HOUCHARD
( Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.)
LE G^N^RiL ^LIE AU GOMITé DE SALUT PUBLIC.
Givet, le ii septembre,!*' de la République une et indivisible.
LIBBBT^. iGkini. UNITé.
LB oisÉRAL DB DIVISION illB ÀO COMITÉ DB SALUT PVBUC DB LA CONVBNTION NATION ALB.
Citoyens représentants ,
Je vous préviens que je viens de recevoir, de la part du Conseil exécutif, une lettre d'avis de ma nomination au grade de général de division. Les actions d'un
[u SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 133
républicain parient pour lui. Je laisse aux miennes à prouver si je suis digne de la nouvelle marque de confiance dont on m'honore. Je sais quelles sont les obligations qu'elle m'impose ; je sais à quoi m'engage le serment que mon cœur a prononcé de mourir pour la liberté de ma patrie. Le même bras qui a été assez heureux pour contribuer à renverser la Bastille pourra peut-être apprendre aux satellites des despotes de quoi est capable la valeur républicaine.
Si la calomnie cherchait à me noircir, souvenez-vous, citoyens représentants, qu'aie a toujours professé les principes d'un vrai sans-culotte, que l'unité et l'indivisibilité de la République n'ont point de plus ardent défenseur et qu'il a appris le métier des armes dans l'honorable profession de soldat. Si je conmiets des fautes, souvenez-vous que la carrière que je parcours est difficile, que l'erreur est attachée à la faiblesse humaine, mais qu'un soldat français craint plus le soupçon même de la trahison que la mort.
Le général de division commandant à Givet et arrondissement.
P.'S. Je joins à ma lettre le rapport d'une expédition que j'ai ordonnée le 8 de ce mois ^'^.
{Ong. , Arch. de la gaerre, année do Nord.)
(') Jacob-Job Éiie, né k Winembourg (Ba»^htn) le 16 novembre 17/16, fils d'un officier au régiment d'Alsace, enrôlé au régiment d'Aquitaine-Infanterie le s déceoibre 1766, congédié le 9 décembre 177A, enrôlé au régiment de la Reine le 5 juillet 1781, sergent le 1" novembre suivant, porte-drapeau le i*' août 1788, coopère à la prise de la Bastille le 1 & juillet 1789, capitaine au 5* bataillon de la 5* division de la garde nationale parisienne soldée le 1*' septembre 1789, capitaine au 10 3* d'infanterie le 3 août 1791, obtient la décoration militaire le 97 novembre suivant, lieutenant-colonel le 7 février 1793, général de brigade à l'armée des Ardennes le 3o juillet 1793, commandant à Givet et à Cbariemont, général de division le 3 septembre 1793, passé à l'armée de Sambre-et-Meuse le 1 juillet 179a, non compris dans l'organisation des états-majors arrêtée le i3 juin 179$, rappelé k l'activité le 98 février 1796, commandant
de Lyon le 98 mars suivant, employé à l'armée des Alpes le 19 août 1796, commandant la Maurienne et la Tarentaise le 99 octobre 1796, réformé le 18 mars 1797, retraité le 91 juin 1811, mort à Varennes-en-Argonne (Meuse) le 6 février 1895. Le général Élie avait fait la campagne de Corse en 1 769 et avait assisté aux bombardements de Sousse et de Biserte en
(') Le représentant Massieu écrivit de Givet au Comité, le 11 septembre, pour lui annoncer la sortie faite par les citoyens et la garnison de cette ville, dans le but de favoriser l'entrée, dans la place, d'une cinquantaine de voitures de grains en gerbes et de fourrages, et l'heureuse issue de cette opération. Il ajoutait : vLe brave général de division, le vainqueur de la Bastille, Élie, qui commande en cette place , se propose de prouver aux satellites des tyrans qu'un sans-culotte général vaut bien un général ci-devant.»
134 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [18 sept. 1798.]
PARIS, Id SEPTEMBRE 1793(^^ LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIG.
Paris, is Mptembra 1793 , t*' de la République française.
LE MINISTRE DE LÀ OVEHHE ÀVI BEPRi$ENTANT8 DU PEUPLE MEMBRES DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
J*ai reçu, citoyens, avec votre lettre du 7 celle du citoyen Dubrenil rdative à des demandes de secours en armes et canons pour Saint-Quentin. Le commandant de la place tirera parti de toutes nos ressources. Déjà des dëpAts ou détachements de cavalerie ont reçu ordre de couvrir cette trouée que le général Belair^'^ est chai*gé spécialement de défendre. Au reste, j'observe qu'il ne faudrait pas armer indifféremment tous les hras de cette ville qui renferme des muscadins.
J. BonCHOTTB.
(Orig., Areh. de la goerre, armée du Nord).
49. PARIS, l3 SEPTEMBRE fj^^^^h LE GOMITi DE SALUT PUBLIG AU GiN^RAL EN GHEF HOUGHARD.
Paris, le i3 septembre 1793, fan i de la République une et indivisible.
Citoyen général,
Nous avons reçu, avec la plus vive satisfaction, la nouvelle de vos brillants succès. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de regretter infiniment que le grand projet qui avait été formé d'abord
(') Le it septembre, Gamot est présent au Gomité(cf. Aulard, VI, 663), et il écrit un arrêté mettant 90,000 livres A la disposition du Comité de sûreté générale pour les indemnités à accorder aux commissaires des comités de surveillance des différentes viUes.
(*) Alexandre -Pierre Julienne, dit Belair, né à Paris le i5 octobre 17&7, fils d*un doreur, entré au service comme capitaine d*artillerie en second dans la légion de Maillebois le 98 avril 1785, réformé le 8 mai 1786, adjudant général cbef de brigade et directeur du camp de Paris le
99 août 1799 , général de brigade à Tarmée du Nord le A août 1793 et de division à Tannée du camp intermédiaire le 7 septembre suivant , général en chef le 6 novembre 1 793 , cesse ses fonctions le 1 7 nivdse an 11 (6 janvier 179&), remis en activité à Tannée dltaiie le 98 prairial an VI (17 juin 1798), réformé en i8o3, employé à Ostende le 18 août 1809, réformé le 95 décembre de la même année, mort à Villecresnes (Seine -et -Oise) le aS mai 1819.
(') Le 1 3 , Gamot est présent au Gomité (cf.Aulard,VI,À59).
[i3 «m. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 135
d'envelopper entièrement Tarmée anglaise et l'écraser, en marchant directement sur Fumes, Ostende et Nieuport, n'ait pas eu lieu; quoi qu'il en soit, il faut profiter du moment d'enthousiasme et vous hâter de faire lever le siège du Quesnoy^^l Nous recevons les nouvelles les plus alarmantes de cette partie de la frontière; on nous assure que la garnison de Cambrai a été taillée en pièces ^^^ Nous nous flattons que ces bruits fâcheux sont dénués de fondement et que vous arriverez bientôt au secours. C'est à vous de voir quelle marche peut vous promettre le succès le plus complet et s'il convient mieux de marcher directement sur le Quesnoy que de l'enfermer en emportant ses magasins et enveloppant les villes de Valenciennes et de Condé. Le Co- ' mité s'en repose sur votre courage et vous invite aux mesures les plus vigoureuses. Tombez en masse sur vos ennemis, profitez de l'énergie française et de la juste confiance que vous avez inspirée aux troupes que vous commandez.
(Minute aat de Garnot, Areh. de la guerre, armée da Nord. — Reg. de eorrespondaaee de Carnot, Areh. de la funâle Camot)
• 50. PARIS, l3 SEPTEMBRE 1798.
LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE
Analyse. — Envoi d'un projet et d'un plan d'attaque de la place de Thionville, trouvés sur un Anglais à l'affaire de Linselles et Blaton, et transmis au Comité par les représentants près l'armée du Nord ^^K
(Miirate, Areh. nat , AF n a88.)
(') Le Quesnoy, investi par les Autriehiena ie 19 août 1793, bombardé le 1 septembre, avait capitulé le 10 de ce mois à six heures et demie du soir et les ennemis en avaient pris possession le 1 3 , k 9 heures du matin. (Cf. Foucart et Finot, n, i57,etA. GhuquetyHofu^tcAools, 976.)
(*) Le 19 septembre. (Cf. la lettre des rq>ré6entants mie Lacoste et Peyssard, du i3 septembre, p. i&o.)
^^ La lettre des représentants Levasseur et Bentabole est datée de Lille, le a 5 août 1793. Elle porte cette annotation autographe de Camot : «Accuser la réception.» Le Comité répondit le 1 9 septembre dans ces termes : vNous avons reçu les plans d*attaque de Thionville que vous nous avet adressés. Ainsi la bravoure des Français et votre surveillance feront échouer les vains projets de nos ennemis.»
136 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [t3 sept. 1798.]
PARIS, l3 SEPTEMBRE lygS.
LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGEOTTE AU GOMITE DE SALUT PUBLIG
Analyse.-- Le général en ch^f provisoire de Tannée de h Moselle (Schaueùburg) déclare que la dénonciation faite contre le service des avants-postes à ladite armée est mensongère. L*avant-garde bivouaque depuis plus d'unmois, etcen*est qu'avec la plus grande activité qu'elle a pu maintenir intactes près de vingt lieues de frontières. Il ajoute qu'il y a bien dians le nombre des officiers quelques paresseux et insouciants, mais qu'il les punit avec fermeté et exige d'eux le maintien de l'ordre et du service. «rLe zèle et la quantité des bons nous sauve du mal que nous causent quelquefois la n^^ence et l'ignorance des mauvais, ^i
(Orig., Arch. de la gaerre, armée de la Moselle.)
GASSEL, l3 SEPTEMBRE 1793.
LE ciNiRAL JOURDAN AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE.
Gassel, le i3 septembre 179$ , Tan i de la Répabliqne une et indivisible.
LB GÉnihAL JOVRDAN àV MJNISTnB DE LA GUBRÊtB.
J'ai reçu, citoyen ministre, les lettres de service de général en chef de l'aroiée des Ardennes que vous m'avez adressées et je tâcherai de répondre à la confiance du Conseil exécutif par mon zèle, mon courage et mon dévouement à la chose publique, et, quoique j'aie été blessé à Hondschoote, j'espère pouvoir partir dans trois ou quatre jours pour me rendre à ma nouvelle destination.
Conune il est essentiel au bien de la République et k la gloire d'un général qu'il soit entouré par des vrais républicains et des citoyens éclairés qui aient sa confiance, je vous prie de m'autoriser à mener avec moi pour mon adjudant général le citoyen Emouf ^^^ adjudant général de la première division du Nord et
(0 Jean-Augustin Emouf , né à Alençon (Orne) le 39 août 1753, lieutenant au i*' bataillon des volontaires de TOme le a 6 septembre 1791. capitaine le a a mars 1 79a , aide de camp du général Barthel à Tarmée du Nord le 5 mai 1793, adjudant général chef de bataillon le 3o juillet 1793, puis chef de brigade, général de brigade provisoire et commandant du camp de Gassel par arrêté des représentants Duquesnoy et Hentx le 16 septembre 1793, confirmé le ao, chef d*état-major
de Tannée du Nord le 3o septembre 1 793 , général de division le sa brumaire an 11 (la novembre 1793), suspendu en nivôse an n (décembre 1793), chef d^état-major de Tannée de Sambre-et-Meuse le 16 messidor an II (4 juillet 179&), directeur du dépôt de la guerre le a 6 fructidor an t (la septembre 1797)1 chef d*état-major de Tarmée du Danube le a a vendémiaire an TH (i3 octobre 1798), inspecteur gé-"^ néral d^infanterie le 5 thermidor an ix (a/t juillet 1801), capitaine général de la
[i3 SEPT. 1793.J CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 137
qui est employé à Cassel. J'espère que vous voudrez bien ne pas me refuser cette grâce à laqudle je mets le plus grand prix^^^
JoUBDUf.
( Orig. , hrth, de la gaerre , armée an Nord ).
DUNKEROUB, t3 SEPTEMBRE 1793.
LES REPRESENTANTS TRDLLARD, BERLIRR ET HENTZ AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Dankerqae , 1 3 septembre , Tan n de la Républiqae une et indivisible.
TnVUAnD, BBBUEB ET BBNTZ, BBPBisBNTANTS DO PBUPLB PBis L>ABMBB DU NOBD, À LBVBS COLLieVBS COMPOSÀlfT LB COUTti DB 8AUJT PUBUC^^K
Nous VOUS invitons, citoyens nos collègues, de porter sérieusement votre attention sur révënement dont nous allons vous entretenir.
Le lendemain de la déroute de Tennemi nous idlions dans le camp qu'il venait d'abandonner, nous occupant du soin de frire transporter dans la ville les canons, les caissons, etc., avec le citoyen Deschamps, envoyé comme commissaire du Comité de salut public ^'\ ainsi que le gâiéral Landrin et ses aides de camp et l'escorte militaire, sans laquelle quelques généraux affectent de ne jamais sortir. Nous fiimes étonnés, au mÛieu du chemin, de voir une troupe tumdtueuse venir à nous; c'était le général Landrin qui faisait trahier devant lui comme un criminel le citoyen Deschamps, qu'il avait fait désarmer et démonter, quoique ce demio*
Guadeloupe le 17 ventAse an xi (8 mars ]8o3), membre de la Légion d'honneur le i5 pluviôse an xii (5 février i8o4) et grand-officier le a5 prairial (1 it juin 1 8o4 ). rend la Guadeloupe aux Anglais le 6 février 1810, débarque âMorlaix le 37 avril 1811, mis en arrestation le 18 juillet suivant, relâché en juin 181 3 et exilé à cinquante lieues de Paris, réhabilité le 9 5 juillet 181&, chevalier de Saint-Louis le ao août suivant, inspecteur général d'infanterie le 3 janvier 1 8 1 5 , destitué par Napoléon le 96 avril 181 5, rétabli dans ses droits et ses propriétés le i*' août 181 5, député de rOme le 99 du même mois, baron et commandeur de Saint -Louis le 3 mai 1816, député de la Moselle le à octobre 1816, commandant de la 3* divion militaire (Metx) le 1 1 novembre 1816, retraité le 99 juillet 1818, mort à Paris le la septembre 1897.
CO Au bas se trouve la réponse autographe de Bouchotte : «Le Conseil a en^ tendu avec satisfaction la bonne conduite que vous avez tenue dans les attaques multipliées qui ont eu lieu depuis le 5 du mob; il savait en vous nonmiant général en chef de Tarmée des Ardennes, qu'il avait fait un [bon] choix. Soyez bientût rétabli de votre blessure; la chose publique ne peut qu'y gagner. Emouf recevra une lettre de senrice pour l'armée des Ardennes.1»
(*} Cette lettre toute militaire n'a été qu'analysée dans le recueil Aulard (VI, 465).
(') Cf. sur ces conunissaires du Comité de salut public la lettre du 93 août 1793, p. 35. — Deschamps était reparti pour l'armée du Nord le 1 9 septembre en compagnie de Joseph Quincy. (Cf. Aulard, VI, A60.)
138 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [i3 sept. 1793.]
lui eût dit qu'il était un envoyé du Comité de salut public et que sa mission avait pour objet des renseignements à donner sur les armées. Vous verrez , par la pétition que nous a adressée le citoyen Deschamps ('\ les détails de la querelle. Mais, quoi qu'en soit le principe, en supposant même que ce jeune homme ait rempli sa mission avec morgue ou inconsidérément, ce qui est possible, nous ne pensons pas moins qu'il est dangereux de laisser une division entre les mains de Landrin.
Nous voyons dans sa conduite et dans celle de ses aides de camp une inquiétude, une aversion bien manifeste à l'occasion de la surveillance de leurs actions. L'homme qui fait bien aime à avoir des témoins, l'intrigant se soustrait aux regards. Nous y voyons un despotisme bien caractérisé , car, au lieu de se plaindre à nous, puisque nous étions à une centaine de pas, il a commencé par se faire justice en faisant arrêter lui-même l'homme dont il se prétendait insulté, l'homme revêtu d'un caractère qui ne le mettait pas dans sa dépendance.
Nous avons reconnu dans son langage l'animosité, la passion; il nous a dit que si nous ne punissions pas le jeune homme, qu'il voulait fiiire traîner en prison, il donnerait sa démission. Nous n'avons pas cru devoir statuer, au milieu du chemin, pour ne pas retarder l'opération plus importante qui nous occupait; nous avons bit rendre les armes et le cheval ^u jeune homme, qui est retourné à la ville, et voici notre détermination.
Nous n'hésiterions pas d'Ater le commandement de la division à ce général, mais nous ne savons qu'en faire , et puis nous ne connaissons pas assez les généraux de cette armée pour être sûrs du choix d'un successeur; enfin les nominations provisoires des représentants du peuple font un très mauvais effet, quand dles ne sont pas confirmées; nous aimons mieux que vous fassiez nommer par le ministre. Dans des temps ordinaires nous ne verrions pas de motifs suffisants pour la destitution de ce général , mais on nous a dit que cet homme était une âme damnée de Moreton et de Beumonville; l'un de nous l'a vu dans l'état-major de Custine dans l'armée du Rhin; il s'est conduit avec beaucoup de morgue; tout cela doit nous faire craindre de rencontrer encore un de ces hommes audacieux qui ont tant abusé de l'autorité. Il vaut mieux sacrifier un homme à des soupçons, que d'exposer la chose publique^*). C'est à vous à iaire vérifier la conduite politique de cet homme jusqu'à présent^''.
(*) Le 10 septembre Descbamps avait écrit de Dunkerque aux représentants TruUard, Berlier et Hentz, pour leur exposer les détails de sa querelle avec le général Landrin. (Orig., Arch. nat., AF 11 938.)
t"> Le même jour, en effet, les représentants destituèrent le général Landrin et enjoignirent à cdui-d de remettre le commandement de sa division au général Garrion. (Arch. nat., AF n s38.) Ht en avertirent aossitÀt le Comité de salut public «Des inquiétudes que Ton a données au-
jourd'hui sur Tétat du camp commandé par ce général nous ont porté k le suspendre.» (Orig., Ardi. nat. AF u 988.) fis prévinrent également leurs collègues au quartier général de Tarmée du Nord et leur exprimèrent leurs soupçons sur le civisme de Tadjudant général Gay de Vernon. (Cf. Foucart et Finot, 11, 197.)
(') Le général Landrin écririt , le 1 3 septembre, au Comité de salut public (orig. , Arch. nat., AF 11 938):
trJe riens de recevoir à Tinstant votre lettre qui m'annonce ma suspension prori-
[i3 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 139
Nous vous indiquons les généraux de cette année qui nous paraissent distingués. Le général Garrion, commandant à Bergues, est un générîd vraiment sansculotte; il a supérieurement monté Tesprit public dans la garnison de cette ville, qui s*e8t signalée dans Tattaque d'Hondschoote et devant les murs de la placer il est génénd de brigade. Le citoyen Lemaire^^^ commandant d*un bataillon de volontaires qui est à Bergues, s'est montré dans les attaques avec une bravoure et un sang-froid que tout le monde admire et qui n*a pas peu contribué à nos succès. Le général Souham , qui est ici , ne mérite que des éloges pour son civisme et sa bravoure : quand votre première lettre Tavait destitué de ses fonctions de commandant à Dunkerque<'\ il ne s'est pas moins dévoué à la défense de la place &ï sous-ordre et a bien laissé voir qu'il n'avait devant les yeux que la chose publique.
Salut et fraternité, Tbdllabd, T. Berubr, Hbntz.
(Orig., Àreh. not, ÀF ii aSS.)
soire. Comme les motifs m'en sont inconnus, je ne crois pouYoîr mieux faire que de m'adresser à vous pour les connaître. Élevé au grade de générai, j'ai fait mon possiUe pour en remplir les fonctions et pour donner des preuves de mon attachement aux intérêts de la République. Aujourd'hui je me vois forcé de m'en séparer, en attendant que l'on me rende justice. Allant en ce moment prendre ma route sur Douai pour m'y fixer, je vous demande de pouvoir seulement aller vingt-quatre heures à Paris.
«Dunkerque, ce i3 septembre, 9* de la République une et indivisible.
ffSidut et fraternité,
«Le républicain,
ffliAiukinf.»
En tète de cette lettre , Gamot a écrit ces mots : ffA placer.»
(^) Hippolyte Lemaire, né à Joinville (Haute-Marne) le i3 août 1763, fils d'un tanneur, soldat au régiment de Normandie le 3 janrier 1783, retiré en 1790, chef du i*' bataillon des volontaires de la Haute-Marne le 17 septembre 1791, destitué par Duquesnoy le i*' fructidor an 11 (18 août 179A) pour avoir frappé un volontaire pendant le siège du Quesnoy, ac-
quitté à Lille par le conseil de guerre le 3 ventûse an m (ai février 1795), réintégré le 18 thermidor an it (5 août 1796).
('> En effet, Souham, que Bouchotte soupçonnait de mollesse (cf. lettre k Houchard, du 3 septembre 1793, Arch. de la guerre, armée du Nord), avait été remplacé dans le commandement de Dunkerque par le général Ferrand. Houchard exprima ses regrets au ministre par une lettre du 5 septembre et constata avec mélancolie la situation délicate faite aux généraux. «Je voudrais, citoyen ministre, vous voir ici pour que vous puissies vousmême juger nos généraux et vous convaincre de l'espèce d'inanition dans laquelle ils se trouvent par la crainte de leur responsabilité. Alors vous sentiries véritablement notre misère et notre embarras sur ce point. Rarement il se donne un ordre qu'il ne soit suiri de refus d*accepter un commandement trop étendu ou d'observations minutieuses sur les détails des opérations.» (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.) — Le 6 septembre le Comité de salut public , sur les explications fournies par Duquesnoy, arrêta que Souham reprendrait provisoirement le commandement de Dunkerque. (Cf. Aulard,yi, 996 et 396.)
140 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sept. 1798.]
ARRAS, 1 3 SEPTEMBRE lygS.
LES REPRÉSENTANTS iUE LAGOSTE^^^ ET PEYSSARD^^^ AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Arrtf, le i3 septembre 1793 , «* delo République.
LES RBPRBSKNTàNTS DU PEUPLE PRÈS L'ÀRMÉE DU NORD AU COMiri DE SALUT PUBUC^^K
Nous ne venions que d*arriver du camp de Gavreile lorsque des députes du conseil de Tadministration du district de Cambrai vinrent nous annoncer hier au soir la nouvelle que la garnison de cette ville, sortie presqu*en entier pour aller se réunir avec une partie de celle de Maubeuge, et quelques détachements de h garnison de Douai avaient été presque taillés en pièces entre Haspres et Avesnesle-Sec. Cependant les mêmes députés nous disaient qu*un instant avant leur départ de Cambrai un caporal du 4* bataillon des fédérés, qui arrivait couvert de blessures , avait assuré que nos troupes , qui avaient été dans le plus grand désordre, s'étaient enfin ralliées sous le canon de la place de Bouchain^^^
(^> Élie Lacoftte, né A Montignac (Dordogne) le 18 septembre 17^6, médecin, député de la Dordogne à TAsscmblée législative et k la Convention, membre du comité de sûreté générale, mort à Montignac le 96 novembre 1806 (renseignements dûs à M. A. Kuscinski). 11 avait été envoyé en mission à Tarmée du Nord le a6 juillet 1798. (Cf. Aulard, V, 874.)
t*) Jean -Pascal Charles de Peyssard (Charles est le nom patronymique), né k Peyssard ( Dordogne) le 9 septembre 1 766 , garde du corps, maire de Périgueux en 1790, député de la Dordogne à la Convention, mort â Peyssard le a 5 octobre 1808 (renseignements fournis par M. A.
Kuscinski). 11 avait été envoyé à 1 armée du Nord le 97 jullet 1798, en remplacement de Roux-Fazillac. (Cf. Aulard, V,
(^) Celte lettre n*a été qu^aoalysée dans le recueil Aulard, VI, A68.
^*^ Voici le récit de celte malbeureuse sortie du 19 septembre 1798, fait par le général Declaye lui-même (orig., Arcb. de la guerre, armée du Nord) :
ff Rapport de l'affaire du ta commandée par le général Declaye, d'aprèe let ordres du général en chef Houehard el du général de division Gudin,
(r Diaprés les ordres du général, je suis sorti de Cambrai le 1 9 à minuit pour pouvoir attaquer à la pointe du jour, conformément aux ordres du général Gudin.
Savais avec moi environ deux mille cinq cents hommes d'infanterie et environ deux cent cinquante hommes de cavalerie ; mes pièces de position consistaient en six pièces de h longues et deux obusiers de 8 ponces; mon infanterie était divisée en deux brigades, commandées : la première, par le chef de brigade Bocquet , du 83*, et la seconde , par le dief de brigade Dusaussay, commandant le bataillon de TAube. Comme aucun de mes bataillons n'avait de pièces de bataille, j'avais donné k chaque brigade une pièce de k longue el une de k de bataille, el comme je n'avais qu'un détachement de cavalerie et que je devais agir dons un pays très découvert , j'avais donné deux pièces de 6 au citoyen Raindre , capi-
[iSsBPT. 1793] CORRESPONDANCE MlUTAIRE DU COMITÉ. l&l
Nous ajoutions d'autant plus de foi k cette seconde nouvelle, que nous ne pouvions pas nous imaginer que la maladresse et Tignorance eussent fiiit sortir en entier une garnison composée de à ou 5,ooo hommes et qu'on Feùt faite marcher sans la faire précéder de quelques détachements pour éclairer les mouvements de Tennemi et la faire replier devant des forces supérieures. Cependant il nous restait quelque soupçon que le général Declaye , commandant la place de Cambrai, ne fiit coupable de perfidie ou d'une ignorance véritablement criminelle. Son projet avait d'autant plus de publicité qu'une ordonnance qu'il nous avait envoyée avant-hier au soir annonçait cette sortie pour la nuit, et que l'ennemi, qui ne manque pas d'espions, pouvait être facilement instruit de la marche de nos troupes. Ces sorties combinées des différentes garnisons avaient pour but de faire
laine d*artiHerîe légère , pour les faire servir en artillerie l^ère; j'avais monté ses canonniers et tout disposé pour cet effet. Tai rencontré Tenneini entre Rieux et Avesnes-ie-Sec; il ne me montrait que de la cavalerie.
«Je Tai canonné vivement et Tai forcé de quitter la position dont je me suis emparé de suite. Je l'ai chassé de poste en poste jusqu'à Villers-en-Gauchies , où il était plus nombreux, et sur la hauteur duquel il a fait son rassemblement. La canonnade les a forcés sur plusieurs points. Toujours mon petit corps de troupes marchait très en ordre et chassait Tennemi avec beaucoup de rigueur. J'ai fait attaquer Villersen-Gauchies; l'ennemi s'y défendait. Je me suis déterminé k l'enlever de rive force et je l'ai fait prendre la baîonnnette au bout du fusil et à la charge. L'ennemi a été forcé et a fui de toute part et je me suis trouvé k la vue de leur camp; et, si j'eusse eu de la cavalerie nécessaire pour soutenir mon infanterie en plaine, j'étais sûr de les forcer dans leur camp; mais je n'avais en cavalerie que ce qu'il me fallait pour me faire édairer et flanquer, et d'ailleurs, d'après le général, les ordres étaient de me borner à de fausses attaques vers le camp de Solesmes; et comme j'étais prévenu qu'il marchait à moi en force, surtout en cavalerie, et que ma position pouvait être tournée et ma retraite coupée, je me suis déterminé, d'après l'avis de plusieurs ofliders supérieurs, à prendre la position d'Avesnes-le-Sec Ma retraite
n'était que de deux cents toises : je l'ai ordonnée. Mes ordres étaient très précis de la faire très en ordre et d'une manière militaire. J'ai donné ordre aux pièces de position de mettre en batterie sur les points de ladite position; et, pour prot^er mon infanterie qui devait passer dans un basfond, j'ai fait porter mon peu de cavalerie en avant avec les deux pièces d'artillerie légère. L'ennemi nous tournait par la droite et par la gauche; j'ai été attaqué par la cavalerie de toute part. L'infanterie s'est bien conduite, la cavalerie s'est de même bien comportée ainsi que l'artillerie, sauf quelques officiers et des canonniers de ce corps qui doivent essuyer de grands reproches , mais la plupart des charretiers sont des lâches; ils ont coupé les traits des chevaux, se cachaient sous les pièces en ne s'occupant que de leur fuite personndle, et ont, par cette conduite lâche et criminelle, abandonné le peu de bouches k feu k l'ennemi, ce qui a jeté le désordre dans l'armée, qui n'a cessé de se montrer le mieux qu'il lui a été possible ; mais, s'étant trouvée beaucoup inférieure en nombre, elle a été obligée de se retirer. (rLe conseil de guerre s'occupera de ceux qui, dans cette occasion, n'ont pas montré tout le courage et le lèle des républicains, pour les livrer sur4e-champ au glaive de la loi.
«rLé général de brigade
conunaïuUmt en chef
Cambrai et arrondiêêement.
frDlCLATB.»
142 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sept. 1798.]
faire une diversion du <^té de Lille. Son utilité paraissait évidente, mais la perfidie a tourné à notre perte les mouvements qui devaient avoir le plus ^nd succès.
Vous trouverez ci-incluses les lettres que nous avons frites au conseil général du district de Cambrai et au général d'Avaine , et la réponse que cet officier vient de nous fidre sur le rapport de Ransonnet, Tun des chefs de brigade de la division de GavreBe. L'on ne peut plus douter que la journée d'hier n'ait été très malheureuse. Vous verrez, dans la lettre de ce dernier officier, que le général Declaye est rentré à Cambrai et qu'une ordonnance a ajouté qu'on tenait un conseÛ de guerre à son égard ^'^
Nous ferons tomber le voile qui couvre cette perfidie, car on ne peut pas se refuser de croire que la trahison n'ait occasionné ce désastre. C'est dans un ravin que nos troupes ont été presque toutes taillées en pièces, sans pouvoir se défendre. Il était facile de se repÛer sur la gauche et de faire une jonction avec les détachements de Maubeuge et de Douai.
Nous avons fait partir dans la nuit un courrier extraordinaire pour le général Houchard, qui est instruit des événements et qui ne manquera pas sans doute d'envoyer du renfort au restant de cette garnison, qui n'est que de trois à quatre cents hommes.
Nous avions demandé au général d'Avaine quinze cents hommes, dont la réunion avec le 7* bataillon de l'Yonne, la garde nationale et le reste de la garnison, pourrait défendre la place jusqu'à l'arrivée des nouvelles troupes que le général Houchard ne manquera pas d'envoyer. Le général d'Avaine nous observe avec
(^) Le général Dedaye était, en effet, rentré le 1 9 septembre au soir à Cambrai. Le lendemain il dut venir rendre compte de sa conduite devant le comité cambrésien de sdut public Accusé d^impéritie par ses soldais échappés au massacre, par Cornu, commandant temporaire de Bouchain, par Marceaux, administrateur du district, qui Tavait accompagné, il essaya en vain de se disculper et de rejeter sur l'indiscipline des canonniers et la lâcheté des charretiers la responsabilité du désastre. Il n'en fut pas moins traduit devant un conseil de guerre, qui le fit arrêter et envoyer k Arras devant les commissaires de la Convention. Pendant ce temps, le ministre Bouchotte écrivit au général Declaye, le 16 septembre 1793* la lettre suivante (minute autographe, Arch. de la guerre, armée du Nord) :
«La défaite de la garnison de Cambrai, citoyen, a donné des inquiétudes aux patriotes, que vous devez désirer de voir dis-
siper. Du moins j'en juge ainsi, puisqu'on vous a représenté jusqu'à présent comme un citoyen attaché à la liberté. La Convention nationale envoie le citoyen Laurent, représentant du peuple, prendre connaissance des faits. Il convient que vous restiez en arrestation et que vous n'exerciez aucune fonction jusqu'à ce que les faits soient éclaircis. Ce sont les intentions du Conseil, auxquelles vous devez vous conformer. Le citoyen Chapuy, général de brigade, se rend à Cambrai pour prendre le coihmandement de la place. Vous voudrez bien lui remettre les papiers et renseignements qui en dépendent»
Declaye fut conduit k Paris, mais, au lieu de le traduire devant le Tribunal révolutionnaire, le gouvernement lui confia, le 9 hrumaire an n (3o octobre i793)f le commandement de la ville de Lyon. (Cf.
H. Wallon , Le général Declm/ê, commandant la place à Cambrai et à Lyon en ijgd, et A. Chuquet, Hondtdtoote, chap. zi.)
[i3 8IPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. Iâ3
raison qa'il a des postes très importants à garder et qu'il ne peut pas détacher de ses forces, et nous allons en demander de la garnison de Douai, qui pourra fournir qudques détachements.
Au milieu des peines que nous causent ces malheureux événements , h nouve&e que vient de nous donner le colonel Antoine en adoucit un peu Tamertume. Cet officier nous rapporte qu*il y a eu une attaque d'observation du cAté de Pont-àrMarcq. Le camp de Menin a été attaqué et forcé par les troupes du camp de la Madeleine. L'ennemi a battu en retraite^'^ Le 9* riment de nos hussards a chargé les hussards noirs hollandais, dont un de nos braves soldais a enlevé rétendard, qu'il a porté dans Lille ^. L'ennemi est en déroute sur Pont-h-Marcq, Menin et Courtrai, et il a perdu beaucoup. Ces nouvdles nous sont données comme certaines par le colond Antoine, qui est arrivé de l'affaire qui a eu lieu de ce côté.
Nous aurions désiré, citoyens nos collées, être dans le cas de ne vous transmettre que l'histoire de nos triomphes; mais vous savez que la victoire ne se fixe pas toujours au gré des amis ardents de la liberté. Les dispositions des habitants de ces départements nous assurent pourtant que ces triomphes de l'ennemi ne seront pas de longue durée et que nous l'écraserons bientôt sous la masse de nos défenseurs ^'\
(Orig. , Arch. de la goerre , année da Nord. )
(') Le i3 septembre 1793, les généraux d^Hédouville et Dumesny s^étaient emparés de Wervicq , et , solidement installés dois ce poste, avaient repoussé toutes les attaques des Impériaux, conduits par le prince Frédéric d^Orange , qui était tombé grièvement blessé. En même temps, le gàiéral Béru avait enlevé Hallnin , et , culbutant tout sur son passage, il était entré dans Menin, chassant devant lui les Hollandais épouvantés par la furie française. Malheureusement nos troupes souillèrent leur victoire par le pillage et renouvelèrent les déplorables excès que nous avons déjà enregistrés lors de Texpédition de Fumes (cf.
t n, p. 997 à 999), et contre lesquels protestaient vainement les généraux et les représentants du peuple. (Cf. A. Chuqnet, Hondêckootê, 966 et suiv.)
(*> Ce drapeau fut pris par un chasseur du 6*, Léon Brunel, de Troyes.
(') On lit en tète : «Reçu le 19 sq>-
Élie Lacoste, Petssârd.
tembre.9) — Le Comité de salut public répondit aux représentants en ces termes (minute, Arcb. nat., AF u 938) :tr Le vrai patriote, citoyens collègues, ne se laisse jamais abattre et les revers, loin de le décourager, ne feront qu^enflammer de plus en plus son courage et Télever au-dessus des obstacles, surtout quand il saura que Ton purge nos armées des traîtres qui les infestaient et qu^on les punit Vous pouvez aisément juger de la désagréable sensation qu*a éprouvée le Comité à la lecture de votre lettre du 1 3 septembre et des pièces que vous y avei jointes. H ne négligera aucune des mesures de sûreté qu^exigeront les circonstances ; il compte sur votre constante application k pourvoir à tous les besoins de la République, suivant Tétendue des pouvoirs qui vous sont déliés, d — On trouvera dans Aulard, VI, Â63, une autre rédaction de cette réponse du Comité aux représentants Élie Lacoste et Peyssard.
Uk CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [iSsept. 1798.]
SARREBRUGK, l3 SEPTEMBRE 1793.
LE GÉNÉRAL BALTHAZAR SGHAUENBURG AU GOMITlS DE SALUT PUBLIC.
Analyse, — Il a visité tous les postes de Sarrebruck à Sarrelibre, et il a fait sortir de cette dernière place pour camper sur un rang en arrière de Reling le 3* bataillon du i o3* régiment et mis la garde citoyenne en réquisition. La nouvelle levée du district de Sarrelibre est bonne ; celle du district de Boulay est très faible. U peut rendre un compte des plus satisfaisants des districts de Sarreguemines et de Morhange, qu'il a organisés le lo et qui sont nombreux, nerveux, bien disposés et presque un tiers armé de fusils. Il s*est rendu près des généraux du corps des Vosges et a fait avec eux les dispositions pour attaquer Ketterich , le 1 a , à quatre heures du matin. 0 vient de recevoir un courrier du général Moreaux ^^^ ajmonçant que , le 1 3 , il a rencontré Tennemi à la jonction des routes de Pirmasens à Deux-Ponts, par Fening et Ketterich, qu'il Ta repoussé et a ensuite battu en retraite, sans être inquiété ^*K Un de ses émissaires lui a dit avoir vu k Kaiserslautem un camp de 1 3,000 rrussiens et Autrichiens. «rCet espion ma encore dit qu'il venait d'être défendu aux paysans de laisser boire leurs bestiaux aux puits établis dans les campagnes, attendu qu'on allait les empoisonner pour l'arrivée des Français. » Le général Villionne ^^^ a attaqué l'ennemi à quatre heures du matin et l'a débusqué de tous ses postes. (Orig., Areh. de U gaerra, armée de la Moselle.)
(') Jean -René Moreaax, né à Rocroi (Ardennes) le iU mars 1768, engagé au régiment d'Auxerrois-Infanterie le i^'inars 1776, grenadier le 1 "janvier 1777, blessé d*im coup de feu à la jambe droite à Taffaire de Sainte-Lucie le 1 8 décembre 1778, congédié le i4 novembre 1779» entrepreneur de bâtiments et de travaux du génie militaire à Rocroi , commandant de la garde nationale de cette ville le 31 septembre 1789 et en second du 1*' bataillon des volontaires des Ardennes le ao septembre 1791 , général de brigade le i5 mai 1798 et de division le 3o juillet suivant, commandant du corps des Vosges le 6 septembre 1793, général en chef provisoire de Tarmée de la Moselle le 9 5 juin 179^, mort à Thionville le 39 pluviôse an m (10 février 1796). — Cf. Léon Moreaux, Le général René Moreaux et Varmée de la Moeelle; Paris, 1886, in- 18.
(') Cf. sur cette affaire du 1 3 septembre 1793, Léon Moreaux, p. AA, et A. Chuquet, Wiêiemhourg , p. 160.
t*J Pierre-Justin Marchand de Villionne, né à Fontainebleau le 3o mai 17A0, fils d*un entrepreneur des ponts et chaussées, deuxième lieutenant des grenadiers postiches dans le régiment de Brulart le 96 janvier 1759, lieutenant au régiment des recrues de Sens le i*' octobre 1763, capitaine le 3o octobre 1769, chargé, le 9 novembre 1769, d'une mission secrète pour nie Bourbon, part le 98 décembre suivant et rentre à Brest le i3 mai 1773, attaché aux troupes légères le 98 juillet 1773 et au 1" régiment de chasseurs le lâ avril i779t major du U* chasseurs le 91 août 178& et du 9* chasseurs le i*' mai 1 788 , colonel du 55* d'infanterie le 5 février 1799, général de brigade le 8 mars 1793, suspendu de ses fonctions le h octobre 1793 parles représentants à Tannée de la Moselle, autorisé à prendre sa retraite le 9 firimaire an m (99 novembre 179&), retraité le 90 pluviôse an m (8 février 1795), mort à la Chapelle (Seine-et- Marne) le 99 juin 181 3.
[i3 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 145
SIGEAN, l3 SEPTEMBRE 1793. LE GJ^R^RAL PUGET-BARBANTANE^
COMMANDANT DE LURM^B DBS PTR^NIÎES ORIENTALES ^^\ AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Anabfse, — Il mande qu'ëpuisë de fatigue, il a donné sa démission et va se rendre auprès du Comité ^*\ Quelques habitants de Perpignan lui font le reproche
(') Le 11 septembre 1793, le général Pugel-Barbantane avait fait la proclamation suivante k ses soldats (copie, Arch. de la guerre, armée des Pyrénées orientales):
«An qoirtier général de Sigcan ,
le ti septembre 179S,
Tan n de la RépabUqae fraiifaiie.
ttLe gméral m chef de l'armée dê$ Pyrétéêê ortêtUaln à êêêfriret alarma compoiont ladite armée.
«Soldats,
vrDes prisonniers espagnols ont été maltraités; ({uelques-uns même sont tombés au milieu de vous, victimes de la fureur du premier mouvement Combattre des ennemis, les exterminer, n'en pas laisser un debout sur le champ de bataille, est Taclion d*un brave républicain; mab quiconque massacre un prisonnier attente à Tbumanité, qui ordonne de ne voir qu*un homme dans un ennemi désarmé. Réprimez donc désormais de pareils excès et dénoncez-les à la sévérité militaire.
<rll est parmi vous, soldats français, un autre genre d*ennemis, qui doivent vous être encore plus en horreur; ce sont ceux qui, par de (aux rapports et plus encore par leurs actions, cherchent à imprimer la frayeur dans Te^rit du soldat et répandre de tous côtés le désordre, par Texemple de la phis lumteuse lâcheté. Si le succès des armes de la République, votre salut, celui de ce que vous avez de plus cher vous tient k c«eur, restez fermes k votre poste le jour du combat; entendez avec mépris et immobilité les cris tumultuaires des fuyards; c'est le courage tranquille, le bon ordre qui fixe la victoire, et d'ordinaire la victoire est peu sanglante ; au contraire la mort marche avec la déroute; tout de-
vient des obstacles k des vaincus, et la peur, cette faiblesse trompeuse , conduit au mal qu'elle semblait faire éviter. Vous vous convaincrez aisément de cette grande vérité en jetant un coup d'oeil sur nos revers et principalement sur la journée du 8, dont le malheureux succès est dû à quelques lâches qui, loin de fondre sur l'ennemi, ne se servirent de leurs chevaux que pour accélérer leur fuite. Je puis vous donner la satisfaction d'apprendre qu'une pareille conduite ne restera pas désormais impunie. Un tribunal militaire est organisé par les soins des représentants du peuple. Arrêtés, conduits à Narbonne avec humiliation, plusieurs d'entre eux vont bientôt subir les peines qu'ils ont méritées. «Que vous êtes différents de ceux-là, braves républicains, à qui la privation ne coûte rien pour la liberté 1 Peut-on voir sans émotion le calme, la gaieté même avec laquelle vous supportez les rigueurs d'un bivouac prolongé? Votre dévouement sera connu de toute la République et ajoutera k la jouissance que vous en ressentez déjà. Pour moi, votre chef par la loi, votre camarade, votre frère d'annes par mes opinions et mes sentiments, je ne cesse de m'occuper avec les représentants du peuple de l'intérêt général de l'armée; je n'ai qu'un regret, c'est que l'obligation de m'y livrer entièrement m'empêche d'être nuit et jour à côté de vous. Comptez sur mon activité à mériter aussi bien de la patrie que vous le faites par votre zèle infatigable à la servir.
• cr Puobt-Babiabtari. 9
^') Le la septembre, Puget^Barbantane avait écrit aux représentants du peuple près l'armée des Pyrénées orientales, pour
IHPMMKBIK SATIOKALl.
U6 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i3 sept. 1793.J
d'avoir Iransfërë de cette ville le quartier générai. Il aurait cru trahir la République s'il n'avait pris ce parti.
(Orig., Arch. de la gaeire, armée des Pyrénées orientalee.)
l3 SEPTEMBRE 1793.
LES G^Nl^RiUX B^RU, PAYABT ET 6IL0T AU GOMITli DE SALUT PUBLIC.
AnahfH. — i* Le général Béru ^^^ annonce la prise de Menin et de Wervicq par nos troupes, et insiste sur la ferjneté qu'il a fallu déployer pour empêcher le pillage de Menin ^^. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C, p. 509). — 9* Le général Favart envoie de Ulle un mémoire contenant trois dispositifs faits pour les cas d'incendie ou alarmes simples et de bombardement W. (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord). — 3* Le général Gilot ^*^ écrit de Strasbourg qu'après avoir été suspendu de ses fonctions ^^^ il est venu dans cette ville, d'où il gagnera Lunéville, dès qu'il sera rétabli. (Analyse, Arch. de la guerre, reg. du Comité de salut public, C, p. 5o8). ,
donner sa démission et recommander le général Dagobert pour son successeur. (Copie certifiée par lui, Arch. de la guerre, année des Pyrénées orientides.) Le 1 3, il annonça à Bouchotte son départ pour Paris. Le i&, le Comité de sdut public arrêta que le ministre de la guerre destituerait sor-le-champ le gàiéral Barbantane. (Cf.
Aulard, VI, A79.) On le remplaça par le général Turreau.
t» Ctt,n,p. io5.
W Cf. Foucart et Finol, II, 137, et A. Chuquet, HtmiêehooU, 967. On trouve dans ce dernier volume le récit du pillage de la ville de Menin par les Français.
(') Le mémoire du gàiéral Favart est joint à la lettre.
(*) Joseph Gilot, né à Chatenay (Isère) le 1 6 avril 173a, engagé au régiment d'artillerie de Bourgfelden le sa janvier 1760, congédié par grâce le 19 septembre 1751, soldat au régiment Royd-Infanterie le 11 novembre 1781, grenadier le 6 mai 1753, sergent le 5 septembre 1769, fourrier le 1" septembre 1764, porte-drapeau le lA avril 1767, sous-tieutenant le 7 juin
1 776 , lieutenant en second le 95 mai 1 780 et en premier le 16 juin 1781, chevalier de Saint-Louis le 19 août 1787, capitaine le i*' juin 1789, capitaine en deuxième le 9 mai 1790 et en pied le i** janvier 1791, capitaine de grenadiers le i5 septembre 1791, lieutenant-colonel du s s* d'infanterie le 5 février 1799 , commandant temporaire de Landau le 1" juin 1799, maréchal de camp le 6 décembre 1799, général de division le 97 mai 1793, suspendu de ses fonctions le 11 septembre 1793, réintégré le 9 pluviôse an m (s8 janvier 1795), commandant la h* divirion militaire (Nancy) en l'an t, membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xn (11 décembre i8o3) et commandant le 95 prairial (lâ juin 180A), mort à Nancy le 97 mars 1811. Le général Gilot avait fait les campagnes de 17 56 à 1769 et avait été blessé en 1756, au siège de Mahon, d'un édat de bombe à la janibe gauche.
(*) Le gàiéral Gilot avait en effet été su^>endu, le 1 1 septembre, par un arrêté des représentants Mallarmé, Ruamps, Borie et Niou.
[ik SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MlUTAIRE DU COMITÉ.
PARIS, ïà SfSPTRMBRB fJ^S^^K LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTB AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Paris, lA septembre 1793, fan i" de la République française une et indmsible.
LE MINISTRS DB LÀ OVBMK ÀVI RÊPRESBNTÀIfTS DU PBVPLB MBMBHBS DU COMITÉ DB SALVT PUBLIC DB LÀ CONVENTION NATION ÀLB,
Citoyens représentants,
J*ai reçu avec votre lettre du 9 de ce mois le plan de campagne propose par le citoyen Malassez, capitaine au ^k* r^iment et aide de camp du gënënd Ihler. J'ai examiné ce plan que je vous envoie ci-joint et qui n'est autre chose qu'une vaste campagne d'hiver. Les difficultés que nous avons éprouvées l'année dernière pour les approvisionnements indiquent ce qui arriverait, si l'on voulait suivre la même marche.
L'essentiel est de repousser l'ennemi du territoire, de faire de simples entreprises pour détruire les magasins, car c'est par la faim qu'il fiiut le tuer et non pas en commençant une opération dont personne ne pourrait prévoir l'issue.
Un des grands moyens de prendre l'ennemi par derrière et qui est trop négligé, c'est de faire nattre des insurrections.
L'armée française n'a paru perdre de son audace que parce que les généraux s'appliquaient à la comprimer et i lui donner sans cesse des inquiétudes sur ses moyens et sur ses positions, et vous voyez, citoyens, que les généraux sansculottes savent retrouver l'audace française dans le coeur des soldats républicains ^^\
(Oiig., Arck. de la gnerre, année da Nord.)
(» Caillot est présent à la séance du Comité. (Cf. Auiard, VI, 677.) Il écrit un arrêté fiiant le prix maximum de 1,000 livres pour chaque cheval de charroi. Il rédige aussi le même jour le décret de la Convention dispensant les officiers des troupes à cheval , qui se lèvent en vertu de la loi du s 3 aoàt, d*acheter des chevaux et de former des équipages de guerre.
(Orig. aut, Arch. nat, C 969.)
^ Les mesures de prudence édictées dans cette lettre par Bouchotte montrent qu*il ne s^agissait plus, comme l'année précédente, d*une guerre de conquêtes, mais
J. Bouchotte.
d*une gueire de défense nationale. Il allait sauvtf les villes menacées par Tennemi et. reprendre celles qui étaient tombées en son pouvoir. Le décret du s3 août avait sonné le clairon d'alarme et appelé sous les drapeaux la nation tout entière. Gamot, déployant une patriotique activité, dressait des plans de campagne, stimulait les généraux, organisait à Paris et dans les départements la fabrication des armes avec son compatriote Prieur, et déjà la victoire de Hondschoote et la délivrance de Dunkerque avaient été la récompense de ses efforts.
148 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i4 sept. 1793.]
SAUMUn, 1 4 SEPTEMBRE 1793.
LE GIÎN^RAL EN CHEF ROSSIGNOL AU GOMITé DE SALUT PDBLIG.
Ào quartier général de Saumor, le lA septembre 1793, Tan n de la Répobliqae française une et indÎTisiUe.
ROSSIGNOL, einiRAL BN CHEF DBS ÀRMÉBS DBS câTBS DB LA ROCUBLLB , AUX RBPRÉSBNTANTS DO PBUPLB COMPOSANT LB COMITÉ DB SALUT PUBUC.
Vous apprendrez , avec la même satisfaction que nous , que l'échec éprouvé le 5 par Tarmée stationnée k Chantonnay n'est pas , à beaucoup près, aussi considérable qu'on l'avait cru d'abord. Il parait qu'il n'aura d'autre suite que d'inspirer aux troupes qui composent cette division le désir d'une prompte et terrible vengeance. Le général Chalbos ^^^ écrit qu'elle est plus que jamais en état d'agir et que les opérations qui ont été concertées ne seront pas un moment ralenties ^*\
Les rebelles, pressés dans tous les sens et partout repoussés, commencent k sentir enfin tout l'embarras de leur position. On nous assure que la terreur se répand parmi eux. On ne leur donnera point un moment de relâche; toutes les divisions de l'armée sont en mouvement, et nous allons bientAt leur porter les
*') Alexis Chalbos, né à Cubières (Lozère) le 6 mars 1786, em^lé volontaire au régiment de Normandie-Infanterie le 1*' avril 1 751 , congédié par grflce le 6 juillet 1755, volontaire au régiment du Roi-Cavalerie le s 9 septembre 1766, fourrier en 1 769 , maréchal des logis le 1 5 mars 1 763, porte-étendard le 3i juillet 1767, rang de lieutenant le 17 juin 1770, lieutenant dVne compagnie le 93 août 1779, lieutenant en second à la formation du 16 juin 1776, premier lieutenant le 9 septembre 1778, passé au 9* régiment de chevaulégers le 99 mai 1779, chevalier de Saint- Louis le i3 janvier 1788, passé au régiment de chasseurs de Guyenne le 1 5 mai 1788, capitaine le 7 juin 1789, adjudant général chef de bataillon à Tarmée de Tinlérieur le 9 septembre 1799 et chef de brigade k l'armée de la Vendée le 8 mars 1 793 , employé à Tarmée des Cètes de la Rochelle le 3o avril 1 793 , général de brigade le 6 mai 1793 et de division le 99
du même mois, employé k Tarmée de rOuest le 6 octobre 1793, commandant provisoire de cette armée le 98 du même mois, prend un congé le i4 novembre 1 793 , employé k Tannée du Rhin le 5 avril 179a, non compris dans Torganisation du i3 juin 1795, employé k Tarmée des Côtes de Brest le 99 juillet 1796, admis à la retraite le 1*' janvier 1796, remis en activité le t o avril 1 796 , commandant temporaire de la place de Meti le 1 5 décembre 1 799, commandant la 96* division militaire le 1*' juillet 1800, admis à la retraite le 8 février 1801, commandant d*armes à Mayence le 6 juin 1801 , mort k Mayence le 17 mars 1 8o3. Le général Chalbos avait fait les campagnes d'Allemagne de 1767 à
(*) Le tk septembre, le général Alexis Chalbos partit pour la Châtaigneraie. (Cf. Mémoires inédits de Mercier du Rocher, cités par Cb.-L. jChassin, dans La Vendée patriote, III, 58.)
[i5 SEPT. 1793.] CORRESPONDANCE MIUTAIRE DU COMITÉ. 149
derniers eoaps. Nous aurons sans doute demain encore de nouveaux ëvënements; tout nous fait espérer qu*ils seront heureux pour la République ^'^
Le général en chef, R0SSI6IVOL.
(Orig., Arch. dé la gnorre, armée det Côtes de la Bocheiie.)
DCNKBBQUB, 1 5 SEPT8MBBB VJ^Z^^K
LES BBPB^SENTANTS TBULLABD, BBBLIBB, HBNTZ ET DUQUESNOY
AU GOMlTlf DE SALUT PUBLIC.
LES HBPBhBNTÀNTS DV PBVPLS BNVOfis PRÈS LUBMis DU NOUD À DUNKERQUB . àO COUni DÉ SALUT PVBUC.
Nous avons nomme provisoirement le citoyen Carrion commandant de l'armée qui est devant Dunkerque. Le citoyen Duquesnoy vient de nous donner sur cet homme des renseignements qui nous font bien changer d'opinion sur son compte ^*>.
1* Nous apprenons que c'est un ci-devant noble ^^^
fi** C'est un intrigant; des intrigants l'environnent H a vexé un patriote de
^^) Le même jour, le représentant Richard écrivit de Saumur à la Convention dans des termes analogues (cf. Aulard, YI, 48A), et Rossignol écrivit au président de la Convention (orig., Arch. nat, C 970) et fit un rapport i Bouchotte sur les af- .faires du 11 et du 19. (CL Chassin, La Vmidéêpatnot0,m,àh.) . (*) Camot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, VI, 687.)
^*î Le même jour, Beriier et TruUard avaient écrit au Comité que Tordre était rétaMi depuis que le général Carrion commandait le camp entre Fumes et Dunkerque. (Cf. Aulard, VI, 499.)
(^) Le 98 septembre 1793 le général Carrion écrivit à ce sujet du camp de Rosendael au ministre de la guerre (orig. aut , Arch. adm. de la guerre, dossier Car^ rion): ff L'on m*assurequ*un décret expulse les ex-nobles des armées de la République. Tai la réputation de Tétre , quoique mes parents n*aient jamais joui des prérogatives autrefois attachées k la noblesse. 11 y a
pr^ de trois cents ans qu*ib exercent ilionorable métier de cuitivateiur et ils ont formé depuis ce temps des alliances avec cette classe que Ton traitait jadis si insolemment de roturière. Cependant Topinion publique doit être respectée; on veut que je sois noble : eh bien je vous prie d'accepter ma démission. C'est un sacrifice bien grand pour moi d'être obligé de me refuser à servir la République que j'aime tant La volonté du peuple est prononcée, je vais y obéir, espérant que quelque jour, fort de mes vertus, je rentrerai dans cette grande et courageuse société, triomphante . d'un vain préjugé qui n'existerait plus sans la scélératesse de la grande majorité des ex-nobles, qui ne sont restés dans les armées de la République que pour mieux la trahir.» — On lit en tête de ce curieux document ces mots, de la main du ministre de la guerre Rouchotte : «Si la lettre de destitution n'est pas partie, il suffira de lui écrire que le Conseil accepte sa démission. »
150 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i5 wt. 1798.]
Bergues; il l*avait &it emprisonner et il ne loi a donne sa liberté que sur des ordres exprès des citoyens Hent2 et Dnqnesnoy, Tnn de nous. D a garde h cAié de lui, contre les ordres précis de nos mêmes collègues, un nommé Foucault, intrigant, vagabond, officier de ligne, qui n'était pas à son corps et qui se disait envoyé pour une mission secrète de Houcbard , qu'il ne remplissait pas ^^K
3** En dénonçant Landrin , il s'est mis en quelque façon en avant pour avoir sa place; il rejetait loin les autres officiers qu'on proposait (''.
A* Après avoir eu une parole aussi vague de nous, il a prôné qu'il était choisi général, et puis il est venu nous faire dire et nous dire à nous-mêmes que tout Bergues et Dunkerque étaient pleins de sa nomination, tandis qu'il savait qu'elle n'était que vaguement en projet, de sorte qu'il nous a en qudque façon forcés de le nommer. Il y a plus : sur les observations et les répugnances que l'un de nous a montrées de le nommer en la place de l'homme qu'il dénonçait, il a insisté en mendiant en quelque fiiçon sa nomination.
5* n est r^ulté d'une dénonciation, qui nous est parvenue aujourd'hui contre lui, qu'il a dit que les gendarmes nationaux, qiù se sont si bien montrés, sont des motionneurs et qu'il serait ftché d'en avoir dans son armée.
Finalement le citoyen Duquesnoy, au bon sens et aux connaissances de qui nous ajoutons foi, nous assure que c'est un homme qui n'est avancé que par intrigue.
Ces considérations nous déterminent k vous presser de ne pas confirmer notre nomination provisoire, et même à la changer, si vous le jugez convenable d'après les indications que nous vous adressons ^^\
TiuLLARD, T. Bbblibb, Doqubsnoy, Hbntz.
P.'S. Le citoyen Duquesnoy, qui connaît ici )e local et les hommes, pense que, si vous aviez besoin de nommer des généraux divisionnaires en cette armée, vous pourriez jeter les yeux sur le général de brigade Souham et sur le citoyen Lépinay, capitaine du 3* r^[iment de chasseurs ^^K
T. Bbblibb.
Le i5 septembre, l'an 11 de la R^ublique une et indivisible. (Orig., àrch. adm. de la gaerre, dossier Carrion. — Analyse, Areh. nat., AP u 938.)
(^) Cf. sur Tadjudant général Foucault le Riêitmé expo$itif dé la conduite révolutiomuûrÊ do Martm-Jean^FrançoU Carrion , êX-gMral do brigade, p. la.
(^ Les représentants Tndlard, Berlier et Hentz avaient suspendu le générai Landrin de SCS fonctions le 1 3 septembre et lui avaient enjoint de remettre le commandement au général Carrion (cf. Ré- 9umé êxpoMfj p. 3s).
(') Cette lettre n'est pas mentionnée dans le recueil de M. Auiard. — Voir à la date du 3o septembre la lettre du Comité de salut public renvoyant ladite lettre au ministre de la guerre.
(^) Ce post-scriptum est de la main de Berlier. — La recommandation des représentants était superflue pour Souham , qui avait été promu divisionnaire le i3 septembre.
.[i6 8BFT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 151
AMIENS, l5 SBPTBMBRB 1793.
LE 61În6iAL O'MORiN AU GOMITlS DE SALUT PUBLIC.
Analyse, — Il rëdame contre sa destitution et sa détention. (Analyse , Arcb. de la guerre, correspondance générale.)
51. PARIS, 16 SEPTEMBRE fj^^^^h LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUCHOTTE.
Analyse. — Envoi d'une lettre du commissaire ordonnateur Mabile relative à des achats de couvertures pour les troupes ^^\
(Minute, Arcb. nat., AF u s38.)