‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 58 sur 181 · LE COMITE DE SALUT PUBLIC AUX REPRESENTANTS TRULLABD ET BEBLIER · texte numérisé non relu

LE COMITE DE SALUT PUBLIC AUX REPRESENTANTS TRULLABD ET BEBLIER

Paris, le ai septembre 1798, Tan 11 de la République une et indivisible.

AUX BBPRéSBNTANTS DU PBUPLB À DUNKBBQUB , TRULLABD BT BBRUBR.

Nous vençns d'être informés, chers collègues, qu'il se trame à Dunkerque un nouveau plan de conjuration tendant à livrer cette ville *aux

(') Le nom de Gamot ne figure pas parmi les membres présents à la séance du Comité (cf. Aulard, VI, 687), mais on trouve sa signature au bas d^arrétés datés de ce même jour. De plus il fit décréter par la Convention que toutes les matières premières qui concourent à la confection des poudres, telles que la soude, le salin, le cbarbon, etc., sont en réquiâtion. (C£ Moniteur, XVn, 718.)

(*) La lettre de Bourbotte était datée de

la Rocbelle, le 11 septembre 1793. — Le ao septembre, le Comité écrivait aux représentants Bellegarde et Fayau ime lettre analogue , et le 9 1 , à Fayau, ce billet laconique : «La conduite du général Tuncq sera examinée avec soin. Croyes que s*il est coupable , il sera puni. Nous vous prévenons que déjà il est en arrestation.»

(') Le 90 septembre 1798, le Comité avait transmis au ministre de la guerre les observations de Bourbotte.

[ai SEPT. 1793.] CORllESPONDANGB MILITAIRE DU COMITÉ. 1/0

Anglais. Il serait affreux qu après les avoir ignominieusement chassés par la force, nous fussions victimes de la perfidie de ces implacables ennemis de la France ^^K Nous avons cru devoir vous prévenir de ce fait important, afin que vous soyez sur vos gardes et que votre sévérité redouble à regard des personnes suspectes. Nous vous invitons à vous entourer de patriotes irréprochables et capables de vous procurer les connaissances locales que vous n'avez pu acquérir encore dans un pays que vous habitez depuis si peu de temps.

Les plaintes graves qui nous ^ont parvenues contre l'état-major général de Tarmée du Nord nous ont déterminés h prononcer la destitution de la plupart des officiers qui la composaient. Nous vous envoyons la nouvelle liste que nous avons arrêtée de concert avec le ministre de la guerre ^^\

La multitude des traîtres, auxquels le sort de nos armées a été confié jusqu'à ce moment, doit nous rendre attentifs à connaître mieux le caractère des hommes que nous pouvons employer ^'^. Nous vous engageons donc, chers collègues, à vous faire une étude particulière de cet objet majeur, et de recueillir tous les renseignements que vous pourrez acquérir sur les talents et le civisme des hommes qui peuvent être portés aux emplois supérieurs dans les armées. Attachez-vous surtout à découvrir le mérite modeste parmi les commandants de bataillon , ou même parmi les officiers d'un grade inférieur ^*^; nous nous en reposons avec confiance sur votre zèle et votre dévouement.

(Minute aat de Carnot, Areh. de la guerre, armée du Nord. — Reg. de eorr. , Areh. de la famille Gamot)

(*) Le 17 septembre, le général Souham avait annoncé aux Dimkerquoia la levée de Tétat de siège. « Citoyens représentants, disait- il dans sa proclamation, les satellites des despotes ont fui de devant vos murs; votre courage a secondé celui des troupes; vous avez vaincu vos ennemis : votre territoire est libre comme vos personnes le seront toujours. . . » (Cf. Foucart et Finot, II, i3i.)

(') Le ao septembre, le Comité de salut public avait ordonné Tarrestation du général en chef Bouchard, des généraux Landrin, Dumesny, Demars, Joseph de

Hédouville et Berthelmy, et de Tadjudant général Gay de Vemon (Cf. Aulard, VI,

(') Le Comité de salut public écrivit de nouveau, le 95 septembre, aux représentants près Tarmée du Nord et insista sur la nécessité de surveiller les officiers suspects. (Cf. Aulard, VU, 56.)

^^) Les représentants du peuple suivaient sur ce point les reconunandations du Comité de salut public. A Tannée du Rhin ils avaient élevé, le 30 septembre, le chef d'escadron Carienc au grade de général de brigade.

180 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ai skpt. 1798.]

LB COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE

Paris, le ai septembre 1798, Tan 11 de la République une el indivisible.

LES BBPRésBNTÀNTS DV PEUPLE, MEMBRES DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC, AU CITOYEN MINISTRE DE LA GUBRBB,

Nous recevons, citoyen ministre, votre lettre du a o de ce mois, sur la nécessité de prendre des mesures pour la fourniture de 3 00,000 redingotes aux troupes de la République.

Quoique les administrateurs de Thabillement ne puissent point faire d'achats, vous ne manquez pas de moyens pour l'exécution de notre arrêté du 3i août^*\ soit en chargeant les administrateurs de district ou les municipalités de la confection de ces redingotes, soit par d'autres voies quelconques. C'est à vous, citoyen ministre, à examiner quel moyen serait le plus avantageux à la République; mais il est de la plus grande instance que vous vous décidiez très promptement ^^K

Carnot, Jeanbon Saint-Andr^, C.-A. Prieur, Collot-d'Herhots, Btllaud-Varbnwb.

(Orig., Areh. oat., AF u 4is.)

(') Cet arrêté ordonnait de faire fabriquer sans délai 3oo,ooo redingotes à Tusage des troupes (Cf. Aulard, VI, sos).

(') On lit en tète : «Les corps administratifs sont déjà chargés d'habiller les volontaires de la réquisition; ils ne peuvent pas y satisfaire. On ne peut compter sur cette ressource que pour très peu. L*administration de rhabillement a beaucoup de drap bleu, mais elle sera obligée d*en faire l'emploi pour Tbabillement que les départements ne pourront pas fournir; on ne peut donc l'employer pour redingotes. Le ministre veut-il proposer au Conseil de mettre en réquisition tous les draps de couleur propres à faire des redingotes, jusqu'à concurrence de la quantité nécessaire pour compléter le nombre que l'administration pourra fournir ou qui ne se

trouve point dans les magasins militaires, ainsi que le Conseil vient de le faire pour les couvertures?» -^ La question de Thabillement et de l'équipement des troupes préoccupait justement le Comité de salut public. Les dilapidations de l'administration étaient telles que la Convention avait, le 3 août 1793, fait arrêter les gardesmagasins de l'habillement des troupes, tant à Paris que dans toute la France. On mit à l'ordre du jour de Tannée du Nord du 1 8 au 1 9 octobre 1 793 : «Le ministre de la guerre prévient l'armée qu'il existe dans les magasins de la République 80,000 redingotes; elles sont destinées seulement pour les troupes qui, pendant l'hiver, resteront sous la tente ou bivouaqueront; mab, dans toute autre circonstance, nul ne pourra on obtenir.»

[fti 8BPT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 181

61. PARIS, 31 SEPTEMBRE lygS. LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGBOTTE.

Analyse. — Envoi de la copie d'une commission donnée, le 6 septembre 1793, par le conseil général de la conmiune d'Amiens, à Gérard Scellier^^^ officier municipal, et Lefèvre, notable, à l'effet de traiter avec les fondeurs de Rouen pour fournir du canon en échange du métal des cloches descendues ^^\

(Minute, Areh. nat , AF n An.)

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGBOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC

AnalyBC, — Il regrette que la Convention ait pris le décret du ao septembre sur les enrôlements, et il envoie copie 'des lettres qu'3 avait fiiit préparer pour assurer à la cavalerie un recrutement immédiat, abondant et choisi.

( Orig. , Areh. de it gaerre , eorr. géoérale.)

âl SEPTEMBBE 1793.

LES giSn^raux ghaput, de launay, giacomoni, mbnou et RONSIII

AU COMITE DE SALUT PURLIG

Analyie, — i*" Le général Chapuy^'^ écrit de Cambrai pour annoncer que Tennemi a irappé de réquisition la paroisse de Camières. Il mande que depuis

(^) Marchand de draps, députe suppléant de la Somme à la Convention , appelé à siéger le 97 frimaire an u ( 17 décembre 1 793) en remplacement de Silliery.

<"^ Cf. lettre de» représentants Delacroix, Legendre et Louchet, datée de Rouen, le f â septembre 1 793 , et celle des commissaires de la municipalité d*Amiens à ces représentants, en date du 11 septembre.

(Areh. nat, AFii ha,)

^) René-Bernard Chapuy, né à Nancy le 18 juin 17&6, soldat au régiment des colonies le 6 septembre 1 766 , sergent en

novembre 1766, fourrier en décembre 1770, engagé au régiment de la Guad^ loupe et embarqué pour les tles du Vent le 98 décembre 1779, sous-lieutenant le 1 •' mai 1775, lieutenant le 4 février 1 779, aide de camp du gouverneur du Sén^ai de 1783 au i** janvier 1786, chef du 3* bataillon franc de Tarmée du Nord le 1*' août 1799, général de brigade à Tarmée du Nord le 1 9 septembre 1 793 , blessé de deui coups de sabre et fait prisonnier le 7 floréal an 11 (96 avril 179^), rentré en France par échange le i** vendémiaire

182 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ai sbpt. 1798.]

la levée en masse , on voit beaucoup de jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans ëmigrer pour prendre parti avec les Autrichiens. (Orig., Arch. de la guerre, armée du Nord.) — a* Le général de Launay ^'^ se plaint des malversations qui se commettent dans les fournitures de fourrages et mande que depuis six semaines on fait observer à la cavalerie de Tannée de la, Moselle des jeûnes qui ne sont pas prescrits par le calendrier de la Convention. (Analyse, Arch. de la guerre, r^. du Comité de sdut public, G, fol. 5a 9.) — 3* Le général Giacomoni écrit de Perpignan que, le 17 septembre, la position du Vemet et le camp de Peyrestorles ont été enlevés. Cette journée, décisive pour le succès des armes de la République, est due en entier à la valeur de nos troupes, «r Cette victoire, dans les circonstances où elle est remportée, va produire un grand effet sur tous les esprits. Elle ranime la confiance, terrasse les coupables espérances des ennemis de la patrie, et Todieuse aristocratie, le vil égoïsme, la trahison perfide cachent leurs têtes insolentes que les sans-culottes achèveront bientôt d'écraser ^*\ï» (0"fii*» Arch. de la guerre, armée des Pyrénées orientales.) — 4* Le général Menou écrit de Paris qu'il est arrivé à midi dans cette ville, de Tarmée des Cotes de la Rochelle, par ordre du ministre de la guerre; qu'il s'est présenté aussitôt au Comité pour lui remettre les lettres des représentants et du général Rossignol , mais qu'il n'a pas été reçu. D attend en conséquence les ordres du Comité. (Orig. aut, Arch. nat., DXL u, 'carton n* 3.) — 5' Le général Ronsin mande qu'il y a pénurie de chevaux à l'armée du Nord et qu'il faut remonter les corps de cavalerie. (Analyse, Arch. de la guerre , reg. du Comité de salut public , C,foL5o5.)

an If (93 septembre 1795), réintégré en brumaire an i? (octobre 1796), admis à la retraite le 3 nivôse an ?ii (a3 décembre 1798), mort à Étain (Meuse) le i5 avril 1809. Le général Gbapuy avait fait sous i*ancien régime les campagnes d'Amérique de 1778 à 178a.

(') Jacques-Cbaries-René de Launay, né à Saint -Pierre- sur -Dives (Calvados) le 9 6 avril 1738, fils d'un docteur en médecine, entré au service dans les gendarmes écossais le 97 décembre 1766, dragon au régiment d'Oriéans le aS avril 1760, maréchal des logis en septembre 1761, porteguidon le !•* mars 1763, congédié le 1" octobre 1766, rentré dans les gendarmes de la garde le i3 avril 1768, réformé le i5 décembre 1776, capitaine i la suite de Tinfanterie le 99 mai 1778, attaché au régiment de Limousin le 3 juin 1779, premier capitaine de remplacement le 90 novembre 178^^, chevalier de Saint-

Louis le 93 décembre 1787, réformé le 1*" mai 1788, élu lieutenant-colonel du A* bataillon des volontaires de la Moselle le 95 août 1791, général de brigade le 3o juillet 1793 et de division le 90 septembre suivant, général en chef provisoire de Tannée de la Moselle le 1*' octobre 1 793 , destitué le 8 brumaire an 11 (99 octobre 1793), réintégré le i3 floréal an ni (9 mai 1795), commandant de la citaddle de Strasbourg le 1 0 messidor an m (98 juin 1795), retraité le i3 pluviôse an 17 (9 février 1796), chevalier de la Légion d'honneur le 99 mars i8o5, grand prévôt à Aix le 99 janvier 1810, mort à Ouville (Calvados) le 11 janvier 1895. Le général de Launay avait fait sous Tancien régime les campagnes de Hanovre de 1 767 à 1769. U signait René Launay ou René Delatmay.

^*^ On lit en léle : «Reçu le i*' octobre, j»

BAYONNB, Ql SEPTEMBRE fj^^- UAMDDANT GJ^N^RAL CHEF DE BRIGADE LAROCHE ^^^ AU COUni DE SkLVT PUBLIC.

Analyse, — Il mande qu*on vient de lui dëfërer le commandement de la ville et citadelle de Rayonne et qu'il s'efforcera de s'en rendre digne. R s'est occupe de rechercher les malveillants. trLe commerçant regrette les sacrifices momentanés qu'il est obligé de faire. En le stimulant en &veur de la chose publique, je cherche à lui persuader que sa sûreté personnelle dépend du salut général. Ces malheureux mercenaires exercent le despotisihe le plus affireux sans doute (celui des richesses) sur la plus intéressante portion de la société et l'influencent très dangereusement., J'espère que les mesures qui viennent d'être prises, sans compter celles qui sont à prendre , déjoueront leurs cupides projets et ranimeront l'esprit public. Avant-hier la tête d'un prêtre réfractaire a tombé, et, pour imprimer la terreur dans le cœur des conspirateurs , j'ai entouré cette exécution de tout l'appareil possible en y envoyant toute la garnison. Plusieurs arrêtions ont été faites; le maire a été transféré à la maison d'arrêt de Tarbes. Déjà la société populaire s'épure; elle réduit au silence ces hommes de boue qui, ne calculant jamais que leur intérêt personnel , aliénaient par leurs discours spécieux l'c^inion de ces braves sans-culottes qui, avec leur gros bon sens, tendent toujours au bien public ^"^.w

(Orig., Areh. de la guerre, armée des Pyrénées ocddentales.)

(*) Antoine Laroche, né à Condom (Gers) le 16 décembre 1767, fils d'un propriétaire, dragon au régiment de Monsieur le i** juillet 1776 , a quitté le 3 novembre 1778, volontaire dans la légion de Nassau le i*' avril 1779 et aide de camp du prince de Nassau-Siegen, passé dans la g^darmerie le 99 mai .1779, rayé des contrôles le 5 octobre 1779, entré dans ia légion de Luxembourg en 17B0, capitaine aide -major, passe au serrice de la Hollande, avec la légion, prend part à la défense de Ceyian, retenu prisonnier à Batavia, relâché et rentré à Paris, licendé le 1*' juillet 1 789 avec la légion de Luxembourg, élu chef du 4* bataillon des volontaires des Landes en septembre 179a , adjudant général chef de brigade provisoire à Tannée des Pyrénées occidentales le 8 juillet 1 793 , commandant la place de Bayonne le 19 septembre 1793, général de brigade le 11 vendémiaire an 11 (9 octobre 1793) et chef d'état-major de l'armée des Pyré-

nées occidentales, suspendu le ai prairial an II (9 juin 1796), confirmé et employé à l'armée des Pyrénées orientales le 91 thermidor an 11 (8 août 179^), suspendu le 94 prairial an m (19 juin 1796), remis en actirité et envoyé à Tarmée de Rhin««t>Moselle le 1 4 ventôse an i? ( 4 mars 1796), général de division le 19 thermidor an vu (39 juillet 1799), réformé le 7 vendémiaire an 11(99 septembre *8oo), réintégré dans son grade le 19 nivôee an IX (9 janrier 1801), membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xii (11 décembre i8o3) et commandant le 95 prairial an xii (1 4 juin i8o4), retraité le 18 janrier 1808, mort à Vic-Fexensac (Gers) le 91 juin i83i. Le général Laroche avait fait sous l'ancien régime les campagnes de Jersey en 1779 et 1780 et deTIndeen 1781 et 1789.

^*) L*adjudant général chef de brigade Laroche écririt le même jour dans les mêmes termes au ministre de la guerre.

184 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aa sept. 1793.]

62. PARIS, Ùù SEPTEMBRE 1703 ^^K LE COMITE DE SALUT PUBLIC AU MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE.

Analyse. — Il lui envoie une lettre du maire de Croisic, qui fait part de ses inquiétudes sur la position actuelle de Belle -Isle, à cause de la trop faible garnison de cette place '^^\

(Orig. sig. par Garnot, G.-A. Prieur et Hérinlt de Sécheiies, àrth. de it gaerre, armée des Côtes de Brest)

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU COMITlî DE SALUT PUBLIC.

Analyse. — Il commumque au Coi.nitë sa lettre relative k la suspension du gênerai Berthelmy.

(Analyse, Arch. de la gaerre, armée da Nord.)

PARIS, ÙÙ SEPTEMBRE I793.

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