente-Inférieure) le 17 août i83/i. Richard avait été envoyé à Tarmée des Côtes de la Rochelle le 1 9 avril 1 793. (Cf. Aulard, m, 9i5.)
t*) Les représentants Ghoudieu et Richard avaient écrit de Sauihur, le h septembre 1793, au Comité pour lui exposer les besoins piessants de Tarmée des Côtes de la Rochelle en fait d'artillerie. En marge de l'analyse de cette lettre, Camot a écrit : ff Accuser la réception et prévenir nos collègues Ghoudieu et Richard que le ministre a été chargé de pourvoir aux besoins qu'ils exposent.»
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU COMITÉ DE SALUT PUBLIG
Analyse. — En vertu de Tarrétë du Comitë, en date du a 8 août^^^ il lui fait passer l'ëtat des em[dacements désigna par lui pour les dëpAts gënëraux de cavalerie dans chaque armée. Il fait observer qu'il n'est pas nécessaire de fixer quatre dépAts par année , parce qu'il est des armées on la cavalerie est peu nombreuse et d'autres où il n'y en a pas, telles que celles d'Italie, des Côtes de Brest et de Cherbourg. D propose de donner aux inspecteurs 6,000 livres, et aux adjoints 3,ooo(*\
(Orig., Ârch. de la guerre, corr. générale.)
DUNKBRQUE, 8 SEPTEMBRE 1793.
LES REPRESENTANTS TRULLARD ET BERLIER AU GOMrrE DE SALUT PUBLIG.
Dunkorqae, le 8 septembre fan 11 de la Répa]>Uqae une et indivisible **>.
THUUAnD ET BBHUKR, nEPRBSBNTÀNTS DD PBUPLE , ENVOfis Puis L'ARMÉE DU NORD, À LEORS COLLècOES COMPOSANT LE COMITÉ DE SALVT PUBLIC,
Citoyens nos collègues ,
Nous vous avons rendu compte de nos sorties des 6 et 7 de ce mois ^^^ ; nous en avons aujourd'hui tenté une que la fatigue des troupes et le feu prodigieusement augmenté de l'ennemi sur les dunes n'ont pas permis de pousser bien avant. Quoi qu'il en soit et avant la fin de ce combat, l'on a remarqué de la tour que l'ennemi pliait ses tentes et faisait prendre à ses vivres et munitions le chemin de Fumes. Cet événement se lie saitô doute avec les succès du général Houchard; ils sont considérables sans doute, car plusieurs rapports nous font connaître qu'on a pris dans ce point son artillerie, beaucoup de drapeaux, et qu'on a conduit à Bergues un grand nombre de prisonniers ang^s et autrichiens.
On a aujourd'hui soir exécuté à Bergues un prêtre réfiractaire et un émigré
(^> Cet arrêté chargeait le ministre de la guerre du soin de déterminer, pour chaque armée de la République , quatre arrondiseements principaux où seraient réunis tous les dépôts particuliers des (h>upes à cheval de ces armées, et portait qu^il serait nommé, par arrondissement principal, un inspecteur et deux secrétaires.
(^ Le 16 septembre 1793, Bouchotte, n^ayant pas reçu de réponse, renouvela sa demande au Comité. (Orig., Arch. de la guerre, corr. gén.)
(^> Cette lettre n'a été qu'analysée dans le recueil Aulard.
(*) Cf. cette lettre dans le recueil Aulard, VI, 335.
108 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 sept. 1793.]
arrêtes les armes à la main. C*est ce qu*on peut appeler prompte et bonne jostioe. Nous regardons Dunkerque conmie sauve et nous comptons demain nous mettre à la suite de Tennemi.
Salut et fraternité.
Tbdllard, t. Bbblibr.
P.'S. N'oubliez pas nos diverses demandes, surtout des habits et des souliers. Nous sommes ici absolument dénués de tout ce qui appartient à Téquipementt*>.
(Orig., Arcb. de la guerre, année du Nord.)
LE GlÎNéRAL BEYS8ER AU GOIflTlf DE SALUT PUBLIC.
Analifse. — Chargé d'une expédition militaire, il ne peut continuer à remplir la mission politique dont le Comité Tavait chargé. D va se mettre à la tête des troupes. ffJ'espère que je serai plus heureux à la poursuite des rebelles armés qu'à celle des chefs de parti qui se cachent. J'aime beaucoup mieux combattre [ceux-là] les armes à la main que déterrer [ceux-ci] dans les ténèbres où ils se cachent. Au surplus, quelque service que la République attende de moi, je serai toujours disposé à faire tout ce qui pourra montrer mon respect pour la Convention nationale et servir la cause de la liberté.»
(Orig., Areh. nal., AF ii &6. — Pubi. par Gh. L. Ghaann, U Vtnéée ptUriote , II, &88.)
à\. PARIS, 9 SEPTEMBRE 1793^^^ LE COUni DE SALUT PUBLIC AU COMITlf DE SÛRBT< GiSn^RALE.
Paris, le 9 septembre, !*an 11 de la République.
LES BEPHisKNTÀim DU PEUPIS
MEUMEES DV COMIfé DE 8ALVT PVÊUC DE LA CONVENTION NATIONALE
AU COMITE DE stnETÛ oiNÂEALE.
Nous vous prévenons que le général Brune nous écrit de Péronne,
(*) Ce post-Bcripium est de la main de nyr et Quétineau. — Le même jour, il fait
Berlier. décréter par la Convention nationale une
(^) Camot est présent à la séance du instruction pour la formation de Tannée
Comité. (Cf. Aulard, VI, 378.) Il écrit révolutionnaire de Paris. (Momtettr, X Vil,
Tordre d'arrestation des généraux Leygo- 6a 6).
[9 8BPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRK DU COMITÉ. 109
le 98 du mois dernier, que i*ex- constituant FoUeville^^^ royaliste connu, s*entoure de nombreux domestiques, et qu'il lui suppose des projets sur lesquels il croit qu'il faudrait envoyer des ordres, les autorités constituées n'ayant aucune énergie.
Les membres du Comité de salui public chargés de la correspondance,
Carnot, Prieur, BiLLiUD-ViRBivNB.
Ong., GolL de M. Éiieoac Charavay.)