‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 51 sur 181 · SAUMUR, 16 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SAUMUR, 16 SEPTEMBRE

LE Gini^kh ROSSIGNOL AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

An quartier général à Saumnr, le 16 septembre 1793, Pan n de la RépuUique française une et indivisible.

AVI CITOrENS COMPOSANT LB COMITÉ DB SAIVT PVBIIC.

Les vrais républicains doivent se soutenir pour déconcerter les projets des rebelles. J'ai fait tout mon possible pour que cette guerre soit finie, mais len ambitieux ont fait tous leurs efforts pour que la fin en soit retardée; car, d'après l'intention de tous les généraux qoi ont fait la guerre dans le pays, il serait aisé de prouver qu'elle serait finie demain 1 7 ou qu'elle n'aurait pas passé le s o du mois, si on avait adopté nos plan^ ^^. Le général Menou ^^^ vous démontrera, la carte

(*) Gamot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, ¥1 , 5i 1.) Il écrit un arrêté ordonnant de surseoir k la vente de la batterie de cuisine du citoyen Égalité.

(*) Le 6 septembre 1793, le représentant Boyer, président du comité de surveillance des marchés, avait envoyé au Comité cette lettre du citoyen Mabile et, le 1 5 , le Comité hii avait répondu que le ministre de la guerre était chargé de prendre les mesures nécessaires.

(^) Le même jour il écrivit dans des termes analogues é Boucbotte. (Arch. de la guerre, armée des Côtes de la RocbeUe.)

(*) Jacques-François, baron de Menou, né à Boussay (Indre-et-L<Hre) le 3 septembre 1760, fils de René-Françob, maréchal de camp, volontaire au régiment des carabiniers du comte de Provence le i*' janvier 1766, rang de sous-lieutenant sans appointements le 90 avril 1768, souslieutenant d'infanterie dans la légion de Flandre le 19 novembre 1770, sous-lieutenant de dragons le 17 mai 1773, rang de capitaine au régiment de Lorraine-Dragons le 19 mai 177 4, employé le i*' mai 1 778 , aide-maréchal des logis dans le corps d'état -major, avec rang de capitaine, le

152 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [i6sbpt. 1793.]

sur la table, tout le mal qui pouvait en résulter et qui peut en résulter encore, sans rintrépidité de tous nos soldats, qui se sont glorieusement battus, qui sont déterminés à le faire encore et qui les ont empêchés de faire une trouée jusqu'à présent dans Tintérieur. Le général Menou vous donnera d'autres détails. Je vous prie de lier une conversation avec lui. Personne mieux que lui ne peut vous donner des détails plus justes de la Vendée. J'aurais désiré, pour le bien de la République, que ce brave général tàt resté avec moi jusqu'à la fin de cette guerre, qui ne peut durer plus de huit à dix jours. Je ne connais à ce général d'autre tort que d'être né dans une classe privil^ée, mais je dois vous dire qu'il s'est tonjoim montré , depuis que je suis dans la Vendée , en vrai républicain ^^K

(Orig., Arch. nat., DXLII, carton 3.)

Le général en chef, Rossignol.

1 3 juin 1783, rang de major le 1*' janvier 178/1 et de lieutenant-colonel le 9 décembre 1787, chevalier de Saint-Louis le 9 décembre 1 787, rang de colonel le s 6 novembre 1788, député de la noblesse du bailliage de Touraine aux États généraux le a 9 mars 1789, réformé avec le corps d*état-major le 99 octobre 1790, adjudant général colonel le 1*' avril 17911 colonel du 19* chasseurs à chevd le 91 octobre 1791 , maréchal de camp le 8 mai 1799, employé à Tarmée du Nord le 16 du même mois, commandant les volontaires nationaux rassemblés i Soissons le 17 juillet 1799, commandant la 17* division militaire (Paris) du 19 août au 8 septembre 1799, employé à Tarmée de réserve le 8 mars 1793, chef d'état-major général le 6 mai 1793, général de division le i5 mai 1793, mandé à Paris le 19 septembre 1793, autorisé à prendre sa retraite le 19 septembre 179&, employé à Tarmée des Alpes le 5 mars 1796, commandant la force armée à Amiens le 5 avril 1796, commandant militaire à Lyon le 11 mai 1 79a , commandant la 1 7* division militaire (Paris) le 90 mai 179S, général en chef de Tannée de Tintérieur le 1 9 juillet 1 798, destitué le 5 octobre 1796, décrété d'accusation le 99 et acquitté le 97 octobre 1795, réformé le 19 mai 1797^ employé à Tarmée d'Orient le 6 mai 1798, com-

mandant des trois provinces d'Alexandrie, Rosette et Bakirch le 99 août 1799, général en chef provisoire de l'armée d'Orient le 1 5 juin 1 800 , confirmé le 6 septembre 1 800 , rentré en France en 1 809 , membre du Tribunat le 17 mai 1809, administrateur général du Piémont le i*' décembre

1809, membre de la Légion d'honneur le 11 décembre i8o3 et grand officier le lâ juin i8oâ, commandant général des départements au delà des Alpes le 1 à mai i8o5, chevalier de l'ordre de la Couronne de fer le 93 décembre 1807, gouverneur général de la Toscane du 17 mai 1808 au 7 avril 1809, gouverneur de Venise le 98 septembre 1809, autorisé à entrer en France le. 93 juillet 1810, mort à la villa Gomeso , près de Mestre ( Italie), le 1 3 août

1810. Le général Menou avait reçu trois coups de feu à la prise de Saûmur le 10 juin 1793^ et sept blessures au débarquement d'Alexandrie le 9 juillet 1799.

— Les biographies, notamment le Diciionwdrê det Parhmmtaireê , renferment de nombreuses erreurs sur la carrière militaire de Menou.

(') Le général Menou arriva en effet à Paris le 9 1 septembre, à midi, et alla aussitôt présenter au Comité de salut public la lettre de Rossignol. (Cf. , a la date du 91 septembre 1798, la lettre de Menou au Comité.)

SARBEBRUCK, l6 SEPTEMBRE 1 798.

LE GiNÉRAL BALTHAZAR SCHACBNBUBG AU COMITE DR SALUT PUBLIC.

Au qoartier général à Saarbruek, le 16 aeptembre 179S , l*aii I*' de la R^KibUqoe française une et indivisible.

LEBÉNinàL DB DlflSlOM 8CHAUKNBVB0, COMMANDANT PnOVISOIRB DE L'ÀlUtiB DE LA M08BUE, AVÏ CrrOJBVa KBPniSBNTANTS DU PBVPLB COMPOSANT LE COMiri DB SA LOT PUBLIC,

Qtoyens représentants,

J*ai k vous rendre compte que le 1 3 , à huit heures du soir, j'ai reçu un courrier des représentants du peuple ^*\ qui se trouvaient k Hombach, quartier général du corps des Vosges, qui était porteur d*une demande des représentants (d'après l'avis du conseil de guerre tenu à cet effet) consistant à envoyer sur-le-champ trois bataillons pour renforcer ce corps destiné k attaquer, le i& à la pointe du jour, le camp de Pirmasens. Cette même lettre portait invitation k ce que je fasse faire une diversion par les avant-postes, depuis Hombach jusqu'à une lieue audessous de Sarrelibre. Tous les ordres ont été expédiés sur4e-champ, n'ayant laissé ici au corps de bataiUe que trois bataillons et trois escadrons. Le 1 & , à la pointe du jour, l'avant-garde a attaqué, repoussé les ennemis k plus d'une lieue et demie. Le combat a duré jusqu'à onze heures et a coûté trois cents hommes tués aux ennemis. Nous y avons eu deux hommes tués et un cheval, et deux perdus dans un marais et dix-huit hommes blessés. Les ti*oupes se sont conduites avec une valeur distinguée.

Le poste de Dudweiler s'e»t porté à une lieue en avant, pourchassant les ennemis. Ce combat nous coAte une pièce de 4 , tombée dans un ravin très profond. Cette chute a été occasionnée par une roue cassée et l'inhabileté des charretiers, qui ne sont que des enfants. Nous y avons encore perdu un officier et trois soldats tués et dix blessés; les ennemis ont perdu à ce combat passé deux cents hommes. Nos troupes s'y sont Clément bien conduites.

Le poste de Kichenbach a attaqué à la même heure, a repoussé les ennemis, leur a tué une trentaine d'hommes et n'a eu qu'un chasseur de tué et quelques cavaliers de blessés.

Les troupes aux ordres du général Villionne ont attaqué conjointement avec une sortie de la ville de Sarrelibre. Ces troupes ont tué qudques hussards, brûlé un petit magasin de foin, pris des eflfets aux ennemis en fuite et ramené huit prisonniers.

L'avant-garde a fait quelques prisonniers et ramené six chevaux, Dudweiler également ; somme totale , chacun à cette journée a fait son devoir et les ennemis

(') Ln représentants Ehrmann, Ricbaud et Soubrany. (Cf. A. Cbuquet, Wisiembotirg , p. 160.)

15& CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [16 sipt. 1793.]

ont essuyé, dans les parcs du prince de Nassau et de la Leyen , une chasse républicaine.

Ce que je vais vous dire, citoyens représentants, du corps des Vosges, vous affligera autant que moi. Hier, à sept heures du soir, est arrivé un dâ^é des représentants du peuple près cette année, me dire que la division des Vosges s'était portée, le i& , à la pointe du jour, sur trois colonnes et avec toute la bravoure possible sur le camp de Pirmasens , qu'elle avait essuyé pendant douze minutes le feu de quarante canons, qu'elle était au moment de mettre le pied dans les retranchements des ennemis, qu'elle s'était vu eidever une victoire, méritée par la fermeté avec laquelle elle s'était approchée à une portée de fusil des retranchements; mais qu'un développement inattendu de la colonne de droite dans une gorge y avait entraîné les deux autres colonnes , d'où il avait été impossible de les tirer; que la cavalerie, qui était sur la gauche, se voyant abandonnée, avait suivi le même mouvement; que les troupes étaient rentrées en déroute au camp de Hombach, qu'une grande partie des pièces de bataillon était au pouvoir des ennemis, ainsi que quatre pièces de position; que la perte connue en hommes pouvait s'évaluer à 800 hommes, tant tués qu'^arés, que cependant il rentrait encore du monde k chaque instant ^^K

J'ai reçu une lettre sommaire du général Moreaux; comme die ne portait aucun détail de ses dispositions , ni de l'affaire , je lui ai répondu sur-le-champ de me fiedre un rapport fidde et signé , afin que je puisse vous l'adresser.

Comme la partie d'Hombach peut se trouver U^ compromise, je laisse les trois bataillons de supplément. J'ai expédié les ordres nécessaires pour prendre de la garnison de Thionville une demi-brigade, de cdle de Longwy deux bataillons, et de Sarrelibre un , afin d'avoir six bataillons frais pour remplacer six de ceux qui auront le plus souffert à Hombach. Le chef de l'état-major a rangé le mouvement, de manière à ce qu'il ne se trouve aucune lacune sur ces places frontières. J'ai prié les représentants du peuple près cette armée de requérir le district de Metz pour se porter à Hombach , afin de pouvoir placer celui de Sarreguemines dans les gorges de Bitche pour lier la droite et la gauche des deux armées d'une manière plus solide encore. Toutes ces mesures, citoyens représentants, pourront devenir utiles, si les ennemis en donnent le temps. Je me propose d'aller au camp d'Hombach demain, si les circonstances me le permettent.

Balthasar Schadenburo.

(Orig. , Areh. de U guerre, année de lâ Moselle.)

(') En effet, les Français, au oombre de masens; mais, par ses habiles dispositions,

16,000, sous les ordres du général Mo- le dur de Bnmswîck les avait repousses

reaux, avaient, dans la nuit du i3 au et mis en déroute. (Cf. A. Ghuquet, Wit-

1 h septembre , quitté le camp de Hom- êembowg, 1 66 .) Les opérations de Srbauen-

bach. Ils avaient attaqué, dans la matinée burg avaient empêché Hohenlohe de cou-

du 16, les Prussiens qui occupaient Pir- per la retraite de Moreaux.

[17 8BPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DO COMITÉ. 155

lufuNiON-suR-oisE (guisb), i6 skptbmbre 1793.

LE GlflIlfRAL BBAURGiRD iU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Anahfie. — D mande qu'il est entre au Cateau, mais qu'il n'a pas ose aller plus loin , n'ayant pas de troupe pour assurer sa retraite. Mesures prises pour la levée en masse du département de l'Aisne. Il s'engage à préserver ce département des incursions de l'ennemi.

(Orig. , Areb. de la guerre , année da Nord.)

LE GOIIITI^ DR SALUT PUBLIC AUX REPRESENTANTS ROVÈRE ^^^ ET POULTIBR ^^\

Paris, ic 17 septembre 1793, Tan 11 de la R<^publique.

LES nEPnésKNTANTS DO ?EU?LE , MKMBHgS DU COMIli DE SALUT PUBLIC, AUX CirOYENS EOVàlŒ ET POULTISn, EE PRÉSENT A NTS DU PEUPLE DANS LES DÉPAETSMENTS néEI- DION AUX.

Citoyens collègues,

Il importe à la République de voir multiplier les manufactures d'armes. Votre zèle doit tendre à favoriser cet établissement et vos pouvoirs sont suflBsants pour faire sous cautionnement une avance de 9 0,000 livres.

Le Comité désire qu'il n'y ait pas en ce genre des régies auxquelles trop d'inconvénients sont attachés. Les simples entreprises, en donnant

(*) Camot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, 533.)

(*) Stanislas-Jos^-François-Xavier Rovère,në à Bonnieux (Vauciuse)ie 16 juillet 1768, capitaine commandant des gardea-fuisses à Avignon, député de Vauduse à r Assemblée législative (a5 juillet 1799) et des Boucbes-du-RbAae k la Convention, menibre du Comité de sûreté générale, député de Vauduse au Conseil des Anciens le 99 vendémiaire an 1? (1 4 octobre 1795), proscrit après le 18 fructidor et déporté à la Guyane, mort à Sinnanuury (Guyane) le 11 septembre 1798.

Rovère avait été envoyé dans les Boucbes-

du-RbAne le 9 à juin 1793. (Cf. Aulard, V, 70).

(>) François-Martin PoulUer d*EhnoUe, né à Montreuil-sur-Mer (Paa-de-Calais) le 3 1 décembre 1763, bénédictin , député du Nord à la Convention et au Conseil des Anciens, député du Pas-de-Calais au Conseil des Cinq-Cents le aS germinal an vu (16 avril 1799)» colonel et commandant d^armes à Montreuil-sur-Mer sous T Empire, député du Paa-de-Calais le i3 mai i8i5, proscrit en i8t6, mort à Tournai (Belgique) le 16 février 1896. Poultier avait été envoyé dans les Bouches-du-RbAne le 97 juin 1793. (Cf. Aulard, V, 101.)

[178IPT. 1793.]

leméme résultai, sont plus avantageuses à la République. Vous calculerez toujours ses plus grands intérêts; vos lumières nous répondent que vous choisirez les meilleurs moyens pour la servir utilement.

Les membres du Couni de salut public chargiî8 de la gobrespondange,

Garnot.

(Minnte sig. par Carnot, Arth. nat, AF 11 36, dossier n* 993.)

LB COMITE DR SALUT PUBLIC AUX MEMBRES DU COMITlS DE LA GUERRE.

Analyse, — Envoi de pièces relatives au commissaire des guerres Bourgongne, détenu h Forbach par ordre des représentants près l'armée de la Moselle ^^^

(Minute, Arch. nat, AF 11 938.)

5â. PARIS, 17 SEPTEMBRE 1793.

LB COMITÉ DE SALUT PUBLIC AU GÉNÉRAL MONTALEMBERT ^^l

Pans, le 17 septembre 1798, Tan 11 de la République française ('^

LES RBPnisKNTANTS DU PBUPLK MBMBHB8 DV COMITE DE SA LUT PUBUC AU CITOYEN GiNÈRAL MONTAIBMBBRT.

Le Comité, citoyen, voulant mettre à profit pour le salut de la République les inventions qui peuvent y concourir, vous invite à lui

(') Ces pièces avaient étë transmises au Comité, le 8 septembre, par le représentant Couturier.

('> Marc-René, marquis de Montalerobert, né è Angouléme (Charente) le 16 juillet 1714, cornette au régiment de Ckmti-Ca Valérie le 1" juin 1783, capitaine le 35 mars 1 73 &, capitaine des gardes du prince de Gonti le a 8 février t7&4, rang de mestre de camp de cavalerie le 8 octobre 176&, chevalier de Saint-Louis le 1" février 1766, associé libre de l'Académie des sciences en 1767, lieutenant gé-

néral au gouvernement de Saintonge et Angoumois le so mars 1753, brigadier de cavalerie le t*' mai 1768 « maréchal de camp le ao février 1761, retiré le 9 avril 1783, remb en actirité pour continuer ses travaux sur Tartillerie et les fortifications le 97 septembre 1798, général de division et autorisé à prendre sa retraite le 93 février 1796, admis au traitement de réforme le 19 octobre 1796, admis à jouir du traitement d'actirité le 3o octobre 1797, mort à Paris le 38 mars 1800.

t*) Le même jour, fj septembre, Mon-

[17 SERT. 1793.] CORRESPOiNDANCB MIUTATOE DU COMITÉ. 157

communiquer, s*il vous est possible, le modèle en relief ou à son défaut le dessin côté de TaffÂt de canon que vous avez imaginé pour l'usage des vaisseaux ^^^.

LbS membres du GoMITli DE SALUT PUBLIC CHARGES DE LA CORRESPONDANCE.

(Minute tut de Carnot Areh. oat, AP 11 36, doMÎer n* 993.)

PARIS, 17 SBPTEMRRB 1793.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Paris, 17 septembre 1793, a* de la République française une et indivisible.

LB MINISTHS DB LA GVBBBB AUX nBPniSBMTANTS DU PBUPLB MBMBKES DO COMtré DB 8ALVT PUBLIC,

J'ai reçu , citoyens représentants , votre lettre du 1 4 , les deux lettres des 5 et 6 , qui vous ont ëtë adressées par le général Landreniont concernant les forces et la situation de Tannée du Rhin. Je joins ici copie d*une lettre que je viens d*écrire à ce général et qui servira de réponse aux assertions erronées de ces deux lettres sur la force efifective^'^

lalembert avait envoyé au ministre de la guerre un mëmoire'intitulé : Mémoire iur le$ moymê du nouvd état dé/entif pour rmàr9 touU$ /es plaee$ ù^mont pluê fortêê, par h citoyen général MontaUmbert, (Orig.f Arch. de la guerre, corr. gén.)

(*) Gamot rédigea le lendemain 18 un arrêté ordonnant au ministre de la marine de faire construire sans délai un affût diaprés les principes de Montalemberi.

(Cf. Aulard, VI, 55a). l\ avait, dès 1787, eiqprimé son admiration pour le système de fortification du général (cf. Mémoirm but Carnot, par son ûh^ nouv. édit, i, 166), qu*il prot^^ea pendant la Révolution. Au mois de novembre Monialembert fut arrêté et aussitôt Gamot fit prendre par le Gomité de salut public, le 9 frimaire an 11 (99 novembre 1793), la délibération suivante :

«Le Gomité de salut public, instruit par le citoyen Montalembert, chai^ de faire construire un affût de son invention

pour la marine, qu^il a été mis en état d^arrestation sans pouvoir sortir de son cabinet, ni suivre le travail qui s^exécutc dans la cour de sa maison, arrête que le citoyen Montalembert a provisoirement la faculté de se transporter sous la surveillance de ses gardes dans sa c«ur ou dans les autres parties de sa maison.» (Minute aut. sig. de Gamot, Arch. nat., AF 11 ài9.)

Dans la séance du 97 septembre Tburiot avait présenté è la Convention l'ouvrage de Montalembert, intitulé : Lart défintif iupériour à fart oJftm$i/, et Lakanal avait fait Téloge du général, «notre meilleur oflBeier du génie». {Moniteur, XVIII, 758.)

(*) La leUre adressée, le 17 septembre, par le ministre de la guerre Boudiotte au général Landremont exprime son étonnement de la désertion qui s'est manifestée dans son armée. (Arcb. de la guerrei armée du Rhin.)

158 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1793.]

J^avais donne des ordres, il y a longtemps, pour fidre sortir des hôpitaux les faux malades.

Les intéresses, propriétaires des maisons démolies autour de Strasbourg, en exécution de la loi du 10 juillet, ne devraient pas troaver un écho dans le général de Tannée pour faire parvenir des murmures qui ne partent pas de bons citoyens.

Ce général vous prie de faire rectifier une erreur dans le bulletin du 3o août; je pense que vous trouverez sa demande juste.

Quant à sa proposition de tâter le roi de Prusse pour le détacher de la ligue et lui faire reconnaître la République , j*y vois une politique peu éclairée et peu nerveuse. Les despotes ne traiteront jamais avec nous que dans Tespoir de nous tromper.

J. BOUGHOTTE.

(Orig., Ârck. de la goerre, armée dm Vikim,)

LE MINISTRE DE Li GUERRE BOUGHOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

AtuUtfie. — Envoi de la copie d^une lettre du commissaire des guerres Piet-Chambelle, datée de Luçon, le 6 septembre, et de la réponse faite par plusieurs commandants de corps à une lettre de Tuncq. «rVous verrez par la première le détail de la défaite de cette division et par la seconde les reproches que Ton fait à ce général de son absence de Tarmée à Tépoque où elle a été attaquée, n

(Orig., Arch. de ia guerre, année des Côtet de la RoeheBe.)

WISSEMBOURG, l8 SEPTEMBRE fJ^S^^K LE GENERAL LANDREMONT AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTB.

WJMembourg , le 18 leptembre 1793, Tan 1 de la R^oblîqae française une et indirisible.

LÂKDRKMONT, eiNÉBÂL EN CBBF DB l'jnMKK DO BBtN , AU MINISTHB DB LA GUBBBB,

Voici à peu près ce qui s'est passé à l'armée du Rhin le 1 1 , le 1 9 , le i3 et le 1 & du présent mois. Mes occupations ne m'ont pas permis de vous en faire plus t6t le rapport détaillé.

(') Gamot est présent à la séance du au ministre de la marine (d'AIbarade) de

Comité. (Cf. Aulard, VI, 55i.) Ce jour faire construire un aflR&t de canon pour les

même il écrit de sa main deux arrêtés : vaisseaux d'après les principes du général

1* arrestation de Rouget de Lisie; i** ordre MonUdembert.

[i8 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 159

Depuis le peu de temps que je commande provisoirement en chef, je n'avais pu encore visiter tous les points que nous sommes obliges de couvrir et de dëfendre. Les gorges m'avaient inquiété par la ditqiarition du général d^ brigade, nommé d'Ariandes^'\ qui avait commandé pendant près de six mois les troupes de la République dans cette partie ^'^ J'avais pris, conjointement avec les représentants du peuple, des mesures qui devaient me rassurer en confiant la défense de ce poifte important, qu'occupe l'aile gauche entière de l'armée, au général Ferey^'^ très ancien militaire, bon républicain, brave soldat, et à l'adjudant géaénl Miribd.

J'ai tenu, le 8, un conseil de guerre, où ont assisté les six représentants da peuple, Milhaud, Ruamps, Borie, Mallarmé, Lacoste et Midiand. Utiété décidé dans ce conseil que l'armée ferait une attaque générale dans le haut, moyen et bas Rhin à jour fixe. En conséquence, le la, j'ai ordonné le passage du Rhin et l'attaque sur tous les pomts à la même heure, quatre heures du matin. Le 1 1 , qui était la veiUe de notre attaque projetée, j'apprends qu'à une heure du matin notre camp retranché de Nothweiler a été attaqué, surpris, que nos troupes ont été forcées, que cinq de nos canons ont été pris et que l'ennemi est déjà au Dahnbruck, près de Lembach. J'envoie des forces et je donne ordre d'attaquer, de reprendre le camp retranché, à quelque prix que ce soit. J'avertis le général Schauenburg, qui commande l'armée de la Moselle, de se tenir sur ses gardes et prêt à défendre le passage des gorges où l'ennemi avait pénétré. Je me rends le soir à Lembach , j'ai une conférence avec l'adjudant général Miribel et avec le général Ferey. J'étais alors pleinement assuré par différents rapports d'émissaires , de déserteurs ennemis et de nos soldats eux-mêmes, que le scélérat d'Ariandes,

(1) Loiii»-Françoi»PieiTe d'Ariandes, né à Tonmon (Ârdèdie) le 10 mars 1763, volontaire aa r^pment de Bouriioimais- Inftmterie le 1" mai 1769, sons-lieateiiant le 16 avril 1771, lieatoiant le i3 janrîer 1 777, lieutoiant en premier le 3 juin 1 779 , capitaine en second le 8 octobre 1781, capitaine commandant le 3 juillet 1787, chevalier de Saint-Louis le 5 mai 179I1 lientenant-colonel le 1 7 juin 1 79a , général de brigade le 90 mai 1793, confirmé le 3o juillet suivant.

W D'Ariandes commandait le camp de Nothweiler; il avait abandonné ses troupes le 94 août 1793 et était pané dans le camp prussien. (Cf. A. Ghuqnet, Wi$$0nd>ourg , 1Â5.)

W Claude-François Ferey, né à Gray (Haute-Saône) le 99 décembre 1793, fils d*an marchand de boBu6, lieatenant d'un r^hnent de Mareil le 19 avril 1763, lieutenant de Royal- Lorraine -Infimterie le

1 5 janvier 176& et de grenadiers le 90 décembre suivant, lieutenant en premier le 19 janvier 17^8, réformé avec le régiment en 1769, capitaine au bataillon de D61e le 95 janvier 1760, capitaine de grenadiers le 1" janvier 1761, chevalier de Saint-Louis le 19 juillet 1 763, retraité le 93 octobre 1783, capitaine, puis commandant de la garde nationale de Gray en 1789 et 1790, élu adjudant -major du 10* bataillon de la Haute-Saône le 7 août 17911 général de brigade provisoire le 9 6 août 1793, commandant de la place de Bitche par arrêté de Le Bas et Saint- Just le 5 frimaire an n (aS novembre 1793), cesse ces fonctions le 1 5 thermidor an m (9 août i79&)t retraité le 11 prairiad an IV (3o mai 1796), retiré à Gray, ou il vivait encore en 1800. Le général Ferey avait fait les campagnes de Flandre de 17&4 à 1768, d'Allemagne en 1761 et de Genève en 1783.

160 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [iSsbpt. 1793.]

non disparu , mais bien ëmigrë dans les joors de combat du 9 a au a8 aoùl, avait conduit les ennemis sur le camp retranche de Notkweiler et qu'après leur infime victoire, dœ k la lâcheté et à la trahison, ils avaient crié : Vhe d'Arkndeêl Je ne suis pas peu surpris que d*entendre Miribel prendre en main la justification de ce traître et soutenir encore qu'il n'était pas émigré , s'efforcer de me persuader que tel chemin était coupé, comme il devait l'être, pour empêcher l'ennemi d'y passer, tandis que je savais des habitants qu'il ne l'était pas^'^ Ces discours et autres me rendirent Miribel plus que suspect , et je revins très promptement à Wissembourg auprès des représentants, à qui -je fis part de mes soupçons et de mes vives alarmes; ils n'ont pas balancé et ont arrêté que Miribel était suspendu et serait mis sur-le-champ en état d'arrestation. J'ai fait exécuter diligemment cet arrêté et j'ai envoyé dans les gorges les deux aciyudants généraux, Saint-Cyr^*^ et Malet ^'\ qui , avec le général Ferey et Trentinian ^^\ commandant du 7* bataillon d'infanterie Infère, se sont conduits en vrais républicains et avec toute la bravoure, l'intelligence et le concert que je pouvais attendre d'eux.

J'attaque le 1 a , à quatre heures du matin , comme il avait été décidé dans le conseil de guerre. L'aile gauche, aux ordres du général Ferey, repousse les enne-

<»> Cf. A. Chuquet , Wiêimbourg, p. 1 67 et suiv.

W Laurent Gouvion Saint -Cyr, né a Toul (Meurthe) le i3 avril 1766 , fils d'un tanneur, volontaire au i*' bataillon des chasseurs de Paris le 1" septembre 17931 capitaine le 1" novembre 17991 adjudant général chef de bataillon à Tarmée du Rhin le 11 septembre 1793, adjudant général chef de brigade le 9 1 nivôse an 11 (10 janvier 1796)1 général de brigade provisoire par arrêté du représentant Uentx le 17 prairial an 11 (5 juin 1796), confirmé le as (10 juin), général de division le t6 fructidor an 11 (s septembre 1796), maréchal de TEmpire le 97 août 1819, ministre de la guerre du 9 juillet au 98 septembre i8t5, ministre de la marine le 93 juin 1817, ministre de la guerre du 19 septembre 1817 au 19 octobre 1819, mort à Hyères (Var) le 17 mars i83o.

(') Claude -François de Malet, né à Dèie (Jura) le 98 juin 1766, mousquetaire à la 1" compagnie le 97 décembre 1771, réformé le i5 décembre 1776, capitaine le i*' juin 1791, aide de camp du général Gharies de Hesse le i*' août 1 791, capitaine au 5o* d*in[anterie le 95 mars 1791, adjoint aux adjudants généraux

le 1** mai 179a, adjudant général chef de bataillon le 3o mai 1793 et chef de brigade le 96 germinal an iv (i3 avril 1796), général de brigade provisoire le 96 thermidor an vu (i3 août 1799), confirmé le 97 vendémiaire an viii (19 octobre 1799)1 suspendu le 18 mai 1807, admis à la retraite le 3i mai 1 808, fusillé è Paris le 99 octobre i8i9.

^) Jean-Jacques Trentignan, dit Trentinian, né è Montpellier le 18 juin 1739, fils d*un maître tailleur d*habits, volontaire au régiment de dragons de Jamac en 176a, réformé le 1" août 1766, soldat dans la l^on royale le 91 avril 1767, rang de sous- lieutenant le 16 octobre 1768, rang de capitaine le lâ janvier 1779, réformé avec le corps le i5 juillet 1776, attaché, comme capitaine, au 19* chasseurs à cheval le 8 avril 1779, chevalier de SaintrLouis le 98 décembre 1 783 , capitaine commandant au bataillon de chasseurs des Alpes le 93 septembre 1786, lieutenant-colonel du 7* bataillon d'infanterie légère le 5 février 1799, retraité le 8 juillet 179&1 mort en septembre 1817. Get officier avait fait sous l'ancien régime les campagnes de Gorse en 1768 el d'Amérique de 1781 k 1783.

H signait Treutignam et 7r»»lMiian.

[i8 SERT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 161

mis du Dahnbruck jusque sur le camp retranche de Notkweilar; mais \k elle essuie la plus vigoureuse résistance et, malgré les efforts de conn^ que la difficulté des hauteurs presque inaccessibles n*a pu rebuter, les braves soldats qui les avaient gravies ont été forcés d'en redescendre en se couchant sm* le dos , au milieu du feu le plus vif de Tennemi placé devant eux.

Le 1" bataiUon du i6* r^^iment, commandé par le citoyen Siscé(*\ a soutenu avec une constance que rien n'a pu ébraider, depuis le matin jusqu'au soir, le feu le plus continuel de six bataiUons ennemis et de leur artillerie; il n'a eu que six hommes de pris ou tués et dix-sept blessés. Le 1" bataillon de Loiret-Garonne , commandé par le citoyen Campagnd^'\ a chargé l'ennemi, l'a enfoncé et mis en déroute. Il n'a eu que deux hommes tués, seize braves soldats et un capitaine blessés. Le 9* bataillon de Rhône-et-Loire, commandé par le citoyen Desgrange ('\ a soutenu pendant cinq heures un feu continuel, dont il a eu huit hommes tués

(') Jean-Baptiste de BressoUes de Siscë , né à AuviHar (Tam-et-Garonne) le s 3 décembre 1753, fils d'un ancien brigadier des gardes du Roi, sous-lieutenant au régiment de Bretagne le la janvier 177I1 80U8-lieutenant de grenadiers le 4 juillet 1777, lieutenant en second le a 8 avril 1778 et en premier le 8 août 1780, capitaine en second le aS mai 1783, chef de bataillon le ai août 1799, chef de brigade provisoire par les représentants près l'armée du Rhin le 7 septembre 1793, général de brigade provisoire le 96 prairial an n (16 juin 1 796), confirmé et employé à l'armée de la Moselle le a 5 prairial an m (i3 juin 1795), employé à l'armée d'Angleterre le 16 août 1799, réformé le ao février 1801, compris dans l'organisation du 19 mars 1801, en nonactivité le a 3 septembre 1801, commandant de la Légion d^honneur h ïh juin 1806, retraité le 93 octobre 1811, mort à Auvillar le 3o novembre i838. Le général de Siscé avait pris part en 1781 au siège de Mahon, et en 1783 à celui de Gibraltar, où il avait reçu plusieurs contusions sur les fameuses batteries flottantes. Il fut blessé deux fois pendant les guerres de la Révolution, d'un coup de feu à la jambe droite è Tafiaire du Schanzel, le i3 juillet 179a, et au bras gauche à Kehl le 10 janvier 1797. Il signait avant 1789 Brmiûlei â$ Siicé, et ensuite SUcé, ou BreuoUe$ SUcê, ou Siêcé Bre$êolU$.

W David-Pierre de Lart, chevdier de Campagnol, né au château de la Coste, paroisse de Saint-L^r (Lot-et-Garonne), le k septembre 1736, engagé dans Royal- Artillerie le k septembre 17^7* cadet le 10 décembre suivant, sous-lieutenant le 16 avril 1768, capitaine le la novembre 1763, chevalier de SaintrLouis en 1779, major le 5 avril 1780, lieutenant-colonel en premier du i*' batailbn de Lot-et-Garonne le 18 juin 179a.

(') Antoine Grange, dit Desgrange, né à Lyon le h janvier 1767, engagé au régiment de Lescure-Dragons le a mars 1775 , brigadier, congédié i Niort le 2 mars 1783, marchand de vin, fusilier, puis sergent-major de la milice bourgeoise de Lyon du ao mars 1783 à 1790, élu capitaine des grenadiers au a* bataillon de Rhône -et -Loire le i3 octobre 1791 et commandant le 1*' juillet 1793, général de brigade provisoire par arrêté du représentant Hents à l'armée du Rhin le a3 prairial an 11 (11 juin 1796), non compris dans Torganisation du i5 mesâdor an m (3 juillet 1795), admis à jouir du traitement de chef de brigade réformé le 97 vendémiaire an vit (18 octobre 1797)1 retraité comme adjudantcommandant le 6 juin 1811. Le général Deagrange était juge de paix du canton de Sainte - Colombe - lès - Vienne depuis 1808, et il demeurait à Loire (Rhèiiu) en i8i5.

162 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1798.]

et trente blessés, parmi lesquels un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant, qui a ëtë perce de sept coups de baïonnette. Ce capitaine et ce sous-lieutenant étant assaillis par six ennemis, furent secourus et dâivrés par un seul volontaire, le brave Jubert, natif de Montbrison. Un autre capitaine du même bataillon , enveloppé par dix satellites autrichiens , a été secouru par un grenadier et quatre volontaires qui lui ont fait jour. Voici les noms de ces trois volontaires : Cherrier, caporal, natif de Meximieux; Épinard et Léonard, fusiliers, tous deux natifs de Lyon. Le grenadier a trouvé une mort glorieuse un peu après cet acte de bravoure; il se nommait Gauthier.

Les trois commandants de ces excellents bataillons ont montré dans cette journée qu'ils étaient dignes de commander de tels soldats, comme ceux-ci ont prouvé qu'ils étaient dignes d'avoir de tels chefs. Si leurs efforts n'ont pas été couronnés du succès, qui devait être la i^prise du camp retranché de Nothifeiler, c'est que les ennemis y étaient en forces trop supérieures. C'eAt été déjà beaucoup de les avoir seulement arrêtés; ils ont fait plus, en les repoussant et en les poursuivant avec impétuosité. Je n'ai pu savoir la perte de l'ennemi, parce que nos troupes étant obligées de se retirer dans leurs positions de Bobenthal, (3imbach et Lembach, l'ennemi a dans la nuit rdevé tous ses morts et blessés; mais j'ai été bien informé que ce transport s'est fait par SaS charettes ou chariots, qui ont été fournis par les habitants.

Pendant que l'aile gauche de l'armée défendait si vigoureusement le passage des gorges, l'aile droite, commandée par les généraux Dubois^'), Desaix^'^ et Michand^'\ attaquait les Autrichiens et les émigrés sur trois colonnes dans la

(*) Paul -Alexis Dubois, né à Guise (Aisne) le 17 janvier 1764, soldat au régiment de Lyonnais le 16 août 1770, brigadier le 5 avril 1780, maréchal des logis le 10 septembre 178a , adjudant le 99 décembre 1786, sous4ieutenant le i** mars 1791, lieutenant le 17 juin 179a, lieutenanl-colouel au 17* dragons le 96 janvier 1793, général de brigade provisoire \e ak août 1798, général de division provisoire le 10 mars 179&, confirmé le 3o du même mois, tué à la bataille de Roveredo le U septembre 1796. (Cf. L. Uennet, Le général AUxii Duboù, et Jacques Gharavay. Lu généraux mort» pour la patrU, p. 36.)

(*) Louis-Charies-Antoine Desaix, chevalier de Vey^ux, né au château d^Ayat (PUy-de-Dôme) le 17 août 1760, admis à récole militaire d*Effiat le 18 octobre 1776, sous -lieutenant le 8 juillet 178/i, lieutenant le 96 novembre 1791^ capitaine le 93 mai 1799, adjudant général

chef de bataillon le 90 mai 1793, général de brigade provisoire le 20 août 1793, général de divisbn provisoire le 90 octobre 1793, confirmé le 9 septembre 179&, tué à la bataille de Marengo le 1 à juin 1800. (Cf. Jacques Gharavay, Le$ généraux morU pour la patrie, p. 79.)

(') Glaude-Ignace-François Michaud, né è la Chaux-Neuve (Doubs) le 98 octobre 1751, fils du greffier de cette ville, volontaire au 5* chasseurs à cheval le 10 septembre 1780, congédié le 99 novembre 1 783 , capitaine au 9* bataillon des volontaires du Doubs le 9 octobre 1791, lieutenant-colonel le 99 décembre 1791, commandant temporaire à Délemont le 10 octobre 1799, puis à Ponrentruy, général de brigade à Tannée du Rhin le 19 mai 1793 , général de division le 95 septembre 1 793 , commandant en chef de Tarmée du Rhin le 19 nivôse an 11 (8 janvier 1794)1 de l'armée d'Angleterre par iutérim le 16 measidor an vu (& juillet 1799)

[i8 SBPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 163

forêt dn Bienwald, dn côte de Lauteri)oiirg. La mitraille, les balles et les baïonnettes républicaines ont purgé cette forêt du 8oa£9e impur de deux mille de ces esclaves, qui ont mordu la poussière. Le reste de la horde a été mis en fuite. Plus de cent de leurs chevaux ont été tués; un bodet de huit leur a démonté une pièce de a5; un obus leur a fait sauter un caisson; deux batteries ont été emportées par les soldats cpi combattent pour la liberté. Unobusier et trois canons ont été endoués; une compagnie d^artiUeurs a été prise tout entière avec son commandant Le génénd Dubois ne s'est vu dans le cas de se retirer dans ses retranchements de Lauterbourg que parce que ses munitions étaient épuisées par Topiniâtroté d'un combat de douze heures , dans lequd on a distingué , parmi tous les bataillons qui ont signalé leur intrépidité, le a* bataillon du 78* riment, qui n'a pas perdu une seule occasion de faire des preuves de valeur.

Le centre de Tarmée n'est pas resté dans l'inaction, quoique les battaîes formidables des ennemis, et notamment les pièces de a5 et de a7, fussent les armes que ces lAches défenseurs du despotisme et de la tyrannie opposent dans cette partie k toutes les attaques des braves soutiens de la liberté. Les émigrés, qui étaient campés entre Barbelroth et Bleisweiler, ont pris la fuite à la première appuition des sans-culottes de la gauche du centre, qui, au premier coup de canon, leur ont &it sauter un caisson , dont l'explosion leur a fait perdre la tête; ib ont été poursuivis jusqu'à Niedersteinbach. Les hussards de la liberté sont venus fondre sur deux redoutes, les ont emportées le sabre k la main et ont chargé une cavalerie trois fois aussi nombreuse qu'eux, qui n'a pas osé les attendre. Un de ces hussards, assailli par dix hussards autricîiiens, ne s'est pas eflrayé de leur nombre : il s'est bien défendu, a donné et reçu plusieurs coups de sabre, et ses camarades ont eu le temps de venir le secourir en donnant la chasse aux hussards omemis. Ce régimeai de nouvelle création est un des meilleurs que nous ayons : il ne se passe aucune afiaire oà 3 ne signale sa valeur. Joseph Westerman ^^\ qui le commande, est un officier distingué par son zèle, sa bravoure et ses connaissances militaires. On ne peut lui rdhser une part de l'honneur que ce r^iment acquiert tous les jours.

Le 8* de chasseurs à cheval a perdu un officier, nommé Thiéry, et plusienn chevaux, qui ont été tués par les boulets de a5 et 37. Dans un moment où ils se sont un peu trop abandonnés k leur ardeur, quelques chasseurs ont été blessés.

et de l'année de HoUande le 37 fructidor an XIII (i& septembre i8o5), ^uveraeur gâiënd des vifles hanséatiques en novembre 1806 et de Magdebourg le ao février 1808 , iDspedeuT générai d'infanterie le th avril i8i3, retraité le 94 décembre 1816, mort à Luiancy (Seine-et-Marne) le 19 septembre i835.

(1) François-Joseph Westerman, né à Fenestrange (Moselle) le 16 décembre 1743, entré an régiment de dragons de Schonberg le 18 mai 1761, brigadier-

fourrier en 1 76a , porte-guidon le 1 9 jniilet 1770, lieutenant en second le 17 novembre 1784, lieutenant en premier le 10 juillet 1787, décoré de l'ordre du Mérite militaire le 16 octobre 1791, capitaine le 9 5 janvier 1799, lieutenant-colonel du 7* dragons le 96 janvier 1 793 , chef de brigade au 7* hussard le 1 5 juin 1 793 , mis en arrestation le 18 brumaire an u (8 novembre 1793), retraité le 11 novembre 1796, mort le 98 juillet 1819. Joseph Westerman avait éié blessé le 96 octobre 1796.

16& CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1793.]

A k droite du centre de l^armée, le feu de la mousqueterie républicaine a commencé à trois heures et demie du matin , dans la partie de la forêt du Bienwald qui touche le village de Schaidt, et n*a cessé qu'à sept heures du soir. Le a* bataillon d'Eure-et-Loir s'est répandu en tirailleurs dans cette forêt, n'a cessé de tirer sur les ennemis depuis la pointe du jour jusqu'à la nuit. On peut dire de ce bataillon que son bonheur a ^alé sa constance et son courage, car il n'a éprouvé aucune perte.

Le 3* du Bas-Rhin n'a pas été moins intrépide, mais il a eu trois honunes tués et quatre blessés près de Bergzabem, derrière la seconde redoute des ennemis. Deux officiers aussi ont été blesôés; j'ignore leurs noms. Un boulet est venu mourir sur le genou d'un officier des chasseurs du Rhin, d'une vdeur distinguée, sans lui faire la moindre contusion. Cet officier se nomme Desprès. Un citoyen , directeur de la verrerie de Saint-Quirin, venu avec les braves Vosgiens, a été blessé d'un édat d'obus à la jambe. Ce citoyen se nonune Schamo.

La perte de l'ennemi n'a pu être évaluée, mais elle est considérable. D y a eu grand nombre d'émigrés, tués et blessés dans la forêt de Bienwald, et parmi eux beaucoup de porte-croix de Saint-Louis. M. le comte de Mauny, du nombre des porte-croix, a été fait prisonnier. D a bit part des espérances des émigrés, qu'il a lui-même regardées comme non douteuses. Selon M. le comte, nous ne devions pas garder les lignes encore trois jours et avoir un roi avant quatre mois. Il a parié de Custine comme d'un lAche, qui était mort en capucin; il a promis qu'il saurait mourir mieux que lui pour son roi et il a tenu parole. Pour mettre à même les émigrés de ne pas ignorer son sort, il a été ordonné que M. le comte serait fusillé à l'avant-garde, le i3 à six heures du soir. Sa dernière parole qu'il a souvent répétée fut Vivent k Rai et la Maison de Botcrton^*) I L'avant-garde a répondu Vive la Républiquel et a répété longtemps après lui le cri si cher à l'armée du Rhin. Cet émigré a parié aussi du scélérat d'Ariandes et a dit qu'il était méprisé comme un traître, qui avait èpoueé la bonne cause trop tard; il a témoigné qu'il estimait un patriote ferme dans son opinion. Il était, avant son émigration, capitaine au i3* r^iment d'infanterie, ci-devant Bourbonnais; depuis il était parvenu au grade d'appointé parmi les chevaliers de la Couronne et se voyait à la veille d'y être caporal. Il a déclaré que, s'il n'avait pas cru défendre la bonne cause, il n'aurait pas, lui et ses confrères, enduré la faim et la misère qu'ils ont supportées, ne vivant que de pommes de terre et couchant dans la boue.

J'avais lieu, citoyen ministre, d'être fort content de la journée du 13, à laquelle il ne manquait, pour la couronner, que d'avoir repris le camp de Nothweiler, et j'attendais , pour suivre mes projets , que le passage du Rhin à Huningue, Strasbourg et fort Vauban, eàt opéré la diversion que je devais en attendre; mais j'ai appris, le 1 3 , que les bateliers de Strasbourg avaient en partie refusé d'obéir aux ordres du général Sparre^*) et que les autres avaient eu l'air

(^) Cf. A. Gbuquet , Wummhourg, p. 1 67. 11 juillet 1763, capitaine le 9 & mars 1765,

(^ Alexandre-Séraphin-Joeeph, comte de colonel et propriétaire dudit régiment le

Sparre, né k Lille le 6 septembre 1736, sa avril 1766, brigadier le 95 novembre

enseigne au régiment Royal- Suédois le 1766, maréchal de camp le 3 janvier

[t8 81PT. 1793.] CORRESPONDANCE MHJTAIRE DU COMITÉ. 165

de voidoir les eiëcater, sans rien effectuer, et que, remplissant mal ce qui leur était prescrit, ils avaient dirigé les troupes, qui devaient les aider et les soutenir, de manière qu'elles ont essuyé le feu des batteries ennemies et que plusieurs soldats ont été tués et blessés. J'ai recommandé la punition du conducteur de ces bateliers.

Le général ^larre n'en a pas moins chauffé le fort de Kehl en y envoyant des obus et des bombes, dont une a mis le feu au magasin à poudre, qui a fait explosion. Le feu des bAtiments allumé par nos batteries lui a paru se communiquer à la petite partie du pont attenant à leur terrain; il n'en a pas tenu compte, parce qu'elle est séparée du reste du pont et qu'il y a interruption de communication, mais, s'étant aperçu que le pont était goudronné et que le feu y faisait des progrès, il le fit couper à deux tiers de notre bord, sous la protection de notre canon , et fit retirer les bois de notre côté. Ayant été instruit par le commandant du fort Vauban, Chambarlhiac ^^\ qu'il avait vu partir, dans l'après-midi du 19 , de l'infanterie, de l'artillerie et de la cavalerie ennemie qui remontait du cAté de Kdd , il s'est décidé à brûler entièrement le fort et le village dans la journée du 1 3. Tout a été détruit.

Trois mille citoyens de la garde nationale de Strasbourg^ étaient réunis à nos troupes. Les uns et les autres ont monti'é le plus grand lèle et la plus grande ardeur. Les canonniers ont donné des preuves du courage le plus soutenu; ik n'ont pas quitté leurs batteries pendant trois jours et ont refiisié d'être relevés; ils ont prouvé aussi qu'ib entendaient leur métier.

Il est bien flatteur pour moi, citoyen ministre, de pouvoir vous rendre un compte avantageux de la presque totalité de l'armée que je commande, et je regrette beaucoup de n'avoir rien à vous dire des troupes du fort Vauban. Les pontonniers ont absolument refusé leur service, ils ont fui et rien n'a été tenté. Si les bateliers de Strasbourg et les pontonniers du fort Vauban eussent été des républicains, ce jour était celui de la défaite de nos ennemis et d'un triomphe complet pour la République.

A Huningue, il n'y avait ni bateaux, ni attirails de pont, le tout ayant été tranqK>rté k Colmar par ordre de Beauhamais pour être réparé. En conséquence il était impossible de rien faire et il a bien fallu remettre la partie k un autre moment

Il y avait déjà trois jours que le camp retranché de Nothweiler était au pouvoir des ennemis, qui comptaient bien tenir les gorges et espéraient tous succès des intelligences que le traître d'Ariandes s'était ménagées en émigrant; mais j'y avais alors Saint-Cyr et Malet, adjudants génânux, Trentinian, chef du 7* bataillon d'in&nterie l^ère, et le génânl de brigade Ferey. Le i&, à la pointe du jour, le 1" bataillon de la Haute-Saône, le lo* des Vosges et le 7* d'in&nterie

1770, inqiecteur des troupes en Alsace le i793i autorisé à prendre sa retraite le

t4 juillet 1778, lieutenant générai le 1 3 frimaire an m (9 décembre 1 79a ) et

i** janvier 1786, commandant en chef de retraité le 16 germinal (5 ami 1796). Il

Tannée du Centre en septembre 179s, avait fait les campagnes de 1766 à 17&8

commandant le moyen Rhin à Strasbourg le et de 1 767 à 1769.

sA mars 1798, suspendu le 19 septembre 0) Cf. 1. 1, p. 69.

166 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [18 sept. 1798.]

Infère sont sortis de Bobenthal et ont paru devant Tennemi, qa*ik ont attaque par la gauche dans le camp retranche. L'ennemi aussitôt y a porte des forces. En même temps, six autres bataillons Tout attaque par sa droite; fune et Tautre aile a bit une vigoureuse résistance et le sort du combat était indécis, lorsque le 9* bataillon du Rhône-et-Loire et le i*" de Lot-et-Garonne ont gravi les hauteurs, pour attaquer le centre. Au même moment l'action est devenue des plus chaudes; Tennemi, paiement pressé de toutes parts, s'est ébranlé. Le citoyen Bureau, lieutenant du 7* bataillon d'infiinterie Infère, a sauté le premier dans les retranchements; il a été bientôt suivi de ce brave bataillon et de tous les autres, qui ont fait un feu républicain et chargé ensuite Tennemi à coup de baïonnettes et même de crosse de fiisils. La déroute des esclaves a été complétée par la mitraille de nos j^ces , portées à bras sur les hauteurs. Ils ont fui , en abandonnant leurs armes et tout ce qui existait dans le camp. Les soldats de la patrie les ont poursuivis jusqu'au ddà de Bundenthal, où ils ont pris quinze cents fusils, deux pièces de canon , des sacs d'avome et de sel , des gargousses pour pièces de 4 , des marmites , des bidons, des sacs à peau, que nous avons reconnus pour être à nous, etc. Le camp retranché, le vallon qui est au bas, la route et le village de Bundenthal étaient jonchés de leurs morts. Le 1 5 on en a trouvé encore plusieurs dans les bois qui s'y étaient réfugiés et qui étaient morts de leurs blessures.

Le 1** bataillon du district de Mouzon-Meuse^'\ département des Vosges, ayant pour commandant le citoyen Raoid^'\ s'est trouvé k cette attaque et a eu part à la victoire ^'^ Tout les che& de bataillon, qui ont combattu à cette action, méritent les plus grands âoges, particulièrement Trentinian, Campagnol, Siscé et Des-

(0 Nom révolutionnaire de Neufchâteau. (Cf. A. Bouvier, Le$ Voêgm pendant la Bholution, p. 990.)

(*) Gharles-Prançois Raoul, né k Lissolle-Gmod (Vosges) ie 5 avril 1769, enrôlé au régiment de Bassigny- Infanterie le 1" novembre 1776, caporal de chatteurs le 9 avril 1780, sergent de fusiliers le ao décembre 1789, congédié le 9 novembre 1786, capitaine de grenadiers au 1" bataillon des Vosges le do août 1791, chef de ce bataillon le 9 septembre 1 793 , général de brigade à Tannée des Ardennes le 9 avril 1794, 8uq>endu }Mur les représentants le 3 juin suivant, réint^pré dans ses fonctions et employé k Tannée des Pyrénée»-Occidentales le 17 août 17 96, employé à Tarmée de TOuest le 10 août 1795 et à celle de Rhin -et- Moselle le 3 décembre 1796, réformé le là avril 1796, rappelé è Tactivité et employé è Tarmée des Alpes le 11 juillet 1799, employé à Tarmée de Batarie le 1 8 décembre

1800, admis au traitement de réforme le 91 mai 1801, rappelé à Tactivité k Tarmée du Nord le i5 août 1809, admis à la retraite ie tk mars 1810, commandant le département des Vosges le i5 avril 181 5, employé è Metx le i3 juin i8i5, remis dans la position de retraite le 90 août i8t5, mort à Neufchâteau (Vosges) en 189/i.

(a) Le 1*' bataillon des volontaires nationaux des Vosges fut formé le 98 août 1 791. Il comprenait le contingent des districts de Neufehâteau et de Lamarche.

(Cf. A. Bouvier, Ln Votgêê pendant la Bévolutûm, p. Â57.) — Le 95 septembre 1793, le générai Ferey certifia que les deux bataillons d^agricoles de Mouxon- Meuse, commandés par le citoyen Raoul, s*étaient bien comportés tout le temps qu'^8 avaient été attachés è sa brigade et avaient agi en bons patriotes et en vrais républicains. (Cf. Arcb. adm. de la guerre , dossier Raoul.)

[i8 siPT. 1798.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 167

grange. Ce dernier a été frappé au iront d*une balle amortie, qui ne lui a cause qu*un ëtourdissement dont il s'est remis aussitôt et qui ne Ta pas empêche de suivre son affidre.

Je dois aussi louer le gënëral de brigade Ferey, qui s'est porte au milieu du fieu et a montré autant d'activité que de zèle et de courage, ma^é toute son ancienneté. Les acQudants généraux Saint-Cyr et Malet se sont aussi montrés capables et dignes de commander des soldats républicains. Le citoyen Malet , quoique souffrant des dents, ayant même un accès de fièvre, est resté à la tête des bataillons qui ont attaqué la gauche de l'ennemi, jusqu'après la victoire assurée. I^e citoyen Saint^yr n'a pas peu contribué aux succès de l'attaque et à la reprise du camp retranché de Nothweiler.

Le général en chef de l'armée, du Rhin, Landrbmont.

(Orig., Arch. de It guerre, armée du Rhin.)

LE 6|£ni£rAL RESNIER ^^\ COMMANDANT TEMPORAIRE DE LA PLAGE,

AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Anabfse. — Il mande que le 17 septembre les Espagnols, campés à la hauteur de Peyrestortes, ont attaqué le poste du Vemet et s'en sont emparés, mais que le général d'Aoust^'^ reprit ce poste le même jour à neuf heures du matin et, k cinq heures du soir, attaqua les Espagnols dans leur camp , dont il s'empara après un combat de cinq heures ^^K

(Orig., Arch. nat, arm^ des Pyrénées orientales.)

t») Cf. tl,p. a5a.

(*) Eustache- Charles -Joseph, marqiûs d^Aoust, né k Douai (Nord) le 97 février 1 763 , second sous-lieutenant surnuméraire sans appointements au r^pment d'infanterie du Roi le 91 avril 1778, sous-lieutenant le l avril 1789, lieutenant en second le 93 avril 1786 et en premier le 16 août 1789, capitaine aide de camp de Rocbambeau le i*' avril 1791 , de Luckner le ii avril 1799, et de Biron le i3 juillet suivant, colonel le 7 octobre 1799, général de brigade provisoire en juin 1793, chef d*état-major de Tannée des Pyrénées orientales, général de divi-

sion provisoire le 7 août 1793, en remplacement de Puget-Barbantane , général en chef provisoire de Tarmée des Pyrénées orientales le 16 septembre 1793, en attendant Tarrivée de Dagobert, appelé è Paris le 9 nivdse an u (99 décembre 1793), condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire et décapité à Paris le ik mesâdor an u (9 juillet 179&).

(') Cf. sur la sanglante bataille de Peyrestortes, la lettre des représentants du peuple Cassanyès et Pabre , écrite de Perpignan à la Convention nationale le 1 8 septembre 1793 et reçue le 9 4. (Aulard, VI, 563.)

168 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i8 sept. 1798.]

LES REPRéSENTANTS BARBAS, FR^RON, RICORD ET ROBESPIERRE JEOFIE

AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Nice, ce 18 septembre 1793, Tan secood de la République.

LB8 BBPHÉ8BNTANT8 DU PBVPLB PRÈS LUBMÉB D'ITàUB AVI C0MITB8 DB 8ÀLUT PVBUC BT DB LA 6VBHBB BivNlS.

Nous apprenons, citoyens collègues, que la Convention n*a point encore prononce sur le sort d*Anselme ^*\ lorsque , séparant de sa cause celle du commissaire Feras ('\ elle a décharge celui-ci d^accusation.

n est incroyable que personne n*ait entrepris d*ëdairer la Convention nationde sur cette affaire, qui nous parait malheureuse sous bien des rapports. Il est vraisemblable que ceux qui connaissent Anselme , qui ont été les témoins de son civisme, de sa bravoure et de sa probité, ont pensé qu*il n*y avait rien à ajouter à son mémoire justificatif et que cette pièce examinée avec impartialité suffisait pour

(>) Cette lettre ne figure pas dans le recueil de M. Aulard.

(*) Jacques-Bemard-Modested* Anselme, né à Apt (Vauduse) le 99 juillet 1760, fils d^un capitaine au régiment de Souvré, lieutenant dans le régiment de Soiasonnais le 97 septembre 17A5, réformé le 6 août 1769, enseigne le 97 mars 1769, lieutenant le 1*' février 1766, i»^pitaine aidemajor le 98 octobre 1760, chevalier de Saint-Louis le 18 avril 1770, major du régiment de Périgord le 90 février 1776 et du régiment du Maine le 96 avril 1776, lieutenant-colonel du r^îment de Soiasonnais le 17 juillet 1777, mestre de camp du second régiment provincial d'état-major le 1*' janvier 178/1, premier aide de camp du maréchal de Rochambeau le i*' avril 1791, maréchal de camp le 90 mai 1791, employé à Tarmée des Pyrénées ie i5 février 1 799 , commandant provisoire de la 1 0* division militaire le 3 avril 1 799 , lieutenant général i Tarmée du Midi le 99 mai 1799 , commandant en chef Tarmée établie à Nice le 3i octobre 1799, mandé à Paris le 16 décembre 1799 et su^>endu le 97 du même mois, a cessé ses fonctions le

8 janvier 1798, décrété d'accusation le 1 k février 1793 , autorisé k prendre sa retraite le 93 germinal an m ( 1 9 avril 1 796), admis au traitement de réforme le 1 3 novembre 1797, inspecteur des troupes stationnées dans le Midi le 6 décembre 1 798 , retraité le 97 janrier 1801, membre de la Légion d'honneur le 99 mars i8o5, mort i Paris le 17 septembre i8i4. Le générai d'Anselme avait fait les campagnes de Minorque en 1786, d'Allemagne de 1760 à 1769 , de Corse en 1768 et 1769 et d'Amérique de 1780 à 1783.

t*) C'est le 14 février 1798 que la Convention, après avoir entendu le rapport des commissaires envoyés à Nice, décida, sur la proposition de Collotr-d'Herbois, la mise en arrestation du général d'Anselme et du commissaire des guerres Férus. Ce dernier avait, du ao au 96 octobre 1799, dirigé les réquisitions lors de la première expédition dans la Vésubie. (Cf. Krebs et Moris, CompugiMt dan$ Im Alpei pendant la Révolution; Paris, Pion, 1891-1895,

9 voL in-8", t. I, p. i38, noie 9.) Le 19 août 1793 Férus fut mis en liberté. (Cf. Momt$%ir,\y\\,kZb.)

[i8 BKPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 169

dëierminer k justice de la Convention. Mais nous, qui sommes sur les lieux, cpii avons pareoura divers départements, nous croyons de notre devoir de vous instruire de Topinion publique à son ^fard.

Partout on nous a parlé d*Anselme comme d'un sans-culotte , ardent républicain , sans fortune , mais d'une probité à toute épreuve , n'étant parvenu à son grade que par sa bravoure et ses talents militaires acquis par quarante-cinq ans de services et plusieurs campagnes. Il est pourtant accusé de brigandage et présenté à toute la France comme un homme sans talents, sans moyens militaires. Cependant Ansehne ne parie que le langage de la vérité, lorsqu'il dit, dans son mémoire ^*\ que le piUsge existait à Nice depuis vingt-quatre heures lorsqu'à y est entré avec sa petite armée (^; qu'il s'est empressé de &ire une proclamation pour arrêter ce pillage sous les peines les plus sévères ; que plusieurs soldats , entraînés par l'exemple des Niçards, ont été punis d'après ses ordres. Tous ces faits sont exactement vrais et d'une notoriété constatée.

Nous ajouterons que Nice, à l'époque où notre armée y est entrée, renfermait dans son sein une immensité de scâérats de tous les pays, qui devaient naturdlement se porter i de grands excès; que les habitants de cette ville et de ce département sont ennemis des Français, et qu'à l'exception d'un très petit nombre ils dépouilleraient, s'ils l'osaient, nos soldats, qu'ils font assassiner joumellemeat par leurs bariiets, qui sont les paysans du pays. Il n'était donc guère possible qu'à l'arrivée de nos troupes il ne s'établit un désordre qui devait favoriser les malveillants, les fripons et compromettre la discipline de l'armée; tout cela est si naturel que nous défions l'homme le plus prévoyant d'avoir pu l'empêcher.

Mais, ce qui est encore très certain, c'est que les effets les plus précieux appartenant aux émigrés avaient été volés par les Niçards eux-mêmes, comme une propriété qui leur appartenait; S y a plus, c'est que les habitants de Nice qui avaient donné des preuves de civisme furent paiement pillés par les Niçards; il est facile d'avoir la preuve de ce fait.

Ce sont pourtant les Niçards avides de richesses qui ont l'impudeur de fiiire solliciter une indenmité; eux qui méprisent et discréditent publiquement nos assignats qui perdent ici a 5 p. 100 ; eux dont la municipalité s'était avisée de taxer le foin à trente livres le quintal et que nous avons réduit à la moitié; eux qui ont encore des couvents de moines et de rd^euses, que nous ferons disparaître aujourd'hui; eux, enfin, dont les paysans et les artisans assassinent journellement nos braves, nos intrépides soldats, que les aristocrates travaillent en tous sens.

Quant aux talents militaires d'Anselme, îl suffit de comparer sa conduite, son plan de campagne avec ce qu'a fait le traître Brunet, pour juger lequel des deux méritait mieux la confiance nationale. Le premier avait repoussé les Piémontais avec une très petite perte; le second a été repoussé avec une perte énorme, car

('} Le mémoire justificatif du générai la veille que des marins et des portefaix,

d^Anselme parut au mois de mars 1793. unis i la île de la population, avaient mis

(Cf. Moniiêw, XY, 798.) au pilia(|e les magasins de la douane et

(*} Le général d'Anselme entra en effet plusieurs maisons de la ville. (Cf. Krebs

dans Nice le 99 septembre 1799, et c*est et Moris, I, i3i.)

170 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 skpt. 1798.]

plus de cinq mUle hommes ont péri par Tineptie et la trahison de ce chef ^'^ C'est pourtant là Tennemi d'Anselme, celui qui a ourdi sa perte.

Pourquoi les dénonciateurs d'Anselme, lorsqu'fls ont été prodigues de calomnies, n'ont-ils pas instruit vos commissaires qu'Anselme disait publiquement, lorsqu'on calomniait les braves Parisiens, les jacobins et les patriotes de la Convention et qu'on voulait sauver Capet : «Qu'on m'appdle et je marche avec dix compagnies de grenadiers au secours des jacobins, de tous les patriotes, et j'exterminerai la royauté et tout ce qui tient à la royauté?»

Voilà, citoyens collées, des observations que nous croyons devoir vous communiquer pour lever absolument tous vos doutes sur le compte d'Anselme et lui fisore enfin rendre la justice qu'il mérite et qu'il attend depuis trop longtemps. S'il faut que les coupables soient punis, îi faut aussi que les innocents triomphent ^'\

Patd BiaRis, Fiiaoïi, Ricoid, Robbspibrib jeune.

(Orig., Areh. adm. d« la goaire, doenar Anaeime.)

L£ COMITE DE SALUT PITBLIG AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE

Analyse. — Envoi de pièces, à lui adressées par les représentants du peuple près larmée du Nord et relatives à la destitution du générai Landrin et aux nominations provisoires qui en ont résulté ^^^

(Minuta, Arch. nat, AF n 988.)

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU COMFT^ DE SALUT PURLIG

Anafyse. — Envoi de la copie du rapport du général Dder sur l'attaque qui a eu lieu le 1 9 septembre en avant de Landrecîes.

(Analyse, Areh. de la gnerre, ng. da Comité de salut public. G, fol. 609.)

(') Le générai Bnmet avait été arrêté après une troisième tentative malheureuse faite contre TAuthion le 99 juillet 1798. (Cf. Krebs et filons, 1, 1196 etsuiv.)

(*) Le Comité de salut public transmit au ministre de la guerre, le 19 octobre 1 793 , cette lettre des représentants. ( Orig. signé par Collot-d*Heri>ois et Hérault-Sé*

chelles, Arcb. adm. de la guerre, dossier Anselme.)

(^) Caroot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, YI, 565.)

(«) Cf. i la date du i3 septembre (p. 187) la lettre des représentants Trullard et Beriier au Comité sur les motifs de la destitution du général Landrin.

[19 «w. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ.

DUNKERQUB, I9 SEPTEMBRE 1793.

LES BEPR^SENtANTS TRULLARD ET BERLIER AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

LES nEFUisENTÀina du peuple BKVOfis puis L'AKÊtiE DV NOED À DUMKBRQVE , À LEVES COLLÈGUES MEMBRES DU COMUi DE SALUT PUBUC ^^K

Citoyens collègues,

Des plaintes portées contre quelques individus de Tannée relativement au pillage nous ont engagés : i*" à envoyer dans le. sein de Tannée mtoie la commission militaire qui si^^eait àDunkerque; a** à iaire une prodamation aux troupes^*); 3** à destituer un oflScier qui, à la tète de son bataillon, avait âevé la voix contre le général Carrion, faisant à ce sujet des remontrances.

Copie de nos trois arrêtés est ci-jointe. Nous y joignons égaleipient copie d*une lettre que nous avons écrite au général Gigàux^'L Ce que nous y di-

(1) Cette lettre n*a été qu^analysée dans le recueil de M. Aulard et sous ia date erronée du i3 septembre 1793 (VI, &65).

(*} Voici le texte de cette proclamation (copie certifiée par Trullard et Beriier, Arch. nat.,AFii a38) :

nNùUê, rêprhetUanU du penpU, êwowfit prèi Varmit du Nord à l'armée atmmandée par 1$ général Carrùm.

«Gtoyens soldats,

frC^est avec la plus grande douleur que nous avons appris les brigandages commis par qudques individus renfermes dans votre sein. Nous sommes bien loin, braves défenseurs de la patrie, de vous confondre avec ces malheureux qui vous déshonorent en déshonorant le nom français, mais c*est i vous k nous les faire connaître; vous le. devex au salut de la patrie. Vous savex, autant que nous, que le Français est invincible, quand il demeure soumis à la discipline; soyex-le donc: c'est au nom de la patrie que nous vous le demandons. Un pillard, un soldat qui n*obéit pas est toujours un Uche, et nous savons que vous séries désespérés d*en conserver parmi vous.

«Au camp d*Adinkerque , le 18 septembre 1793, Tan II de la République française, une et indivisible.

«TtULLiB», T. BlRLIit.1l

^) André Gigaux, né i Saint-Liguaire (Deux-Sèvres) le 3i janrier 1763, fils d*un fermier, soldat au r^^îment de Vintîmille le i5 mars 1768, caporal le 90 février 1770, seigent le ay août 1770, sergent-major le 11 novembre 177&, adjudant le 11 juin 1776, portenirapeau le 19 février 1780, sous4ieutenant de grenadiers le 11 juin 1786 et lieutenant le 3 octobre 1786 , ac^udant-major le i*'mars 1791 , capitaine de grenadiers au &9* régiment le 1 5 septembre 1791 , lieutenantcolonel au 5* d*infanterie le 8 mars 1793, général de brigade provisoire , commandant à Beigues et à Hondschoote, confirmé le 3o septembre j 793, suspendu de ses fonctions le 17 vent^ an 11 (7 mars 179&), autorisé à prendre sa retraite le i** thermidor an m (19 juillet 1796), admis i la solde de retraite le 93 floréal an tui (i3 mai 1800), maire de Hondschoote, chevalier de Saint-Louis, mort à Hondschoote (Nord) le 98 février 1817. — CC Mémoire d^ André Gigaux, d-^Uvant général de brigade, daté de Ver, 19 fi^ctidor an II (99 août 179^^), A8 pages in-fol. (Arch. adm. de la guerre, dossier Gigaux.) Gigaux avait été, pendant qu*il était en garnison à Toul , reçu en 1 786 membre de la loge des Neuf-Soeurs à TOrient de Toul (cf. le brevet dans ma collection révolutionnaire). Il avait épousé, en octobre 1793

172 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 sept. 1793.}

sons ('\ rektivement aux provisions de Tarmëe, ëtait dëjà exécuté en partie et l*on a aujourd'hui presse d'autant plus cette mesure que, d'après les ordres de Bouchard, les troupes de la République devaient évacuer Fumes et se replier pour procurer des forces aux autres parties de Tannée.

En attendant, nous avons retiré du pays ennemi les farines, avoines, etc., tout ce que la brièveté de l'intervalle et les mauvais chemins ont permis de transporter. Cela ne laisse pas que d'être considérable et nous vous en ferons incessamment parvenir l'état ^K

Salut et fraternité, Tiollaed, T. Beblibr.

Le 19 septembre 1798, l'an 11 de la République, une et indivisible.

(Ori(f.« Areh. Dat, AP ii 938.)

à Hondschoote, une veuve, M*** Goppens, dont le fils se maria en 1816 avec une sœur du grand poète Lamartine. (Cf. dans ma collection révolutionnaire le contrat de mariage passé i Hondschoote en la demeure du général Gigaux le 19 août 1816.)

t»ï Voici le lexle de celle lettre en date du 19 septembre 1793 (copie certifiée par Trullard et Berlier, Arch. nat. , AF u 938) :

«Nous venons, citoyen général, de recevoir vos dépêches, et voici brièvement notre façon de penser sur le genre de guerre que nous faisons actuellement

«Nous ne pensons pas que nous devions aujourd'hui faire la guerre en dupes, comme l'an dernier. D nous faut vivre aux dépens du pays ennemL Nous croyons que les grosses provisions de Tannée, les grains, fourrages, etc., peuvent être enlevés au profit de la République, ce qui peut être malheureux pour les particuliers, mais ce que nous pouvons faire en conquérants et sauf à ces particuliers à se faire indemniser par leurs gouvernements, comme le n6lre le fait en même occasion. Cette grande mesure serait même, k notre sens, d'autant meilleure qu'elle serait légalisée par des ordres supérieurs.

«Mais le pillage, selon nous aussi, est là où chacun se dispersant çà et là travaillerait à son profit et s'approprierait des effets mobiliers et autres choses qui ne peuvent constituer des objets propres aux besoins de l'armée, pillage qui serait une

vraie débandade et entraînerait d'autant plus d'inconvénients qu'il n'y aurait plus d'armée et que, chacun travaillant pour soi d'une manière immorale, la République serait totalement oubliée et mal serrie. Cette distinction nous semble surtout convenir dans un moment où il ne s'agit que d'un coup de main et où l'on ne peut commodément asseoir une contribution régulière.

« Voilà , citoyen général , notre avis; mais c'est à vous à juger si la première mesure, qui est la seule tolérable, peut s'accorder avec les mouvements de votre armée, le temps qui vous reste et les ordres que vous avei reçus.

«TaoLLAia, T. Biiuia.»

(*) Le Comité de salut public répondit en ces termes aux représentants (minute, Arch. nat, AF II 938) :

«Le Comité de salut public, citoyens collègues, a reçu votre lettre du 19 septembre, ensemble les pièces que vous y avex jointes, et ne peut qu'applaudir aux vues solides que vous avex présentées au général Gigaux, ainsi qu'aux mesures vigoureuses que vous avex prises pour arrêter le pillage; car on doit réprimer soigneusement dans les armées tous les désordres et y établir une sévère discipline, et l'on ne peut parvenir à ce but qu'en mettant les lois en vigueur et en les faisant exécuter avec énei^ie.9)

[i9 8IPT. 1793.] œRRESPONDANGE MILITAIRE DU COMITÉ. 173

PABIS, 19 SEPTEMBRE I793.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC

LB MINISTRE DE LA GVEBEB AUX BBPHBSEKTAMT8 DU PEUPLE, MEMBRES DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC,

Les rédamatioiis muhipiiëes , qui me sont adressées, citoyens, sur les dispositions du titre 7 de Tinstruction relative à Texëcution de la loi du 33 août dernier, me mettent dans le cas de fixer votre attention sur la nécessité de donner plus de développement au titre dont il s'agit.

Plusieurs considérations infiniment importantes au bien du service me paraissent Texiger impérieusement.

1* La promdgation des lois et de toutes les instructions que déterminent les circonstances présentes va se trouver sans action, si la loi du 9 septembre, qui met en réquisition tous les imprimeurs ^^\ n'est pas strictement observée, et si les ouvriers qui composent cette dasse ne sont pas assujettis à rester k leur poste. Je puis citer à cet égard les ouvriers de Timprimeur du département de la guerre, dont le service exige la plus grande célérité. Ne jugeries-vous pas convenable de faire autoriser les membres du Conseil exécutif à mettre en réquisition cette dasse d'artistes, sans le secours de laqudle les (q)ération8 du Conseil exécutif seraient absolument en stagnation? ,

9* Par une coitôéquence de ce principe, je penserais qu'il pourrait être également utile d'accorder aux membres du ConseÛ exécutif le droit de retenir près d'eux ceux des employés de leur administration qui, quoique dans l'Age de la première réquisition , sont chargés de détails difficiles k confier à des agents inexperts; car, si le Conseil a le droit de retirer des armées les agents qui peuvent être utiles au service public, il est incontestable qu'il doit avoir par le même motif le droit de retenir k leur poste les employés dont il s'agit. Le nombre ne peut, k la vérité, en être considérable, mais il ^ des agents très difficiles k rempkcer dans certaines parties de l'administration.

J'ai cru devoir vous soumettre ces réflexions en vous engageant k les prendre en grande considération.

J. BOOCHOTTI.

(Orif., Areh. de la guerre , eorr. générale.)

(>) Le 9 wptembre, sur la proposition de Banre, la Convention avait mis k la disposition de rimprimerie nationale tous les ouvriers imprimeurs de Paris.

174 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [igsBPr. 1798.]

SARRKBRUGK, 19 SEPTEMBRE 1793.

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